Profil supprimé | Gordon Shumway a écrit :
Pas tout à fait. Moi, ce que je dis, c'est qu'on partage mieux ce qu'on arrive à décrire. Des attributs connus (anthropomorphisme, donc, mais pas que), c'est encrer en partie sa création dans l'imaginaire du public, ça permet d'étoffer et de détailler le reste.
Un exemple: mettons que tu est écrivain, que ton roman fait voyager des humains sur une planète inconnue. Avec ce que tu as dit plus haut, ils rencontrent un extra-terrestre qui n'est pas assimilable à quelque chose de déjà connu sur Terre: il n'a donc ni pattes, ni ailes, ni tentacules, qui ne se déplace pas par reptation (comme les serpents) ni par téléportation, qui n'a pas de squelette mais n'est pas un invertébré pour autant, n'est pas un gaz ou un blob, n'a pas de peau, ni de muscle ou de système digestif reconnaissable, ne partage aucun de nos sens, n'est lié à aucune forme même géométrique, et qui n'est affecté par aucune des lois de la physique connue. J'ai fais court, mais tu vois l'idée.
Maintenant, décries-moi cette créature, de façon simple autant que faire se peut, pour que je puisse la visualiser dans ma tête.
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fastoche, c'est Susan Boyle. Bon, j'ai pas dit que c'était un exercice aisé mais tu viens d'en donner toi meme une description interessante de ton animal, en décrivant déjà ce qu'il n'était pas.
Maintenant, tu es aussi extremement restrictif dans le cahier des charges, voir meme contradictoire (comment peut on etre un vertebré sans avoir de squellette et donc de vertebre ?)
Ce que je dis, c'est qu'entre les pattes, les ailes et les tentacules, il y a certainement d'autres choses à inventer. Exemple con, mécaniquement on sait le faire, mais pourquoi pas un animal...doté de roues pour se déplacer ? ou disons, un animal circulaire et tournant sur lui meme pour se mouvoir ? (genre une limace dont on aurait soudé les 2 extremités).
l'idée pour moi c'est toujours de "sortir du cadre", on raisonne trop dans le cadre précis de ce que l'on connait de notre minuscule petit bout d'univers et on n'accepte pas de créer de nouvelles lois.
Gordon Shumway a écrit :
Anotre niveau, oui, et on a même entassé suffisament de qualificatifs pour aller jusqu'à la fin des temps. Par exemple, quand on découvre un nouvel élément chimique: qu'il soit créé ou découvert, on sait déjà le classer (même le hors-classement fait partie du classement), le nommer, et le rattacher à quelque chose qu'on connais déjà.
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Je pense que c'est un peu présomptueux. Pour l'aspect atomique, peut etre, quoique, rien ne dit que l'on ait découvert toutes les propriétés "classifiables" de la matière. Après tout nous ne sommes dotés que d'un nombre limité de sens qui nous limite forcément dans notre compréhension du monde qui nous entoure. Imaginons une espèce intelligente dotés de 7 sens de plus que nous. Elle aura necessairement un vocabulaire et une perception plus étendue que la notre. Et meme si on fait le tour des sens qu'on connait, entre espèce, nous n'avons pas du tout la meme palette que d'autres animaux. Les chiens ont un odorat bien plus sensible que le notre, peut etre que si ils étaient plus intelligent, il pourrait définir et reperer 10x fois plus de fragances élémentaires que le meilleur des nez humains, idem pour la vue de l'aigle...et que dire des animaux se reperant aux ultrasons ?
les qualificatifs qu'on connait, ils servent juste à décrire le monde selon notre vision des choses (obvious) mais notre imaginaire n'étant pas concerné, à mon avis, par une quelconque limite, il devrait etre capable d'imaginer un monde dans un referentiel inhumain et que ça reste pour autant cohérent.
Lovecraft est pour moi un de ceux qui s'en sortaient le mieux à ce sujet. |