PiKaPuE a écrit :
Disclamer : sortie de moins de 200km et moins de 180w, je laisserai la modération supprimer mon post à sa discretion.
Ce weekend, j'ai de nouveau participé aux 6h de Chambley.
Petit circuit tout près de chez moi de 3.3km avec un léger D+ (une dizaine de mètres). Une longue ligne droite, une plus petite, et des virages sinueux qui nécessitent de relancer régulièrement donc pas de temps mort.
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(on roule sur la variante longue)
6 heures donc, de 18h à minuit. En solo ou en équipe. C'est la 3ème fois que je le fais, 3ème fois en solo, 3 fois que je me dis pourquoi pas et 3 fois qu'à mi-course je me demande ce que je fous là.
Fort de mon expérience récente au Ventoux il y a 2 semaines, j'ai pris la conf' et je me suis dit que si j'appliquais le même plan (metrics et alimentation / hydratation), ça allait bien se passer. Pas tant que ça finalement.
Grosse chaleur pour le départ : ça tape à 32-33°, il fait lourd avec un risque d'orage non négligeable pour la fin de course (ça claquera finalement vers 1-2h du matin) et ça restera chaud tout du long (>20° à minuit). Par chance, le vent sera vraiment très faible. Alimentation de champion, je me siffle un croque-monsieur 1h avant le départ et une banane 20 min avant la mise en grille.
Départ 18h. C'est dense au départ (c'est un petit circuit), ça joue la gagne et sa survie pour les meilleurs dès le rendez-vous-au-premier-virage. Il y a du gros niveau comme à chaque fois (le premier solo finira à 227km soit 37.8 de moyenne) et ça part fort, très fort pour eux, j'essaye de ne pas m'emballer et de ne pas rouler au dessus de mes moyens même si ça démange de choper un groupe fissa. Rapidement je me retrouve tout seul comme un clampin, sans trouver de copaing pour rouler intelligemment, ma perf sera solo ou sera zéro. J'essaye de me calibrer sur des sensations correctes, je rattrape doucement des petits groupes de 4-5 ici et là mais plutôt que de ralentir de me planquer et m'économiser, je continue sur mon rythme. Trop élevé bien entendu.
Dans les deux premières heures je suis bien, même si le compteur m'indique que je tape dans mon capital (un peu trop haut en cardio et puissance), autour de la zone 3.6 (not great, not terrible). Il fait chaud, très chaud (ça restera >30° pendant la première moitié de course, sans un poil d'ombre forcément), j'essaye de manger régulièrement (trop, trop vite et trop tôt peut-être, la peur de manquer, je mange mes émotions, le manque du père, difficile de savoir pourquoi), de boire régulièrement, mais à la fin des 2h j'ai déjà des pré-crampes dans les mollets, et je sens que les gastrocnémiens sont un peu chagrins et n'ont pas les mêmes ambitions que moi.
Je maintiens néanmoins le rythme parce que je sais pas, je vois que ma FC reste globalement au dessus de ma cible mais pour une raison mystérieuse ça ne m'incite pas à ralentir alors que je sais que c'est complètement con et que je ne suis pas à mi-course. C'est peut être de voir que tout le monde roule fort-fort que je ne veux pas ralentir, il y a toujours un lièvre à rattraper à 20-50 mètres devant alors go. Et puis les virages serrés et les relances incessantes commencer à piquer un peu malgré tout.
Petit entre-acte photo pour la beauté du sport :
https://i.imgur.com/HLSvM3Ll.jpeg
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Le cap des 3h arrive, je commence à être un peu entamé, j'ai mal au bide mais j'ai la dalle. Je pense à mon croque-monsieur #2 que j'ai préparé pour mon unique ravitaillement. Les temps au tour ralentissent un poil sans décrocher brutalement, mais j'arrive à choper quelques roues ici et là le temps de quelques tours, pour au final rouler aussi intense mais plus vite. Gné.
3h30, le soleil se couche, il faut allumer les loupiotes. Je suis à sec d'eau depuis 15-20 min et j'ai la pâteuse. Je profite de la mise en lumière de mon vélo pour m'arrêter ravitailler. Je me siffle mon croque viteuf qui fait plus de bien au moral qu'au ventre, je remplis mes poches de gels, je caresse un gentil chien qui me trouve suffisamment salé à son goût, je change mes 2 gourdes, j'allume les feux et zou, pit stop < 10 min, même pas besoin de se changer vu la météo.
Je sens que ça commence à rentrer dans le dur. La nuit commence à tomber, difficile de retrouver des roues donc je me concentre sur mon rythme mais je trouve le temps long en roulant tout seul. Je pense à la RAF et à tous ceux qui roulent aussi loin aussi longtemps la nuit, aussi longtemps tout court et je me dis que ce n'est pas pour moi.
4h de course, c'est long. Je n'arrive pas à manger (je ne prendrai aucun autre gel après mon croque-monsieur), côté crampes c'est pas pire. Je rationne mon eau pour ne pas m'arrêter de nouveau. Je chope de nouveau des roues ici et là mais rien de durable.
23h, il fait nuit. Je sens les merguez qui grillent dans les stands et la sono passe Alice Deejay, ça me donne facilement 4-5 watt de mental en plus. Quelques cellules orageuses font clignoter le ciel au loin tandis que j'observe le ballet des phares de vélos qui tournicotent dans le circuit, j'essaye de faire le vide en me disant que c'est trop tard pour m'arrêter de nouveau. La dernière heure passe toujours plus vite. J'essaye de remettre un peu d'intensité pour relancer la motivation en gardant des roues et en rattrapant d'autres. Je garde une ou deux gorgées en rab.
Je passe la ligne à 23h57, ce qui me donne le droit de faire un dernier tour. Je termine à 00h et quelques.
Fin du spectacle, je fais exactement la même distance que l'an dernier (187km). Même creux de motivation à mi course (même si j'aime l'idée, c'est finalement un peu chiant de faire le hamster), mauvaise gestion de l'eau (la chaleur m'a bien flingué les jambes et j'ai dû rationner), gestion bof de la bouffe qui m'a tanké l'estomac trop tôt dans l'épreuve.
Résultats et réflexions : 187km, je finis P15 solo sur une soixantaine (même si y'en a une bonne quinzaine qui roulaient vraiment tout doux), pas si pire mais le gouffre avec ceux devant est énorme. Je suis à -14 tours du premier solo -4 tours du top 10, ce qui me semble un gap gigantesque. Voir le peloton me prendre 14 fois un tour à des vitesses folles me laisse toujours hébété.. !
Niveau metrics : j'ai réussi à tenir une "bonne" intensité jusqu'au 2/3 de la course avec une vitesse qui s'est globalement maintenue à 32 et des poussières pour ensuite redescendre dans le dernier tiers. J'ai encore du travail de ce côté là, je n'ai clairement pas la puissance des mes ambitions ! La chaleur m'a un peu grignoté sournoisement, j'étais mal préparé. De même que la bouffe : je pense que j'ai mal géré / que je tolère pas encore bien pendant un effort "soutenu" non stop.
Je tenterai peut être l'aventure en équipe l'an prochain, pour rouler plus fort sans arrière pensée et pour éviter la lassitude. La "longue" distance (à mon échelle) n'est pas pour moi
Sortie : https://www.strava.com/activities/14800889864
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