Ah bah c'est malin, je passe le reste de la journée offline et vous me pondez deux pages de réponses.
Bande de vilains
BoraBora a écrit :
Je pense pas que beaucoup de leurs clients streament à moins de 128 kbps (c'est d'ailleurs le minimum dans leur lecteur web, qui diffuse du aac). A 128 kbps et au-delà, la différence entre Opus et Ogg/Vorbis est à peu près inexistante.
En local ? Oui, d'autant que pour le MP3, LAME est optimisé pour le VBR et que le plus gros du développement a porté sur ses différents modes. Mais les discussions sur les codecs, c'est affaire de mecs, et pour les mecs la taille compte. Par contre, la différence de poids entre 320 et lossless est quand même énorme et justifie de rester au lossy. Un test en vitesse (par flemme de retrouver des chiffres moyens qui soient représentatifs sur hydrogenaudio) :
Album de 1987 de 39 minutes :
FLAC : 224 Mo
MP3 320 kbps : 89,4 Mo
MP3 VBR V0 (ce que j'utilise) : 71,9 Mo
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Ok pour la métrique sur cet album, mais deux choses : pour chaque titre le ratio obtenu par chaque codec variera
(... ok, c'est à ça que servent les moyennes
)
Et typiquement sur du classique tu arrives à des ratios souvent suprenant en lossless. Bref.
Lalka a écrit :
Le FLAC c'est plutôt du 780 kbps soit plus de deux fois un format à 320 kbps. LE 320 kbps n'est pas un contresens car il permet de diminuer par deux la taille de stockage nécessaire. Moi, je m'en fiche je stocke en flac.
D'après wikipedia, on a :
https://upload.wikimedia.org/wikipe [...] fr.svg.png
Donc l'OPUS est intéressant en dessous de 64 kbps par seconde et pour avoir de faible latence. Il n'est pas plus pertinent que les autres formats pour des débits supérieurs qui sont les débits utilisés par le streaming genre spotifiy ou deezer. Cela ne change donc rien pour leurs clients qu'ils utilisent OPUS ou un autre format. A la rigueur, ils pourraient switcher pour réduire les débits utilisés mais il ne semble pas que ça soit leur priorité.
D'ailleurs l'OPUS a été rapidement intégré dans tous les logiciels d'audioconférence car là il avait une vrai intérêt...
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Réponse groupée :
Ce que j'ai voulu dire ce matin, mais de façon plus complète :
- Quand tu es prêt à écouter du lossless, c'est que tu es prêt à un compromis. Mais favoriser un débit binaire à 320 démontre le contraire.
Je m'explique, avec ce choix tu paraît jusqu'au boutiste dans la conservation de la qualité d'une démarche à base de perte de qualité
.
A mes yeux c'est là le paradoxe complet (d'où ma "formulation" précédente), ou c'est le signe d'une mécompréhension du fonctionnement de ces codecs.
Sous-entendu : tu acceptes du lossless pour gagner de la place, soit. Mais tu es aussi prêt à consciemment perdre de la place en refusant d'utiliser le véritable potentiel des codecs lossy parce que tu forces volontairement la surqualité dans leurs paramétrages
- En partant de l'hypothèse que la recherche du gain de place répond en premier lieu à une problématique du coût de l'espace de stockage en informatique, prendre un peu de recul sur la métrique (coût / Mo vs usages d'une époque) te fait prendre conscience que depuis l'ère grand publique de l'informatique, "l'espace" n'a jamais "si" cher.
Exemple perso, j'ai fais un choix différent pour ma bibliothèque musicale. Ca date de l'époque où j'ai pu commencer à m'intéresser sérieusement à ses problématiques "audio/oreille/cerveau/info" et que j'ai également eu un accès facilité à des ressources pertinentes sur ces sujets pour trouver des réponses ou à minima des pistes de compréhension (au passage big up MDfrien à guruboolez, puisque c'est mon intérêt pour le format MD qui m'a en bonne partie lancé dans ces recherches sur l'audio et nos oreilles, et où j'ai découvert ses listenings tests de l'époque et autres hydrogen audio du début des années 2000). Comme dans tous les domaines, nos connaissances progressent de jour en jour, les solutions aussi (bon et le nombre de questions augmente aussi, mais c'est un autre débat). C'est la même chose pour les codecs. Le MP3 a démocratisé l'usage et la manipulation de l'audio numérique par le commun des mortels et à ouvert la voix à de nouvelles façons de consommer du divertissement. Mais chaque époque, chaque décennie crée ou choisi son roi. Si j'avais accepté d'avoir ma bibliothèque principale en MP3 dès le début, c'était renoncer à toute amélioration future.
A mes yeux, y compris ceux de l'étudiant sans le sou que je fus et qui se posait ces questions, j'ai préféré privilégier le "sans compromis" du lossless pour la qualité de ma source, au coût de son stockage.
En procédant ainsi pour moi, mon "Master" n'avais plus à être remis en question, et je n'avais plus qu'à encoder ma bibliothèque dans le format lossy optimal de l'époque accepté par mon appareil de lecture de l'époque.
C'est un choix que j'ai fais en étant pleinement conscient que du MP3 160 aurait déjà à l'époque été globalement transparent pour moi. Et je ne regrette toujours pas ce choix aujourd'hui.
Même depuis l'arrivée d'un NAS dans ma stratégie le schéma reste le même. C'est juste que le transcodage n'est plus géré à la mano, il est géré sur le NAS par mon soft de gestion de bibliothèque et s'adapte au débit de mon réseau à chaque instant. Et lorsqu'il y a nécessité de transcoder, que le débit ne permet pas de streamer du FLAC sur le lecteur, il utilise justement... Opus.
Je comprends parfaitement la logique suivie sur la clé branchée au Denon (ou tout autre principe similaire), surtout égard à la transparence du format MP3, encore une fois atteinte bien en dessous des 320. Mais de mon point de vue c'est s'être condamné volontairement à rester bloqué à une époque technologique. En acceptant que le master soit lossy, tu renonces à toute amélioration. Cela reste pour l'instant hypothétique d'imaginer qu'on soit un jour en capacité de récupérer les informations perdues à l'encodage (même si j'ai pas envie de dire jamais). Sachant que plus le temps avance, moins l'argument du "ça m'a permis d'économiser de la place, donc moins dépenser" n'a de sens. Car la place désormais occupée par une bibliothèque personnelle MP3 type doit à présent valoir à peine quelques dizaines d'€. Et encore.
Second effet kiss-cool
: même si aujourd'hui minimiser l'espace occupé restait une de tes priorités principale, tu t'es quand même planté une balle dans le pied. Car tu ne peux plus désormais décemment migrer ta bibliothèque vers de l'Opus ou autre xHE-AAC pour encore gagner en place. Etant déjà en lossy, tu perdrais bien trop en qualité si tu t'évertuais à réencoder vers un quelconque format de lossy moderne pour poursuivre ton objectif gain de place.
le-poulpe a écrit :
Juste pour info, concernant les HF, quelques pages en amont.
J'ai des chauves-souris qui tournent au-dessus de moi tous les soirs dans mon jardin.
Je ne les ai jamais entendues. Ni par conduction osseuse, ni autrement.
C'est juste pour aider
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BS spotted
Pas sûr que tu es essayé de les entendre par conduction osseuse (ou si oui, faut nous dire comment tu les attires pour qu'elle viennent te susurrer hurler sur l'os temporal
). Sinon tu contredis l'expérimentation de Mr. Pumphrey.
gURuBoOleZZ a écrit :
C'est l'occasion d'informer ou de rappeler la sortie d'un encodeur open-source du dernier format MPEG, nommé USAC (Unified Speech and Audio Coding) ou xHE-AAC.
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Merci pour l'info
J'avais candidement cru que les gars de chez xiph, avait réussi (après pas mal d'efforts) à placer Opus auprès du comité MPEG pour éviter que d'autres formats à licences réapparaissent. Erreur de ma part ?
BoraBora a écrit :
Pas d'Ogg/Vorbis, dont le support disparaît de partout, mais pas non plus d'Opus bien qu'il soit normé.[/quote]
L'exposition dont a joui Opus est bien moindre que celle du MP3, pire peut-être même moins que le Vorbis également. Et complètement ironiquement, on a beau être dans une époque assez centrée sur les usages mobiles et ça fait pourtant un (gros) bail qu'il est géré nativement par Linux et donc... Android.
[quotemsg=2244040,34846,180495]Il y a encore une énorme base de gens qui ont un discothèque en local, accumulée et statique ou encore en évolution, mais c'est le rip de CD et donc les choix individuels d'encodage qui font partie du passé. J'ai moi-même rippé des milliers de CD mais pour les très rares que j'ai encore achetés ces 2 ou 3 dernières années, j'ai downloadé le rip plutôt que le faire moi-même.
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J'en fais partie. Pour moi le choix initial du lossless était la seule réponse valable pour éviter de finir victime de mes choix d'encodages, tributaire de mes connaissance et des technos d'une époque.
Je fais encore un peu de rips de CDs, mais quand j'achète c'est aussi principalement dématérialisé. Et lossless, sauf non disponibilité. Déjà rien que parce que à l'inverse de ma version étudiante, j'ai désormais les moyens de soutenir les artistes que j'apprécie et aussi parce que j'espère que sur les boutiques, le lossless proposé est du vrai lossless. Sur les réseaux parallèles, typiak et consorts, j'ai toujours une forte crainte sur la réalité du lossless proposé. Et même si c'est du lossy, j'ai toujours une crainte sur les paramétrage choisis ou la source utilisée pour l'encodage.
gURuBoOleZZ a écrit :
Je pense néanmoins que les encodages à bas débit gardent un intérêt. Regarde Apple qui vire le JPEG pour l'HEIF. Intérêt quasi-nul a priori, mais sur des appareils multifonctions qui stockent musique, vidéos, photos et caches logiciels il y a une rude compétition pour l'espace disponible limité (sans oublier les synchro dans le cloud).
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A mes yeux il y a presque une notion philosophique, ou de société, cachée ici. Ce n'est pas parce que quelque chose ne "vaut rien", qu'on obtient le droit de le gaspiller.
Ca vaut pour la bande passante de nos réseaux, la puissance de calcul de nos appareils... mais aussi pour l'eau ou toute autre ressource/capacité. Déjà parce qu'une réalité à un endroit X ne veut pas dire que c'est une vérité générale. Un truc normal ici peut être un rêve complet pour quelqu'un à 5000 km de moi. Ensuite et surtout, même si ça peut sembler contre-intuitif : ce n'est pas parce que l'on acquiert une facilité qu'on est autorisé à devenir fainéant.
C'est pas parce que j'ai 10x plus de puissance de calcul disponible, que j'ai le droit de pondre des algos 10x plus pourris.
Bref, je suis impatient de passer mes sources au prochain format lossless, qui ridiculisera le FLAC, le Monkey Audio et autre WavPack.
gURuBoOleZZ a écrit :
26 euros la version DSD256 native, et 30 euros la version upsamplée… Si ça marche, pourquoi se priver.
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C'est peut-être même pour ça qu'on peut comprendre pourquoi l'Opus (ou autre) ne perce pas autant qu'il le devrait. Dans ces exemples je ne peux m'empêcher de lire le manque d'éducation ou de compréhension du consommateur moyen, même ceux suffisamment "éclairés" pour s'intéresser à ces boutiques confidentielles. Il y a une certaine forme de candeur à dépenser son argent sans comprendre / challenger le produit que l'on s'apprête à acquérir. C'est peut-être con, mais en bourse comme dans le monde réel : si je comprends pas un truc, j'investis pas un kopeck.
Pourquoi s'embêter à réellement investir pour améliorer la qualité d'un produit ou d'un service, quand on peut facilement faire passer une vessie pour une lanterne et obtenir un utilisateur béatement satisfait en ne faisant "que le gruger".
Autre exemple qui me semble adapté avec le MQA. Pourquoi s'embêter à développer un véritable nouveau codec avec ambition d'en faire un nouveau standard de performance dans l'industrie, quand un repackaging nébuleux de technos existantes suffit dès lors que tu le présente comme un label de haute qualité de prestige de luxe de compétition.
Caveat emptor.
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