Allez je profite de la journée off pour faire le CR du Raid de l’ultra marin (103km 800md+)
Troisième année que je m’y frotte.
Fail en 2023 par inexpérience et en 2024 sur blessure
Étant d’un naturel têtu je remets le couvert cette année pour une dernière fois.
Bien qu’étant parti au carton en l’année dernière, j’ai engrangé pas mal d’xp sur du long avec notamment un course horaire sur route. 2025 sera axé principalement sur l’UM, pas de dossard, des sorties longues et beaucoup d’ef au programme des 6 premiers mois.
Décrocher un dossard est déjà une course en soit: il a fallu se connecter 20mn avant l’ouverture de la campagne pour se trouver en bonne place dans la liste d’attente. Beaucoup de déçus ont exprimé leur mécontentement sur les RS, dur de trouver la bonne formule…mais pour moi c’est le signe que c’est devenu un gros cirque. C’est décidé ce sera mon dernier UM.
Niveau prépa, j’ai récupéré le plan qui était fourni gratuitement sur leur site et qui a depuis été remplacé par une collaboration RunMotion (payante), autre signe qui démontre tout l’aspect mercantile de l’orga.
La prépa se passe bien avec plusieurs semaines à 80km et des week end de deux fois 3h, je valide ma stratégie qui consiste à courir 13mn et marcher 2 mn.
Arrive le départ, les sensations sont pas folles et ma fascite plantaire refait des signes.
Mon père se propose de m’amener chercher le dossard et faire le premier ravito ce qui me permet d’alléger un peu le sac. Je rencontre Jeanb cheveux au vent sur la plage entouré de nymphettes et on se souhaite bonne chance.
Le speaker fait son speach et les sas partent à tour de rôle tous les 5mn, je suis sas 9 (basé sur l’indice betrail)
Plage des Govelins - Arzon Port Navalo (20km, 202d+ 1181/1600)
Je démarre prudemment en mettant en pratique ma stratégie mais dès les premiers mètres j’ai chaud. Il fait super lourd, c’est assez traître car il n’y a pas de soleil mais le cardio est complètement hors des clous et les sensations ne sont pas au rendez-vous.
Cette première partie est une alternance de chemins côtiers avec quelques rochers à gérer et un peu de bitume, rien de bien violent. On passe également par le parcours de golf local où je commence à me sentir en surchauffe. Je profite d’un point d’eau pour me rafraîchir et tremper la casquette mais j’ai peur du coup de chaud.
On arrive à Arzon pour prendre le bateau, les chronos sont neutralisés, recharge de flasques et c’est parti pour une traversée de 3km en semi rigide. Moment toujours très sympa et pause gratos surtout.
Locmariaquer - Crac’h (33km, 267 d+ 1081/1600)
Même coureur, même strat. Ça va mieux, le coup de chaud est passé.
On va dire que ce n’est pas la partie la plus glamour de la course, on rentre dans les terres avec pas mal de bitume et la traversée de la RN. Mais on est sur mes terre, je connais très bien les routes et c’est toujours appréciable. J’arrive au ravito en forme et confiant pour la suite.
Mon père me file ma poudre iso et gels, je fait l’erreur de recharger mes flasques avec des gros bidons bleus qui contenaient déjà de la boisson énergisante. Je profite pour demander un Doliprane aux secouristes pour mon mal de crâne hérité de la première partie. Je ne m’assoie pas et part direct.
Crac’h - Le Bono (49km , 396 D+ 803/1600)
Ma partie préférée! Là on est chez moi.
Même strat encore, qui s’avère efficace car je ne me sens vraiment pas fatigué. Ou alors c’est la prépa qui fait son effet. On passe par Saint Goustan à Auray avant d’arriver au port du Bono. Premier problème sur l’alimentation, la boisson iso ajoutée à la boisson énergétique m’écœure, je ne bois pas assez et les gels commencent à ne plus passer. Je gratte pas mal de place c’est assez plaisant.
Arrivé au ravito je m’empresse de vider mes flasques pour y mettre de l’eau normale, un peu de St Yorre et du saucisson. Je m’arrête à peine 10mn, je ne m’assois pas, je préfère marcher en repartant..
Le Bono - Baden (73km, 583 D+ 686/1600)
Le passage que je redoute, j’ai systématiquement eu des défaillances sur cette partie.
Sauf que cette année, je ressors du Bono dans de bonne conditions qui me permets de continuer à alterner marche et course. Par contre au 60eme, c’est fini pour les gels qui ne passent plus…
On retrouve le sentier côtier, les paysages sont permis les plus jolis de la course. Et puis arrive ma deuxième erreur: il y a des passages qui sont inondés par la mer, je vois les coureurs s’évertuer à escalader les rochers. Je trouve ça casse gueule et telle un gamin de 5 ans je saute pied joint dans la flotte. Sauf que… ben 1: il y a du sable 2: j’ai pas pris de chaussettes de rechanges. Un vrai génie.
Arrive le km 60 ( le fameux…) où je me décide d’allonger les parties marchées et ne plus faire les côtes en courant.
Ça passe bien jusqu’au km65 où les premiers douleurs musculaires arrivent, normal je me dis.
Et puis arrive le ravito fatidique théâtre de mes deux abandons. Je sais pas ce qui m’arrive: nausées, vertiges… putain je me revois encore ces dernières années, je suis démonté au fond du trou. Je reste 1h assis la tête sur la table à lutter contre mon estomac pour enfin pouvoir repartir mais j’ai rien plus avaler. L’idée même de sucre me rend malade. Je manque de vomir à côté de jeunes demoiselles avec un vieux renvoi de saucisson. C’est pas ce soir que vais pécho… mais au moins je repars!
Baden - Arradon (83km, 6997 D+ 888/1600)
La nuit tombe.
Je passe les 3 premiers km à marcher et à me forcer à boire pour alterner péniblement marche et course.
Il s’agit de la partie la plus « technique », beaucoup de racines et cailloux bien traîtres de nuit et la fatigue. J’ai assisté à 3 abandons sur chute. Je fais hyper gaffe et du coup je me traîne à un rythme asthmatique.
Mais au moins j’arrive à bon port au ravito. Je préfère pas m’éterniser, je recharge en flotte et je me barre.
Arradon - Vannes (103 km, 824 D+ 972/1600)
La partie la plus dégueulasse de la course, quasiment que du bitume avec des côtes d’enculé.
Au km 85 je rends les armes et je décide de finir en marchant, les ampoules ont eu raison de moi, ou alors les douleurs musculaires ou bien les nausées peut-être… je me fais beaucoup doubler et je suis admiratif de la gestion des autres coureurs qui trottinent encore avec facilité. Je le fais également beaucoup doublé par des marcheurs avec des bâtons, ça doit bien aider j’imagine. Je fais pipi pour la première fois de la course: orange qui tire sur le rouge… hmmm c’est donc pour ça que j’avais mal aux reins!
Les 10 derniers km sont un véritable chemin de croix et un combat avec mon corps que je finis par remporter en 15h30.
Au final, je suis content d’avoir fini cette course mais aussi déçu d’avoir dû subir le dernier tiers.
Pas assez de foncier encore sans doute, des erreurs d’alimentation, le coup de chaud…
Mais je vois pas comment améliorer l’alimentation, je ne pouvais plus rien manger.
Par contre, plus jamais ça hein.
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Porte bien son pseudo.