Dintr-un lemn a écrit :
CR : ça passait c'était beau  alerte pavé L'été dernier j'étais allé au tout début du Jura, et j'avais beaucoup aimé (notamment la superbe vallée de l'Ain). Mais j'avais dû faire demi-tour au moment où les paysages devenaient franchement vallonnés, ce qui m'avait laissé un goût d'inachevé. La solution pour aller explorer ce terrain plus avant était la ligne droite, pas la boucle. Après quelques tergiversations, j'ai choisi la ligne droite à l'aller avec le train au retour. Inconvénient : y a une heure couperet à respecter. Avantage : ça évite de devoir prendre une piaule d'hôtel la veille, ou encore de rouler toute la nuit (le dernier train Lyon-Besançon arrivant à 21 heures sur place). En partant de chez moi, je peux me faire ma soirée pépouze avec quelques heures de sommeil jusqu'à minuit, et le fait de partir à minuit réduit de 3 heures le roulage de nuit. Autre argument : je ne roulerai pas en montagne de nuit, ce qui est à la fois un peu dangereux et un peu dommage ; à l'inverse, j'expédierai la Dombes de nuit (c'est joli, mais désespérément plat), et je commencerai à grimper aux premiers rayons de soleil. Sur le papier, le plan parfait Le sort s'était pourtant acharné à me mettre des bâtons dans les roues carbone : la veille je m'aperçois que ma chaîne est tordue (heureusement j'en avais une ancienne pas trop pourrie en stock) et que mon tube de liquide vulcanisant est percé (heureusement j'en avais un dans mon vélotaf). Et que dire de cette séance de mécanique à 23 heures pour vérifier l'épaisseur des plaquettes ? D'habitude je le fais à l'oeil nu, éventuellement avec une petite lampe. Mais là, j'ai eu un doute et j'ai préféré démonter les plaquettes. Ce moment où la goupille sur l'axe des plaquettes fait ressort et part comme une fusée, et 1 seconde plus tard tu entends le petit "gling gling" indiquant qu'elle vient d'atterrir, quelque part, bon chance pour la retrouver. Bref, le billet de train pour le retour est réservé, le jour de congé posé, les enfants chez leur grand-mère, les diverses batteries sont chargées à bloc, la (vieille) chaîne est squirtée, le sac à dos (oui j'ai pas assez de sacoches, faut que je m'équipe encore) est blindé de barres, de Kipik et de sandwiches, le plein d'eau est fait (y compris une poche à eau car j'ignore si les robinets des cimetières sont remis en fonction et la nuit tout est fermé), la trace est prête, y a plus qu'à ! Je décide de faire une mini-nuit avant de partir aux alentours de minuit, psychologiquement c'est moins dur qu'une nuit blanche totale, et je me dis que chaque minute de sommeil compte. Je cale le réveil à 23h40. Lorsqu'il sonne, j'ai vraiment du mal. Je suis si bien dans mon lit Mébon l'appel du Jura est le plus fort. Je me retrouve à pédaler au beau milieu de la nuit et j'en suis le premier surpris  Je retrouve les agréables sensations de l'été dernier : les odeurs des plantes fleuries et des haras, les bruits un peu inquiétants sur les bas côtés, le ciel étoilé de toute bôté. La faune est diverse : hérisson, écureuil, lièvre, crapaud. La faune humaine n'est pas triste non plus du côté de Villeurbanne, j'ai l'impression d'être revenu à mes années PJ où l'on toquait à la porte des malandrins à coup de bélier pour leur chanter l'ami Ricoré. Et puis les km défilent sans trop s'en rendre compte, ça c'est un effet de la nuit que j'avais déjà remarqué. Hélas, trois fois hélas, la température baisse plus que prévu. J'avais tablé sur un 6-7 mini, en réalité c'est un 3-4°... Trois petits degrés qui font toute la différence et qui, lentement mais sûrement, me congèlent. Niveau gants, c'est passable : des sous-gants mérinos par-dessus lesquels je porte des mitaines. Pour le haut du corps, ça peut aller aussi : un sous-maillot hiver, un maillot hiver et un coupe-vent, ainsi qu'un tour de cou. Le cuissard, pas le choix puisque mon cuissard long me blesse au genou, j'ai pris le cuissard court et de toute façon l'après-midi le cuissard hiver aurait été trop chaud. Et puis j'ai pas froid aux jambes. Le problème vient des pieds : j'ai mis mes chaussures été... Me demandez pas pourquoi, je pense que la seule réponse c'est que j'ai merdé Du coup mes pieds me font vraiment souffrir, je ne peux même plus bouger les orteils, et aucun commerce où aller me réchauffer vu l'heure, tout est fermé. Un peu au nord d'Oyonnax, je décide de faire demi-tour car ma moyenne ne cesse de ralentir vu que toute mon énergie passe dans la lutte contre le froid, et il reste encore la bagatelle de 190 km. Et il n'est que 6h30 du matin, je suis dans la vallée de l'Ain, l'air est très humide ce qui accentue la sensation de froid. Avant que le soleil ne m'atteigne pour me réchauffer, il va se passer 2-3 heures et je ne tiendrai pas. Bref j'ai bâché car mon mental a explosé ![[:mouillotte] [:mouillotte]](https://forum-images.hardware.fr/images/perso/mouillotte.gif) Bon, ceci dit le coin est pas mal, aussi je décide de faire contre mauvaise fortune bon coeur et d'aller dans un coin que je ne connais pas, l'extrémité du Bugey où se trouvent les contreforts des pré-Alpes. Je ne regrette pas, c'est vraiment un très beau coin  Le retour est assez difficile car j'ai v'là mal au cul, et la fatigue de la nuit blanche se fait sentir. En plus pour couronner le tout, le vent se lève ; au début c'est cool je l'ai dans le dos, mais à un moment je tourne vers l'ouest, le vent aussi, et voilà un bon syndrome seine-et-marnais = vent dans laggle pour bien m'achever Et je ne parle pas des routes fermées pour travaux dans la vallée de l'Ain, sans panneau quoiqu'en dise l'ouvrier auprès duquel j'ai râlé, ce qui m'a obligé à rebrousser chemin alors que la température ressentie avoisinait les -8000  Au final, même si je n'ai pas réussi à faire ce que j'avais prévu, je suis content parce que j'ai engrangé de l'XP : - le timing était le bon, j'avais compté 15 heures de roulage (moyenne de 20 km/h, soit ma moyenne habituelle sur les longues distances), plus 3-4 heures de pause. En partant à minuit, avec un train à 20 heures, c'était réaliste - néanmoins, la pression d'avoir à respecter un horaire, c'est pas terrible pour le mental - JE DOIS ME COUVRIR LES PUTAINS DE PIED. On n'a pas trop chaud aux pieds. Au pire ils transpirent, ça pue, on s'en fout. Par contre quand les pieds sont congelés, c'est la fin du bal - j'ai finalement bien fait de prendre ma poche à eau, car cette nuit je me serais retrouvé en rade sans refill possible - niveau bouffe, j'ai vu un peu grand : j'avais pris 15 barres (oui oui ) et j'en ai bouffé 2. J'avais pris 2 gros sandwiches et j'en ai bouffé qu'un. Par contre j'ai défoncé tout le paquet de Haribo Kipik, meilleure source de sucre ever  - je dois poursuivre ma recherche d'une selle adaptée ; nouveau bikefitting incoming ? - le mode "nuit" du Varia ça use la batterie plus vite que le mode clignotant (normal vu que la led est tout le temps allumée en mode nuit) L'été prochain je retente et ça passera  https://www.strava.com/activities/18131910747
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