Drizzt a écrit :
Ca serait intéressant d'avoir le même graphique sur la possession des actions, car même si les Magnificent Seven sont américains ils pourraient tout à fait être possédés à 90% par des non Americains.
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Selon les données Flow of Funds de la Fed, section L.223 Corporate Equities, les actions US représentaient 70,1 trillions $ (valeur de marché) fin Q3 2023, dont 51,5 trillions $ en actions cotées (note : à comparer avec une capitalisation US totale de 45 trillions $ fin 2023 selon SIFMA : pas sûr de la raison de la différence : possible que ce soit une différence de définition de ce qu'est une action US, entre siège social vs place de cotation - cf les boîtes US cotées en Irlande).
Sur ce montant de 70,1 trillions $ :
- 28,8 trillions $ (41,2%) étaient détenus directement par les ménages US
- 12,7 trillions $ (18,1%) par les mutual funds (donc indirectement par les ménages US)
- 11,9 trillions $ (17,0%) par les étrangers (probable que leur part soit un peu supérieure sur les actions cotées)
- 5,6 trillions $ (8,0%) par les ETF (donc majoritairement / indirectement par les ménages US)
etc. (le reste essentiellement indirectement par les ménages US)
Depuis 2000, les actions (cotées et non cotées) US ont gagné 50 trillions $, dont environ 40 trillions $ au profit des ménages US (directement et indirectement) - si j'enlève l'augmentation de la détention par les étrangers.
On peut comparer cette augmentation de la richesse privée en actions des ménages US avec l'augmentation de la dette publique fédérale : +27,4 trillions $ depuis 2000. Donc pour chaque $ de dette publique supplémentaire créée depuis 2000, il y a eu 1,46$ de richesse privée en actions créée pour les ménages US. (C'est ce qu'oublient un peu vite ceux qui promettent la ruine imminente aux USA.)
Et bien sûr les actions ne sont pas la seule source de richesse privée : depuis 2000, les ménages US ont gagné 7 trillions $ en dépôts à terme, 33 trillions $ en immo (RP) etc.
Pour comprendre ce qui se passe dans une économie, il faut faire le bilan complet (actifs et passifs) de tous les agents économiques (ménages, entreprises, administrations publiques), comme le fait chaque année ici l'INSEE (malheureusement en se focalisant sur les variations annuelles et sans donner de recul historique, ce qui dénote un certain manque de compréhension de l'économie).
La conclusion dans les 2 cas (France et USA), c'est que l'augmentation considérable de la dette publique depuis 25 ans est plus que compensée par une augmentation plus forte encore de la richesse privée, même si se posent des questions de (1) distribution inégalitaire de cette richesse privée aux USA (en France les indices Gini sont stables), (2) immo-dépendance (en France plus qu'aux USA) de la création de richesse privée, et (3) capacité des Etats à taxer cette richesse privée si besoin, dans un contexte de mobilité internationale accrue des capitaux et de concurrence fiscale entre les Etats.