En réponse aux attentes de Noub, voici un petit état des lieux de mon nouveau Marantz 1060
On m'a bien prêté un APN... mais sans le bon cordon...
Puis les photos avec mon HTC... ça n'a pas l'air de faire l'unanimité!
Le 1060 est en marche en permanence, d'ailleurs j'ai "changé de chambre"
Je n'ai toujours pas réglé le bias...
même s'il me semble fonctionner très bien , je ne suis donc pas absolument certain de profiter de toutes ses performances.
Le 1060 se présente sous la forme d'un élégant boîtier de 360*130*300 et suscite en moi l'appêtit du vintage depuis ma tendre enfance...
Son capot est en finition à imitation bois du plus bel effet... loin d'être du Vénilia de cuisine!
De finition classique... ou plutôt baroque avec son souci de la symétrie, signe d'une attention au détail qui annonce que l'on ne se fout pas du client, chez Marantz...
Doté de cinq entrées dont quatre haut niveau, ce vintage a tout ce qu'il faut pour suivre encore des années. La platine Onkyo qui saturait les entrées de mes autres amplis n'impressionne guère le fougueux...
De gauche à droite, en haut: Loudness, monitoring, touches mono Left & Right, réglage des tonalités bass,middle, trebble, low filter, high filter, main speakers & remote..
Deux entrées micros, sélecteur de sources d'une fermeté qui respire la solidité, balance, volume et entrée casque, mise en marche enfin...
Je regretterais pour ma part l'absence d'entrée phono MC, quoique celle fournie, nous pouvons l'annoncer d'emblée, est d'une musicalité digne des meilleurs préamplis à transistors actuels... que j'ai écoutés
. Les borniers Haut-parleurs n'étaient pas le fort des années Soixante-dix... Ils arrivent tout de même à pincer avec rigueur l'âme des Audionote bleus...
La disposition interne des étages ainsi que l'agencement des composants tranche avec mes PM, surtout le 500. L'on sent bien que nous avons "changé d'ère"!
Avec le 1060, ce n'est plus vraiment l'ampli que l'on écoute ou entend, mais bien les sources et les enceintes. Je dois dire que l'écoute me déroute un peu. Dans ce sens que je m'attendais avec un Marantz de cette époque à une tendance chaleureuse, un peu à la manière des tubes. Plus précisément, la majorité des éléctroniques par lesquelles j'ai été séduit, ce sont celles qui procuraient cette matière sonore dans le bas-médium qui manquait à la plupart des transistors. Je pardonnais volontiers les défauts sur critères hifi (bande passante par exemple) pourvu qu'ils aient cette qualité: c'est ce pourquoi ma référence était l'Audionote P1SE. Le rafinement des timbres atteignait des sommets... la dynamique sur les infimes inflexions donnait vie à chaque instrument. L'ampleur était suffisante pour "y croire".
Le 1060 est réputé avoir une partie préampli parfaite; elle est tout bonnement incroyable pour un intégré. Cet ampli joue sur deux qualités majeures: un très bel équilibre tonal, je dirais même dénué de défaut et de fausse chaleur; et une parfaite cohérence de timbres... à mon sens, ce qu'il y a de plus difficile à produire sur un ampli à transistors!
Le 33Trs de Clifton Chenier, Bogalusa Boogie "Allons à grand coteau" passe avec cette réunion d'expressivité, de dynamique, de douceur sonore pourtant avec le côté charnu - charnel, devrais-je dire - naturel du vinyle, aux antipodes de la mièvrerie sonore. On n'a pas cette désagréable impression qu'un fantôme chante, même sur cd.
Changement brutal de style avec La Bande originale du film Strange days "Dance me to the end of love" de Leonard Cohen avec pour interprétation la voix de l'illustre pas connue Hate Gibson.
Le 1060 n'intermodule pas du tout! Et ça... ça...ça c'est bon: les voix ne s'époumonent pas et ne s'étouffent pas l'une l'autre... L'on imagine la chanteuse, au timbre carressant et à la tessiture délectable de sa voix, pourvue des attributs féminins de nos fantasmes les plus humains! Sa voix suave et profonde nous laisse imaginer une femme bien en chair aux rondeurs du sein et de la hanche qui siéent tout à fait à la langueur de cet ultime appel érotique... à une dance de l'effervescence...
"In the death car" & "Dreams" d'Arizona... : les basses font trembler la bibliothèque vitrée. Ma pièce principale d'une trentaine de mètres carrés a doublé de volume derrière les Mulidine. L'air bon enfant de "Dreams s'écoute avec une fluidité obtenue uniquement avec le P1se... jusqu'à ce jour.
N'étant plus un bon enfant depuis un ou deux lustres, soit cinq ou dix ans selon les témoignages, on passe au sérieux de "TV Screan": Goran Bregovic et Iggy Pop associent leur talents paradoxaux respectifs: noblesse d'une certaine misère (pensons aux films de Kusturica qu'il a maintes fois mis en musique), joie de vivre même dans la plus grande douleur, excentricité et désoeuvrement poétisés... Je baisse un peu: le potentiomètre n'est qu'à 11 heures, mais la voisine (celle du toys...) va utiliser ses deux doigts pour les touches 1 et 7 du téléphone...
Repassons au vinyle: j'ai l'impression d'avoir mis une platine cd quatre fois meilleure. Pourtant la cellule Rega a de la bouteille... mais fonctionne mieux qu'au premier jour. Stevie Wonder The Secret Life of Plants (ce n'est pas une biographie de la vie intime de Robert) est riche d'une instrumentation fabuleuse. L'harmonica dans "The First Graden" ne vrille ni les tweeters ni les tympans malgré le volume. Il n'y a pas à dire, les Mulidine ont recouvré la santé! "Voyage to India" nous place à une vingtaine de mètres de la Sitar (en anglais) de ce grand restaurant parisien. On me fait signe que non.
Le flux et reflux de la mer ajoute au morceau des airs de "t'en veeeeuuuuux"... mais je ne suis pas un adepte de ce genre de pratiques fumeuses.
Plus sage, la chanteuse Bonnie Bowden sur "This misquerade" de l'allbum Sergio Mendes and Brasil 77 (Vintage 74). La cellule Rega affiche ses faiblesses en comparaison de la Denon: les son est globalement mat et manque de "fruité", les "s" sont un poil accentuées, c'est un pressage US pourtant...
Allez, un peu de Floyd avec "Us and Them"... je me vois bien avec la chanteuse de Dance me... qui pour le coup aurait cessé de chanter... Quel talent! Même quand elle ne chante pas!
Allures physiologiques avec une voix bien présente et bien timbrée, mais paradoxalement une tessiture... Non c'est l'enregistrement qui souligne à son tour les aigus. Sans aucune agressivité. Délices et exploit du vintage... Bon cellule Reggae Rega gaga...
Il me faut La platine Rega avec la Denon... zut, elle est si bien coordonnée à la campagne...
Un peu de classique? Du piano... oui. Erik Satie. J'ai toujours dit qu'une bonne chaîne se "mesurait" subjectivement messieurs, subjectivement! à sa capacité à retranscrire un piano. Un piano pas une moitié de piano... Les bruits de surface sont plus nombreux, un nettoyage eût-têté mieux. Les lâchers de pédale (ne voyez aucune infamie en ces termes) ainsi que les reprises de respiration sont...là.
Les six Gnossiennes... étrangeté, froideur, hostilité, langueur à nouveau, les notes résonnent avec subtilité, comme si le pianiste maîtrisait les échos. Les échos oui... mais pas les enjeux! C'est un peu le thème de ces pièces d'ailleurs, avec représentation sonore de ce que l'âme intellectualise dans nos souvenirs...
Les harmoniques sur chaque note, douces comme appuyées, sont un délice. Un piano, ce n'est pas que "des notes", c'est une table d'harmonie, des résonnances qui lui sont propres et singulières, une couleur de table, la précision de la mécanique...
Revenons sur Terre, avec la Sonate n°11 pour piano de Gilbert A ma DS 19 Mozart (Jean Michel Lab...
) le piano n'est pas découpé. La Var.III. en mineur... Tout est dit dans cette phrase...Les triolets qui précédaient réveillaient le bois des marteaux et le feutre des notes...
Par pitié écoutez cette version par Ingrid Haebler... les versions modernes prout-prout avec variantes travesties pour souligner une fantaisie que l'on devrait, à en croire les "spécialistes", prendre pour du génie... allons soyons sérieux... sont bien loins.
Ingrid Haebler a compris ce qu'était la musique et ce qu'est Mozart... Ce n'est ni du Beethoven, ni du Brahms, ni du Chopin, ni du Robinstein, ni du Cziffra! Maria Joao Pires, allez vous rhabiller... ce n'est pas votre sensibilité féminine, même si vous en êtes en pleine possession, qui vous permet de parler et jouer Mozart... Mozart n'était ni Baroque ni Romantique ni Claedermaniéré, ni Obistrotisé...
Désolé je n'écoute plus le Marantz qui n'existe plus d'ailleurs entre la platine et les enceintes! C'est sûr, il lui faut la meilleure des sources!
Disque Philips... j'aime beaucoup la prise de son... beau travail qui se laisse effacer devant le piano. Bon nombre d'entre eux, ingénieurs du son, souhaiteraient remplacer l'artiste... et usent de tous les subterfuges pour se faire remarquer! Ici nous pouvons parler du toucher de la pianiste, de la dynamique du piano qui devrait être un Bösendorfer, à s'y méprendre.
Allons, deux derniers parce que nous autres du Topic des techniques abandonnées et appareils de légende, nous ne sommes pas avares... ni à la pièce... On laisse juste la marche Turque se terminer... voulez-vous? Je complèterai mon CR plus tard avec des morceaux plus... Rock&Roll...
Coup de coeur suprême: un disque Arion à l'enregistrement exceptionnel Kol Aviv, chants et danses d'Israël... Flûtes, guitares, hautbois, clarinettes accordéons sont dans la pièce...1977
J'aime quatre accordéons: le breton, celui du Zydeco, celui des chansons de Ferré, et celui-ci... C'est le plus corporel de tous. Il vibre aux couleurs des organes qu'il couvre: coeur, poumons, poitrine, ventre... Ahhh le saxophone... la harpe... tous sont là, tous sont DANS la pièce...
Laureena McKennitt et ses sonorités celtes à intonations arabisantes parfois...
Jacques Debronckart..."Je suis comédien"... Terminons en rythme avec War featuring Eric Burdon sur la Reprise de "Paint it Black", ça décoiffe!!! On va voir ce que le 1060 a dans le ventre en suivi de rythme et solos percussions! (Pour le côté "mat", j'ai trouvé: le caisson était réglé trop fort...) voilà le solo...!
C'est l'apothéose, le live chez soi... courrez acheter les War en vinyles... l'un des meilleurs groupes des seventies...!
Je suis à la limite du supportable en pression acoustique, la voisine n'entend même plus son propre instument!
Aucune trace d'écrêtage du petit qui parvient aux limites de la pièce... Le 1060 travaille sans réchinier... et s'acquitte de ce travail auquel il n'était pas forcément destiné, avec poigne et épaules bien plus larges qu'il ne le laissait supposer, sans caprices d'adolescent pas fini, ni modification d'équilibre spectral... (Tiens je n'en ai jamais écouté du Spectral...)
De très bas niveau à la limite du soutenable... c'est du beau Marantz...
En guise de fin de CR, je dirais que cet ampli 1060 est capable de refléter les couleurs les plus contrastées, de reproduire les tensions les plus extrêmes des expressions musicales. La condition reste que les sources lui fournissent ces élements qui font de la présence ce critère de référence des mélomanes et audiophiles...
Ah si, un soupçon de coffre supplémentaire devrait en faire un redoutable partenaire...
Message édité par Jo775 le 12-01-2008 à 20:16:16
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