Photographe à l'agence Novosti, Igor Kostin décide d'accompagner un groupe de liquidateurs sur le toit du bloc n°3, adjacent au réacteur éventré: "Il y avait d'énormes champs d'irradiation. Je n'aurais jamais pu y pénétrer sans un éclaireur équipé d'un compteur Geiger. Nous nous déplacions à tâtons en cherchant à nous protéger d'un mal fatal mais invisible." Sur le toit, des équipes de huit liquidateurs se relaient toutes les... quarante secondes. Harnachés de tabliers de plomb, les hommes se ruent, une pelle à la main, dès que la sirène hurle. Le temps d'enfourner une pelletée de débris nucléaires pour les jeter dans la fosse creusée par l'explosion.
En une semaine, le photographe retourne cinq fois sur le toit, avec une durée moyenne de deux à trois minutes: "Tous les films que je développais étaient noirs. Alors, j'ai emmailloté mes Nikon dans des plaquettes de plomb et découpé mes pellicules en bandelettes de vingt centimètres en variant le temps d'exposition. Aujourd'hui, quatre de mes appareils sont enterrés dans le cimetière des déchets radioactifs." Et d'exhiber la photo de Tchernobyl: on y voit trois liquidateurs dans un décor apocalyptique. Au bas de l'image, des traînées blanches qui montent irrésistiblement: "Ce sont les flots de la radioactivité. Je voudrais que jamais on n'oublie le sacrifice de ces hommes..."
[...]
Hospitalisé à plusieurs reprises, dont un mois à Hiroshima "pour un problème de thyroïde", il reste évasif sur son état de santé: "J'ai reçu cinq fois la dose tolérée, mais les Moldaves meurent centenaires!"
http://www.dissident-media.org/inf [...] ostin.html (avec d'autres photos en petit format)
---------------
Ducouïte : maladie consistant à parsemer ses posts de "du coup" et "pour le coup" | TU des moteurs de recherche !