FRANCK RIBERY, quel est votre sentiment après ce 0-0 contre la Suisse ?
F. R. : On est un peu déçu. Le plus important est de ne pas avoir perdu, même si on voulait gagner. On a fait une bonne première mi-temps. On a été moins bien à l'heure de jeu où on a manqué un peu de fraîcheur. On a eu les occasions mais pas ce petit truc.
Le nul est-il inquiétant ?
F. R. : Il n'y a pas d'inquiétude, on était un peu déçu, c'est tout. On voulait gagner pour bien enchaîner. Il nous reste deux matches et il faudra les gagner. On est quand même l'équipe de France. On sait ce qu'on doit faire.
A titre personnel, quel bilan faites-vous de votre match ?
F. R. : Déjà, j'étais très content d'être sur la pelouse avec de très grands joueurs autour de moi pour débuter cette compétition. Pour moi, ce ne sera que de bons souvenirs. Ma prestation a été positive même si ce n'était pas facile contre les Suisses et qu'il faisait très chaud. Il me reste encore des matches, il y aura des rencontres où je serai plus à l'aise.
Comment avez-vous géré la grosse attente qu'il y avait autour de vous ?
F. R. : Les joueurs attendent beaucoup de moi, comme moi j'attends beaucoup d'eux. Ce que je fais en ce moment, c'est plutôt positif. Les gens sont contents de moi, et moi aussi. Il faut que je continue. Je dois rester le plus simple possible, garder les pieds sur terre et continuer à donner du plaisir aux supporters. Je ne me mets pas de pression inutile.
Qu'est-ce qui change dans un match de ce niveau-là ?
F. R. : Dans une compétition comme ça, ça va très vite. Il faut faire attention à tout, au replacement, à ne pas perdre le ballon bêtement. A un moment donné, j'ai regardé le temps, il n'y avait que deux minutes trente de jeu et je cherchais déjà mon souffle... Mais d'avoir joué cette rencontre, à 23 ans, c'est bien pour moi.
Seulement utilisé comme joker pendant les matches de préparation, étiez-vous prêt à débuter ?
F. R. : J'étais prêt. J'ai quand même fait beaucoup de matches avec Marseille. Ce n'est que mon premier match, il y en aura d'autres. Cela va aller de mieux en mieux pour moi comme pour mes coéquipiers.
Etiez-vous impressionné ?
F. R. : Les joueurs considèrent que je suis là depuis longtemps, et moi, maintenant, je suis tous les jours avec eux... Je fais partie des meilleurs joueurs en France et je joue avec des joueurs comme Zidane, Henry et Makelele, cela prouve que je fais du bon travail et que je mérite d'aller avec eux.
Accepteriez-vous d'être sur le banc contre la Corée du Sud ?
F. R. : Bien sûr. Tout le monde ne peut être sur le terrain.
Raymond Domenech a évoqué la sécheresse de la pelouse pour expliquer en partie les difficultés offensives des Bleus. Votre opinion ?
F. R. : Pour Thierry Henry, Sylvain Wiltord ou moi, qui aimons provoquer balle au pied, cela ne nous a pas trop avantagés. C'était vraiment très sec. Contre la Corée du Sud, ce sera à 21H00, et on espère que la pelouse sera arrosée pour nous faciliter la tâche.
Qu'est-ce qui a manqué pour marquer ?
F. R. : Je ne sais pas. On a essayé de faire ce qu'il fallait, de jouer au maximum vers l'avant, d'avoir des occasions. A un moment donné, on aurait pu marquer quand je fais la passe en retrait pour Thierry Henry. J'aurais dû lui mettre le ballon un peu plus devant. C'était difficile pour lui de contrôler et d'enchaîner.
Trop collectif ?
F. R. : Peut-être que j'aurais pu jouer pour moi, mais je pense que la meilleure solution c'était de faire comme je l'ai fait. Si j'avais fait une bonne passe, on aurait marqué ce but. Je voulais trop assurer ma passe. Dans des matches très importants, on veut assurer les petits détails. Sur l'action, il y a peut-être une main où l'arbitre peut siffler penalty.
Vous préférez jouer à droite ou à gauche ?
F. R. : Je peux jouer des deux côtés. Je ne fais pas les mêmes choses à droite et à gauche, mais je me sens très bien des deux côtés.
Vous avez beaucoup bougé sur le terrain. C'était une consigne ?
F. R. : Le coach sait très bien que je suis un joueur qui bouge beaucoup. Il m'a dit de ne pas rester sur le côté gauche, d'aller dans l'axe comme je le fais avec les Espoirs et à Marseille et de me replacer dès qu'on a perdu le ballon. Je suis à l'aise quand je suis libéré.
Que pensez-vous de la "Ribérymania" ?
F. R. : Je ne pense pas qu'il y ait de "Ribérymania"...
Apparemment si...
F. R. : (Rires) Je suis content que les gens m'estiment beaucoup. Cela fait toujours plaisir. Cela prouve que je fais du bon travail, que je suis quelqu'un de simple, qui prend du plaisir avec tout le monde, que ce soit avec les joueurs ou dans la vie de tous les jours. Pour moi, c'est important de donner du plaisir aux gens. C'est que du bonheur ! Pour un joueur, une carrière cela va très vite.