L'helleno-chretien a écrit :
Qu'est-ce qu'une "salope", selon toi ? Non parce que d'après ce que j'ai compris du féminisme, c'est un terme injurieux qui vise les femmes qui tentent de s'extraire du patriarcat.
Du coup, nous sortir la dénonciation de la domination de la femme par l'homme selon Fannon après ça... C'est comme si je me disais antiraciste "parce que je pense que ces inférieurs de congoïdes méritent le respect "
Et quelles sont les statistiques de Fannon pour sortir une débilité raciste dans ce genre ? Il a interrogé tous les blancs de son époque ? Toutes les blanches ? Il a fait des enquêtes sociologiques approfondies ?
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Merci d'éviter le tutoiement totalitaire, nous ne sommes plus en quatre-vingt-treize et nous n'avons certainement pas gardé les cochons ensemble dans le 93 où vous semblez avoir pris vos manières.
Pour la définition d'une salope, voyez le Littré ou le Robert : le Larousse est moins mauvais que certains snobs ne l'affirment mais il est certain qu'il propose moins de définitions et pas de citations du tout.
Jusqu'à l'avènement, vraisemblablement très prochain, de la Terreur Féministe, il est encore permis de ne pas partager les vues de cette secte bruyante. Pour ma part, je pense, comme l'ont pensé les générations antérieures, qu'une femme qui aime s'avilir ou qui fait une profession avilissante ne mérite pas le respect. C'est ce genre de femmes que l'on nomme vulgairement une "salope". Je ne fais pas dans la démagogie facile d'un Hugo ou d'un Tolstoï qui nous explique qu'il y a des putains sublimes de vertu. Non, non, je le dis haut et fort : les putains sont des putes et les femmes qui, en faisant l'amour avec un noir - je rappelle qu'une minorité inchiffrable le fait par pur abandon amoureux -, commettent un acte de zoophile symbolique ne méritent pas d'être appelées autrement.
Je citais Fanon avec une certaine ironie, trop légère et trop héritière du sel attique pour qu'un homme habitué au rire gras dieudo-voltairien la discerne (je parle de vous, là, hop : je précise, on ne sait jamais, un cuistre comme vous pourrait ne pas saisir la pique*), bien que le smiley qui clôt mon message eût pu vous mettre sur la voie. Il n'y a donc pas d'opposition entre la "dénonciation de la domination de la femme par l'homme" et Fanon puisque j'usais de l'observation pertinente qu'a fait un homme méprisable - le fait qu'un de ses livres ait été préfacé par Sartre suffit à l'attester, pour ne rien dire de son engagement au côté du FLN, dans un combat qui ne le regardait absolument pas, et ne s'explique que par la haine qu'il éprouvait à l'égard de la France, cette nation qui lui avait permis de faire d'excellentes études à l'œil (haine de la main qui l'a nourri, haine de soi ?) - pour botter en touche l'argumentation de l'également méprisable Pascale Haupait. Mise en abyme, jeu de miroir, effet rhétorique, pouvez pas comprendre, circulez.
Par ailleurs, il est possible, dans l'absolu, d'être un sympathisant du mouvement d'émancipation des noirs sans être sympathisant de la cause des femmes, cela n'a rien à voir.
Enfin, je ne suis pas responsable du raisonnement de Fanon, je le cite car je le tiens pour pertinent. Il se concilie avec certaines observations que j'aie pu faire mais je n'ai pas pour autant à le justifier.
Quant à l'objection que vous faites dans un autre message, où vous affirmez que la fin de l'époque coloniale invalide les analyses de Fanon, je tiens cette objection pour aussi impertinente que vous êtres insolent.
Si la colonisation économique est une vaste blague (il n'y a que le choix économique délibéré qu'ont fait de nombreux chefs d'états d'anciennes colonies européennes d'enfermer leur pays dans une économie de rente (dont les profits sont encore plus mal répartis qu'en Arabie Saoudite, ce qui refoule une partie de la population dans cette économie de subsistance qui semble, vue d'Europe, si anachronique) lorsqu'ils se sont rendus compte que mettre en place l'économie polyvalente, sociale et autonome qu'ils désireraient serait un processus effroyablement long alors que la mythologie de la décolonisation avait promis des résultats immédiats ; il ne tient qu'à eux d'inverser la vapeur, ces états sont souverains, donc responsables ; dire le contraire revient à considérer que les ex-colonisés ont été impuissants à mener sur leur propre sol la politique qu'ils désiraient et se sont montré incapables de défendre leurs intérêts parce qu'il étaient moins intelligent que les vilains européens qui les volent
) ), ce qui a été appelé à tort "la colonisation culturelle", en revanche, existe toujours : ce sont les catégories de pensées et les références classiques qui sont le fond de notre civilisation, elles dureront aussi longtemps qu'elle.
Entendons-nous bien : je ne dis pas qu'associer telle couleur de peau à une civilisation, à un comportement, à un type est le fond de la mentalité collective européenne, je dis que cela dérive de l'ensemble culturel qui est notre héritage. Dürer n'a pas peint de noirs : les noirs ne sont pas, ou si peu (Othello et Arron, chez Shakespeare) présents dans les référents intellectuels européens. Or, par définition, les classiques ne se corrigent pas, ils se prennent comme ils sont et une œuvre qui ne se situe pas dans leur continuité, logiquement, n'appartient pas à la tradition culturelle européenne. Le projet qui vise à faire entrer le monde dans la civilisation européenne, le "projet multiculturel" est bien intentionné mais idiot. Les tentatives qui sont faites dans ce sens, précisément parce qu'elles sont voulues avec tant d'ardeur, sont trop libéralement financées ("l'art nait de la contraire", économique aussi) et sont des échecs artistiques qui ne feront pas souche. C'est une beau paradoxe qu'une politique culturelle, pour être efficace au long terme doive parfois être ladre dans l'immédiat (comparez les pensions du Grand Dauphin et de Racine, c'est édifiant), et qu'un état ne décide pas de sa politique culturelle mais seulement combien il y investit.
Tout ceci n'empêche d'ailleurs pas la présence de noirs sur le sol européen pendant les prochaines décennies, voire siècles ; les exemples historiques de peuples libres vivant sur un sol sans être représentée dans l'image que la civilisation donne d'elle-même par les arts abondent, c'est typique des empires en déclin (les Numides et les Berbères dans la Rome Impériale, les Juifs en Grèce antique et à Babylone, les juifs en Grèce, etc.), ce que nous sommes, c'est un constat historique dont on est libre de penser, derrière le courant de pensée le plus influent de notre temps, que cela vaut mieux ainsi.
*Il y a là une référence à votre portée, c'est une bande-dessinée.
PS : Fanon, un seul N.