Serpico7 Net______________________worK | beurre et epinard a écrit :
Ecoute l'ami, on t'explique qu'E.Todd a des positions qui rejoignent celle du FN sur des sujets cles (protectionnisme, position sur le liberalisme, frontieres), tu consideres que c'est aussi consensuel qu'etre pour l'amour et contre la paix. Soit, mais ne demande pas ensuite a poursuivre la conversation...
|
Il n'y a effectivement pas de conversation à poursuivre face à tant de mauvaise foi, tu nages dans tes erreurs : Ce n'est pas parce qu'on a une hypothèse de base similaire, que ça valide les délires économiques du FN. Rien à voir...faut quand meme etre gravos pour confondre dans un cadre logique, les objectifs et les hypothèses ... D'abord au niveau de la "préférence nationale" ...du racisme et de la xénophobie quoi... Citation :
L'Europe, démographiquement déprimée par sa faible fécondité, a besoin d'immigrés. L'installation d'étrangers sur son sol est l'une des conditions de sa survie. * L'invention de l'Europe, Emmanuel Todd, éd. Seuil, 1996, p. 612
|
Citation :
KB : Mais vous dénoncez quand même dans votre livre le vide idéologique actuel. ET : Bien sûr, mais entre le fascisme et le rien, on préfère quand même le rien !
|
Citation :
La France ne contient pas un peuple mais cent, qui diffèrent par la conception de la vie et de la mort, par le système de parenté, par l'attitude face au travail ou à la violence. Du point de vue de l'anthropologie, la France ne devrait pas exister. La plupart des nations d'Europe et du monde, grandes ou petites - Angleterre, Allemagne, Russie, Japon, Suède, Irlande, Pologne par exemple - ne sont d'une certaine façon, que des systèmes originels et homogènes, tribus anciennes et minuscules, démesurément gonflées par mille ans d'expansion démographique, pour atteindre aujourd'hui l'échelle de nation. Des pays comme l'Inde, la Yougoslavie, l'Espagne sont, au contraire, absolument hétérogènes, juxtapositions de peuples n'ayant pas réalisé leur unité linguistique et administrative. [...] La France [...] n'a pas été fondée par aucun peuple particulier. Elle porte le nom d'un groupe germanique, parle une langue dérivée du latin, avec un fort accent gaulois nous disent les linguistes. Elle fut inventée par une communauté de peuples. Plus que tout autre nation au monde, elle est un défi vivant aux déterminations ethniques et culturelles. * L'invention de la France (1981), Hervé Le Bras et Emmanuel Todd, éd. Hachette, 1981, p. 25
|
Ce qui a créé un climat favorable aux idées intolérantes du FN ces dernières années : Citation :
Si Sarkozy existe en tant que phénomène social et historique, malgré sa vacuité, sa violence et sa vulgarité, nous devons admettre que l'homme n'est pas parvenu à atteindre le sommet de l'Etat malgré ses déficiences intellectuelles et morales, mais grâce à elles. C'est sa négativité qui a séduit. Respect des forts, mépris des faibles, amour de l'argent, désir d'inégalité, besoin d'agression, désignation de boucs émissaires dans les banlieues, dans les pays musulmans ou en Afrique noire, vertige narcissique, mise en scène publique de la vie affective et, implicitement, sexuelle : toutes ces dérives travaillent l'ensemble de la société française; elles ne représentent pas la totalité de la vie sociale mais sa face noire, elles manifestent son état de crise et d'angoisse. [...] Au fond, nous devrions être reconnaissant à Nicolas Sarkozy de son honnêteté et de son naturel, si bien adaptés à la vie politique de notre époque. Parce qu'il a réussi à se faire élire en incarnant et en flattant ce qu'il y a de pire autour de nous, en nous, il oblige à regarder la réalité en face. Notre société est en crise, menacée de tourner mal, dans le sens de l'appauvrissement, de l'inégalité, de la violence, d'une véritable régression culturelle.
* Après la démocratie, Emmanuel Todd, éd. Gallimard, 2008, p. 16
|
Dites merci papa sarkozy ! Sur l'immigration et le Sud : Citation :
l’Afrique c’est l’Europe ! Et actuellement, l’utopie libre-échangiste, l’idée d’un univers homogène où il y aurait des règles qui sont les mêmes pour tous (et qui sont en fait une absence de règles), cela empêche les Européens d’assumer leurs responsabilités, cela crée le contexte où les gouvernements français peuvent se désintéresser de leurs obligations historiques vis-à-vis des pays qui ont été colonisés par la France, qui parlent français. On crée cette ambiance où les immigrés francophones d’origine africaine sont considérés et traités comme des étrangers, alors qu’en fait, à un niveau culturel, ils ne sont pas complètement des étrangers. Ce sont des Etats différents, mais ce sont souvent des pays qui s’alphabétisent en français.
|
Et là, au niveau économique : il analyse la raison du protectionnisme poujadiste FN au service des anciennes grandes fortunes "vieille France" : Citation :
Les gens ne pensent pas trop à cela. Ils sont plutôt sur le mode : « C’est la faute aux banques, c’est la faute aux riches… » Alors qu’en fait, l’argent qui vient de se volatiliser est l’argent des riches. Une partie énorme des gains en signes monétaires qui ont été accumulés grâce au libre-échange dans toute la phase précédente est en train de se vaporiser. On peut encore trouver quelques malins qui s’enrichissent dans les classes supérieures, mais dans l’ensemble actuellement, les gens qui ont perdu beaucoup d’argent sont les riches. Donc, on peut dire aujourd’hui que le libre-échange ne bénéficie plus à personne. C’est important !
|
Comment les idées FN servent d'épouvantail aux libre-échangistes, le Fn comme idiot utile : Citation :
J’ai demandé l’autre jour à France Inter la dissolution du Conseil d’Analyse Economique, qui ne sert plus à rien. Ils se sont déshonorés intellectuellement. Ils ont passé une vie d’enseignement et de recherche à ne raconter que des bêtises et à ne pas travailler ! Ces gens devraient s’excuser. Les dernières forces qu’ils jettent aujourd’hui dans la bataille sont consacrées à entretenir la confusion entre protectionnisme national et protectionnisme européen. C’est-à-dire d’utiliser sans arrêt ce bouc-émissaire du protectionnisme national, (dont personne n’a parlé et que personne ne préconise, ni moi, ni Hakim El Karoui, ni Jean-Luc Gréau), et d’essayer d’empêcher le débat sur le protectionnisme européen, en faisant croire que le débat porte sur le protectionnisme national. C’est leur stratégie.
|
Conclusion vis à vis du protectionnisme national proné par le FN : Citation :
Je suis bien évidemment très triste pour ceux qui perdent leur emploi ou dont les revenus diminuent, mais il y a une sorte de beauté tragique dans la situation actuelle : c’est au moment où l’idéologie libre-échangiste arrive à son maximum de puissance que, bien naturellement, comme c’est une croyance fausse, le système s’effondre. Donc, nous sommes dans une situation très particulière de domination absolue de cette idéologie, qui n’a jamais été aussi importante, et le système d’effondre. Il y a donc une sorte de double vide qui s’est créé, et qui produit en ce moment tous ces prurits protectionnistes irréfléchis, nationaux. Le problème n’est pas uniquement qu’ils émergent à l’échelle nationale, mais aussi qu’ils ne sont pas du tout pensés. C’est une situation tout à fait fascinante.
|
Merci monsieur Emmanuel Todd, le protectionnisme que vous défendez n'a rien à voir avec celui du front national, nous voilà rassurés. http://www.protectionnisme.eu/Prot [...] _a124.html ça va etre compliqué pour le FN de défendre un protectionnisme européen quand on est nationaliste... Conclusion vis à vis des idiots utiles identitaires : Citation :
Ce que montre l’expérience de la crise de 1929, c’est qu’il n’y pas eu un seul type de réponses : l’Allemagne est partie dans la direction du bouc-émissaire, les Etats-Unis par contre ont élu Roosevelt, et la France le Front Populaire. Nous sommes aujourd’hui face à cette même alternative. L’histoire demeure très complexe. Il y a de grandes diversités nationales. Et les réactions seront variées. Les Etats-Unis étaient dans une logique de guerre des civilisations. L’élection d’Obama est un très bon signe. Je suis convaincu que la France refusera les solutions ethniques. En France, on a toujours préféré les combats de classe aux conflits raciaux ou ethniques.
|
Citation :
Il est également inquiétant de voir que dans les pays d’Europe du Nord, la sensibilité aux thématiques ethniques, raciales, religieuses, est beaucoup plus forte qu’en France, on ne sait pas comment cela peut tourner. La crise est immense, sur un fond de vide idéologique. Je pense qu’il faut être très attentifs, mais avoir une attitude empirique, faire des observations plutôt que des prédictions.
|
Concrètement, et de manière pratique voilà en quoi sa vision économique des solutions européennes n'a rien à voir avec le programme FN nihiliste : http://toutsurlachine.blogspot.com [...] e-que.html (texte repris par de nombreux sites identitaires pourtant, certains ont appris leur leçon de travers il faut croire) Citation :
Comment sortir de cette situation ? De deux manières : par le bas ou par le haut. Par le bas, c’est admettre que l’euro est foutu. Puis on en sort et on revient aux monnaies nationales. Pour moi, ce n’est pas optimal : je ne suis pas du tout partisan de la disparition de l’euro. Simplement le système actuel est le pire concevable parce qu’il détruit une partie de l’industrie européenne, il dresse les Européens les uns contre les autres, il met l’Allemagne dans une position de domination mais aussi de cible, d’ennemi collectif pour l’Europe… La sortie vers le haut : on veut sauver l’euro, on y tient vraiment et on accepte l’idée que le problème mondial, c’est le libre-échange, l’insuffisance de la demande. On fait revenir l’Europe à sa conception initiale de la préférence communautaire. On dit que l’Europe a le droit, dans un monde en guerre sur les coûts salariaux, de faire un virage protectionniste. On établit un protectionnisme européen raisonnable, coopératif, qui permet de relancer les salaires, l’investissement, la demande à l’échelle du continent. Dans un tel contexte, on rétablit un intérêt collectif européen, un bénéfice mutuel. Dans le domaine économique, les différences culturelles entre l’Allemagne et les autres pays cesseraient d’être un facteur de conflit et l’Europe retrouverait son véritable avantage compétitif dans le monde qui est sa diversité – avec l’euro, on a réussi à faire de la diversité européenne quelque chose de complètement négatif dans ses conséquences. Êtes-vous plutôt optimiste ou pessimiste à ce propos ? Pour moi, l’explosion de l’euro, c’est une probabilité de 90 %. Ce qui provoquerait un trou d’air idéologique formidable mais, dans ce contexte, j’ai très très peur de l’effet de délégitimation des élites. Mais bon, les choses peuvent changer très vite : les populations sont quand même à des niveaux éducatifs très élevés, le sentiment d’une crise est là… Et puis les esprits ont évolué. En France, j’ai passé une dizaine d’années à être considéré comme un rigolo avec mon protectionnisme européen, maintenant ça va très bien pour moi, merci ! Évidemment, la grande réponse, c’est : « Ce n’est pas possible, on ne pourrait pas faire accepter ça aux Allemands, ils sont tournés vers l’extérieur, ils veulent conquérir des marchés en Chine, ils préféreraient d’ailleurs retourner au mark, etc. » Mais la chute de l’euro mettrait l’Allemagne à genoux, et les Allemands sont en train de comprendre qu’ils sont les principaux bénéficiaires de l’euro. Quand des Allemands disent qu’ils en ont marre de l’euro, marre de payer ces plans de sauvetage des États, qu’il faut en retourner au mark, etc., je pense qu’ils bluffent ! Je pense qu’ils ont compris que la fin de l’euro serait un désastre pour l’économie allemande. Et s’ils ont compris cela, il suffirait d’avoir un gouvernement français intelligent, qui arrête de faire des « cocoricos » ridicules, qui admette que l’Allemagne est l’économie dominante et qui lui demande de prendre ses responsabilités à l’échelle du continent, de prendre le leadership dans l’établissement d’un protectionnisme européen raisonnable, qui sera d’ailleurs favorable, en termes d’accroissement de la demande, à l’industrie allemande beaucoup plus que les quelques marchés chinois ne pourraient l’être…
|
|