SenorPollo a écrit :
La préparation :
Côté fueling c'est simple, c'est full maurten, ça me coute un bras mais c'est efficace J'opterai pour la méthode Maxouw pour la prochaine prépa Côté bornage, j'ai jamais autant borné de toute ma vie. J'arrive au marathon avec 1050km dans les jambes. 500km de plus que l'an dernier à la même date qui était ma plus grosse année. Un pur plaisir.
A partir de janvier, je vais manger, bouffer, chier, respirer et dormir ce marathon : je n'ai plus que ça en tête. J'organise toute ma vie perso et pro autour de mes 5 séances cap + 1 semaine PGG par semaine en devant constamment m'adapter entre les imprévus de l'école, de la nounou, du taf' de madame, de mon propre taf'. C'était parfois sport mais je n'ai fait sauter qu'une seule séance de dépit à cause de mon pied droit à l'approche du semi. La préparation se passe merveilleusement bien, je rentre difficilement ma première séance d'AS42 (3*25') en 4'55/km et puis derrière c'est le déclic, je vole, à chaque séance qualité et à chaque SL mes allures descendent. Je me régale, jamais je n'ai autant aimé courir. Je rentre des blocs d'AS42 de plus en plus massif jusqu'à cette sortie où je marche sur l'eau : 1h05+55' d'AS42 en 4'35/km en finissant relativement "frais" : https://www.strava.com/activities/8652103473. A ce moment là, je me dis que j'ai moyen de faire un énorme chrono, je commence à rêver de sub 3h20 voire mieux, je m'enflamme.
Et puis vient cette foutue semaine au ski. Comme une verrue au milieu du nez. Elle était prévue depuis le début mais quand j'ai pris le dossard je n'avais pas mesuré son impact. C'est un moment important pour ma vie de famille mais elle m'emmerde royalement car j'ai peur qu'elle me coupe sur ma lancée. En parallèle, j'ai une épine inflammatoire posturale qui s'est déclarée au pied droit. Je gamberge pas mal, est-ce que je suis sur le point de me blesser ? Le fantôme de 2019 revient me hanter. Je parviens à skier sans douleur (et sans me faire un genou ) mais cette merde je vais la trainer jusqu'au marathon... Fatalement je vais arriver au semi en ayant perdu du rythme. De plus mon pied me gênera pas mal même si j'arrive à contenir la douleur grâce aux séances de kiné et à des bains glacés 2 fois par jour.
La suite vous la connaissez, "j'explose" car je me suis emballé sur l'allure à tenir le jour J : 4'20/km c'était beaucoup trop optimiste, de surcroit avec la perte de forme et de rythme à cause de ma semaine de vacances. Je fais un PR de quelques secondes mais je suis capable de faire bien mieux, je suis dégouté. A chaud je me dis que c'est pas grave et que ça ne remet pas ma prépa en cause mais la vérité c'est que j'ai du mal à encaisser ce résultat et je me vois déjà exploser en vol sur le marathon. J'ai un peu de mal à m'en remettre et je perds momentanément l'envie de courir à Annecy. Avec le recul, ce semi aura eu le bénéfice de me remettre les pieds sur Terre et me faire ajuster mon allure pour le marathon. Sans ça j'aurais peut être pris le mur de pleine face. Derrière je me remobilise et je rentre un monstre dont Boucher a le secret : 2h25 d'AS42 à 4'45/km soit 30.5km d'allure spécifique pour 36km au total. Je fixe mon allure à cette valeur. Le taper arrive à point nommé, je suis cramé, mon pied me fait mal. Il fait vite son effet car les séances redeviennent de plus en plus simples et le 4'42/km revient vite me titiller l'esprit... Je me dis que j'aviserai le jour J.
La semaine avant le marathon se passe vraiment bien : je suis en congés, le grand est en vacances chez les grands parents, le petit chez la nounou, personne n'est malade, une première ! Je glande énormément sur le PC et devant la télé, je suis zen. Je passe de bonnes nuits même si le vendredi matin je me lève étonnament fatigué. La nuit suivante est calamiteuse, à 1h du mat' je ne dors pas, j'ai l'impression de brûler de l'intérieur et d'avoir des tonnes d'énergie à dépenser. C'est bon signe me dis-je. A J-3/J-2/J-1 je bois mon litre de malto, la bouteille de Saint Yorre la veille de course et beaucoup de pâtes et riz toute la semaine.
Le samedi matin le déblocage pré-course passe crème, je prépare fébrilement mes affaires en vérifiant tout 50 fois et l'après midi on se rend à Annecy en famille. Je retrouve en coup de vent Ze_fly qui m'a récupéré mon dossard (merci encore !), on papote un peu mais la pluie nous tombe sur la gueule alors je rentre me mettre au chaud dans mon appartement situé à 2km du départ... en haut d'une montée à 15%. Elle va être intéressante à grimper après le marathon me dis-je Le soir c'est pâtes et oeufs durs, je suis posé, j'ai mes affaires prêtes, y a plus rien à faire. Je relâche tout et à 21h30 je somnole déjà dans le lit, je me pieute à 22h. Je m'endors vite et passe une nuit un peu agité mais globalement très bonne, j'ai accumulé au moins 6h de sommeil malgré les réveils pipi à 00h00 et 3h.
D-DAY !
A 5h55 je me réveille tout seul, 5 minutes avant le réveil, nickel. Je me sens bien ! Le départ est prévu à 8h30, j'ai tout le temps de me préparer. J'avale mon petit déj' (crème sport, une banane, un café), je prépare mes boissons et mes gels, je check ma tenue. Il est 6h20, tout est prêt, c'est l'heure d'aller sur le trône. Je passerai l'heure suivante à accomplir la mission avec succès en multiples étapes tout en échangeant des SMS avec Ze_fly. Pendant ce temps, une question me taraude l'esprit : la météo prévoit 6 a 10°C sans soleil, j'hésite entre Tshirt et manchons ou double couche. J'arrive pas à me décider, je suis quand même frileux. L'heure tourne, je change 20 fois d'avis. Et puis je n'ai plus le temps, il faut y aller. Je choisis l'option manchons. Qui vivra verra. C'était suffisant mais très limite, j'ai eu froid par moments et la double couche m'aurait peut être faut du bien !
A 7h50 je décolle, je fais les 2km qui me sépare de la ligne de départ en marchant et en trotinant légèrement. J'en profite pour refaire le serrage des lacets comme je le fais à chaque fois durant mon bloc EF d'une SL pour ajuster en fonction des sensations. J'ai du mal à trouver un truc convenable. Je continue de passablement m'échauffer dans une rue perpendiculaire aux sas de départ tout en cherchant un laçage qui me convienne mais je galère... A 8h20 je me fous dans le sas, je refais une dernière fois mon lacet droit, je lance ma montre, je visualise une dernière fois mon plan de course : un gel toutes les 30', une gorgée de boisson iso toutes les 10' (j'ai 1L dans la ceinture Sammie), départ zen aux alentours de 4'50/km sans s'enflammer quitte à perdre un peu de temps au début puis on se cale entre 4'45/km et 4'42/km au feeling. Et surtout, prendre du plaisir pour ton premier marathon ! Sur ma montre, j'affiche uniquement la vitesse du lap en cours et le temps total de course, j'ai désactivé l'autolap, je bipperai manuellement toutes les 30' voire toutes les heures en fonction des portions et de la variation d'allure.
Je n'affiche pas la distance totale pour ne pas gamberger sur le kilométrage et éviter toute fracture mentale due au décompte de la distance restante. Je réaliserai assez rapidement que chaque kilomètre est balisé par un panneau le long de la course Le temps passe très vite et à 8h30 le départ est donné.
0-10km : départ tranquille, le réveil du mollet
Les sas n'ont de sas que le nom : on part tous en même temps et on doit passer la ligne de départ 30" après les élites. Il y a un monde fou, ça bouchonne énormément dans les premiers tournicotis dans le parc, je ne suis même pas à 5'/km et je vois la flamme 3h30 qui s'éloigne. Je suis coincé derrière des gars que je ne peux pas doubler à cause des barrières. Je finis par m'extirper et à accélérer légèrement. Je passe le 1er kilo en 4'53/km, c'est un peu lent mais c'était prévu, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre. Je lap manuellement pour avoir une mesure de l'allure plus proche. Je suis avec un petit groupe de gars qui sont à 4'45/km, parfait me dis-je. Je les suis et j'entends le gars dire à ses potes "4'55, on est bien". Je lui demande si il est sûr, moi j'ai 4'45/km, il me dit que non vu que son GPS a l'air en galère. On papote un peu, c'est son premier marathon, il vise 3h30. On blague un peu et puis on se souhaite bonne course. Je le lâche assez vite, il court plus lentement que moi (il aura fait le premier semi en 1h44 et le second en 1h37, sacré négative split). 200m plus loin un gars fait tomber sa gourde, je me baisse pour la ramasser et lui rendre, je suis comme ça, je suis un mec sympa On longe le lac d'Annecy et on commence à sortir de la ville, l'allure est stable à la cible voulue, la montre m'affiche un check cardio "baseline +4 : very good", je me sens super facile et à l'aise. Le départ est comme je l'avais imaginé, je suis sur mon nuage Le marathon se court sur la piste cyclable qui longe le lac quasiment tout le long, ça papote beaucoup autour de moi. Je suis dans un groupe composé de kway blanc et 3 vieux en orange et je fais le yoyo avec eux en maintenant l'allure. Un des 3 vieux lâche quelques petites caisses bruyantes tranquillement, ça me fait sourire. Sauf quand je suis derrière et que j'ai l'odeur qui m'arrive dessus. A 30' de course je lap comme prévu pour valider ce premier bloc à 4'45/km. Tout se déroule sans accroc Ou presque. Je suis toujours bien mais y a un loup : je sens un point dans le mollet gauche depuis le départ. Je pensais qu'il allait partir à chaud mais non, il est toujours là et il se fait même de plus en plus présent. Je ne panique pas mais je me dis que ça pue la crampe potentielle qui me nique ma course. Mais en même temps, je ne peux rien y faire alors je continue et je prie pour que ça pète pas. Je sens aussi que mon pied est un peu lâche dans ma pompe, je me dis que c'est peut être lié. Je commence à me demander si je vais pas faire une pause rapide pour faire mes lacets mais ça m'emmerde perdre 30" pour ça... d'un autre côté je me dis que le chrono final c'est une chose mais si c'est pour passer 42km à penser à ça c'est con.
Vers le 9ème mes parents m'attendent avec mon grand pour m'encourager. Il est hyper content de me voir et m'encourage. Ca me fait un peu monter les larmes mais je reprends vite les esprits. C'est pas le moment de flancher
10-20km : La première pause lacet
Juste après le ravito du 10, je n'y tiens plus : je m'arrête et prends bien le temps de refaire mon lacet gauche laissant filer kway blanc et les 3 vieux oranges. L'allure du bloc est passée de 4'45 à 4'51/km dans l'opération. Je décide de lapper pour avoir une idée plus précise de mon allure. Mon pied gauche est maintenant mieux maintenu dans la pompe mais ce foutu point au mollet ne part pas. En fait il ne partira jamais, je ferai toute la course avec et il s'étendra petit à petit sur la partie basse de la jambe mais sans cramper ou péter. J'ai dû composer avec cette gêne tout le long mais ça restera cela : une gêne qui ne m'aura jamais empêché de courir à mon plein potentiel. Et tant mieux !
Un peu plus loin Boucher m'attend à son tour pour une photo souvenir, je fais mon plus beau sourire Au 15ème on passe dans un tunnel et on entame un faux plat montant de 2km. Je continue à tenir l'allure. Je suis toujours bien. Il y a régulièrement des petits groupes qui mettent l'ambiance, c'est cool, ça fait passer le temps. Je remarque aussi une nana qui se téléporte régulièrement le long de la course tous les 5km environ pour faire le ravitaillement de son mec. Il était derrière moi toute la course car je l'ai vue tout le long, c'était troublant
Quand tu montes, après tu descends ! Au 17ème gros faux plat descendant dans lequel on croise les premiers. Ca va vite ! Certains commencent déjà à souffrir autour de moi. Je me dis que c'est maintenant que j'appuie légèrement pour profiter de la descente afin de récupérer le temps perdu à la pause lacet (4'34/km et 4'37/km sur la descente). Je me fais aussi une note mentale en me disant que quand il va falloir le remonter au retour, ça va piquer et va falloir être prudent. Au 19ème on entame la boucle qui nous fait demi tour pour nous amener au semi. Je lappe manuellement car on a atteint les 1h30 de course. Ca tombe pile poil, il y a ici une montée un peu plus prononcée que le reste du parcours. Je gère mon allure et passe la grosse bosse sans encombre ni bobo à 4'52/km et je relance sans problème dans la descente qui suit.
20-30km : passage du semi, 2nde pause lacet, jusqu'ici, tout va bien
Donc là je me sens toujours super bien mais sur le strava il est intéressant de voir que la bosse me fait prendre 7-8 pulses pour passer la barre des 170bpm (85% de FCM) et que derrière je ne redescendrai plus sous cette barre (un court instant seulement). Est-ce que j'étais en légère déshydratation et que ce passage m'a coûté plus que je ne le pense ? Difficile à dire mais la bosse en elle même ne m'a pas fait mal. En tout cas derrière, je relance sans encombre et je prends même un petit gobelet d'eau (que je renverse à moitié sur mon tshirt parce que je sais pas boire en courant) au ravito pour compléter ma boisson iso. J'ai mis quasiment 1h50 à descendre ma première gourde de 500mL contre environ 1h20/1h30 pendant la prépa. J'ai peut être été trop conservateur là dessus ? Au final j'ai terminé mon litre à la fin en prenant des énormes gorgées sur les derniers kilos.
Quand on arrive au passage du semi, il y a pas mal de coureurs qui attendent le relais le long du parcours. Je passe la borne de bippage en levant les bras genre "youpi j'ai fini ma course je suis heureux" et en faisant l'idiot. Ca fait vite fait sourire 2/3 personnes mais c'est tout Ca repart en descente, j'appuie un petit peu pour profiter de celle ci et grapiller des secondes et je me dis "oublie pas la grosse montée que tu vas te bouffer au retour, faut prendre du bonus ici et tu vas le perdre derrière". A la fin de la boucle on croise les gens qui arrivent en gros paquets, y a clairement plus de monde entre 3h30 et 4h ! Et sans que je m'en rende compte, on entame la montée que j'avais notée mentalement. Je ne le vois pas car ma tête est ailleurs : mon pied gauche commence à me faire mal sur le dessus, visiblement j'ai serré trop fort le lacet. Je me dis que putain, je vais quand même pas faire une deuxième pause. J'attends un peu ça va passer. Puis je sens des fourmis.
Pas le choix, je m'arrête, je desserre ce foutu lacet en espérant que cette fois ce soit la bonne et je repars. Evidemment l'allure du bloc s'envole de quelques secondes. Ca m'emmerde mais tant pis. Je lap à 2h pour une allure de 4'49/km sur cette portion. Je calcule rapidement que j'ai perdu une bonne minute facile dans cette histoire. Tant pis. On est de nouveau en faux plat descendant et comme je suis un peu perdu avec ce nouvel arrêt, je m'attends à me taper la grosse montée sans me rendre compte que j'ai l'ai déjà passée. Comme d'hab en descente j'appuie un peu plus pour gratter des secondes, je me retrouve aux alentours de 4'40/km. Un mec se cale à ma hauteur et papote avec moi en me demandant si ça va. Je lui explique que oui, lui parle de mes arrêts lacets, on continue de papoter et puis il me demande si j'ai l'habitude de faire des marathons. Je lui explique que c'est mon premier, il me dit que c'est bien d'être là à cette allure et que j'ai l'ai frais. Je le remercie et je lui dis que je vise 3h25, il me dit qu'il adorerait aussi être à cette allure mais qu'il attend le 30ème pour voir comment ça se passe. On se souhaite bonne course... et il accélère franchement
Je continue mon chemin tout seul et j'aperçois kway blanc et les 3 vieux en orange devant moi, je suis en train de les rattraper petit à petit. Je larguerai assez rapidement les 3 vieux qui commencent à galérer avant le tunnel au retour. Avec tout ce bordel, je comprends plus où j'en suis dans la tracé et j'attends encore le gros faux plat montant qui n'arrivera donc jamais Kway blanc tient encore la distance mais je l'ai dans le viseur Au 29ème j'ai un coup de mou dans un faux plat montant et ça passe vers le 30ème.
30km-40km : la lente descente aux enfers
Au 31ème on part sur un virage sec à droite et on ne suit pas la piste cyclable comme à l'aller. J'avais raté ce bout de parcours donc je suis un peu désorienté sur le coup. Mais ça descend alors ça me va bien, je me refais la cerise. Je grille kway blanc dans ce virage et le dépose définitivement. On atteint les 2h30 de course, je lap manuellement : bloc à 4'44/km, pour l'instant je tiens l'allure prévue hormis les 2 pauses qui m'ont couté 1 grosse minute. Je suis à 4'40/km dans la lancée de la descente. On finit la boucle, on reprend la piste cyclable et là pouf, je sens que je galère au niveau cardio, j'ai un peu de mal à respirer. Et c'est le début des emmerdes. Graduellement je sens que j'ai de plus en plus de mal à tenir la foulée, les cuisses vont bien mais je galère comme pas permis à maintenir l'allure : je suis cramé. Je suis un peu dans l'incompréhension sur le coup, y a 5 minutes je me sentais bien. Tant pis, faut composer avec. Je commence à comprendre que la bataille avec le cerveau va commencer et que c'est maintenant que le sub 3h25 se joue. Alors je lutte, je me donne des objectifs, tenir jusqu'à 2h40, puis 2h50 puis 3h00 et après il reste 20 grosses minutes jusqu'à la ligne d'arrivée. Mais ces foutus panneaux sur le bord me rappelle les kilomètres restants : 33, 34, 35... c'est long.
Au ravito du 35, je m'arrête, je prends une gorgée d'eau et je repars. Le reste ne sera qu'un long chemin de croix. Par deux fois, j'ai un léger voile noir qui me passe devant les yeux et la tête qui tourne. Heureusement ça s'arrête très vite. Je suis toujours lucide et je continue à boire ma boisson iso et à prendre mes gels comme prévu. Je m'arrête brièvement pour marcher 2 fois mais je repars aussitôt, je sais que le sub 3h25 est mort mais que même le sub 3h30 peut s'envoler si je fais le con : l'allure est à 5'15/km, il faut continuer à se battre. Je pense au CR de yipi à Berlin où il parlait de négocier avec son cerveau pour ne rien lâcher dans les 5 derniers kilos. Je fais pareil. Ou plutôt je lui mets des baffes mentales :
Chaque zombie que je passe me donne envie de marcher à mon tour, il faut lutter contre cette envie si pressante. Je m'imagine tous les burgers et les tacos que je vais m'enfiler en récompense la semaine prochaine pour me motiver (ça marche pas du tout). Enfin le 40ème, on arrive dans Annecy, la ligne d'arrivée est à la fois si proche et si loin. Je le sais, le pire arrive. Les tournicotis de l'enfer sont là. 40km-fin
Et pour être infâme, c'est infâme. Ma famille se poste à différents virages pour m'encourager. Je les entends mais j'ose pas lever la tête de peur de chialer et de plus repartir Je suis dans le dur total.
La première petite boucle passe mais ensuite on arrive une longue ligne droite qui fait bien 700m avant de faire un virage à 180° pour revenir sur nos pas. C'est l'enfer, j'en vois pas le bout, je m'arrête brièvement pour marcher une fois de plus mais je repars très vite. Tout le monde en chie, ça marche de partout, ça pète de toute part, y a quelques fusées qui nous mettent des mines et la tête dans le seau au passage, c'est tellement long. Je suis 2 gars qui sont tous heureux d'être là en m'accrochant à eux. "J'aurai pas la force de sprinter vers la ligne, je finis comme je peux" je me dis. Enfin un virage à gauche, le panneau 42km, un dernier virage et on y est. Elle est là. Cette arche que j'ai maintes et maintes fois visualisée pendant ma prépa et qui m'émeuvait à chaque fois que j'y pensais. Et là une étincelle dans ma tête, un truc bestial qui s'allume, je contrôle plus rien : je pars en sprint comme un demeuré, les larmes aux yeux. J'appuie comme un taré (je monte à plus de 3'30/km d'après Stryd) et je sens les chaussures qui me rendent toute l'énergie de mes foulées, ce boing boing super jouissif. Pensée fugace : "putain mon gars si t'es capable d'envoyer ça sur la fin t'as quand même fait ta baltringue sur les derniers kilos" Mais je m'en fous, putain je suis finisher d'un marathon, j'ai accompli mon rêve et avec un chrono que j'aurais jamais cru possible y a 6 mois.
Je passe la ligne, je me fous contre la barrière et je chiale comme une madaleine. Je relève juste la tête 1s le temps de valider la course sur la montre histoire de pas l'effacer comme un débile puis je lâche tout. Quel soulagement ! Ensuite je vais prendre mon bain de boue aux ravitos avec les autres finishers 3h27m18s.
Le strava : https://www.strava.com/activities/8899709098
Voilà, désolé, une fois de plus j'ai écrit un roman mais y a plein de petits détails que je voulais pas laisser de côté. Je suis content de ce premier marathon, quelques petits désagréments qui m'ont coûté du temps mais c'est comme ça, on peut pas faire course parfaite à chaque fois. Il y a 6 mois ça m'aurait peut être totalement fait vriller et sortir de ma course ces merdes là et j'ai su passer outre. J'ai déjà envie d'en courir un autre, même si la prépa m'a demandé du temps, de l'énergie et de l'investissement j'ai adoré ce début d'année et c'était un réel plaisir de borner comme un sac !
Quelques petits remerciements au passage :
- Boucher bien sûr, qui m'a emmené si loin en quelques mois. C'est que le début, on va aller encore plus loin, un jour je ferai sub 3h moi aussi ! - Zendb avec qui j'ai énormément échangé pendant cette prépa et qui m'a beaucoup apporté en terme d'expérience et comment appréhender ce premier marathon
- yipi avec qui j'échange pas mal aussi et surtout encore un gros merci pour la kiné, elle m'a tellement retapé et sans elle je sais pas si j'aurais pu faire cette course avec mon pied qui m'emmerde. L'an dernier déjà elle m'avait bien sauvé la mise avec mon autre pied !
- Ze_fly avec qui une bonne émulation s'est créée sur le discord sur lequel on discute, il m'a bien botté le cul pour me faire comprendre que j'étais capable de courir plus vite ! Et qu'il est bon ce con !
- maxouw et tous ses conseils sur le fueling super intéressants et ses quelques conseils de dernières minutes avant le marathon Et puis merci à tous les participants du topic, quand je vois le chemin parcouru entre 2018 et aujourd'hui, je mesure la progression. Tous les CRs, les conseils, les partages de séance, les progressions phénoménales de certains... ça me booste à chaque fois et ça me motive à aller charbonner, c'est un réel plaisir d'échanger avec vous ici.
Alors merci à toi, petit topic ![[:lergo:3] [:lergo:3]](https://forum-images.hardware.fr/images/perso/3/lergo.gif)
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