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| Auteur | Sujet : Trails et courses de montagne |
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Chou Andy Would you know my nem | Reprise du message précédent :
Pour une fois que tu es content d'être après la voiture balai --------------- J'aurais voulu être un businessman |
Publicité | Posté le 22-09-2025 à 14:06:11 ![]() ![]() |
Sebwap ... . -... .-- .- .--. | J'allais le dire, les premiers déblaient pour toi |
Paul de Saint-Balby Stay real. Stay right. |
--------------- Si tu ne peux pas être un poète, sois le poème |
PPPEP |
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Naxos \o/ |
oranginaaaa A ma fille adorée disparue. | --------------- Fructu non foliis arborem aestima. Évalue l’arbre à ses fruits et non à ses feuilles. |
Chou Andy Would you know my nem | Wild 110 - Wildstrubel by UTMB Avant-avant-course Il y a près d'un an, c'était le moment de s'inscrire sur les courses 2025 La semaine de la course arrive, et ça se goupille parfaitement : je trouve un covoit aller qui va sur place (village de Crans-Montana), et un retour à 15h30 qui repart de Sierre, dans la vallée. Moins de 24h sur place Au programme de cette joyeuse balade : 110km et 6000m de D+, avec un parcours très varié, des montées, des descentes, mais aussi beaucoup de passages roulants. C'est assez haut en altitude (entre 1100 et 2800). Les ravitaillements solides sont idéalement situés : kilomètres 22, 43, 60, 78 puis quelques autres petits ravitos jusqu'à la fin. Et dans chaque intervalle, il y a également un ravito liquide : tous les 10 km quoi, c'est vraiment du luxe. Livetrail me donne grossomodo 2h30 pour chaque section, ce qui facilite largement mon plan nutrition : 5 doses pour les flasques (90g pièce), 5 gels (45g), puis on reprend la même chose à la base vie du 60ème où mon sac de délestage m'attendra. Je table donc sur 90g/h, même si je sais que je ne le respecterai pas à la lettre. Petit détail logistique pas super pratique : il n'y a pas de consigne au départ (au prix qu'on paye
Jour J, covoiturage très sympathique avec un employé de D4 qui me raconte plein de choses sur sa belle enseigne, et il me largue au retrait des dossard avant 16h. J'ai donc 6h à tuer. Il fait super chaud (un bon 25-26 alors qu'on est à 1500m d'altitude). Je me pose dans l'herbe au bord d'un mini-lac, c'est très mignon et paisible, à la mode suisse. Je suis fatigué, mes dernières nuits étaient un peu courtes. Je m'allonge pour dormir, sans succès mais ça fait du bien. Je suis bercé par la sono qui passe de la musique et les speakers, car la Wild 70 est en cours, les premiers sont déjà arrivés mais on est encore dans le top 10. D'ailleurs le parcours longe ma pelouse, je peux encourager les coureurs qui passent. Ils ont l'air sacrément atteints. Je passe les heures qui suivent à faire l'aller-retour entre la pelouse pour une fausse sieste et l'arrivée pour encourager les coureurs. Je retrouve d'abord Duckjerry, un peu défait à l'arrivée (chaleur et blessure), puis un pote du club, complètement détruit. La chaleur a fait des ravages, ça m'inquiète un peu. Heureusement qu'on aura l'avantage de partir la nuit (le 70 est parti à 9h je crois). A 19h je m'enfile le traditionnel tupperware de pommes de terre et patates douces, et une banane, avant de retourner faire semblant de dormir. La nuit tombe, je me pose dans la salle principale où il y a de nombreuses tables, mais aussi une foule d'enfants surexcités qui reviennent de la course enfants. Le bruit est infernal
Départ relativement raisonnable dans les rues du village, puis ça s'engage rapidement dans un raidard en single. Il y a même un passage entre 2 rochers où ça bouchonne 5 secondes, alors qu'on est quoi, dans les 60-80 premiers ? Je me dis que ça va être relou pour les autres, heureusement qu'il y a 3 vagues. Mais le single débouche rapidement sur une autre rue, où nous attendait la fanfare infernale. Je perds temporairement mon ouïe A ce petit jeu je retrouve le W. On continue de discuter, et on parle beaucoup de pacing. D'après lui, on est beaucoup trop rapides, et tous les gens autour de nous sont fous. Il faut dire que le terrain s'y prête : ça monte, mais c'est roulant. Un autre gars se joint à notre discussion, il a un numéro proche du mien (42), et annonce viser 15h15. Cela dit on ne ralentit pas vraiment, et on reprend quelques coureurs supplémentaires, dont la première féminine. On va courir ensemble jusqu'en haut de la bosse, où je recharge une flasque. C'est le km 13 et on passe en 1h32, là où Livetrail prédisait 1h27. Je pensais qu'il y aurait plus d'écart que ça. Il reste 10km de descente, je m'élance gaiement dedans, mais pas comme un gros bourrin (mon habitude, et presque mon point fort, sur les formats plus court). W me rattrape au bout de quelques km et on continue d'analyser en live. J'ai déjà des douleurs et raideurs aux jambes (ischios et adducteurs), c'est un peu inquiétant vu qu'on est au 15ème kilomètre. On continue de penser qu'on est partis trop vite, alors je descends vraiment en souplesse. Quelques gars nous doublent, je n'y prête pas attention. On pense être dans les 50-60. En réalité on était déjà sub40, mais juste à l'avant d'un groooos peloton. C'est assez flagrant en scrutant la nuit : pas beaucoup de frontales devant nous, mais un long serpentin derrière. On arrive finalement au 1er vrai ravito, 2h24 de course (Livetrail : 2h17). J'ai bu mes 2 flasques et mangé mon gel, j'ai mes 90g/h, quel bon élève ! Je remets double poudre dans les flasques, je jette mes déchets, prends des petits bouts de barre Naak chocolat (on est en Suisse après tout), et je repars. 4' d'arrêt, la plupart des coureurs sont passés en coup de vent, j'ai dû perdre facilement 10 places.
On sort les bâtons car ça monte ! C'est un KV pour monter au col de la Gemmi. Ça commence sur une large piste où on peut bien pousser, puis ça devient un chemin creusé dans la falaise comme les nains dans la Moria. Ça a l'air très spectaculaire, mais on y voit rien, on est en pleine nuit. J'étais pas super à l'aise au début, mais je me sens de mieux en mieux, peut-être aussi grâce à un gel judicieusement avalé. Je dépasse quelques coureurs, dont un Chinois avec un petit dossard qui a l'air à l'agonie (pourquoi j'ai l'impression de voir ça sur chaque grosse course ? c'est le voyage qui les met mal ?), un Suisse en vert qui me suit car il garde un bon rythme, et enfin W qui m'annonce avoir un petit coup de mou. On voit un refuge illuminé un peu plus haut, il me dit que c'est la sommet : cool, c'est pas loin, la montée est finalement passée vite ! Je relance même en courant une petite portion en escaliers, pour marquer les esprits. Je suis vraiment bien, j'arrive là-haut et je remplis mes flasques. 1h07 pour 1000m de D+, c'est franchement pas mal. Ces calculs sont réalisés a posteriori, sur le coup je suis juste content d'être en bonne forme. Par contre il y a un mec assis par terre à côté des robinets, il a l'air dans le mal. Je lui souhaite bon courage, en lui disant que c'est encore long et qu'il a le temps de se remettre (je ne le pense pas vraiment). Je repars derrière la féminine dans ce qui s'avère être une looooongue descente archi roulante sur une piste de cailloux (mais de gentils cailloux). Il y en a pour 15 bornes jusqu'au prochain ravito. Je suis vraiment dans l'interrogation du rythme à adopter. Je me cale sur 5'-5'30 selon la technicité. Je suis un peu tout seul, la féminine est partie devant. Ah non, je la vois en tournant la tête : elle faisait un arrêt biologique dans la rocaille. C'est très minéral, ça doit être très beau mais encore une fois, on n'y voit rien. Ah si, à gauche, il y a du noir plus noir que la nuit : sans doute un lac. La féminine et un autre gars me rattrapent et me dépassent, je ne suis pas. C'est un peu long, je somnole, je me fais presque chier. Il fait toujours nuit, j'en ai un peu marre. Je suis rattrapé par le Suisse vert et un autre gars. Le Suisse vert me dépasse et se plante de chemin en ratant une bifurcation à droite. Petite piqûre de rappel. Du coup j'ai repris la tête du groupe, on s'engage dans un petit pierrier et... le Suisse vert se pète la gueule. Petit temps faible pour notre ami. Avec l'autre coureur, on lui propose notre aide, mais tout a l'air d'aller, ça repart. Je me mets à pas mal discuter avec le deuxième coureur, un Franc-Comtois que l'on appellera L. On parle de la course, de nos expériences, de la Saintélyon toussa... (oui quand je dis que je viens de Lyon c'est toujours le premier sujet de conversation). Il est sympa, c'est cool, ça passe le temps. On se dit qu'il fait déjà presque chaud, ce qui étonnant à 2 heures du mat' et 2000m d'altitude. On redoute fort le lever du soleil, qui devrait coïncider avec la dernière big montée. Tout à coup la descente se fait plus raide et plus technique, sur un petit sentier qui serpente le long de la falaise, autour d'un torrent. Là aussi ça paraît beau. Je préviens L que j'ai envie de faire la descente un peu plus vite et je largue le petit groupe qu'on avait formé. Je rattrape quelques coureurs dans l'opération, puis on arrive sur un replat descendant, et le groupe me rattrape et me dépasse. Ils sont 6 ou 7, encore une fois je ne veux surtout pas forcer pour m'accrocher (je suis vers 5'00 au kilo. Puis nouveau passage technique, je les rejoins et les relargue vite. On arrive enfin au fond de vallée, et bizarrement cette fois-ci ils ne me rejoignent pas, à part un Suisse avec qui j'avais parlé en début de course, M. Objectif 15h15. Il me dit qu'il est en retard sur son objectif, qu'il a analysé la course de 2023, qu'il voulait arriver en 4h40 au ravito... on en est déjà à 4h45 et même si on a atteint le village, il reste un peu de chemin. Livetrail me prédisait 4h50. Il me parle de son capteur de puissance, qu'il court à 200W ou je ne sais quoi... bizarre un peu Finalement on arrive au ravito en... 5h01. Grosse surprise, un pote du club est là et me fait ma fête ! Il est venu pour assister deux amis à lui mais il met du cœur à m'encourager et à remplir mes flasques. Je sors du gymnase, fais un petit pipi dehors (le seul de la course) et repars gentiment. En gros j'ai 15 minutes de retard sur le planning de Livetrail, que je considérais optimiste. Est-ce que je suis parti trop vite ? Est-ce que j'aurai mon covoiturage ? Je fais le calcul que je dois mettre 11h pour finir la course, soit le chrono du gars du club hier sur le 70, qui n'est pourtant pas un manche... heureusement on n'aura pas la même chaleur.
Je cours tranquille mais pas si mal, surtout dans les faux-plats, et j'en remonte quelques uns, dont un gars qui a l'air dans le dur alors qu'il a un dossard ~30. On quitte pour de bon le fond de vallée par une bifurcation à droite qui n'est absolument pas balisée. Je m'arrête car je vois une frontale un peu plus haut, mais il y en a aussi une en contrebas qui fait vraisemblablement un dré-dans-lpentu pour retrouver le chemin. Un mec arrive derrière moi et me confirme que c'est bien à droite selon son GPS. Heureusement que je n'étais pas tout seul à cet endroit car je me serais paumé à coup sûr (j'avais pas pris la trace GPS). Pas de souci finalement, ça remonte encore, et je profite d'un passage sur route pour courir et rattraper M. 15h15. S'ensuit une espèce d'alpage (j'imagine ? il fait nuit Je repars avec Hadrien, dossard 100 et quelques, qui monte à grandes enjambées (je l'avais déjà remarqué dans la montée du col de la Gemmi). Le chemin se raidit et il s'envole devant moi. Je suis planté sur place, la pente ne me convient pas du tout. J'ai des sensations très cotonneuses, je perds pied. Je sirote ma flasque droite mais elle est trop sucrée maintenant, elle s'était mal mélangée. Je regrette de ne pas l'avoir diluée au ravito juste avant. Je sens que ce serait malin de prendre un gel, mais je ne trouve pas l'énergie. La montée est irrégulière, il y a des replats, mais je les trottine misérablement là où 20 minutes avant je courais bien droit dans le 10%. Gros temps faible, c'est interminable, et je vois encore les frontales loin devant, et très haut... Ça fait déjà longtemps que ça monte, je pensais qu'il ne restait plus grand chose. Mon pied se pose n'importe comment, j'ai des sortes de palpitations, je me dis qu'à la moindre aggravation supplémentaire je vais m'asseoir faire une pause. Mais ça tient bon an mal an jusqu'au col. Une petite heure de souffrance, j'échange quelques mots avec une bénévole pour reprendre mes esprits. M. 15h15 me rattrape et bascule dans la descente, j'emboîte le pas. On me l'avait vendue très raide au début... et c'est vrai. Et assez technique. Plutôt mon terrain, mais évidemment je ne suis pas au top. Bizarrement M. 15h15 s'est arrêté au bord dès le début, je repasse devant et je descends seul. Je ne suis pas très à l'aise mais je descends pas horriblement non plus. C'est long (5km ressentis 10). Je rattrape un ou deux gars je crois, je ne sais plus. En bas, dans un court passage en forêt, un Français dossard ~30 me dépasse comme une balle. Mine de rien ça faisait bien 25km que l'on ne m'avait pas doublé hors ravito, malgré mon gros temps faible de ces deux dernières heures. Je me dis que c'est dur pour tout le monde. Evidemment je m'accroche pas, chacun sa course. Sauf qu'on arrive sur les routes de fond de vallée, et que ça remonte (sur bitume) pour aller au ravito. Et je me surprends à être très à l'aise en courant. En quelques centaines de mètres, je récupère à la fois mon doubleur, et Hadrien, au moment d'entrer dans la base vie d'Adelboden. Je retrouve mon pote de club qui me dit que je suis très bien. Mon sac de délestage était déjà prêt (bien joué l'orga J'ai également la surprise de voir arriver W, je pensais qu'il était loin devant. Je lui fais la remarque, j'ai l'impression que ça l'a un peu vexé "Je suis pas loin quand même !" dit-il avec le sourire. Mais pas le temps de bavarder, déjà 17' d'arrêt, il va falloir repartir.
Mon pote de club est là et m'accompagne sur un petit kilomètre dans le village. On discute, il m'encourage. Je lui dis que je suis dans le dur sur le dénivelé, mais que je cours encore très bien, ce qui est rassurant. Je me sens refait à neuf. Aucune douleur, alors que depuis le début de la course j'avais toujours des micro-alertes à droite à gauche, des ampoules, une cheville qui crisse, des courbatures au haut du corps, les ischios... mais là tout est bon. Il est 6h00, le ciel commence à s'éclaircir. J'ai 30 minutes de retard sur le tableau Livetrail. Je n'ai plus le droit de dériver à la hausse mais je reste confiant pour le covoiturage. Mon pote me lâche pour de bon, il ne pourra plus me voir car ses coureurs sont trop loin derrière. Je mange mon deuxième gel à la caféine, avec une bonne rasade, et je m'élance dans les pistes de ski sur un bon rythme. C'est une pente qui me plaît, j'avance avec régularité, grignotant sur le mec de devant. Maintenant j'ai envie d'être offensif, je relance "fort" tous les faux-plats. Le seul trucs chiants c'est les portails à vache, soit en tourniquet soit avec des barrières métalliques qu'il faut lever et qui retombent avec beaucoup de bruit. J'ai l'impression d'en avoir passé des centaines depuis le début de la course. Bref, il y avait peut-être 400 de D+, et je le rattrape après la bascule : c'était L, il avance bien aussi, mais il a envie de faire caca. Il hésite entre attendre le prochain ravito (en haut d'une bonne grimpette) ou faire ça au bord du chemin. Comme on n'a pas l'info sur les dispositifs sanitaires là-haut, il prend la seconde option. Je lui propose mon PQ mais il en a déjà. J'aime bien ce type. Alors je continue dans la deuxième bosse de la section. Et je continue fort, je cours une bonne partie, et quand je marche je pousse fort, en cherchant la cadence. Je double deux gars sur une courte partie bitumée (ils marchaient). Je me sens fort, et je me dis "oh la la je suis tellement fort c'est ouf". L'impression d'avoir des jambes indestructibles. L'euphorie est totale. C'est le lever de soleil, belles couleurs, je vois enfin le paysage, c'est magnifique, il y a des montagnes partout. Le parcours nous fait monter sur une crête du domaine skiable d'Adelboden. Les chemins s'élargissent sur cette fin de bosse, je vois le ~30 qui m'avait doublé avant la base de vie, il est arrêté au bord du chemin. Il repart, je crois qu'il a un peu vomi mais il repart, je l'encourage. Ravito en eau, il y avait bien des WC, pour information. Je rattrape deux gars dont Hadrien, qui semble avoir pris le mur. Je l'encourage. Après un peu de faux plat, la crête devient plutôt descendante, et je vois trois coureurs devant moi, à 1-2 minutes, pas plus. La remontée est réelle ! Mais ceux-là ont bonne allure. On entame une longue portion de descente douce sur piste de 4x4 un peu bitumée. Duckjerry m'avait dit qu'on pouvait y courir à 4okilo (j'ai regardé son Strava et je n'ai pas trouvé de kilomètres en 4:00 mais je lui fais confiance). Moi je galère un peu et je suis content quand ça passe sous les 5'30. Mes jambes sont raides, je ne cours pas comme je voudrais. Petit contrecoup. Devant ça s'éloigne très vite, j'ai conscience de perdre beaucoup de temps. Tant pis, c'est comme ça. La deuxième partie de la descente est plus technique, et pareil, très mauvaises sensations, j'ai l'impression d'être au ralenti. Et c'est long. Allez pas grave, on voit le village d'assez loin, et avec lui le dernier "vrai ravito". J'y retrouve les girls de L, qui ont étalé sur la table tout le matos. C'est très bien organisé. Je leur dis qu'il est pas super loin derrière, et que c'est lui qui avait l'air en meilleure forme parmi ceux que j'ai doublés (c'est vrai). Mais qu'il s'est arrêté faire caca. Elles me disent "Haha il aime bien faire ça".
Ça repart à plat, et bizarrement j'ai vraiment froid, alors que j'ai eu chaud toute la nuit, et que je suis actuellement au point bas de la course (1100m). Mais pas la peine de s'habiller pour si peu, je sais qu'il y a un bon 1800m de D+ à s'enquiller. C'est en deux parties : d'abord une remontée progressive le long d'une rivière (500m) puis le bouquet final (1200m). Sur la première, je m'efforce de courir au maximum, pas comme un forcené mais avec régularité. Ça passe relativement bien. Je commence à croiser plus de monde sur les chemins, notamment des randonneurs. Je me fais encourager de temps en temps, "Allez hop !". Le sentier débouche sur une petite route qui permet d'accéder à des petites installations. Je crois qu'il y a un téléphérique ou un truc comme ça. Le ravito est installé au bout : je vois des silhouettes ! Ça faisait une quinzaine de km qu'il n'y avait personne ni devant, ni derrière. J'arrive quand ils repartent, je prends de l'eau, une chips, et je sors un gel que je mange tranquillement en repartant, en cheminant à côté d'un mec avec un appareil photo, des cheveux longs blonds platines, et une bouc noir Heureusement, c'est encore à l'ombre pour nous, les conditions continuent d'être idéales. Je lève la tête, et outre les deux mecs du ravito, j'en vois 3 autres un peu devant. Alors j'enclenche, sans forcer, avec régularité, et petit à petit je double tout ce beau monde. Au bout d'un bon 600m on débouche sur une espèce de plateau un peu plus vert (mais ça continue de monter). Et enfin les rayons du soleil se posent sur nous. Ça faisait plus d'une heure que je portais mes lunettes et ma casquette pour rien. Ça ressemble à la fin, mais ce n'est pas la fin. Je passe des randonneurs, puis un mec en orange, qui s'accroche bien, même quand j'essaye de le dégoûter en relançant en courant (sur 30 mètres à 8,3 km/h). Le sentier change de morphologie, maintenant c'est de la vraie caillasse, j'aime beaucoup moins que le début de la montée qui était parfaitement régulier. On voit la cabane en haut, c'est encore loin. La progression est un peu pénible. Petite surprise, la fin de la section est en aller-retour, et je vois des coureurs redescendre. Ils ont l'air en forme, et ils sont plutôt nombreux. Il y a la première féminine (celle qui faisait pipi il y a 8 heures). Ça me déçoit un peu qu'il y ait autant de coureurs devant moi, j'aurais espéré moins. Dans mes calculs je commençais à imaginer un top 15. Fin de la montée, petite pause au ravito sommital (on est à 2800 ou 2900) alors qu'un mec en bleu vient de repartir. Un vieux bénévole paternaliste me félicite, me prend par l'épaule, me montre le carton qui explique qu'il y a 10km et 60m de D+ jusqu'au barrage, le prochain et dernier point intermédiaire. "Il y a une montée de 60m après le barrage". Ben pas du tout, enfin si, mais elle compte pour la section suivante
En effet la descente du pierrier est super chiante. C'est une espèce de piste de VTT pas si caillouteuse mais très raide. J'ai un TFL qui se réveille assez fort à droite, ça me fait faire quelques faux pas. Malgré tout je rattrape très vite le coureur en bleu. Je croise tous ceux que j'ai doublés dans la montée, je leur dis que c'est bientôt fini. Je croise aussi un Chinois qui a un dossard en 4000. Je demande au bénévole de l'intersection si c'est le premier du 50k, qui partait à 8h d'Adelboden (donc 2h après mon passage). Il me dit que non il y en a d'autres devant. Fin du pierrier, on débouche sur un plateau d'altitude. J'imagine que c'est une ancienne vallée glaciaire. Il y a des petits cours d'eau, des petits mouvements de terrain très doux, globalement descendants, et surtout on est entourés de montagnes incroyables partout. C'est fantastique. Le premier du 50k me double à toute vitesse, mais je me débrouille pas si mal à 6okilo. Je n'ai plus mal au genou, j'ai mal nulle part. Je regarde autour de moi. Tout est trop beau. J'ai l'impression de vivre un miracle, les larmes de montent aux yeux, je ventile sous l'émotion L'euphorie totale c'était pas tout à l'heure en fait, c'est maintenant. C'est indescriptible. Et je donne tout, j'envoie, j'envoie. Encore une fois tout est relatif, mais je suis tellement heureux de pouvoir dérouler en fin de course comme ça. Je regarde le chrono, si ça reste roulant comme ça je peux tenir le 10km/h et finir en... 15h15. Inespéré quand je tablais sur 16h30 il n'y a pas si longtemps. Je sais que quoi qu'il arrive la course est une réussite totale. Toutes sortes de pensées niaises et béates me traversent l'esprit, et ça tombe bien parce que sinon ce serait peut-être un peu chiant. Le deuxième du 50k me double, il me demande si le premier est proche. Je réponds "Oh non il est très très loin". Ici on parle un langage de vérité Descente plongeante sur le barrage aux eaux miroitantes. Arrivé en bas c'est au tour d'un coureur Brooks de me doubler. Je ne connais pas le plateau mais ça ne doit pas être ridicule (après vérification : c'est Anthony Felber, qui a chopé la deuxième place au final). Je reprends un coureur du 110, puis le 4ème du 50 me dépose, et le long du réservoir c'est le Chinois qui est sur mes talons. Il me double mais franchement ne me distance pas tant que ça, je suis à 5okilo sur le plat. On traverse le barrage, c'est le dernier ravito : il me reste un demi-litre, dont la moitié sucré, je sais qu'il y a pas mal d'ombre : ça devrait faire l'affaire et je trace sans m'arrêter, redépassant le Chinois Il y a la fameuse bosse de 60m juste après, il me rattrape mais ne me dépasse même pas dans la montée Et je continue d'envoyer dans la descente, il reste moins de 10km, plus rien ne peut m'arriver. Sauf qu'il y a un léger malentendu : je m'étais imaginé que c'était tout plat jusqu'à Crans-Montana, le long d'une bisse (vous savez, ces canaux à flanc de montagne qu'il y a en Suisse ou à Madère). Sauf que pas vraiment. Il y a une remontée, que je pensais être une petite bosse, et que j'essaye de courir en force... mais c'est un peu trop long (120m quand même...), j'ai le souffle court, je suis obligé de repasser en marche rapide. Mais ce faisant je double encore un coureur, et ce sera le dernier, avec un beau dossard (16 je crois). Il me félicite avec le sourire, et à la fin de la bosse je passe un petit ouvrage d'art et là c'est vraiment la descente finale. Deux ou trois coureurs du 50 me doublent encore, je leur dis de tout donner car les écarts sont faibles entre eux (c'est vrai). Moi aussi j'essaye d'envoyer, mais en fait c'est assez chiant car certes c'est plat, mais il y a beaucoup de passages sur passerelle creusés dans la falaise, et il faut se baisser. Je cours à moitié accroupi, je racle avec mon sac, il y a pas mal de touristes... c'est beau et spectaculaire mais en vrai ça me saoule un peu, j'aurais préféré pouvoir allonger un peu plus. Je regarde ma montre, il ne reste que quelques kilomètres, je vais rater les 15h15 finalement, ce sera plutôt vers 15h20, selon le kilométrage exact. Je sors enfin de ce looong passage de "bisse", le terrain s'urbanise un poil, on sent qu'on arrive à la station. Il ne reste que 3-4 kilomètres max, ça roule enfin, mais je suis cuit, je n'arrive plus à faire le fou. Je maintiens 5' et quelque, ça fera l'affaire, tant pis pour le chrono. Assez vite j'arrive au grand lac de Crans-Montana, trois cors des Alpes me souhaitent la bienvenue 19ème en 15h22 Après-course Il y a un ravito d'arrivée de rats, mais je n'ai pas très faim. Je discute avec M. 15h15 qui est arrivé juste avant la féminine, donc quasiment à son objectif. Il nous félicite de notre bonne gestion. Bon il est un peu saoulant, je récupère le cadeau finisher (une petite veste) et je vais me prendre mon repas coureur. Heureusement L a bien terminé, et sa girl brune a pu me remettre mon sac. Je prends une douche archi expresse, je file au funiculaire pour redescendre, j'arrive à 15h25 en bas mais je me rends compte que le point de rendez-vous est super loin (genre 2km), je marche comme je peux dans la direction... bon la conductrice a été très gentille et m'a rejoint à mi-chemin. Tout est bien qui finit bien ! Bilan : pas grand chose à analyser, je suis trop heureux, trop fier, c'est évidemment une surperf et sans aucun doute ma meilleure course jusque là. Il y a eu quelques sérieux coups de mou mais je me suis épaté moi-même par ma résistance sur le long terme, c'est vraiment mon gros point fort. Fun fact (enfin fact assez normal, mais ça fait toujours plaisir) : j'ai fait top 50 du 70k et presque top 100 du 50k Niveau nutrition ça s'est bien passé, j'ai à peu près tenu les 90g/h jusqu'à la mi-course, sans souci notable. Ensuite j'ai lâché la bride, j'ai plutôt ciblé les coups de boost au début des montées. Mais je restais au moins à 50/60g je pense. C'est peut-être grâce à ça qu'il me restait du jus jusqu'au bout. Ça me donne évidemment envie de continuer de monter doucement les distances, même si honnêtement j'ai vécu quelques passages un peu longuets ("Bon, on se fait un peu chier, non ?" ). Prochaine course dans 4 semaines, le 80k des Templiers. Pas d'objectif particulier, ce sera avant tout social avec le club qui s'est bien réparti sur toutes les courses du week-end. Merci de votre attention ! Message cité 8 fois Message édité par Chou Andy le 22-09-2025 à 18:54:54 --------------- J'aurais voulu être un businessman |
Amraz Martyr nigaud et aventurier | Trop beau ce CR.
--------------- France = triple championne du monde de rugby 1995-2011-2023 |
duckjerry | Encore bravo, excellente course avec une gestion parfaite c'est beau à voir ! --------------- Mon Flickr - "Oh, people can come up with statistics to prove anything, Kent. 40% of people know that." (Homer J. Simpson) |
la poutance wacca wacca wacca | Purée, Chou |
Publicité | Posté le 22-09-2025 à 20:43:01 ![]() ![]() |
SenorPollo | Pas terrible, je préfère la purée de pommes de terre |
EvilTyler ex-Consultant Hippie |
--------------- More GG, more skill |
wintrow | Ce CR |
SenorPollo | Holala ça y est Chou se met à fueler et il roule déjà sur tout le monde |
Okocedion Nous savons que Marseille. |
big e |
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mafspirit |
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darkpotpot :3 muuuuuuuuuuuuuUUUUUUU | Joli CR, ça envoie |
The North Face passionner #marchefort |
--------------- Vends skis Salomon Q-105 | DEUX LITRES CINQ - TURBO - GANG - If driven carefully please report stolen |
Le_Rescator | Beau CR Chou (certains thèmes t'inspirent plus que d'autres Message édité par Le_Rescator le 23-09-2025 à 10:02:09 --------------- Plus tard, c'est souvent trop tard |
SenorPollo | En partant conservateur et avec un bon fueling régulier, c'est faisable |
pandarooxe | Chou |
Naxos \o/ | Beau CR Chou, et super gestion de course, bravo ! Message édité par Naxos le 23-09-2025 à 10:42:33 --------------- [Folio Photos] |
santroll | Chou qui commence à devenir sérieux ça envoie du lourd.
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wizz83400 |
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Ayuget R.oger |
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duckjerry |
--------------- Mon Flickr - "Oh, people can come up with statistics to prove anything, Kent. 40% of people know that." (Homer J. Simpson) |
Chou Andy Would you know my nem | Un billet d'avion plutôt ! Road to Madère, les Canaries ou la Réunion ! --------------- J'aurais voulu être un businessman |
Okocedion Nous savons que Marseille. | Ludo Pommeret en PLS à la lecture du CR de Chou --------------- Il y a quelque chose que je ne comprends pas |
wintrow |
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LeAmAs на зарееее | Puis il parlait de la Hardrock où ce facteur est particulièrement important. |
Naxos \o/ |
Le_Rescator | Et il fait ça depuis qu’il a arrêté de bosser. Il disait qu’avant c’était beaucoup plus compliqué, normal. --------------- Plus tard, c'est souvent trop tard |
PlayTime |
Il avait tout de même des coups de mou et coups de mieux assez étranges vu de l'extérieur pour l' avoir suivi sur le 90 du mont blanc |
santroll |
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la poutance wacca wacca wacca |
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duckjerry | Oui c'est sûr que le jour J c'est important, je voulais dire que c'est pas ça qui l'a fait progresser régulièrement au fil des années pour en arriver à ce niveau. D'ailleurs la côte est tombée Chou tu vas devoir utiliser tes stones pour aller à chamouni --------------- Mon Flickr - "Oh, people can come up with statistics to prove anything, Kent. 40% of people know that." (Homer J. Simpson) |
Chou Andy Would you know my nem |
Oh noes 737, pas mal Finalement il y a une certaine constance dans mes gros objectifs de fin d'été : 2022 - Échappée Belle 60km : 739 (abusé à mon avis) Une progression spectaculaire Message édité par Chou Andy le 23-09-2025 à 14:34:28 --------------- J'aurais voulu être un businessman |
Naxos \o/ |
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