Bon, puisque tout le monde parle de la marque Akai, et pour faire ronchonner Ramu (qui n'aime par Marantz mais qui en a, c'est pareil pour moi avec Akai) voici une chtite présentation...
Le Tuner Akai PS-200T
Présentation succincte de la gamme
Au tout début des années 1980, après une vingtaine d'années dans la production réussie de magnétophones à bandes et d'appareils orientés "mid-fi", Akai a proposé sur le marché sa série PS (pour PreStige) d'électronique à destination des amateurs de Hifi haut de gamme. A ma connaissance cette sérié était composée de quatre éléments :
* un préamplificateur PS-200C,
* un amplificatuer PS-120M donné pour 130w (information de Pascal L.)
* un amplificateur PS-200M donnés 200w
* le tuner Akai PS-200T, objet de notre attention !
Cette gamme était disponible en finition noire ou argent, et la faible diffusion couplée à la courte vie de commercialisation (avec un prix relativement élevé) aura généré une certaine rareté des éléments sur le marché de l'occasion.
Conçus dans un esprit haut de gamme, les appareils de la série PS étaient réalisés avec des composants discrets, sans circuits intégrés sur le trajet sonore des les amplificateurs et le préamplificateur. Quelques commentaires techniques se rejoignent pour dire qu'Akai tombait dans le même travers que Sony puisque le travail sur les appareils a consisté à reconstruire le schéma des CI avec des composants discrets, cela expliquant la multiplication des semi-conducteurs dans les appareils !
Quoi qu'il en soit le tuner utilise quantité de circuits intégrés pour proposer la mémorisation des 15 stations AM ou FM, véritable tour de force à l'époque, ainsi que la gestion des touches et les différents mode de parcours de la FM.
Impossible de retrouver précisemment le prix des appareils de l'époque. Pascal L. indique "7000 frs pour l'ensemble (Ampli 120-M+préampli)(mais je n'ai pas le détail) acheté en 1981 à Paris." Cela correspond à environ 2400€ en 2009 (en tenant compte de l'inflation).
Pascal indique aussi :
Cet ensemble ( 200-M+200-C) a été également élu "élu du mois" ds le magazine HIFI conseils N°31 d'Octobre 1979. Ensemble également testé dans la revue HIFI-Vidéo Magazine N°78 :
On y retrouve des prix :
* PS-200C : 3790 Francs (environ 1500€ actualisés)
* PS-200M : 8150 Francs (environ 3200€ actualisés)
Présentation du tuner
Le bouton marche-arrêt de mon exemplaire est cassé, hélas. A sa droite, l'afficheur des stations est très imposant et lisible, même pour un myope installé à plusieurs mètres de distance, c'est véritablement confortable et c'est MAGNIFIQUE !
A gauche cinq grosses leds rouges affichent la qualité de réception du signal, puis en dessous de ces leds trois autres informent du multipath, du vérouillage sur la station et du décodage stéréo.
Les commandes du tuner, à part le bouton marche-arrêt, sont toutes accessibles par le biais de "boutons sensitifs" composés de deux parties métalliques conductrices : le contact du doigt de l'utilisateur permet de détecter une variation de capacité. Très amusant à l'époque, mais sur mon modèle certaines touchent fonctionnent plus ou moins bien : habitué au vieux Marantz, Pioneer et autres Sansui et Revox, je dois admettre que j'apprécie une molette rotative avec l'inertie et le toucher ainsi que les contacteurs classiques, faciles à nettoyer.
Chez moi les boutons Wide / Narrow sont d'une grande utilité : la réception de France Musique est meilleure en Narrow, alors que France Inter préfère le mode Wide !
Le parcours de la bande FM s'effectue selon plusieurs modes, et après un petit temps d'apprentissage l'on parvient à apprécier le système. Quoiqu'il en soit, après avoir fait joujou pour le plaisir de manipuler, l'on finira par utiliser les stations pré-réglées : la bande FM est parsemée de stations inécoutables. Sans discuter du contenu, en restant sur la forme, force est de constater que le son est horriblement trafiqué. Ces stations sont destinées à l'auto-radio et parfaitement vomitives sur une installation hifi correcte. Tant sur le fond que sur la forme, je ne parviens pas à être auditeur : Près du Palais des Papes, seules trois ou quatre stations méritent l'attention : comment remplir la banque de 15 stations préréglées ? (Rhaaa, ça fait du bien)
Le dos de l'appareil est plutôt fourni et l'on retrouve enfin quelques bons vieux potentiomètres rotatifs : certains tuners n'ont pas le même nombre de commandes en face avant que ce que propose le PS200T derrière !
Pourtant, en matière de prise d'antenne, on reste sur sa faim : une prise AM et une seule prise FM en coaxial ! Certes, chaque prise d'antenne est associée à un contacteur Distant ou Local, mais dites, Monsieur Akai, vous vouliez faire du haut de gamme, alors pourquoi mégoter pour une prise FM supplémentaire ?
En ce qui concerne la partie "Output" du tuner, on trouve pléthore de gadgets : un bouton de seuil de muting, deux potentiomètres de niveau de sortie, et deux paires de cinches, une pour le niveau variable, une pour le niveau de sortie fixe.
Sur la photo ci-dessus on apperçoit une trappe masque le compartiment piles qui permet de maintenir la mémoire des stations : lors d'un achat d'occasion il est impératif de vérifier que les piles ne sont pas en train de couler et répandre dans le tuner des liquides corrosifs ! Ci dessous une photo de l'appareil avec sa trappe ouverte :
Dans la peau de John Malkovitch
La photo de l'intérieur est peu banale car on sera surpris par la taille de cette grande carte en haut à gauche destinée à la gestion des mémoires, sur laquelle sont présents 20 circuits intégrés ! En bas à droite, la tête HF est blindée et positionné à l'opposé des circuits numériques et du transformateur.
Les composants discrets, cela se voit et cela tient de place ! Le tuner est d'une hauteur de 9cm, ligne basse donc, d'une largeur standard de 44cm et d'une longueur assez rare de 44cm : le poids est vraiment imposant pour un tuner, et l'on a affaire à un joli pavé ! L'appareil, une fois le capot enlevé, est "plein comme un oeuf", il faut dire que la gestion des mémoires à l'époque avait recours à de nombreux circuits ! Le boitier est partagé en quatre parties pour permettre l'isolation de chaque sous ensemble.
En haut a gauche, on trouve la carte processeur avec les mémoires et les interfaces vers l'afficheur et les boutons de la face avant. Le micro-contrôleur est un modèle avec prom masqué (fabriqué spécialement pour Akai avec son logiciel).
la carte IF est remarquable, si elle utilise le même chipset de circuits intégré, leur mise en oeuvre avec un grand nombre de transistors est l'indication d'un schéma sophistiqué. La réalisation fait appel a des condensateurs de qualité, les filtres 10,7 Mhz que l'on aura pas besoin de changer, l'appareil permet déja la sélection "narrow" ou "wide". Pas de "cage" mais des varicaps pour piloter tous les filtres de sélection des stations. Le tuner est lui aussi équipe de ces varicaps. Mais alors combien de cages ce tuner a-t-il ? Le nombre de cages est un raccourci pour connaitre "la complexité des étages accordés". Il faudrait disposer des schéma pour répondre à cette question.
Le tuner (boitier métallique en bas à droite) est repoussé dans un coin et inspire confiance.
L'alimentation linéaire est banale mais bien réalisé , les transistors sont monté avec des radiateurs gage de durabilité, les transistors en général souffrent de la chaleur.
En guise de conclusion, je dirait c'est une électronique qui mérite la publicité.
Il faut se replacer dans le contexte de l'époque pour comprendre que ce tuner propose des spécificités hors normes chez les constructeurs Japonais : la mémorisation des 15 stations, les touches "digitales", son interface particulière et opérationnelle ; autant de points qui sortaient de l'ordinaire et marquaient la différence. Et d'un point de vue des mesures, à sa sortie le PS-200T propose des résultat excellents.
Ecoute
Le PS-200T a fonctionné sur la chaîne du bureau pendant quelques semaines, avant d'intégrer la pièce d'écoute pour être associé aux éléments habituels : préamplificateur Audio Research SP14, différents amplis à tubes et transistors, et les enceintes Wilson Audio. Les amplificateurs "numériques" n'ont pas pu être utilisés à cause des perturbations générées sur la réception du tuner, et les différents lecteurs de CD et convertisseurs ont du être arrêtés : il ne s'agit pas d'un dysfonctionnement propre au PS-200T, j'impute cela sur le fait que les appareils de l'époque ne se marient pas forcément avec les rayonnements des appareils modernes, comme il est aisé de le constater sur la plupart des tuners vintages essayés.
Lors de l'installation dans la pièce d'écoute, les premières secondes ont été "surprenantes" : mauvaises restitution, des chuintantes horribles sur la voix d'Arièle Butaux. Il a fallu rechercher un moment la meilleure position de l'antenne. Contrairement aux autres tuners à ma disposition, le PS-200T dispose d'une seule entrée antenne dans le format coaxial (impossible de faire des essais avec deux antennes !) et la qualité de restitution est vraiment tributaire d'un niveau de réception correct. En plus de la bonne position de l'antenne, les différents réglages de largeur de bande - Wide / Narrow - permettent de trouver la meilleure réception pour la station sélectionnée et la différence est énorme.
De part sa présentation et son positionnement, le PS-200T promet une écoute de haut niveau. Toutefois il faut convenir (je me répète) que la question de l'antenne est cruciale, certainement davantage que nombre d'autres tuners en ma possession. Et la question de l'antenne est à compléter par les réglages de réception sur le tuner ! Voila de quoi s'occuper quelques minutes !
Passé le stress des réglages, l'écoute s'est déroulée - quelle chance - sur un excellent programme en direct de France Musique : "Un mardi idéal" présenté par Arièle Butaux en direct du studio 105. Ce soir là, formation de Jazz au programme (en avant pour un copier-coller) : "Babx"n une formation composée ainsi : piano et guitare acoustique / Gregory Dargent, guitare électrique banjo, teremine / Antoine Mongaudon, guitare électrique, guitare acoustique / Sebastien Gastine, basse et contre basse / Frederic Jean, batterie et Percussion.
Sur ce programme le volume du studio était rendu en trois dimensions et la restitution regorgeait de vie et de détails. L'écoute donnait un sentiment de proximité avec l'événement que seule la (bonne) radio peut proposer : en fermant les yeux on pouvait se croire transporté au studio Charles Trenet, assis à proximité des musiciens. Le léger souffle (seulement trois diodes sur cinq allumées sur l'indicateur de réception) perceptible avec l'oreille près des tweeters avait disparu à quatre mètres des enceintes. La restitution de qualité donnait un sentiment de satisfaction avec l'impression d'écouter un bon tuner, sans comparaison avec l'écoute initiale sur la chaîne du bureau !
Le programme suivant de Radio France proposait une formation classique interprétant de la musique contemporaine enregistrée sur CD. Encore une fois, le tuner s'est révélé conforme aux attentes en proposant un bel étagement en profondeur des différents pupitres, et ce qu'il faut de distinction pour faire partie de la "race" des bons tuners.
Aujourd'hui
Pour le collectionneur voulant compléter sa série Akai PS la vie n'est pas facile. Si l'on trouve encore quelques modèles d'amplificateurs et préamplificateurs, le tuner quand à lui est une pièce extrêmement rare. Le collectionneur fortuné pourra néanmoins acquérir l'ensemble (avec le 200M) pour la bagatelle de 2400€ sur ce site :
http://www.vintage-audio.com.ua/en/cat/467/2558.html
Quelques liens
Sur TVC : numérisation de la NRDS, Photos de Pascal L.
The Vintage Knob
Merci à Pascal L. pour son aide dans la rédaction de cet article... Et bien entendu merci à Rémi pour son aide, ses conseils et son soutien.
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https://sites.google.com/view/audiofolie