Laska- a écrit :
C'est peut-être un manque d'effectifs, mais vos collègues européens travaillent parfois 25% de plus que vous. Il ya donc de la marge de manoeuvre plutôt que de recruter en masse des jeunes qui mettront 5 ans à arriver. Rien n'empêche de mener les deux chantiers en parallèle, d'ailleurs.
|
Comme je l'ai écrit, oui c'est dans les négociations en cours clairement (et ce sera la seule solution à court terme) ; mais dans le statut légal actuel ce n'est pas possible.
Laska- a écrit :
Un contrat flexible, pour une activité flexible, c'est bien. D'autant plus qu'on ne parle pas de gagner trois quarts de smic un mois et un smic et demi le mois suivant, on parle ici de niveaux de revenus qui sont quand même compatibles avec la variabilité. Je ne comprends pas les limites que tu me proposes... - L'activité est prévisible à l'avance en large partie. Les compagnies établissent les programmes et déposent les plans de vol bien à l'avance. Le risque météo est prévisible au moins la veille. Seuls les incidents et accidents sont réellement imprévisibles. Il me semblait que c'était déjà le travail du chef de tour (ou de centre) que d'adapter son effectif à la charge de travail... Cette adaptation se ferait non seulement à la baisse mais aussi à la hausse, c'est pas une révolution par rapport à l'actuel. - Se déplacer pour rien et ne pas être payé, c'est pas catastrophique encore une fois vu les niveaux de salaire en question. Et surtout ça ne devrait pas arriver très souvent si le chef de centre planifie correctement. Rien n'interdit de plus un système qui rémunère le déplacement ou la présence, même si elles ne mènent pas à du travail. - On peut même imaginer des systèmes d'astreintes, où quelqu'un serait appelé en cas de surcharge ponctuelle imprévisible (des orages qui poppent sans être prévus, un avion qui se tanke sur la piste..). J'imagine que les contrôleurs n'habitent pas en moyenne hyper loin de leur lieu d'affectation. - Pas d'hypovigilance si tu planifies la charge de travail correctement. Tu peux même avoir un système où s'il y a des contrôleurs "en trop" qui sont venus, ils partent en pause, rémunérée (mais moins que du travail), et là ça laisse la liberté à chacun de voir s'il préfère se reposer ou travailler plus pour gagner plus.
|
On va continuer dans le débat théorique (car à mon avis pas du tout applicable à la Fonction Publique en France).
Dans la "vraie vie", si le salaire dépend de "l'activité réelle", tout le monde (à part une infime minorité) voudra enquiller les heures de fréquence.
Deux possibilités si on extrapole :
- tu es payé en fonction du nombre d'avions que tu traites (et là, bonjour les dégroupements tardifs et secteurs surchargés)
- tu es payé en fonction du nombre d'heures où tu es branché en position (et dans ce cas, on laisse toujours les secteurs dégroupés et OSEF de l'hypovigilance ou de l'optimisation facilitée par le regroupement - ben oui, quand tu es regroupé tu n'as pas à coordonner avec ton collègue pour une directe vu que c'est aussi ton espace...)
Les temps de pause obligatoire inclus pendant la vacation c'est une obligation dans tous les pays, même les plus libéraux comme les US.
Concernant l'effectif, effectivement en tant que chef de tour je vais l'adapter au trafic prévu. Mais ça c'est la théorie...
Dans la pratique, d'une part, je n'ai pas un effectif pléthorique dans mon équipe avec moult contrôleurs en réserve sous la main ; la plupart du temps j'ai juste l'effectif minimum prévu pour tout ouvrir (voire même pas quand on a une absence imprévue non remplacée), donc "l'adaptation" est vite faite
Ensuite, bien sûr on connaît à l'avance les prévisions de trafic et les prévisions météo. Tous les vols que tu as effectué ont toujours été à l'heure (hors cause extérieure) : jamais de problème technique, de passager perdu/recherche bagage, etc ? Tu as toujours rencontré exactement la météo que tu avais prévu la veille ?
Bref, à ma connaissance si tous les opérateurs ATC de la planète paient avec un salaire fixe (plus éventuellement des primes d'objectif/heures supplémentaires) et pas "à l'activité réalisée", et si tous les effectifs sont calculés pour faire passer la pointe de trafic prévue sur la période sous réserve d'avoir l'effectif qualifié disponible, c'est p'tet qu'il y a une bonne raison...
Laska- a écrit :
Actuellement, imaginons qu'un contrôleur est amené à rester plus longtemps un soir parce que la situation était bordélique (orages, avion tanké sur la piste, avions qui stackent, arrivées décalées jusque tard..) et nécessitait sa présence plus tard que prévu, que se passe-t-il ? Il est payé en heures sup ? (a priori non si je comprends bien) Il peut récupérer ses heures plus tard ? Ou c'est pour sa pomme entièrement ? Dans l'idée que je propose, il est payé en heures supplémentaires, de manière évidente.
|
Actuellement si on dépasse nos horaires on récupère.
Laska- a écrit :
Citation :
La vraie solution pour faire des économies sur l'ATC et de gérer au mieux les effectifs c'est de ne plus dimensionner les secteurs "à la pointe" mais de lisser les mouvements sur toute la journée, y compris la nuit. Exemple à CDG, à la pointe c'est environ 120 mouvements, mais on fait à peine 1500 mouvements par jour : tu lisses ça sur 24h, ça fait ~60 mouvements par heure, si on pause une capa à 30 arrivées/heure au lieu de 72 on va pouvoir passer autant d'avions avec encore moins d'effectif, magique !
|
Et si t'as une collision entre un décollage et une traversée au bout de six mois tu seras content tiens Je ne suis pas certain que faire travailler les contrôleurs et les aéroports la nuit soit une très bonne idée... La sécurité aérienne en pleine nuit est diminuée. Les nuisances sont plus gênantes pour les habitants (pas pour rien qu'il y a un concept de "coeur de nuit"..) Sans parler des passagers bien sûr. J'ajouterais même que les éventuelles trainées de condensation sont plus réchauffantes la nuit que le jour, donc écologiquement ça va pas non plus. Et surtout, et là je vais démontrer mon point de vue : si on vous demande de faire le même volume horaire mais deux ou trois fois plus de travail de nuit, à salaire constant, vous allez être contents ? Si par exemple untel se fait poser une restriction médicale pour bosser de nuit le moins possible, et que toi tu dois te coltiner plus de nuits à cause de ça, tu seras content de toucher la même chose ?
|
C'était évidemment ironique comme proposition de ma part car commercialement déjà ça n'aurait aucun sens.
Cela dit tu ne le sais peut-être pas car tu es sur 320 chez Air France, mais 1) les contrôleurs travaillent la nuit et 2) les aéroports travaillent la nuit (en tous cas CDG)
Laska- a écrit :
Un système de paie minimal devrait tenir compte du volume horaire effectivement travaillé. Un système de paie correct devrait tenir compte d'autres choses : - le volume horaire effectivement travaillé (idéalement de manière non linéaire) - le temps de présence (si le chef te fait venir pour rien tu es quand même compensé) - éventuellement des dimanches et jours fériés (selon négo.. chez nous c'est le premier mai et noel uniquement dont il est tenu compte) - la pénibilité, ici le travail de nuit. - une indemnité kilométrique, pour éviter que quelqu'un qui travaille beaucoup de petites journées ne voit son salaire amputé de ses frais de déplacement, par rapport à quelqu'un qui ferait de grosses journées - un salaire minimal sur un mois complet en cas de faible activité - la totalité de ce barème devant varier selon l'ancienneté et le type d'organisme de contrôle (comme aujourd'hui) excepté les indemnités kilométriques. Et ça peut être bien plus compliqué que ça. Ca c'est juste la version minimale pour rémunérer justement un travail imprévisible, en horaires décalés et variables.
|
Faudrait que tu te renseignes un peu sur comment les contrôleurs sont payés (au moins en France) avant d'écrire.
D'une part, on est fonctionnaires, donc certaines choses ne sont pas possibles car pas dans un cadre FP (genre des indemnités kilométriques généreuses pour ceux qui habitent loin... ça, c'est tes impôts en frais réels éventuellement - mais ça n'est pas vraiment rentable en vrai).
Ensuite :
- les salaires déjà varient en fonction du centre et de l'ancienneté : FP donc l'ancienneté donne la paie indiciaire qui est indépendante de ton centre et liée uniquement à ton échelon qui lui-même découle de ton ancienneté, et le centre détermine le régime indemnitaire (qu'on appelle "primes" même si ça n'a rien à voir avec le concept de primes dans le privé, c'est un truc fixe lié à ton poste, environ 70% du revenu, non pris en compte pour le calcul de la retraite
)
- certains centres bénéficient de primes spécifiques (je ne rentre pas dans les détails)
- il n'y a aucune majoration jours fériés/week-ends, considérant que les tours de service étant sur une base différente de 7 jours, on finit tous par en faire autant les uns que les autres, et donc c'est moyenné sur l'année et pris en compte dans le régime indemnitaire
- pour les nuits il n'y a que la majoration légale des heures comme dit auparavant (le reste c'est comme les jours fériés, intégré au régime indemnitaire)
Mais au fond, quel serait ton objectif de "payer à l'activité" ?
- optimiser les coûts ? Comme expliqué, en pratique tout le monde voudra croquer dans la pomme, du coup ce sera ou bien des secteurs surchargés ou bien des secteurs degroupés au max mais dans un cas comme dans l'autre, bon courage pour arriver à baisser en pratique les salaires de fonctionnaires à fort pouvoir de nuisance en grève
Spoiler :
Par ailleurs l'ATC français est moins cher que ses concurrents ; on fait moins d'heures que certains de nos homologues européens mais on est payés moins cher |
- optimiser les effectifs ? aucun rapport avec la paie... Mais disons que de toute façon, avec (je grossis le trait) une pointe toutes les deux heures nécessitant un effectif max, il n'y a pas de solution miracle pour "mieux gérer l'effectif", il doit être réparti sur toute la journée. Et si ton idée c'est de faire des vacations ultra longues mais "avec des pauses qui ne comptent pas dans le temps de travail", tu es mûr pour bosser à la direction de Ryanair (mais pas certain que le BEA ou les autorités de régulation soient d'accord... )
Seikorient a écrit :
Rapide passage pour féliciter ZeSheriff de la patience surhumaine dont il fait montre , très, mais alors très très, impressionné je suis
|
Service public
tiibo a écrit :
Ou de rationaliser complètement et répartir les contrôleurs à distance sur plusieurs plateformes en simultanées en fonction des demandes. La techno est là
|
Euhhh on en est encore aux strips papiers, on a des outils sous Windows 3.11, alors "la techno"...
---------------
Oh mais laisse allumé bébé / Y'a personne au contrôle / Et les dieux du radar sont tous out