Pas vu beaucoup de films récemment :
Je poursuis néanmoins ma quête de trouver des perles dans la filmographie très touffue des studios britanniques Hammer Film Production.
Pour cela, j'ai vu :
Plague of the zombies (1966) de John Gilling (L'invasion des morts-vivants).
Citation :
Le professeur Forbes reçoit une lettre d'un de ses anciens élèves, concernant une étrange épidémie dans le village dont il est le seul médecin. Des gens perdent goût à la vie puis décèdent sans prévenir. Lorsqu'il arrive là-bas, accompagné de sa fille, tous les deux découvrent qu'aucune autopsie n'a été pratiquée, à cause des croyances locales. Ils découvrent rapidement qu'un mal profond hante ces lieux depuis l'arrivée d'un certain Lord Hamilton...
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C'était plutôt sympa. Une scène en particulier était excellente, pour le genre (des zombies sortant de leurs tombes, dommage que le cinéma d'horreur moderne ait complètement occulté ce cliché, c'était chouette).
Sinon, on retrouve les personnages classiques des films de la Hammer (le vieux médecin, pour une fois pas joué par Peter Cushing mais par André Morell, la fille en robe, le jeune noble mystérieux), dans un scénario sans véritable surprise, mais sans vraie absurdité non plus.
Les fameux zombies du film sont évidemment des gens transformés en zombies par des rituels vaudous, puisque Night of the Living Dead n'arrivera que deux ans plus tard. Cependant, il est intéressant de noter qu'il s'agit bel et bien de gens ayant été enterrés, donc on peut considérer que ce sont des morts-vivants (les films de vaudous mettant plutôt en scène d'habitude des gens vivants à qui l'on a coupé toute volonté de vivre). De là à y voir le début d'un truchement vers le zombie de Romero... Qui sait ?
Un chouette petit film sans prétention, en tout cas.
Egalement chez la Hammer :
Quatermass 2 (1957) de Val Guest (La marque)
Citation :
Le professeur Quatermass découvre une étrange usine dans la campagne anglaise, lourdement gardée par des soldats armés. Dans le même temps, son observatoire découvre une pluie de mystérieuses météorites de forme cylindrique. Lorsque lui et son ami en trouve une, celle-ci s'ouvre et libère un nuage de gaz qui contamine ce dernier, lui laissant une étrange marque dans le cou...
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Même s'il s'agit de la suite de The Quatermass Experiment, il n'y a vraiment que le personnage de Quatermass de commun aux deux films. Pas de fil conducteur particulier. De plus, là où le premier film impliquait Quatermass dans le scénario (il était celui qui avait lancé la fusée), ici il tombe vraiment par hasard sur le machin
Ça pourrait clairement être n'importe quel scientifique.
D'ailleurs, sa personnalité un peu bornée et agressive du premier film est légèrement adoucie, c'est dommage. On ne peut pas dire que son personnage soit donc particulièrement marquant.
Sinon, on est sur un film d'invasion extra-terrestre très classique, assez typique de l'époque (je pense à Invasion of the Body Snatchers, notamment) avec des scientifiques qui luttent contre des entités cherchant à nous infiltrer. L'ensemble est un peu mou, surtout dans son milieu, le personnage de Quatermass agissant en partie seul, et sa présence ne permet pas de vraiment maintenir notre attention. En fait, je trouve que le film rate une bonne occasion de devenir vraiment paranoïaque avec cette histoire de marque : les gens contaminés portent une marque (la fameuse marque du titre français), et sont donc plus ou moins des traitres dont il faut se méfier. Mais au final, il n'y a qu'une seule scène qui joue vraiment là-dessus, et c'est bien dommage !
Le reste n'est pas suffisamment mémorable.
Me reste le 3e film à trouver (Quatermass and the Pit), à voir.
Dans un autre genre, j'ai tenté deux adaptations de bouquins à suspense :
A kind of murder (2016) d'Andy Goddard.
Citation :
Dans les 60's à New York, l'architecte Walter Stackhouse est fasciné par les histoires de meurtres, dont il s'inspire pour écrire de petites nouvelles sur son temps libre. Tandis qu'il devient lentement obsédé par l'histoire du meurtre de la femme d'un bouquiniste nommé Kimmel, et qu'il se persuade que celui-ci est le meurtrier, sa propre femme Clara sombre dans la maladie et leur couple se dégrade...
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Alors, en gros : c'est dommage.
J'aime beaucoup les acteurs (Patrick Wilson, toujours au top sans en faire trop ; Jessica Biel fascinante en femme souffrant de troubles bipolaires ; Eddie Marsan et toute la subtilité qu'il apporte à un personnage mystérieux) et leurs personnages sont globalement bien écrits. Mention spéciale aux troubles de Clara, la femme de notre protagoniste principal, qui ne tombent pas dans le cliché de la maladie mentale (pour avoir vécu avec une femme souffrant du même type de troubles, je considère ça plutôt fidèle).
Le scénario est bien, on sent la force de l'adaptation d'un bon roman.
MAIS
Le film ne démarre jamais. J'ai vu une introduction de 1h40. Et une résolution de 10 minutes.
C'est un thriller, bordel, l'oppression doit monter crescendo et devenir insoutenable autour d'1h10 de film. Là, ce n'est pas le cas. Pourtant, l'histoire avance. Mais elle avance avec un rythme de début de film. Aucune vraie grosse révélation avant les cinq dernières minutes.
C'est vraiment dommage. Déçu alors que tous les éléments étaient là pour faire un super truc.
Out of the past (1957) de Jacques Tourneur (La griffe du passé)
Citation :
Jeff Bailey, un pompiste d'une petite ville de campagne, reçoit un jour la visite d'un homme mystérieux qui semble surgir de son passé. Celui-ci mentionne une dette et un ancien service qu'il doit à son patron, un mafieux nommé Whit. Jeff décide de raconter à sa compagne son mystérieux passé : alors qu'il était détective privé, il fut engagé par Whit pour retrouver Kathie, une femme qui l'avait laissé pour mort. A l'époque, Jeff l'avait bel et bien retrouvée... Avant d'en tomber amoureux.
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Que dire ? Jacques Tourneur derrière la caméra, Robert Mitchum et Kirk Douglas devant...
La première moitié est somptueuse. Le suspense lorsque Jeff et Kathie sont censés s'enfuir ensemble mais que Whit débarque avec son sourire genre "Je ne fais que passer" est dingue.
La deuxième moitié du film enchaîne sur tout autre chose, et le découpage m'a un peu rappelé l'excellent A history of Violence de David Cronenberg.
Robert Mitchum est dingue de charisme. Après m'avoir foutu les boules dans Night of the Hunter, je dois dire qu'il me bluffe quoi qu'il fasse. Il est tout le temps nonchalant, semblant contrôler tout ce qu'il fait, mais on sent également ses failles et ses doutes.
Le personnage de Kathie, joué par Jane Greer, est d'une ambivalence dingue, et l'actrice convient parfaitement au rôle, avec son visage insoupçonnable.
Un magnifique film noir.
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