Bijour à tous!
J'étais pas encore venu sur ce topic, peut-être par peur de trouver un amas de discussions ésotériques par des super-spécialistes ( car le côté "intello" du jazz est certes un cliché, mais c'est bien ce qui effraie pas mal de gens )
Et en fait, dès le départ, c'est plutôt centré sur la découverte de cette (ces) musique(s), par ceux qui n'y connaissent pas grand chose, et bien que d'autres intervenants aient l'air de s'y connaitre grave, je trouve que ça reste assez ouvert. Bien donc!
J'avoue que pendant un moment, ça me parraissait être une "musique pour musiciens", avec des mecs qui jouent plein plein de notes super-vite ( comme dans certaines branches du métal d'ailleurs ) Ajoutez à ça des potes qui en écoutent, mais qui ne savent pas le "vendre" au rocker que je suis ( ouah écoutes ça c'est trop bon, le pianiste est une brute techniquement! à moi qui suis allergique à la démonstration... ) J'ai eu aussi l'occasion de voir James Carter dans un pub jazz ( Pub des Jacobins à Bourges ) en très petit comité donc, de bonnes conditions à priori, mais ce mec m'a laissé froid, il est certes très fort comme musicien, mais ça faisait trop "jazz classique 40 ans après", trop conservateur quoi... Evidemment mes potes zicos étaient fans, mais même aujourd'hui ( 10 ans après ) j'accroche toujours pas.
Mais en ces années de fac, où mes goûts musicaux s'enrichissaient sans cesse ( né dans le rock, surtout des années 60-70 et 90, je faisais alors mes premiers pas dans le rap et la techno ) je finissai par emprunter une cassette à un pote. Mais pas un emprunt qu'il m'aurait conseillé, juste une vieille K7 qui trainait par terre chez lui. Je me disais "allez, on y va au pif ça engage à rien". Et puis le titre ma disait quelque chose quand même, mais ne m'évoquait pas non plus un de ces albums "mythico-poussiéreux" dont les jazzmen bien-pensants faisaient sans cesse la réclame-que-si-t'aimes-pas-ça-t'as-des-goûts-de-chiottes ( genre Kind Of Blue, Love Supreme... )
Et puis "Bitches Brew" faut reconnaitre que ça claque bien comme titre!
Révélation. Ainsi, chose que j'ignorais, la vague psychédélique de la fin des 60s avait aussi contaminé le jazz, cette musique si "respectable". Y compris cette icône qu'était Miles. Faut comprendre un truc: j'avais plus l'image d'Epinal du Miles jeune en costard "bien comme il faut" que celle du vieux freak de Tutu. A cause des jazzmen, toujours eux, les conservateurs qui prétendaient que le jâââzz se joue en complet cravate, parce que c'est comme ça que Bird s'habillait!! Une tradition quoi, faut pas déconner!!!! ( sauf que le costard dans les 50s c'était aussi la tenue du bad boy, mais les clichés ont la vie dure ) J'avais ce qu'il me fallait, à moi le d'jeunes rebelz ( modèle '95 ) fan de Nirvana, Red Hot, Hendrix, Zappa, du Floyd, Lofofora, Dreadzone: du jazz "subversif", top-barré-planant-déjanté! Et cette cassette ne devait pas quitter mon walkman pendant plusieurs semaines...
Et heureusement que j'ai pas demandé à mon pote ce que c'était comme genre, car il m'aurait surement répondu "jazz-rock" ou "jazz-fusion", ce qui m'aurait immanquablement renvoyé à une de mes plus grosses déceptions, quand j'ai emprunté des albums de Weather Report à la médiathèque. On m'avait dit "tu verras, Pastorius c'est le Hendrix de la basse!!" mon c--!!! Hendrix, c'est pas sa technique qui fait son intérêt ( technique très surrestimée au passage ) mais son feeling, sa sauvagerie, sa flamme, son inspiration, ses chansons, ses textes ( si! )... Là pour le coup je le trouvais super long l'ascenseur
La porte était donc ouverte, les à-prioris envolés, je découvrai par la suite plein de trucs, en général par emprunt ou coup de tête.
Miles Davis déja, puisque c'est par lui que l'aventure commença. J'ai accroché à la plupart des albums antérieurs que j'ai écouté, notamment ceux avec Gil Evans, et même Birth Of The Cool. J'ai aussi découvert KOB bien sûr, et ce "So What" m'a fait peur au début: LE cliché "jazzy" par exellence, repris à toutes les sauces par n'importe qui, généralement avec ce côté faussement cool du jazzeux frime "yeah! je joue So What!" L'originale est posée, tranquille, classe. Rien à voir. Pour le reste, je suis de plus en plus fasciné par sa période 69-75 ( "Agharta", découvert l'an dernier: de la lave! parfait pour les lendemains de cuite!! ) mais je suis totalement hermétique à sa période 80, principalement à cause du son de l'époque ( comme dans le rock d'ailleurs )
John Coltrane fut ma seconde découverte majeure. Pas parce qu'il jouait avec Miles (à cette époque, je regardais pas encore trop qui jouait sur quoi). Non le déclic vint simplement d'un morceau entendu chez un pote : "Olé" sur l'album éponyme. Indescriptible. En dire qu'il s'agit d'un exercice de style hispanisant de la part de Coltrane serait réducteur et insultant. C'est de la passion à l'état pur, tout ce que j'aime en musique. Et après ça JC ne m'a jamais déçu ( sans doute parce qu'il est mort bien avant les 80s
)
Herbie Hancock d'abord par "Head Hunters", en pleine ère funky-groovy, et ces jours ci on m'a prêté le coffret "Complete Bluie Note Sixties Sessions" soit l'intégrale de ses premiers albums, plus "classiques". Je ne connaissais que le très beau "Maiden Voyage" de cette période, le reste est tout aussi fabuleux. Et j'aime bien "Future 2 Future!"
Julien Lourau un jeune frenchie très doué, à la carrière déja hyper éclectique ( latino, funky, electro, cool... ) et qui, s'il n'est peut-être pas le meilleur saxo en activité, a déja une "patte" très marquée dans son jeu et ses compos. Enorme potentiel.
Magma. Quelqu'un ici a dit que parfois on pouvait finir par apprécier un truc qu'on trouvais inécoutable il y a 2 ans. C'est vrai. Ceci dit je reste très critique sur cette musique qui flirte souvent dangereusement avec l'autosatisfaction pompeuse ( et je ne parle même pas de certains fans à l'immaturité agaçante ou touchante selon les jours ) Cependant, en acceptant certains postulats "amusants" comme le délire SF kobaien, le logo érigé en idole, Vander déifié à outrance, j'ai fini par tripper en écoutant certains albums, surtout les premiers. Juste à temps pour aller au Triton il y a 2 mois pour des concerts-rétrospective! Par contre, le récent "KA" m'a paru soporifique ( un peu plus à chaque tentative en plus! )
Charles Mingus m'a marqué dans le sens où j'ai compris rapidement, et rien qu'à l'écoute de ses disques - avant de lire quoi que ce soit sur lui donc - que c'était un rebelle, un contestataire. Faire passer ça dans une musique instrumentale, quand même... Et j'aime bien l'alternance entre ses morceaux posés, avec cette délicieuse ambiance "vieux polar", et ses partage en vrille collectifs, avec bruitages idiots et hurlements dans le studio!! J'ai une affection particulière pour lui...
Shakti... est-ce vraient du jazz? En tout cas ça m'a réconcilié avec John McLaughlin dont les délires pompeux au sein du Mahavishnu Orchestra m'ont gavé ( principalement grâce auxpotes dont je parle en début de post
)
Akosh S Pas facile à suivre comme gars, mais son mélange de free assaisonné d'instruments d'Europe de l'est ( il est roumain je crois ) est souvent passionnant. Très impressionant en concert.
Erik Truffaz dont j'aime beaucoup le son, les ambiances ( et malgré Nya qui fait un peu poseur branchouille il faut reconnaitre ) J'ai pas trop écouté ses albums récents.
Voili, merci à ceux qui ont réussi à lire cet ascenseur verbal
, je faisais juste un topo sur ce qui m'avait le plus plu dans le jazz jusqu'à maintenant, je n'ai donc cité que ceux dont j'ai plusieurs albums ( car j'ai bien un Duke Ellington par ci, un Eric Dolphy par là... )

Message édité par mandrillou le 09-08-2005 à 20:01:54