vandread TUNAK TUNAK DA DA DA | helmuth a écrit :
Mais clair. La cité des 80.000 à coté de l'ile de la cité, avec ses fusillades, ses tournantes, son crime organisé, une vraie cité de mec qui en ont, pas comme ces petits pédé de parisiens metrosexuels Ceci dit, ces grosses bouses immondes ont été construites quelque part ailleurs, il me semble les avoir déjà vu mais je ne sais plus ou. C'est de qui cette déchetterie?
Edit: que je suis con, ça pouvait être que le corbusier cette merde http://parisbanlieue.blog.lemonde. [...] de3mil.jpg
En cherchant un peu, on doit facilement trouver des mec adorant l'architecture de la dalle des olympiades ou les tours entre porte d'ivry et porte de choisy nous expliquant que c'est quelque chose de révolutioannire et futuriste. Idem avec les courtillières. Alors que bon, une fois qu'on habite dedans, c'est juste de la merde en barre.
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Oui, c'était moi le mec, tu t'en souviens d'ailleurs Tu sais, il y a des gens qui aiment habiter dans les grands ensembles. Et qui ne veulent pas le quitter.
helmuth a écrit :
Ptin serieux, je ne me remet pas du délire mégalo en maquette. Un truc hallucinant de connerie.
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BoiTe-en-CartoN a écrit :
Encore faut-il avoir envie de s'installer à Firminy. ^^
Et puis je ne troquerai jamais mon immeuble Haussmannien, avec sa cours pavée, ses moulures, et ses ferronneries, pour ce truc affreux, bétonné, et isolé. On a le droit d'être en manque de poésie et d'exiger un minimum d'esthétisme dans sa vie quotidienne.
Et je ne suis absolument pas un "passéiste" ou un "muséificateur";
J'adore l'architecture contemporaine quand elle n'est pas l'application bornée de cette charte d'Athènes répugnante.
(que Jean Nouvel combat avec raison d'ailleurs).
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T'es jamais allé visiter ce genre de bâtiment, ça se sent. Si t'es sur Paname, va donc étudier au Conseil Economique et Social les différentes couleurs et textures du béton, et on reparlera de poésie ensuite.
BoiTe-en-CartoN a écrit :
OK, c'est un manque flagrant d'intérêt pour l'architecture... Et que penses-tu des gens qui se sont battus pour préserver des merveilles du patrimoines de leur ville contre les folies immobilières de cette époque?
Quelqu'un a évoqué le Haut du Lièvre, eh bien, pour ceux qui s'intéressent un peu à l'art, c'est dans cette ville de Nancy très réputée pour son école Art Nouveau que le maire ultralibéral de l'époque, Claude Coulais (un pote de Raymond Barre, ça s'invente pas), a massacré une grande partie du patrimoine au profit de l'urbanisme en dalle.
Il appelait ça "L'art Nouille".
Sur les chantiers, les ouvriers fracassaient par terre des vitraux splendides, qu'on ne saura plus jamais reproduire. La place de la gare était surnommée le Petit Paris avec son cinéma Art Nouveau, son square. Tout à été rasé. Le résultat? Avant:
http://www.als.uhp-nancy.fr/igaler [...] ers_08.jpg
http://www.jetons-monnaie.net/p/c/nancy1.jpg
Après:
http://photos.maisonpage.info/phot [...] s_7598.JPG
http://www.nancy-guide.net/photogr [...] iers-1.jpg
Y'a pas à dire, fallait oser! C'était à l'avant garde même! Ils en avaient dans le froc.
Les gens qui ont défendu et occupé les superbes immeubles de l'école de Nancy avaient un manque total d'intérêt pour l'architecture? Ou étaient-ils simplement des esthètes qui avaient pris conscience de la valeur de l'Art Nouveau et de son intérêt architectural?
Des exemples pareils y'en a à foison.
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Tu mélanges tout là. Sous prétexte que Claude Coulais a été maire à la fin des années 70 et qu'il a pondu la tour Thiers, il faut en conclure que l'architecture moderne a été la fossoyeuse de ce qu'on a fait de beau avant ? Je t'ai pondu un pavé page précédente que tu ne t'est pas donné la peine de reprendre, en citant l'exemple du charmant Gilles de Robien qui s'emploie avec une assiduité touchante à bousiller le patrimoine Perret de sa ville... Le mépris, au début des années 60, pour toutes les productions d'avant-guerre était toutefois généralisé, dans toutes les classes, et comparable au mépris actuel qu'on a pour leur propre production : l'histoire se répète : le grand public trouve sans intérêt la production de ses grands-parents, qui eux-mêmes méprisaient la production de leurs propres grands-parents que nous adulons aujourd'hui.
BoiTe-en-CartoN a écrit :
Et puis pour cette maquette dégueulasse, répugnante et puante de Paris, les Jackys qui ont pondu cette bouse se prennent pour qui? En fait, on peut faire table rase de l'histoire d'une ville et de sa civilisation comme si ça ne valait rien pour construire les grosses merdes issus de fantasmes onanistes? Et ça, c'est pas une preuve de mépris et d'absence totale de connaissance vis à vis de l'architecture et l'histoire de l'art?????
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Tu dis de la merde là Corbu et consorts s'y connaissaient parfaitement en histoire de l'architecture (tu remarquera qu'à cet effet, pour ne pas trop choquer, il a conservé le Louvre et le Palais Royal... pure provoc'). Sauf qu'à l'époque, les maisons à colombages avec poteaux cormiers du XVe siècle n'étaient pas encore restaurées et étaient des taudis suintant l'humidité. a l'époque l'alignement et l'élargissement des rues n'était pas ce qu'il était, idem pour les dispositions sur la surface minimale des logements, la présence de sanitaires, etc, etc. Il y a bien des règlements de voirie qui sont contraignants mais ils ne s'appliquent évidemment qu'aux immeubles neufs.
C'est ça, le constat que fait Corbu (et bien d'autres) au début du XXè : la ville telle qu'elle existe en 1900 est un foirage monumental en raison de l'absence de planification et de coercition. Et il est bien plus économique de tout racheter, tout raser, et tout reconstruire (c'est ce qu'ont fait quelques décennies auparavant x investisseurs, frères Pereire en tête, dans Paris intra-muros avec les immeubles de rapport ... encore bien trop denses pour Corbu). A l'époque on a bien des gens qui prônenent des approches qu'on pourrait appeler "restauratrices" : Gustavo Giovannoni, Camillo Sitte : eux et Corbu se vouent une haine farouche. On est à une époque où la restauration est réservée aux palais et édifices religieux : la ville n'est pas concerné tout simplement parce qu'on n'a pas encore vraiment fait de recherches dessus, et qu'on n'a pas les outils administratifs pour permettre ça (et ils ne viendront qu'avec Vichy ...)
BoiTe-en-CartoN a écrit :
Enfin cette maquette, si c'est pas de la table rase, je sais pas ce que c'est...?
Et puis je le répète je ne prône pas pour la muséification des villes, il faut évidemment aller de l'avant. (quelle banalité...)
Je suis seulement révolté contre les dégâts de la Charte d'Athènes.
C'est cette seule conception de l'urbanisme qui me révolte.
Rien de plus.
Et je constate d'ailleurs avec plaisir qu'une bonne partie des grands noms de l'architecture contemporaine ont pris la mesure de ces dérives et se sont éloignés de cette doxa.
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C'est de la table rase dans le seul but de faire scandale. Corbu ou Voisin n'ont évidemment jamais songé sérieusement faire ça : l'objectif était de montré qu'avec 100 fois moins de surface au sol bâtie et de viaire, on peut loger tout autant de personnes avec 100 fois plus d'espace au sol. C'est ça, le principe de la table rase (qui sera d'ailleurs retenu pour les grands ensembles à partir des années 30 : on vire le parcellaire existant et on installe le plan libre)
M4vrick a écrit :
Le baron Haussmann a rasé tout autant de batiment a Paris que le projet en maquette dessinné ci-dessus pour tracer ses grandes arteres. Et encore si je me souvient bien le projet global n'a jamais été fini.
Chaque epoque a ses evolutions, et Haussmann comme Le Corbusier ont proposé des changements radicaux dans la vision de Paris. Le premier a reussi a les imposer, le second non.
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La production personnelle de Corbu aura (en France) été très réduite en termes de volumes (quatre unités d'habitation, quelques villas privées) ... Son problème, c'est d'avoir été un concepteur (et un communicant) de génie, mais un constructeur assez abyssalement mauvais. Les devis de ses villas des années 20 explosent systématiquement, la villa Savoye de Possiy ne sera jamais étanche, etc, etc ... ce qui n'enlève rien à leur caractère révolutionnaire : effectivement ça ne fonctionne pas parce que les calculs ont été cochonnés, mais esthétiquement ça se pose là. C'est là tout le génie de Corbu : il ne construit pour ainsi dire rien, mais parle bien et écrit beaucoup.
Haussmann a effectivement été très destructeur ... ceci dit on a tendance à un peu trop magnifier son nom et son importance : les grandes percées sont projetées pour pas mal d'entre elles dès la révolution de 1789 et entreprises pour les premières vers 1830-1840... Haussmann mettra bien sûr un coup d'accélérateur. |