Bon à la base je ne voulais pas faire de long CR mais je suis frustré du Val d'Aran
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CR du UT4M 100 Master (97km, 5800m d+)
Après un Val d’Aran avorté, je suis pleinement remobilsé pour emmener ma femme au bout de son premier 100km en montagne! Je garde en tête le CR d’Atlantis qui avait critiqué vivement l’organisation de cette course. Cette dernière sera pourtant parfaite. Cela commence la veille, lors du briefing, où, grâce à une météo clémente, le matériel obligatoire est grandement allégé. Exit le legging, le pantalon de pluie, le bonnet, les gants, et même la seconde couche! En échange on doit se trimbaler 2 litres de flotte. Au retrait des dossards on reçoit un traditionnel t-shirt mais aussi une flask et une bière. Bien!
Samedi, réveil vers 4h30 pour chopper la navette à 5h20. On arrive tôt dans la zone de départ à Uriage. Du coup on glande et on dépose nos sacs de délestage. Je pars en Saucony Xodus un peu larges, parfois un peu instables mais top confort. Dans le sac de délestage: une paire de Peregrine, on ne sait jamais. Avant l’entrée dans le sas, on se fait vérifier la veste, la couverture de survie et les 2 litres d’eau, c’était prévu.
Top départ, tour du parc pour étirer le peloton et on part dans la pente pour 1300m de d+ vers le premier ravito du Recoin. Maureen envoie un rythme assez soutenu, avec mes départs de papy, pas sur que j’aurais été plus vite seul. Je monte à 175 bpm
, je suis impressionné et la montée passe finalement assez vite. Nous avions fait un “plan 24h” et on est carrément à l’avance. Comme on sort de la forêt on passe en mode soleil: casquette, lunette, crème.
Ensuite on va rejoindre les itinéraires du 170km Xtrem et Challenge (par étape) et du 40km Belledonne. L'ambiance change radicalement car on se fait rouler dessus en permanence et Maureen accuse le coup de l’altitude avec un bon mal de tête. Par contre, le paysage est sympa avec le lac Achard. Montée au ravito de la croix de Chamrousse où on croise Patrick Montel. C’est blindé, avec beaucoup de spectateurs (on donnait des tickets pour monter gratos en télécabine avec les dossards).
Descente et traversée avec les lacs Robert. Les choses sérieuses vont commencer et le fameux massif de Belledonne dévoile ses célèbres sentiers pierreux.
En effet c’est technique, difficile de courir à plat et en descente. Certains passages sont sécurisés par des militaires. On remonte vers le refuge de la Pra et Maureen accuse vraiment le coup. Il faut bien boire et se forcer à manger.
On repart vers le point haut de la course: le col de Freydane. Superbe approche avec les lacs Domènon, la croix de Belledonne, des névés, et une ambiance minérale.
Ça monte dur, et beaucoup sont stoppés net. On arrive au col avec une belle vue sur le glacier de Freydane.
La descente sera le point chaud de notre aventure. Ça commence par une partie sableuse, pentue mais pas difficile en soi : il faut bien planter les talons et anticiper les glissades.
Mais ce n’est pas du gout de ma femme, ni meme de cette partie du peloton (on doit etre dans le dernier quart). J’attends beaucoup, sans pour autant perdre des places, mais je dois dire que je me suis beaucoup énervé intérieurement. Apparemment “ca se voyait”. Pourtant je me dis que je dois tenir mon rôle et encourager (ou tout du moins ne pas exprimer ma nervosité). Une fois la partie sableuse passée, on arrive sur une partie très rocailleuse et on perd encore beaucoup de temps.
Je fais des photos et je me dis que l’Echappée Belle ça doit être un sacré morceau. Il faut soit se dire qu’on ne courra jamais, soit la faire en rando sans pression. Bref, on arrive à un petit ponton qui marque la fin de cette section de l’enfer. Il reste cependant encore 4km avant le ravito. Ce fut donc une très longue section sans ravito (2h30 depuis le col + la montée avant non mesurée). On arrive enfin à Pré long, on oublie le plan 24h et on se dit que le plus dur est passé.
En effet, derrière on va faire une bonne descente, traileurs des plaines que nous sommes, et courir tout le temps en rattrapant pas mal de monde. La chaleur va augmenter avec la descente. Après un petit ravito, il faut traverser la vallée du Grésivaudan : 7 km de plat sur route. Quelle joie, encore une fois Maureen va m’impressionner en courant tout du long là où plein de traileurs marchent, fatigués et accablés par la chaleur.
On reprendra une 50aine de places.
Base de vie! Les pâtes pas géniales mais je trouve les ravitos dans l’ensemble bien achalandés même si assez identiques. Je joue mon rôle d’accompagnateur en ravitaillant ma moitié pendant qu'elle se change.
On repart pour le deuxième massif: la Chartreuse. Grosse montée de 1100m d+ pour commencer qui nous permettra de mettre la majorité du dénivelé restant derrière nous. On croise trois gars qui font demi tour pour abandonner. On y passe en mode nuit, une première en course pour Maureen (c’est notamment la raison de ma présence). C'est relativement paisible, voire inquiétant tellement c'est silencieux. On voit des frontales revenir sur nous mais elles ne nous dépasseront jamais. C’est long mais on arrive à la fin. On entend de la techno de merde, je crois que c’est le ravito mais non, le boss du ravito nous dira que c’est une rave party dans le coin.
Le ravito d’Emeindras est un des ces ravitos de nuit paisible où tout le monde chuchote, certains dorment, d’autres abandonnent. Très bon fromage persillé à pate molle (si un connaisseur sait me dire ce que c'est?
), sauciflard, coca, St Yorre, je suis dans le flow, on sait qu’on ira au bout.
On repart et le vent se lève, on enfile les coupes vent. Traversée un peu monotone bercée par les beats répétitifs de la rave, puis bifurcation sur la boucle de Chamechaude. On nous annonce 400m d+ et en effet on voit les frontales bien haut. Pas super pour le moral mais on y va, pas le choix. Finalement ça passe bien, dommage qu’on ne voit rien sinon des étoiles. Il fait un peu frisquet là-haut.
Redescente sur le col de Porte, chute de Maureen, sans gravité. Ravito au col et on repart avec un gars du 170km qui a hâte d’arriver au prochain pour faire une sieste. Parcours en forêt sans charme.
A Sappey en Chartreuse, c’est encore un îlot de confort, une salle, de la lumière, des bénévoles sympas. Du fromage, des tucs, un café, whatelse?
Je demande le dénivelé de la dernière côte: 460m! (elle en fera moins). Je chie enfin près de rondins. Dans cette dernière côte, on rattrape un 170km qui se croyait perdu car seul, en effet, cela devient clairsemé. Maureen va encore bien envoyer en montée. C’est assez bizarre car sa FC est plus basse en montant en power hike qu’en courant en footing sur du plat… à exploiter pour plus tard! On arrive à un fort avec l’agglomération grenobloise qui scintille et les premières lueurs du jour qui se dévoilent derrière Belledonne.
Il est temps de redescendre et d’en finir. D’abord sur le col de Vence : lacets assez simples mais longs. Le jour s’est levé. Enfin la dernière section, un peu longue sur la fin avec des passages par des escaliers de la Bastille mais surtout des lacets interminables qui ne descendent pas franchement. Et finalement la ligne en 25 heures, on est contents mais fatigués et donc peu d’émotions. Le speaker interroge Maureen sur son ressenti de cette magnifique aventure: son seul commentaire “ca a été”. OK.
On apprend quand même que le gars est né à côté de chez nous en Belgique. On se tapera ensuite un brunch au Prosecco à l'hôtel !
Super content d’avoir pu emmener ma femme au bout. Et elle, elle a kiffé! Mission remplie à 100%. Points positifs sur l’orga : un balisage sans faille, tous les 30m. Des bénévoles à toutes les routes, à toutes les heures. Un sans faute. On sent l’orga bien rodée (11eme édition je crois), avec un monstre d'évènement (12 courses, plein de zones de départs différentes, des navettes…).
Et sinon Belledonne… j’ai vu… et je ne sais pas trop quoi en penser. C’est magnifique mais c’est exigeant si on veut vraiment courir.
El Strava: https://www.strava.com/activities/9503935441
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I live on the frozen surface of a fireball where cities come together to hate each other in the name of sport.