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Lewis Hamilton : Dès lors qu’il pourrait profiter d’une bonne stratégie, il ne faisait pas de doute que Lewis eût la carrure pour gagner une course. Pour ma part, je pense que l’Anglais avait eu le déclic en Espagne. Ce qui m’a scotché au Canada – sur une piste pas simple mais inutile de le répéter – c’est sa capacité à ingérer les aléas de la course pour tracer son chemin sans jamais faillir. Je ne me souviens même pas de l’avoir vu bloquer une roue au cours du week-end. Faut-il rappeler aussi les propos de Lewis qui a minimisé l’aide apportée par le super simulateur de McLaren pour la découverte du circuit. Et contrairement à ce que beaucoup d’observateurs ont affirmé, Hamilton – qui n’a pas fait un départ de rêve – s’est placé hors trajectoire, à l’intérieur, au premier freinage et à quand même contrôlé la situation. La suite a semblé une partie de rigolade. Fernando Alonso, lui, n’a pas été victime de la piste sale mais d’un freinage très optimiste. On y reviendra.
Nick Heidfeld : Excellent en qualification, excellent au départ, Nick a eu le tort d’évoluer dans l’anonymat loin du premier ( sauf pendant les périodes de safety car) et sans être inquiété par le troisième. Je note son rythme en course bien plus convaincant que celui des Ferrari.
Alexander Wurz : Moi je dis bravo. S’inviter sur le podium avec un aileron arrière brinquebalant…L’expérience de ce vieux briscard a fait merveille dans ces conditions dantesques, d’autant qu’il n’avait pas convaincu depuis le début de la saison.
Heikki Kovalainen : C’est ce qui s’appelle se rattraper aux branches. Après des essais calamiteux, le Finlandais a su profiter du chaos du dimanche pour marquer les esprits. Son meilleur tour en course est très loin des attentes de son écurie, mais il a attaqué en fin de course pour mériter sa place au pied du podium. Pourtant Heikki est loin d’être sauvé. Pourtant, je ne suis pas sûr qu’un Piquet ou un Zonta ferait mieux à sa place.
Kimi Raikkonen : Kimi avait emprunté ce week-end la combinaison magique « d’homme invisible » habituellement portée par Nick Heidfeld. Je sais que les soirées montréalaises sont particulièrement chaudes et arrosées, mais quand même. Un pilote de ce talent ne peut que réagir, mais ça commence à se compliquer pour le titre mondial. Surtout si les membres de la Scuderia commencent à douter des capacités de leur champion en puissance.
Takuma Sato : On avait presque oublié que Sato est un formidable « racer ». Et comme ce n’est plus un débutant, il a eu un éclair de génie en demandant de passer les pneus les plus tendres et les moins efficaces juste avant une période de neutralisation pour mieux terminer la course avec des gommes plus rapides. On a vu le résultat avec les dépassements de Ralf et Alonso.
Fernando Alonso : Il n’était pas question de le blâmer d’avoir essayé au départ en Espagne (raté). On ne peut pas lui en vouloir d’avoir récidivé dimanche (encore raté) sinon, Alonso ne serait plus un pilote de course. Sauf qu’il a accumulé un nombre invraisemblable de bêtises pour un pilote de ce calibre. La première en qualification, la deuxième au départ, la troisième et la quatrième un peu plus tard en course. Est-ce un signe de nervosité ou d’agacement ? Après la pénalité de 10 secondes, il y avait de quoi être énervé, mais le règlement est le même pour tous et sur ce coup-là, Alonso a manqué de chance. Mais hormis sa remontée – toujours spectaculaire quand il s’agit d’effacer des adversaires très inférieurs – Alonso a manqué de maîtrise. En fin de course, il était en difficulté avec ses pneus et non pas avec ses freins comme supposé le jour de la course.
Ralf Schumacher : Son rythme en course n’était pas folichon, mais dimanche, il suffisait de rejoindre l’arrivée pour faire une perf. Ralf a sauvé son week-end comme ça, après avoir été une fois de plus pathétique en qualification.
Mark Weber : Encore une bonne qualification, et une course d’attaque mal payée à cause d’une stratégie fantaisiste.
Nico Rosberg : Comme Alonso, Rosberg a vu sa course ruinée après la première interruption au cours de laquelle il s’était engouffré dans les stands. Mais Nico est en train de tout remettre en place dans sa tête et progresse à chaque course. Au fait, ses mécaniciens l’ont surnommé Britney Spears pour son habitude de retoucher sa coiffure toutes les deux minutes.
Anthony Davidson : Vous aurez sans doute remarqué que Davidson est beaucoup moins convaincant en pilote de course que dans le rôle de troisième pilote du vendredi (2006). Encore un baquet éjectable à l’horizon de 2008.
Rubens Barrichello : J’ai l’impression que depuis quelque temps, Barrichello se contente de faire du cruising en course.Seule consolation, il précédait encore Button en qualification.
Jarno Trulli : N’accablons pas Jarno, troublé par l’accident de Kubica dans lequel il était impliqué sans être coupable. Il en a perdu sa concentration au point de partir à la faute à la sortie des stands qui est un endroit très vicelard (cf. la glissade de Lewis après un ravitaillement). N’empêche que Trulli sort souvent un temps incroyable en qualification.
Vitantonio Liuzzi : Dommage cette touchette fatale avec le mur. Jusque-là c’était pas mal.
Giancarlo Fisichella : La piste de Montréal était peut-être une des dernières occasions de briller pour l’Italien, à moins que la Renault ne fasse de réels progrès. Sinon, belle qualification. Et puis est arrivée cette histoire de feu rouge. Franchement, ils ne sont pas capables de prévenir leur pilote chez Renault plutôt que de leur casser les bonbons à longueur de course en leur demandant d’attaquer.
Grosse boulette du pilote quand même, d’autant que Kubica lui était arrêté au feu.
Felipe Massa : Lui aussi pouvait espérer limiter les dégâts et pourquoi s’inviter, sans briller, sur le podium. Au lieu de ça, rien. Un feu rouge ignoré, un drapeau noir… Je croyais que la Scuderia comptait des stratèges hors pair, connaissant le règlement sur le bout des doigts. Un fiasco général
Albers : Encore qualifié derrière Sutil et pas qu’un peu, mais le dernier à rester en piste le jour de la course. C’est déjà pas mal.
David Coulthard : Après une belle période, j’ai le sentiment que DC est à nouveau en train de glisser vers une retraite bien méritée. L’accident de Kubica pourrait le convaincre que tout ça a assez duré.
Robert Kubica : Avant son accident, Robert avait eu le temps de claquer un beau temps en course, mais il avait peu de chance de rejoindre son équipier (Heidfeld) dans le peloton de tête. Assez décevant en fait. Aujourd’hui Kubica est un miraculé et c’est tant mieux. Je suis curieux de voir ce que vont décider les médecins de la FIA pour Indianapolis.
Adrian Sutil : Sur deux circuits qui ne pardonnent pas la moindre erreur (Monaco et Montréal), l’Allemand a montré ses limites et son manque d’expérience. C’est dommage au moment où de grandes équipes commencent à s’intéresser à lui.
Scott Speed : Il n’aurait pas fait n’importe quoi sur ce coup-là l’Américain. Mais comme il ne semble pas s’en formaliser, ce n’est pas bien grave. S’il termine la saison, il pourra s’estimer heureux.
Jenson Button : Quel dommage de voir un tel styliste aussi désabusé. Une mauvaise voiture, un compatriote encombrant, trop de filles dans le paddock, etc…
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