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Quels sont pour vous les trois livres de philo à lire pour un honnête homme ?


 
15.4 %
 273 votes
1.  "La république" de Platon
 
 
6.7 %
 119 votes
2.  "La métaphysique" d'Aristote
 
 
15.7 %
 279 votes
3.  "l'Ethique" de Spinoza
 
 
1.5 %
    27 votes
4.  "Essai de théodicée" de Leibniz
 
 
15.0 %
 266 votes
5.  "Critique de la raison pure" de Kant
 
 
17.8 %
 315 votes
6.  "Par delà le bien et le mal" de Nietzsche
 
 
5.9 %
 105 votes
7.  "L'évolution créatrice" de Bergson
 
 
6.4 %
 113 votes
8.  "Etre et temps" d'Heidegger
 
 
7.5 %
 133 votes
9.  "Qu'est-ce que la philosophie" de Gilles Deleuze
 
 
8.1 %
 144 votes
10.  "Moi, ma vie, mon oeuvre" de obiwan-kenobi
 

Total : 2656 votes (882 votes blancs)
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Auteur Sujet :

Philo @ HFR

n°29688855
rahsaan
Posté le 27-03-2012 à 18:36:33  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
Le livre d'un pote qui sort aujourd'hui :  
 
http://www.editions-ellipses.fr/pr [...] ts_id=8416
 
Le bac philo dont vous êtes le héros. Réviser en s'amusant
 
Une initiation à la philo sur le mode des livres dont vous êtes le héros.  
Vous pourrez dialoguer avec Socrate, voir si vous êtes plutôt rationalistes ou empiristes, parler lutte des classes avec Marx, rencontrer Nietzsche à l'époque d'Aurore...
 
Le livre est vraiment fait pour découvrir la philo, pas seulement pour réviser le bac (le choix du titre est laissé à l'éditeur, ainsi que la couverture). C'est pédagogique, très bien fait pour les débutants. Ceux qui connaissent mieux la philo pourront peut-être plus s'amuser à voyager entre les doctrines et à découvrir comment le livre est construit.  
Il y a un glossaire très complet de notions et concepts, là aussi gros boulot (j'y ai un petit peu participé :o  :sol: )


Message édité par rahsaan le 27-03-2012 à 18:41:22

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Mon roman d'anticipation, L'I.A. qui m'aimait : https://tinyurl.com/mtz2p872 | Blog ciné/JV : http://cinecourt.over-blog.com
mood
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Posté le 27-03-2012 à 18:36:33  profilanswer
 

n°29689203
Profil sup​primé
Posté le 27-03-2012 à 19:11:39  answer
 

Marrant :D
 
(En parlant d'Aurore, il est sur mon chevet, je vais me le faire sous peu [:huit])

n°29846554
Magicpanda
Pushing the envelope
Posté le 11-04-2012 à 22:01:58  profilanswer
 

Magnifique aurore, trop peu estime


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" Quel est le but du capital ? Le but du capital c'est produire pour le capital. L'objectif, lui, est illimité. L'objectif du capital c'est produire pour produire." - Deleuze || André Gorz - Vers la société libérée
n°29846603
rahsaan
Posté le 11-04-2012 à 22:05:22  profilanswer
 

"Il y a tant d'aurores qui n'ont pas encore lui."


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Mon roman d'anticipation, L'I.A. qui m'aimait : https://tinyurl.com/mtz2p872 | Blog ciné/JV : http://cinecourt.over-blog.com
n°29848577
Magicpanda
Pushing the envelope
Posté le 12-04-2012 à 00:58:41  profilanswer
 

il y a quelques passages moins connus qui m'ont marqué à la première lecture
 

Citation :

À ceux qui rêvent l’immortalité. — Vous souhaitez donc la durée éternelle de cette belle conscience de vous-mêmes ? N’est-ce pas honteux ? Oubliez-vous toutes les autres choses qui, à leur tour, auraient à vous supporter, pour toute éternité, comme elles vous ont supporté jusqu’à présent, avec une patience plus que chrétienne ? Ou bien croyez-vous que votre aspect puisse leur procurer un sentiment de bien-être éternel ? Un seul homme immortel sur la terre suffirait déjà pour inspirer, à tout ce qui resterait d’autre autour de lui, un tel dégoût qu’il en résulterait une véritable épidémie de suicide. Et vous, pauvres habitants de la terre que vous êtes, avec vos petites conceptions de quelques milliers de minutes dans le temps, vous voudriez éternellement être à charge à l’éternelle existence universelle ! Y a-t-il quelque chose de plus importun ? — Mais, en fin de compte, soyons indulgents à l’égard d’un être de soixante-dix ans ! — Il n’a pas pu exercer son imagination à dépeindre son propre « ennui éternel », - le temps lui a manqué pour cela !


 

Citation :

Le plaisir que cause la réalité. — Notre penchant actuel à trouver du plaisir dans la réalité — nous l’avons presque tous — ne peut se comprendre autrement qu’en admettant que nous avons longtemps, et jusqu’à la satiété, trouvé notre plaisir dans l’irréalité. Ce penchant, tel qu’il se présente maintenant, sans choix et sans finesse, n’est pas dépourvu de danger : — son moindre danger, c’est le manque de goût.


 

Citation :

Les louangeurs du travail. — Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours de la « bénédiction du travail », je vois la même arrière-pensée que dans les louanges des actes impersonnels et d’un intérêt général : l’arrière-pensée de la crainte de tout ce qui est individuel. On se rend maintenant très bien compte, à l’aspect du travail — c’est-à-dire de cette dure activité du matin au soir — que c’est là la meilleure police, qu’elle tient chacun en bride et qu’elle s’entend vigoureusement à entraver le développement de la raison, des convoitises, des envies d’indépendance. Car le travail use la force nerveuse dans des proportions extraordinaires, et retire cette force à la réflexion, à la méditation, aux rêves, aux soucis, à l’amour et à la haine, il place toujours devant les yeux un but minime et accorde des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société, où l’on travaille sans cesse durement, jouira d’une plus grande sécurité : et c’est la sécurité que l’on adore maintenant comme divinité suprême. — Et voici (ô épouvante !) que c’est justement le « travailleur » qui est devenu dangereux ! Les « individus dangereux » fourmillent ! Et derrière eux il y a le danger des dangers — l’individuum !


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" Quel est le but du capital ? Le but du capital c'est produire pour le capital. L'objectif, lui, est illimité. L'objectif du capital c'est produire pour produire." - Deleuze || André Gorz - Vers la société libérée
n°29874104
rahsaan
Posté le 14-04-2012 à 11:23:04  profilanswer
 

Tribune de votre serviteur sur Agoravox, à propos de l'écologie et du développement durable :  
http://www.agoravox.fr/actualites/ [...] ble-114611
 
J'y présente les cas de conscience auquel nous confronte la protection de l'environnement ; je parle des dégâts de l'idéologie du progrès et du productivisme, puis enfin de la responsabilité de l'homme sur cette question.

Message cité 3 fois
Message édité par rahsaan le 14-04-2012 à 11:24:39

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Mon roman d'anticipation, L'I.A. qui m'aimait : https://tinyurl.com/mtz2p872 | Blog ciné/JV : http://cinecourt.over-blog.com
n°29874238
Mine anti-​personnel
Posté le 14-04-2012 à 11:43:29  profilanswer
 

rahsaan a écrit :

Tribune de votre serviteur sur Agoravox, à propos de l'écologie et du développement durable :  
http://www.agoravox.fr/actualites/ [...] ble-114611
 
J'y présente les cas de conscience auquel nous confronte la protection de l'environnement ; je parle des dégâts de l'idéologie du progrès et du productivisme, puis enfin de la responsabilité de l'homme sur cette question.


Mentionnes-tu le risque de chute dans l'escalier en sortant du cinéma quand on a oublié ses lunettes rouges à la maison ?  [:iforce:1]

n°29875708
phyllo
scopus inornatus
Posté le 14-04-2012 à 15:36:19  profilanswer
 

rahsaan a écrit :

Tribune de votre serviteur sur Agoravox, à propos de l'écologie et du développement durable :  
http://www.agoravox.fr/actualites/ [...] ble-114611
 
J'y présente les cas de conscience auquel nous confronte la protection de l'environnement ; je parle des dégâts de l'idéologie du progrès et du productivisme, puis enfin de la responsabilité de l'homme sur cette question.


 
Deux trois petits trucs en passant :
-une vision très négative de l'impôt ('L'écologie politique ressemble de plus en plus à un prétexte à inventer de nouveaux impôts'). L'impôt, c'est aussi un bon moyen d'appliquer une politique, juste ou injuste mais c'est un outil ni plus ni moins.
-un anthropocentriste sans recul. L'anthropocentrisme, c'est, au même titre que l'anthropomorphisme, un mal plus ou moins obligatoire mais le mieux, c'est encore de le savoir et de l'assumer.('La responsabilité humaine dans la dégradation de l'environnement'). L'environnement est très loin d'être dégradé pour l'étourneau sansonnet, la punaise de lit ou même le chevreuil. Ce qui est menacé, c'est l'environnement comme biotope humain mais nous sommes d'accord que c'est bien le problème.  
 
Enfin, le 'se rendre comme maître et possesseur de la nature' de Descartes, je ne suis pas sûr que ce soit ce qui anime les baleiniers japonais qui n'ont rien a secouer de la disparition d'une ou de plusieurs espèces de mammifères marins de la surface aqueuse du globe ou que cela fasse partie de l'arsenal conceptuel du paysan philippin qui ruine le dernier bout de forêt tropicale de son coin en vouant à la disparition bêtes et plantes pour péniblement nourrir (et mal) sa famille.

n°29875759
Profil sup​primé
Posté le 14-04-2012 à 15:45:54  answer
 

phyllo a écrit :


 
Deux trois petits trucs en passant :
-une vision très négative de l'impôt ('L'écologie politique ressemble de plus en plus à un prétexte à inventer de nouveaux impôts'). L'impôt, c'est aussi un bon moyen d'appliquer une politique, juste ou injuste mais c'est un outil ni plus ni moins.
-un anthropocentriste sans recul. L'anthropocentrisme, c'est, au même titre que l'anthropomorphisme, un mal plus ou moins obligatoire mais le mieux, c'est encore de le savoir et de l'assumer.('La responsabilité humaine dans la dégradation de l'environnement'). L'environnement est très loin d'être dégradé pour l'étourneau sansonnet, la punaise de lit ou même le chevreuil. Ce qui est menacé, c'est l'environnement comme biotope humain mais nous sommes d'accord que c'est bien le problème.  
 
Enfin, le 'se rendre comme maître et possesseur de la nature' de Descartes, je ne suis pas sûr que ce soit ce qui anime les baleiniers japonais qui n'ont rien a secouer de la disparition d'une ou de plusieurs espèces de mammifères marins de la surface aqueuse du globe ou que cela fasse partie de l'arsenal conceptuel du paysan philippin qui ruine le dernier bout de forêt tropicale de son coin en vouant à la disparition bêtes et plantes pour péniblement nourrir (et mal) sa famille.


 
En réalité, on pense que la dégradation de l'environnement est un problème seulement parce que ça nous touche : on se dit que si les abeilles crèvent (ce qui est en réalité le contraire) ça agira sur les cultures, donc sur la pérennisation de l'espèce humaine. Rien à foutre de savoir qu'une espèce de plus va disparaitre, si elle n'a pas d'impact sur ce que nous mangeons.
 
Au final, l'être humain tue d'autres animaux, mais n'es-ce pas juste "naturel" ? Une espèce forte s'impose et en fait disparaitre d'autres, ça parait logique. Moi ça ne me bouleverse pas. Ce qui m'angoisse c'est qu'il y ait de plus en plus d'Hommes sur terre, donc de plus en plus de cons. La nature elle, est totalement indifférente à ce que l'Homme peut faire de sa vie. L'ethnocentrisme, c'est croire le contraire.

n°29875811
phyllo
scopus inornatus
Posté le 14-04-2012 à 15:53:51  profilanswer
 

"naturel" est un terme utilisé à tort et à travers et n'a à peu près aucun sens. En tout cas aucun qui permette de dire si une chose est bonne ou mauvaise. Il y a des produits naturels parfaitement toxiques et d'autres parfaitement bénéfiques.
 
 
 
Aldo Léopold dit avec justesse qu'il y a deux sortes d'hommes, ceux qui ont besoin des bêtes sauvages et les autres. Ce qui m'emmerde avec les autres, ce n'est pas qu'ils n'ont rien à foutre des bêtes, ils font ce qu'ils veulent, c'est qu'ils n'ont rien à foutre des hommes qui ont besoin des bêtes sauvages.
 
 

mood
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Posté le 14-04-2012 à 15:53:51  profilanswer
 

n°29876046
rahsaan
Posté le 14-04-2012 à 16:30:45  profilanswer
 

Merci Phyllo pour tes remarques. Il y aura au moins une suite à cette tribune.


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n°29957115
rahsaan
Posté le 21-04-2012 à 19:44:46  profilanswer
 

>Phyllo : pour te répondre, concernant notre rapport à nature dans le cadre de l'écologie. Faut-il rejeter l'anthropocentrisme (qui mène à assujettir la nature à nos besoins) ou bien assumer qu'il est pour nous indépassable (quand nous défendons la nature, c'est nous que nous voulons préserver) ?
 
Un extrait d'un entretien avec M.Puech où il traite de cette question :
 
 
"- A l’origine de l’écologie, vous dites qu’il y a le préservationnisme et le conservationnisme. Pouvez-vous expliquer la différence entre ces deux philosophies de protection de la nature ?
 
- Le préservationnisme affirme que la nature constitue en soi une valeur, et par « nature » il entend la nature sauvage. C’est l’option de l’écologie « profonde », selon laquelle l’espèce humaine n’a pas le droit de disposer des éléments naturels au détriment des autres formes de vie. Comme il est évident que nous abusons systématiquement de toutes les ressources naturelles, l’écologie profonde devient assez vite un acte d’accusation contre l’espèce humaine. Si la priorité éthique est de préserver la nature, le minimum sera de préserver des espaces clos où la nature sauvage reste intouchable, et le maximum dans cette option serait de sanctuariser ainsi la planète entière. J’emploie à dessein le verbe « sanctuariser », car il y a bien à mon avis dans le préservationnisme l’idée d’une sacralisation, avec toute la logique de la transgression qui s’ensuit. Or je crois que le « retour au sacré » est une très mauvaise solution aux problèmes de développement durable, et même, disons-le, c’est une attitude philosophique dangereuse.
 
Le conservationnisme est l’origine intellectuelle du développement durable tel que nous le connaissons, le développement durable institutionnel – alors que le préservationnisme, de son côté, aboutit à l’écologie contestataire. Dans l’option conservationniste, les humains ont le droit d’exploiter la nature, mais ils ont aussi la responsabilité de la « conservation » de cette nature. Dans notre propre intérêt, nous devons conserver en pleine santé la nature, qui est notre environnement vital. Le système de valeurs est différent, c’est l’humain qui reste au centre, comme dans les philosophies humanistes traditionnelles, par opposition au « biocentrisme » qui est la tentation des philosophies écologiques.
 
Mais malgré cette différence entre les deux sensibilités écologiques, une alliance pragmatique est facilement négociable, pour mettre en action une prise de responsabilité nouvelle des humains par rapport à leur impact sur la nature."

Message cité 1 fois
Message édité par rahsaan le 21-04-2012 à 19:45:00

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n°29959083
phyllo
scopus inornatus
Posté le 21-04-2012 à 22:48:58  profilanswer
 

rahsaan a écrit :

>Phyllo : pour te répondre, concernant notre rapport à nature dans le cadre de l'écologie. Faut-il rejeter l'anthropocentrisme (qui mène à assujettir la nature à nos besoins) ou bien assumer qu'il est pour nous indépassable (quand nous défendons la nature, c'est nous que nous voulons préserver) ?


 
Je croyais l'avoir dit dans ma remarque. Je défends évidemment la deuxième position. En fait, je crois que l'on ne peut tout simplement pas rejeter l'anthropocentrisme, donc il faut l'expliciter et l'assumer. Ce que je critiquais dans ton texte, c'est une position peu claire vis-à-vis de ce problème.
 
Par ailleurs, je ne crois pas à la 'nature sauvage' de ce que Puech appelle le préservationnisme, c'est un concept vide de sens qui pourrait se résumer dans la formule : la biosphère moins les hommes. Baird Callicot défend d'ailleurs cette vision en faisant un démontage en règle du concept américain de 'Wilderness', qu'on est bien embêter de traduire autrement que par 'nature sauvage' en français.

Message cité 1 fois
Message édité par phyllo le 21-04-2012 à 22:49:19
n°29960055
rahsaan
Posté le 22-04-2012 à 00:26:36  profilanswer
 

Pour suivre ce que tu dis, les défenseurs de la "nature sauvage" font encore plus preuve d'anthropocentrisme que les autres (les conservationnistes), puisque le sauvage se définit par exclusion de l'homme -donc par rapport à l'homme.  
 
J'attends la publication de la suite de ma tribune sur Agoravox. Je développe autour de Puech. Je reviendrai je pense sur l'anthropocentrisme dans une troisième partie.
 
Le livre de Callicott a l'air bien. Postface de Descola, tiens. Il faudra que je lise ça.


Message édité par rahsaan le 22-04-2012 à 00:27:43

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n°29976807
leoz
Posté le 23-04-2012 à 04:16:15  profilanswer
 

Quelle triste représentation de la France...

n°30022329
rahsaan
Posté le 26-04-2012 à 13:03:00  profilanswer
 

Magicpanda a écrit :

il y a quelques passages moins connus qui m'ont marqué à la première lecture


 
 
Présentation d'une nouvelle édition d'Aurore, traduit par Eric Blondel :  
 
http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article375
 
Puisque Magicpanda est en train de le lire, une petite synthèse personnelle sur le livre :  
 
Aurore est un livre sur la morale. L'interroger, c'est déjà mettre en doute son autorité, puisqu'une morale ne se fait obéir que si elle passe pour incontestable, d'une part, c'est à dire si elle exerce un effet de censure sur l'intellect (qui n'osera pas la questionner de peur de désobéir) et, d'autre part, si elle provoque une adhésion immédiate, collective et enthousiaste. Les valeurs morales, comme tout ce qui fait autorité, tirent leur pouvoir de la peur qu'elle inspire et de l'amour qu'on leur porte.  
Les philosophes ont depuis Platon adhéré sans réserve à la distinction du bien et du mal, mais aussi à l'idée du libre-arbitre, du châtiment, puis du remords, de l'expiation etc. De ce fait, la philosophie a manqué de radicalité dans son questionnement, du fait qu'elle n'a jamais interrogé la morale - alors même que les philosophes font profession de mener sur toutes choses un questionnement radical. En réalité, pour N, les philosophes se sont satisfaits de trop peu. Aurore ouvre une voie de questionnement entièrement nouvelle, en faisant "sauter" la censure exercée jusqu'ici par la morale.
 
Nietzsche, en ayant ouvert cette brèche, se trouve en mesure d'interroger toutes les dimensions de la morale :
- Son unité : une ou plusieurs morales ? S'il y en a plusieurs, quoi de commun entre elles ?  
- Son fondement : l'opposition du bien et du mal, des actes bons et mauvais, tout cela est-il tenable ?
- Ses moyens d'action et de rétorsion : le sentiment d'obligation, le sentiment de dette, le remords, le sentiment du devoir, la conscience de la faute...  
 
- Son histoire : qui a inventé les oppositions de valeur ? Dans quel but ?
- Son origine : comment est-elle apparue et a-t-elle fini par faire partie intégrante de la vie humaine ?
- Son effet formateur sur l'homme. Qu'est-ce que l'homme a gagné et a perdu en sortant d'une animalité instinctive et amorale ?  
 
- Sa possibilité : la morale suppose en particulier le libre-arbitre. Nietzsche en pointe les contradictions.  
- Son utilité : en quoi est-elle nuisible ou favorable à l'homme, en tant qu'individu, que groupe, qu'espèce ?  
- Sa valeur : faut-il inconditionnellement respecter la morale ?  
- Son sens et son avenir : quelle morale pour demain si la morale actuelle est une création humaine, trop humaine, contestable et précaire ?  
 
 
Le seul fait de poser ces questions suppose d'avoir ébranlé en soi la confiance en la morale, et le fait de mener ce questionnement ne fait qu'aggraver les doutes et les soupçons. S'il y a lieu de parler d'aurore, c'est en plusieurs sens :  
- Aurore comme espoir et renouveau, car, par la suite, Nietzsche associe ce livre à sa période de guérison, et il peut dire que son livre est baigné de "lumières", c'est à dire d'un esprit affirmateur et serein. Humain trop humain correspondait au contraire au "nadir" de son existence, à la pire période de son affaiblissement.
 
- Aurore, car nous sortons des ténèbres des superstitions religieuses attachées à la morale (croyance au Dieu qui rétribue et qui punit). Aurore donc, au sens des Lumières, de la sortie d'un état d'immaturité et du réveil d'un esprit critique qui était jusque là interdit de s'exercer. Aurore de nouveaux questionnements qui ne font que commencer.  
 
- Aurore enfin, au sens des promesses d'avenir qui s'ouvrent, dans un monde repensé à neuf, avec de nouvelles possibilités de vie, hors du carcan de valeurs qui a historiquement formé l'homme et l'a maintenu dans des limites définies. "Il y a tant d'aurores qui n'ont pas encore lui", dit le proverbe hindou en exergue du livre.


Message édité par rahsaan le 15-06-2012 à 14:05:43

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Mon roman d'anticipation, L'I.A. qui m'aimait : https://tinyurl.com/mtz2p872 | Blog ciné/JV : http://cinecourt.over-blog.com
n°30166734
rahsaan
Posté le 07-05-2012 à 17:18:43  profilanswer
 

rahsaan a écrit :

Tribune de votre serviteur sur Agoravox, à propos de l'écologie et du développement durable :  
http://www.agoravox.fr/actualites/ [...] ble-114611
 
J'y présente les cas de conscience auquel nous confronte la protection de l'environnement ; je parle des dégâts de l'idéologie du progrès et du productivisme, puis enfin de la responsabilité de l'homme sur cette question.


 
 
Publication de la suite de cette tribune :  
http://www.agoravox.fr/actualites/ [...] ble-116199
 
Une critique de la notion de "développement durable", dont je montre les imprécisions et les contradictions.  


Message édité par rahsaan le 07-05-2012 à 18:08:00

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Mon roman d'anticipation, L'I.A. qui m'aimait : https://tinyurl.com/mtz2p872 | Blog ciné/JV : http://cinecourt.over-blog.com
n°30231214
rahsaan
Posté le 13-05-2012 à 12:20:58  profilanswer
 

Compte-rendu du dernier livre de Christopher Lasch : La révolte des élites et la trahison de la démocratie :  
http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article374
 
En rejetant dans l’obscurantisme tout ce qui meurtrit la bonne image de l’homme et fait obstacle à ses désirs, le monde contemporain entretient l’homme dans une névrose infantile, dont la moindre illusion n’est pas d’ignorer le tragique de l’existence.
« Nous pourrions dire que le désillusionnement est la forme caractéristique de l’orgueil moderne, et cet orgueil ne se donne pas moins à voir dans le mythe nostalgique du passé que dans la version plus agressivement triomphante du progrès culturel qui écarte le passé sans regrets ».


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Mon roman d'anticipation, L'I.A. qui m'aimait : https://tinyurl.com/mtz2p872 | Blog ciné/JV : http://cinecourt.over-blog.com
n°30239043
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 13-05-2012 à 22:24:49  profilanswer
 

rahsaan a écrit :

Compte-rendu du dernier livre de Christopher Lasch : La révolte des élites et la trahison de la démocratie :  
http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article374
 
En rejetant dans l’obscurantisme tout ce qui meurtrit la bonne image de l’homme et fait obstacle à ses désirs, le monde contemporain entretient l’homme dans une névrose infantile, dont la moindre illusion n’est pas d’ignorer le tragique de l’existence.
« Nous pourrions dire que le désillusionnement est la forme caractéristique de l’orgueil moderne, et cet orgueil ne se donne pas moins à voir dans le mythe nostalgique du passé que dans la version plus agressivement triomphante du progrès culturel qui écarte le passé sans regrets ».


 
Le discours de Lasch m'a l'air assez nostalgique ...la critique du narcissisme moderne, du consumérisme a souvent pour corollaire un "paradis perdu", continent fantasmé qui n'a jamais existé !


---------------
L'arrière-train sifflera trois fois.
n°30241892
rahsaan
Posté le 14-05-2012 à 08:41:29  profilanswer
 

Il dénonce le mythe nostalgique du passé dans la citation.


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Mon roman d'anticipation, L'I.A. qui m'aimait : https://tinyurl.com/mtz2p872 | Blog ciné/JV : http://cinecourt.over-blog.com
n°30245648
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 14-05-2012 à 14:42:40  profilanswer
 

rahsaan a écrit :

Il dénonce le mythe nostalgique du passé dans la citation.


 
Mouais, il a l'air de se couvrir des critiques à venir surtout ! Implicitement, il fait croire qu'il y a eu un "paradis terrestre", et que la chute viendrait du narcissisme, de l'individualisme, du consumérisme, du progressisme ...bref ...on retrouve la même chose chez Michea, d'ailleurs. Ce n'est  pas inintéressant pour expliquer des tendances sociétales, mais ça reste souvent assez vague, un peu fourre-tout et ça reste nostalgique par rapport à une époque révolue, où les gens vivaient plus simplement ...ce qui est exact, d'ailleurs. Le monde a changé, à une vitesse grand V, trop vite et comme dirait Toeffler, les individus face à un environnement perpétuellement mouvant, sont devenus comme des étrangers dans leur propre pays ...  
Mais, par exemple, je ne pense pas que les élites actuelles soient plus coupées du "peuple" que celles d'antan ...dans toutes les sociétés, à tous les âges, il y a eu une critique des élites, c'est vieux comme le monde, voir Aristophane ou plus proche, les critiques stigmatisant les politiciens de la IIIeme République. Les critiques des élites s'exacerbent lorsque l'économie va mal et s'atténuent lorsque tout va bien.
Sur l'affaissement des solidarités inter-personnelles, elle sont concomitantes avec la fin de la famille élargie et l'apparition de la famille réduite ou recomposée qui distingue les sociétés qui ont connu la transition démographique. Les solidarités anciennes étaient aussi dues à un système économique traditionnel, où la retraite était inexistante et où les vieux parents restaient dans la maison du fils aîné. Il est évident que dans un système économique où le salariat est dominant, les solidarités s'estompent, dans la mesure où les individus peuvent se permettre de vivre seul sans l'aide de la famille élargie, ce qui est de moins en moins vrai d'ailleurs, à cause de la crise économique. De même, d'autres solidarités se sont créés, voir le succès des associations de type 1901, en France, et continuent à se créer, comme par le biais d'internet et des réseaux sociaux. Alors certes, nous vivons de plus en plus dans l'immatériel et le virtuel, mais, en soi, ce n'est ni moralement condamnable ni particulièrement dommageable.

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Message édité par Tietie006 le 14-05-2012 à 15:05:18

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L'arrière-train sifflera trois fois.
n°30464437
rahsaan
Posté le 01-06-2012 à 23:16:26  profilanswer
 

Compte-rendu d'un recueil sur William James et Bergson :  
http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article385
 
Deux penseurs proches sur de nombreuses thèses, tournant autour du pragmatisme vital : nos facultés ne sont pas faites pour une recherche de la vérité mais pour aider à l'action. Elles visent à l'accroissement de notre puissance vitale.  
Quels sont les points de divergences et de convergences entre James et Bergson ? Quel intérêt à les lire chacun, et à les lire l'un avec l'autre ?  
 
Pensée de l'action, volonté de parvenir à un empirisme d'un genre nouveau, recherche d'une vie plus forte et plus intense... sont quelques idées communes à ces deux penseurs.


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Mon roman d'anticipation, L'I.A. qui m'aimait : https://tinyurl.com/mtz2p872 | Blog ciné/JV : http://cinecourt.over-blog.com
n°30585229
rahsaan
Posté le 12-06-2012 à 12:13:01  profilanswer
 

Compte-rendu de La culture du narcissisme de Christopher Lasch :  
http://www.actu-philosophia.com/spip.php?article382
 
Pourquoi le narcissisme n'est pas un amour immodéré de soi-même mais un effondrement du moi.  
Comment la culture de masse encourage le développement de la personnalité narcissique.  
Les conséquences de cette pathologie sur la famille, le travail, la sexualité, les sentiments.


Message édité par rahsaan le 12-06-2012 à 12:44:25

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n°30710199
Magicpanda
Pushing the envelope
Posté le 22-06-2012 à 18:39:30  profilanswer
 

J'ai commencé à me lancer dans le traité du milieu de Nagarjuna, mais c'est assez complexe !
 
Aryadeva est encore plus radical d'après ce que j'ai pu lire en commentaires.
 
http://en.wikipedia.org/wiki/Madhyamaka


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" Quel est le but du capital ? Le but du capital c'est produire pour le capital. L'objectif, lui, est illimité. L'objectif du capital c'est produire pour produire." - Deleuze || André Gorz - Vers la société libérée
n°30710932
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 22-06-2012 à 20:22:51  profilanswer
 

Tietie006 a écrit :


 
Mouais, il a l'air de se couvrir des critiques à venir surtout ! Implicitement, il fait croire qu'il y a eu un "paradis terrestre", et que la chute viendrait du narcissisme, de l'individualisme, du consumérisme, du progressisme ...bref ...on retrouve la même chose chez Michea, d'ailleurs. Ce n'est  pas inintéressant pour expliquer des tendances sociétales, mais ça reste souvent assez vague, un peu fourre-tout et ça reste nostalgique par rapport à une époque révolue, où les gens vivaient plus simplement ...ce qui est exact, d'ailleurs. Le monde a changé, à une vitesse grand V, trop vite et comme dirait Toeffler, les individus face à un environnement perpétuellement mouvant, sont devenus comme des étrangers dans leur propre pays ...  
Mais, par exemple, je ne pense pas que les élites actuelles soient plus coupées du "peuple" que celles d'antan ...dans toutes les sociétés, à tous les âges, il y a eu une critique des élites, c'est vieux comme le monde, voir Aristophane ou plus proche, les critiques stigmatisant les politiciens de la IIIeme République. Les critiques des élites s'exacerbent lorsque l'économie va mal et s'atténuent lorsque tout va bien.
Sur l'affaissement des solidarités inter-personnelles, elle sont concomitantes avec la fin de la famille élargie et l'apparition de la famille réduite ou recomposée qui distingue les sociétés qui ont connu la transition démographique. Les solidarités anciennes étaient aussi dues à un système économique traditionnel, où la retraite était inexistante et où les vieux parents restaient dans la maison du fils aîné. Il est évident que dans un système économique où le salariat est dominant, les solidarités s'estompent, dans la mesure où les individus peuvent se permettre de vivre seul sans l'aide de la famille élargie, ce qui est de moins en moins vrai d'ailleurs, à cause de la crise économique. De même, d'autres solidarités se sont créés, voir le succès des associations de type 1901, en France, et continuent à se créer, comme par le biais d'internet et des réseaux sociaux. Alors certes, nous vivons de plus en plus dans l'immatériel et le virtuel, mais, en soi, ce n'est ni moralement condamnable ni particulièrement dommageable.


 
Sur les rapports entre masse et élite, je suis assez d'accord avec Pareto :
 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Vilfredo_Pareto
 
Dans n'importe quel système politique, une élite se dégage et tend à monopoliser le pouvoir.


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L'arrière-train sifflera trois fois.
n°30778002
rahsaan
Posté le 28-06-2012 à 18:28:00  profilanswer
 

Onfray déclenche une nouvelle polémique en s'attaquant cette fois frontalement au judaïsme.  
 
Ça commence le 7 juin par un article d'Onfray qui félicite l'historien Jean Sorel, quand celui-ci montre que le judaïsme n'a pas de dimension universelle. Pire, les Juifs auraient inventé le génocide.  
 
Le 13 juin, Didier Long, essayiste, ancien moine bénédictin, répond point par point à Onfray par une analyse biblique.
 
Le 20 juin, le rabbin Yeshaya Dalsace répond lui aussi à Onfray, sur La règle du jeu, le site de BHL.  
 
Le 26 juin, le grand rabbin Haïm Korsia répond à son tour, dans l'Express, aux accusations portées contre le judaïsme. Eric Mettout, de l'Express, défend Onfray contre l'accusation de révisionnisme.
 
Le 27 juin, attaque contre Onfray sur le site du Crif par Michaël de Saint-Chéron : les accusations portées par le philosophe lui paraissent dérisoires.  
 
Le 28 juin, le Nouvel Obs fait une synthèse de l'affaire : Onfray commettrait des confusions et ferait preuve d'amateurisme. Le même jour, sur Bibliobs, Daniel Salvatore Schiffer prend la défense d'Onfray, notamment pour le disculper de tout antisémitisme.
 
Une fois de plus, Onfray a trouvé le bon angle d'attaque pour lancer une grosse provocation qui tâche :D

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Message édité par rahsaan le 28-06-2012 à 18:31:49

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n°30779337
Mine anti-​personnel
Posté le 28-06-2012 à 20:34:00  profilanswer
 

rahsaan a écrit :

Onfray déclenche une nouvelle polémique en s'attaquant cette fois frontalement au judaïsme.  
 
Ça commence le 7 juin par un article d'Onfray qui félicite l'historien Jean Sorel, quand celui-ci montre que le judaïsme n'a pas de dimension universelle. Pire, les Juifs auraient inventé le génocide.  
 
Le 13 juin, Didier Long, essayiste, ancien moine bénédictin, répond point par point à Onfray par une analyse biblique.
 
Le 20 juin, le rabbin Yeshaya Dalsace répond lui aussi à Onfray, sur La règle du jeu, le site de BHL.  
 
Le 26 juin, le grand rabbin Haïm Korsia répond à son tour, dans l'Express, aux accusations portées contre le judaïsme. Eric Mettout, de l'Express, défend Onfray contre l'accusation de révisionnisme.
 
Le 27 juin, attaque contre Onfray sur le site du Crif par Michaël de Saint-Chéron : les accusations portées par le philosophe lui paraissent dérisoires.  
 
Le 28 juin, le Nouvel Obs fait une synthèse de l'affaire : Onfray commettrait des confusions et ferait preuve d'amateurisme. Le même jour, sur Bibliobs, Daniel Salvatore Schiffer prend la défense d'Onfray, notamment pour le disculper de tout antisémitisme.
 
Une fois de plus, Onfray a trouvé le bon angle d'attaque pour lancer une grosse provocation qui tâche :D


Je ne connais pas ce débat, que je découvre grâce à Hardware.fr (une ruse du Très-Haut sans doute). Quelques petites questions:
- que signifie "révisionniste" dans ce contexte ? Je ne connais ce terme que dans un contexte marxiste, quand on veut stigmatiser un penseur autonome qui s'éloigne de la ligne officielle du Parti.
- pourquoi discuter et polémiquer contre Onfray et non pas directement les idées de Sorel ? Onfray n'est ici qu'un journaliste qui fait part de ses lectures.

n°30779521
rahsaan
Posté le 28-06-2012 à 20:48:33  profilanswer
 

Mine anti-personnel a écrit :


Je ne connais pas ce débat, que je découvre grâce à Hardware.fr (une ruse du Très-Haut sans doute). Quelques petites questions:
- que signifie "révisionniste" dans ce contexte ? Je ne connais ce terme que dans un contexte marxiste, quand on veut stigmatiser un penseur autonome qui s'éloigne de la ligne officielle du Parti.
- pourquoi discuter et polémiquer contre Onfray et non pas directement les idées de Sorel ? Onfray n'est ici qu'un journaliste qui fait part de ses lectures.


 
- Révisionniste comme un gars qui mettrait plus ou moins en cause la Shoah... Ce qui n'est heureusement pas la position d'Onfray en l'occurrence :o
- Onfray est plus médiatique. Qui connaît Sorel ? C'est Onfray qui le met en lumière en défendant avec passion ses thèses.


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n°30779910
Mine anti-​personnel
Posté le 28-06-2012 à 21:11:02  profilanswer
 

rahsaan a écrit :


 
- Révisionniste comme un gars qui mettrait plus ou moins en cause la Shoah... Ce qui n'est heureusement pas la position d'Onfray en l'occurrence :o


On parle plutôt de négationnisme, non ?

n°30780664
rahsaan
Posté le 28-06-2012 à 21:49:39  profilanswer
 

Négationnisme, c'est nier purement et simplement l'existence des chambres à gaz.  
Révisionnisme, c'est minimiser le nombre de morts.


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n°30791513
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 29-06-2012 à 19:22:09  profilanswer
 

rahsaan a écrit :

Onfray déclenche une nouvelle polémique en s'attaquant cette fois frontalement au judaïsme.  
 
Ça commence le 7 juin par un article d'Onfray qui félicite l'historien Jean Sorel, quand celui-ci montre que le judaïsme n'a pas de dimension universelle. Pire, les Juifs auraient inventé le génocide.  
 
Le 13 juin, Didier Long, essayiste, ancien moine bénédictin, répond point par point à Onfray par une analyse biblique.
 
Le 20 juin, le rabbin Yeshaya Dalsace répond lui aussi à Onfray, sur La règle du jeu, le site de BHL.  
 
Le 26 juin, le grand rabbin Haïm Korsia répond à son tour, dans l'Express, aux accusations portées contre le judaïsme. Eric Mettout, de l'Express, défend Onfray contre l'accusation de révisionnisme.
 
Le 27 juin, attaque contre Onfray sur le site du Crif par Michaël de Saint-Chéron : les accusations portées par le philosophe lui paraissent dérisoires.  
 
Le 28 juin, le Nouvel Obs fait une synthèse de l'affaire : Onfray commettrait des confusions et ferait preuve d'amateurisme. Le même jour, sur Bibliobs, Daniel Salvatore Schiffer prend la défense d'Onfray, notamment pour le disculper de tout antisémitisme.
 
Une fois de plus, Onfray a trouvé le bon angle d'attaque pour lancer une grosse provocation qui tâche :D


 
C'est l'épicurien Onfray qui attaque le monothéisme idéaliste, qui par son dieu unique exclut, implicitement, les autres dieux de l'Olympe et est porteur d'intolérance par le fait même de sa singularité. Le polythéisme avait l'avantage de sa plasticité, même si il ne faut pas oublier que Socrate but la cigüe, pour délit d' impiété.
 


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L'arrière-train sifflera trois fois.
n°30816337
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 02-07-2012 à 19:13:49  profilanswer
 

Etant en train de lire la monumentale (plus de 1000 pages) biographie de Mussolini, par Pierre Milza, ce dernier revient sur l'influence de Georges Sorel (théoricien du syndicalisme révolutionnaire) et de Nietszche dans la formation du fascisme.
Le futur Duce, en novembre-décembre 1908, dans le journal Il Pensiero romagnolo, livra un article sur la Philosophie de la force, chez Nietszche. Il vantait la critique du philosophe allemand envers le conformisme bourgeois et sa morale chrétienne débilitante et mettait au pinacle le "surhomme", qui par sa lutte, pouvait faire des grandes choses. (On a toujours dit que la notion de "ressentiment", stigmatisée par le philosophe allemand, distinguait Nietszche des mouvements fascistes et nazis, qui désignaient un ennemi, mais ça ne m'a pas vraiment paru convaincant !)
Il faut dire que l'Italie du début du siècle dernier est dominé par la figure de Giolitti et de son transformisme, pratique politique du juste milieu associant réformisme mollasson, clientélisme et magouilles électorales. Tout ce que détestait Mussolini, militant de l'aile dure du Parti Socialiste Italien, qui détestait ces réformistes socialistes qui s'accommodent avec des gouvernements bourgeois contre des réformettes. Mussolini était un partisan de la lutte radicale, à mort, sans compromis, contre un gouvernement bourgeois, c'est en cela qu'il s'inspirera de Sorel, qui haïssait cette culture du compromis, débilitante et vantait la violence radicale pour renverser l'ordre bourgeois.
On a ici une conception de la violence comme révolutionnaire en soi, faisant partie intégrante de l'action révolutionnaire, et qui par ses conséquences lointaines, accouchera d'un monde nouveau, dégagé des oripeaux de la démocrassouille judéo-chrétienne débilitante. C'est une thématique très présente chez Lénine, Pol Pot, mais aussi chez Mussolini et Adolf.
On peut relire Réflexions sur la violence de Sorel, ici :
 
http://classiques.uqac.ca/classiqu [...] olence.pdf


Message édité par Tietie006 le 02-07-2012 à 19:43:22

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L'arrière-train sifflera trois fois.
n°30816697
rahsaan
Posté le 02-07-2012 à 19:44:02  profilanswer
 

C'est Walter Benjamin qui dit que le communisme politise la violence, tandis que le fascisme l'esthétise.  
Le fascisme n'est pas vraiment une politique, ni une idéologie, mais plutôt la décomposition de toute politique. Il suffit d'ailleurs de voir le parcours de bien des fascistes, qui sont complètement marginalisés et humiliés socialement, qui ont tout essayé et n'arrivent à peu près à construire leur vie que sur la destruction mortelle portée par le fascisme. La violence comme valeur de négation de toutes les valeurs, dont certains font leur vie.

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Message édité par rahsaan le 02-07-2012 à 19:50:18

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n°30817126
Mine anti-​personnel
Posté le 02-07-2012 à 20:24:01  profilanswer
 

rahsaan a écrit :

C'est Walter Benjamin qui dit que le communisme politise la violence, tandis que le fascisme l'esthétise.


 [:cbrs]  "Le fascisme pratique une esthétisation de la politique. Le communisme lui répond par une politisation de l'art."

n°30817249
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 02-07-2012 à 20:35:03  profilanswer
 

rahsaan a écrit :

C'est Walter Benjamin qui dit que le communisme politise la violence, tandis que le fascisme l'esthétise.  
Le fascisme n'est pas vraiment une politique, ni une idéologie, mais plutôt la décomposition de toute politique. Il suffit d'ailleurs de voir le parcours de bien des fascistes, qui sont complètement marginalisés et humiliés socialement, qui ont tout essayé et n'arrivent à peu près à construire leur vie que sur la destruction mortelle portée par le fascisme. La violence comme valeur de négation de toutes les valeurs, dont certains font leur vie.


 
Hmmm...pourtant dans le fascisme, c'est le politique qui domine le reste, puisque que comme l'affirmait Mussolini, "Tout dans l'Etat, rien que dans l'Etat". Si le marxisme politique veut détruire l'Etat bourgeois, le fascisme vise à une hypertrophie de l'Etat, recouvrant tous les interstices de la société.
Le marxisme a surtout séduit les intellectuels par sa présumée scientificité sur l'évolution des sociétés. Le léninisme a renforcé cette fascination en créant des élus, le membres du Parti, capables d'accéder à une conscience de classe guidant un prolétariat incapable d'y accéder sans la médiation du commissaire politique, prêtre séculier. Lénine redonne donc le pouvoir au scribe, à l'intellectuel, alors que celui-ci avait été dépouillé de son prestige et de son pouvoir par le banquier et le marchand honnis. Le marxisme politique fonctionnait comme une religion terrestre, avec son clergé, ses canons, ses conciles, ses hérésies, ses excommunications, avec son horizon eschatologique, la visée du paradis terrestre, alter égo séculier du céleste.
Le fascisme, lui, n'a pas de matrice "scientifique", (Mein Kampf est un galimatias) c'est une énergie, une exaltation païenne de la violence et de la guerre comme devant produire des hommes forts, éloignés de ce christianisme, religion des faibles, néo-platonisme débilitant, avec ses arrières-mondes fumeux. Pas étonnant que Mussolini et Hitler aient été fascinés par la prose nietszéchéenne.


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L'arrière-train sifflera trois fois.
n°30817585
rahsaan
Posté le 02-07-2012 à 21:01:58  profilanswer
 

Mine anti-personnel a écrit :


 [:cbrs]  "Le fascisme pratique une esthétisation de la politique. Le communisme lui répond par une politisation de l'art."


 
Merci ;)
 
>Tietie006 : c'est justement cette dimension totale de l'Etat, supportée par l'exaltation de la violence, qui est la négation même de la politique.

Message cité 1 fois
Message édité par rahsaan le 02-07-2012 à 21:03:00

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n°30820464
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 02-07-2012 à 23:48:14  profilanswer
 

rahsaan a écrit :


 
Merci ;)
 
>Tietie006 : c'est justement cette dimension totale de l'Etat, supportée par l'exaltation de la violence, qui est la négation même de la politique.


 
Tout dépend de  la définition qu'on donne du politique. Car on pourrait aussi dire du léninisme/stalinisme qu'il est aussi une négation du politique, au vue de l'hypertrophie de l'état lénino-stalinien, qui fut bien plus obèse que l'état fasciste.


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n°30820549
rahsaan
Posté le 02-07-2012 à 23:52:13  profilanswer
 

Pour revenir à Sorel et Nietzsche... Sur Sorel, je ne saurais pas répondre, mais pour Nietzsche, il est faux de croire que ce dernier faisait l'apologie de la violence, ou même de la force. Le monde de la volonté de puissance n'est justement pas le monde des rapports de force. Ceux qui comme Mussolini le croient se démasquent eux-mêmes comme "esclaves", au sens nietzschéen du terme.


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n°30821466
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 03-07-2012 à 04:59:08  profilanswer
 

rahsaan a écrit :

Pour revenir à Sorel et Nietzsche... Sur Sorel, je ne saurais pas répondre, mais pour Nietzsche, il est faux de croire que ce dernier faisait l'apologie de la violence, ou même de la force. Le monde de la volonté de puissance n'est justement pas le monde des rapports de force. Ceux qui comme Mussolini le croient se démasquent eux-mêmes comme "esclaves", au sens nietzschéen du terme.


 
Je ne suis pas un spécialiste de Nietszche, mais il me semble que sa prose aphorique peut donner lieu à des exégèses fort différentes. En tout cas, Mussolini a retenu la critique, féroce, des valeurs chrétiennes, la notion du surhomme, la dialectique du maître et de l'esclave. D'ailleurs un Pareto a repompé sa théorie des élites sur cette dernière dialectique.
Il y a une certaine fascination pour le héros hellénique, chez Nietszche, et Sorel, dans sa Réflexion sur la violence y fait référence:
 
"Les jugements de valeurs de l'aristocratie guerrière sont fondés sur une puissante constitution corporelle, une santé florissante, sans oublier ce qui est nécessaire
à l'entretien de cette vigueur débordante : la guerre l'aventure, la chasse, la danse, les jeux et exercices physiques et en général tout ce qui implique une activité robuste, libre et joyeuse
". (in Généalogie de la morale).
 
 ...et on pourrait remplacer l'expression "de l'aristocratie guerrière" par "du fasciste", que ça passerait comme une lettre à la poste.


Message édité par Tietie006 le 04-07-2012 à 15:39:47

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L'arrière-train sifflera trois fois.
n°30839949
Tietie006
Dieu ne joue pas aux dés.
Posté le 04-07-2012 à 16:26:19  profilanswer
 

Une petite synthèse de Réflexions sur la violence, de Georges Sorel, paru en 1908 :
 
Sorel se présente comme un marxiste "orthodoxe", qui croit donc à la lutte des classes comme moteur de l'histoire. Mais à cette nécessité historique qui devrait, implacablement, se traduire par une concurrence effrénée entre capitalistes, à une paupérisation de la classe ouvrière, générant une polarisation sociale débouchant sur une révolution prolétarienne renversant l'ordre bourgeois, Sorel constate ce que Marx n'avait pas imaginé, c'est que bourgeois et prolétaires vont s'entendre sur un programme minimum, adoucissant la main de fer du capitaliste sur le prolétariat, ce dernier trouvant des gratifications dans cette économie bourgeoise, neutralisant l'idée lutte des classes.
On a donc un un Sorel qui se livre à une attaque en règle du réformisme socialiste, et de Jaurès, en particulier, accusé d'endormir la classe ouvrière pour passer des compromis avec l'état bourgeois (lois sociales) mais aussi à une attaque en règle de la bourgeoisie capitaliste, qui ne joue plus son rôle historique de "maîtres" impitoyables, emmenant la société capitaliste à son zénith, et provoquant, nécessairement, la phase socialiste. Pour Sorel, cette dernière ne vient pas car le bourgeois s'est rallié aux thèses des Lumières, acceptant une morale, très judéo-chrétienne, de la tempérance sociale, d'un meilleur partage et votant des lois sociales sous la pression des réformistes. Il met d'ailleurs dans le même sac l'Eglise catholique qui s'adapte aux temps républicains, avec Léon XIII qui permet le ralliement de ses ouailles à la République.
Bref, Sorel stigmatise surtout cette bourgeoisie qui s'est civilisée et ralliée aux humanités délétères promues par les réformistes socialistes, empêchant toute révolution prolétarienne. Cette bourgeoisie est bien éloignée de ses maîtres hellènes, que Nietszche voyaient en fiers guerriers qui ne rêvaient que d'exploits militaires.  
Bref, il stigmatise l'idéologie du juste milieu, du compromis, du gradualisme, il abhorre ce pacifisme obsessionnel, qui ramollit les ouvriers, en les faisant goûter aux charmes de la société républicaine et plus tard au consumérisme.
 
 
Sorel fait, en contrepartie, l'apologie de la grève générale, instrument de la lutte des classes qui polarise les forces sociales et monte  le prolétaire contre son ennemi de bourgeois, loin des tractations secrètes dans ses Assemblées honnies, où des réformistes trahissent les prolétaires pour un plat de lentilles. Il parle aussi de l'importance du mythe de la grève générale, comme ressort secret des soulèvements. Mythe à entretenir, à alimenter, contre les forces du réformisme qui fait tout pour neutraliser l'idée de violence prolétarienne.  
Il réhabilite la violence comme moyen de lutte des classes, tant honnie par des réformistes et des bourgeois qui en ont peur et qui la rende immorale. Or, comme le précise Sorel, la vendetta corse ou kabyle, ne rendait pas ces peuples moins immoraux que ces contemporains ...moins violents, mais plus retors, rusés, pervers.
 
Bref, en résumé :
- mépris de la morale bourgeoise judéo-chrétienne et des Lumières qui font des hommes des moutons. Il stigmatise d'ailleurs le laxisme et la faiblesse de la société bourgeoise dans la répression sociale.
- mépris du parlementarisme.
- mépris des socialistes réformistes.
- mépris de cette bourgeoisie faible qui par peur de la violence populaire, fait des compromis sociaux. Cette condamnation de la violence lui paraît judéo-chrétienne mais a surtout été renforcé par les Lumières, avec leur raison raisonnante, qu'il exècre.
- mépris du compromis, du juste milieu, de l'accord.
- défense de la grève générale comme moteur de la lutte des classe.
- défense de la violence comme nécessaire pour renverser l'ordre établi, mais aussi comme moyen de polarisation de la société et comme moyen de régler des conflits.
- défense du mythe comme mobilisateur des énergies prolétariennes pour aller vers la confrontation avec la bourgeoisie. Une révolution, c'est une révolte guidée par un mythe, autrement, ça restera au stade de la révolte.
-


Message édité par Tietie006 le 04-07-2012 à 18:11:46

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L'arrière-train sifflera trois fois.
n°31081667
Profil sup​primé
Posté le 26-07-2012 à 23:46:37  answer
 

Hello,
 
Je ne sais pas si cette vidéo a déjà été posté.
Je trouve son analyse philo vachement bien foutue (voir la deuxième vidéo de 15min) :
 
http://www.eteignezvotreordinateur [...] ali-video/

mood
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