Hé-hop, un petit up, un peu de lecture.
Magnepan MG1C
Magnepan, l’entreprise
L’entreprise étasunienne (pour ne pas dire américaine, vous savez, ce petit détail insupportable, “I am american”, confondre un continent avec un pays), je disais donc que l’entreprise étasunienne Magnepan existe depuis environ une quarantaine d’années. Mais une fois n’est pas coutume, l’histoire ne commence pas au moment de la création de l’entreprise. En effet, juste après son mariage, à la fin des années soixante, Jim Winey vint s’établir à Mineapolis et commença à travailler pour 3M.
Jim allait souvent traîner dans un magasin tenu par Bill. Bill vendait et réparait des télévisions mais il avait aussi du matériel pour écouter de la musique et même des panneaux électrostatiques ! Pour les lecteurs les plus attentifs, le Bill de Mineapolis est bien celui qui va remettre le tube de puissance dans les amplificateurs, Bill Johnson, le célèbre fondateur de la marque Audio Research.
Infecté par le virus de l’audio depuis ses années estudiantines, Jim, impressionné par les panneaux entendu chez Bill, commença a essayer de fabriquer quelque chose : il avait une vision de ce qu’il voulait fabriquer, un large panneau, mais la vision peinait à se concrétiser. Jim essaya plusieurs procédés, jusqu’à ce qu’un jour “fatidique”, contemplant longuement le plafond puis le carrelage lors d’une profonde séance de réflexion, il eut “la révélation”. Il se précipita chez lui, réalisa ce qu’il venait de “voir”, connecta la chose à son amplificateur et... Cela marchait !
Son idée venait de se concrétiser, mais Jim travaillait en tant d'ingénieur pour 3M, une entreprise de haute technologie, et son contrat contenait des clauses de protection de la propriété intellectuelle. Bien qu’à l’époque 3M pouvait envisager de développer l’idée de Jim, l’entreprise laissa faire Jim lorsqu’il décida de la quitter et de s’établir à son compte pour développer son idée.
C’est donc en 1969 que Jim Winey déposa un brevet et créa l’entreprise Magnepan, à Mineapolis. S’ensuivirent deux années difficiles durant lesquelles Jim travailla à transformer son idée initiale en produit commercialisable, en ayant perdu son salaire d’ingénieur 3M et sans rentrée d’argent. C’est à ce moment là que la chance vint à lui sourire : Jim avait un prototype proche d’une version finale et l’amena au magasin de Bill. Monsieur Johnson en fut impressionné et signa un accord d’exclusivité de cinq ans pour la distribution des premiers modèles de Magnepan : la série Tympani. Durant l’année suivante, Jim mis au point un autre système, le panneau MGII, que Magnepan distribua avec son propre réseau de revendeurs. Très rapidement l’entreprise fut très rentable et assura des revenus confortables à son fondateur “a couple of million dollar”...
Aujourd’hui l’entreprise emploie une quarantaine de personnes et distribue des panneaux dont le prix s’échelonne de 500$ environ pour le premier modèle, jusqu’à plus de 10000$ pour le sommet de la gamme.
Le contexte
En France dans les années quatre vingt c’est Europe Audio Diffusion qui distribuait les panneaux Magnepan ainsi d’ailleurs que les électroniques Audio Research. Lien de cause à effet, les Magnepan étaient souvent en démonstration dans les magasin associés aux électroniques à tubes. Pourtant, du moins en France, la réception par la presse fût assez mitigée. Il faut dire que sur ce marché la concurrence était rude. On pouvait trouver les fameux radiateurs - heu, pardon, panneaux - de la marque Quad, très réputés et bien installés sur le marché, ainsi que des produits au look plus moderne - splendides à vrai dire - tels que ceux proposés par la marque AudioStatic, avec de superbes finitions façon “laque de piano” et des résultats sonores convaincants. Evoquons aussi Martin Logan dont Eric J nous indique que “Le produit phare de Logan était la CLS, d'une esthétique exceptionnelle et jamais égalée à mon gout, n'utilisait pas de caisson de grave. C'est sa petite sœur, plus étroite de hanches, ou leur haut de gamme qui utilisaient un caisson de grave”. Et pour finir effleurons la courte histoire d“Apogee”. Cette entreprise commercialisa ce que beaucoup d’amateurs de panneaux considèrent comme les meilleurs produits. Hélas pour Apogee, le brevet sur les rubans appartenait à Jim Winey et la marque Apogee n’avait pas le droit d’exploiter cette technologie, ce qui causa sa disparition...
Le Magnepan MG1C
Le MC1C a a été vendu durant les années 1986 à 1988. Dans le pays de l’oncle Sam, le tarif était raisonnable puisque positionné à 900$ la paire. Rendu en France, la parie de Magnepan MG1C passait à 13000 F la paire, ce qui correspond à un facteur deux. En actualisant le tarif français on tombe à environ 3200€ actualisés 2010. Dans la gamme, au moment de sa sortie, le MG-1C était le second modèle en partant du bas, une mise à jour du 1B qui pourtant conserve la faveur des connaisseurs. En 1986 la gamme était composé des références suivantes : SMGA, MG 1C, MG 2C, MG 3A, T IV A. Le modèle objet du présent article a été chroniqué dans le n°102 de la Nouvelle Revue Du Son de novembre 1986, avec un enthousiasme très modéré de l’auditeur A et davantage d’entrain de la part de l’auditeur B.
Autant le Quad ressemble à un petit radiateur électrique, autant les Maggies ressemblent à de petits paravents. Le terme panneau est généralement retenu, ce que les dimensions de l’engin ne démentirons pas : 1.54m de hauteur sur une largeur de 55cm. L’épaisseur du panneau est de 5cm, le tout pesant 17kg.
Le cadre en bois porteur de la cellule isodynamique a été rigidifié au fil des années pour éviter les petites vibrations parasites. Néanmoins, les panneaux sont en équilibres sur deux tiges en L de quelques centimètres situés derrière le panneau et la hauteur du tout fait une sorte de bras de levier. Une pichenette d’un doigt au sommet du Magnepan le fait osciller sur sa base durant plusieurs secondes.
On remarque la fixation sommaire du pied, pas très loin des entrées du filtre (et il faut prier pour enlever le fusible) :
Quand on connaît l’importance d’une référence mécanique stable pour une bonne focalisation de la reproduction des instruments, cela semble curieux. Certains utilisateurs se contentent de sacs de sable posés sur les pieds, ce qui n’est pas du goût de tout le monde ! D’autre personnes fixent une tige sur chaque côté, vers le haut, et qui redescend pour se fixer sur le pied et fermer un triangle.
Le MC-1C est un système “Full Range”, en d’autres termes il est inutile de recourir à l’assistance d’un caisson de basses. Il existait aussi des modèles qui coupaient à 80Hz et pour lesquels le constructeur recommandait l’ajout d’un caisson de basse. Notre panneau est composé d’un diaphragme commun aux deux voies : basse et médium aigu.
Le filtre est on ne peut plus simple ! Comme l’indique le schéma ci-dessous on trouve une self et un condensateur :
D’ailleurs, plus de 25 ans après la construction, il est peut être utile de changer le condensateur du filtre.
Les connexions, situées à l’arrière du panneau permettent la multi-amplification :
Maintenant voici les informations qui fâchent ! Ce type de panneaux n’est en général pas le meilleur ami des électroniques et le Magnepan qui nous intéresse ne déroge pas à la règle. Le rendement est vraiment très faible avec un “score” de 85dB pour 1W et une impédance avouée de 5 ohms. Le constructeur recommandait un amplificateur d’au moins 50w, et indique que le panneau peut être utilisé avec des amplificateurs jusqu’à 200W. Le filtre permet aussi la bi-amplification et Magnepan commercialisait et recommandait un boîtier “filtre passif” X-01. La bande passante revendiquée est de 45Hz à 18000Hz à +/-3dB.
Exploiter le MG-1C ?
Le propriétaire des MG 1C les a gentiment proposés pour quelques jours de prêts à votre serviteur, de telle sorte que l’on puisse publier un article sur votre site de vintageries. Mais durant le chargement du carton dans la voiture, JF a tenu à prendre quelques précautions liminaires : “l’écoute “date” un peu, la bande passante des produits modernes est beaucoup plus étendue, le rendement n’est pas très élevé, il faut les éloigner au moins d’un mètre du mur du fond...”.
Effectivement la littérature sur le sujet désigne comme point névralgique classique des panneaux la question du positionnement. Les panneaux fonctionnent en doublet, c’est à dire émettent du son devant et derrière, ou pour le dire plus savamment “leur diagramme polaire de directivité prend en général une forme de 8”, le panneau lui même étant situé à l’intersection des deux cercles. C’est pour cela que les panneaux ont été positionnés à plus d’un mètre de distance du mur arrière.
Les Magnepans dans la bartcave :
Deux configurations auront été testées : dans un cas un éloignement des panneaux l’un de l’autre d’environ 3.5m, en les pinçant vers la zone d’écoute (chaque panneau se trouvant devant une porte ouverte, leur permettant de rayonner dans la pièce adjacente) et dans l’autre cas une distance d’environ 2.5m en les laissant perpendiculaires à la zone d’écoute. Ce qui est curieux, c’est que lorsque l’on s’approche d’un panneau, contrairement à une enceinte doté de haut parleurs qui sont une source ponctuelle, hé bien on a l’impression que le son ne provient pas du panneau !
Dans les deux cas, il faut se positionner au point d’écoute pour profiter correctement des panneaux. Sinon, la restitution semble bizarre et l’on a l’impression de n’entendre que du médium. Les meilleurs résultats d’écoute ont été obtenus avec les panneaux éloignés de 3.5m l’un de l’autre, la différence est assez significative.
Dans son n° 102 la NRDS indique avoir réalisé des mesures à 90dB de rendement pour le MG 1C. En fonction de la documentation du constructeur, de la littérature sur internet et des essais pratiques, cela semble assez difficile à croire. La documentation du constructeur annonce 85dB pour 1W à 1 mètre, ce qui semble conforme.
A la vue des chiffres annoncés et des précautions liminaires, votre serviteur a commis une petite erreur initiale. En effet, les panneaux ont d’abord été alimentés par un imposant amplificateur à transistors de 2x150W, appareil qui ne tire pas exactement dans la catégorie des “fillettes anorexiques” : sur des enceintes “classiques” il offre une proposition sonore très charpentée, le genre musclé qu’il vaut mieux ne pas trop chatouiller. Pourtant, la puissance “ressentie” s’est avérée tout juste suffisante pour obtenir un niveau sonore correct ! Dans cette configuration les Maggies offraient une proposition sonore avec quelques qualités, mais aussi beaucoup de défauts : bande passante étriquée aux deux extrémités, balance tonale mettant le bas médium en avant et produisant des sonorités de “canard” sur les voix d’hommes, ainsi qu’un dramatique manque de dynamique. Ce manque de niveau et de dynamique laissaient présager le pire en passant des 150 Watts à transistors aux 60 Watts à tubes. Cette première écoute guère engageante correspondait finalement au manque d’enthousiasme lu dans la NRDS de la part de l’auditeur “A”.
Après quelques questionnements et un peu par dépit, c’est donc le push pull de 6550 qui a été installé, “juste pour voir”. L’amplificateur a été posé sur une mauvaise table Ikea boiteuse en espérant la voir ne pas se décomposer sous le poids des transformateurs de sortie. Avec cet amplificateur, ce fut comme une révélation. Les 5ohms (peut être moins) des panneaux n’étaient pas du tout du goût des transistors, alors que les prises “4ohms” au cul des transformateurs de sortie du “tubes” n’attendaient que ça ! Dans cette logique de puissance ressentie, si le “transistors” fait 150W, alors le “tube” en propose 500 ! Blague à part, les tubes isolés par les transformateurs se fichent de l’impédance des Maggies et l’on retrouve un fonctionnement “normal”, une dynamique et un rendement correct. Puisque les tubes avaient l’air de convenir, un “petit” Cochet AL2 a été connecté aux panneaux, mais les 30 Watts délivrés par le Push Pull des EL34 ne sont pas toujours suffisants, quoique bien agréables à niveau sonore modéré.
La maison ne reculant devant aucun sacrifice, quelques autres solutions ont été essayées. Après être passé des transistors classiques aux tubes vintages, ce sont des blocs monos modernes qui ont été connectés, des blocs monos dont l’avantage est d’être insensibles à l’impédance, proposant 100W de 2 à 8 ohms... Sur 2ohms, allez savoir, mais sur les 5 avoués pour les Magnepan, c’est à peu près certain. Ces blocs se sont avérés très à l’aise pour alimenter les panneaux, avec une puissance ressentie largement suffisante et un registre grave dynamique à souhait, mais un peu moins à l’aise dans la qualité des timbres et les registres médium-aigus : l’audio ne serait-elle qu’une histoire de compromis plus ou moins acceptables ? Petite parenthèse, le rayonnement RF de cette grr&°+*/ d’amplificateur me semble rédhibitoire : impossible de profiter des tuners analogiques situés dans les pièces voisines...
Les dernières écoutes ont été réalisées avec le Marantz 170DC dont la remise en selle a été détaillée dans cet article. Même si la puissance est moins importante que les blocs, la veille classe AB a encore de beaux restes et s’est montrée plutôt agréable.
Vous l’aurez compris, l’arrivée des Magnepans dans le salon aura été l’occasion d’essayer de nombreuses solutions d’amplification et le résultat est très variable selon les électroniques. Si vous aimez les NuForce alors ce genre d’impédance semble ne pas les gêner le moins du monde. Si vous avez une petite électronique à tubes musicale mais à la puissance contenue, passez votre chemin, et si vous avez un vieux Marantz de 80 Watts, vous pouvez essayer. Et pour finir, avec des tubes et des Watts, cela devrait aller !
Écoute
Mes impressions d’écoute sont donc celles provenant des séances avec les 60W du double push pull de 6550, après avoir essayé plusieurs formules. Que dire ? Et bien autant commencer pas la fin, c’est à dire les conclusions d’écoute. La restitution est splendide avec des défauts plus que largement compensés par des qualités différentes de ce que l’on peut entendre des enceintes traditionnelles. La restitution d’une scène sonore particulière, mais saisissante, des timbres (sans coloration de boite) extraordinaires et une douceur générale extrêmement agréable.
Revenons à un plan de compte rendu d’écoute plus classique en essayant de détailler. En avant pour la bande passante ! Il est bien connu que la plupart des enceintes sont capables de restituer “la sirène du Titanic en train de couler”. Enfin, peut être celles qui coûtent plusieurs dizaines de millier d’euros, et personnellement je n’ai jamais pu comparer le réel avec sa retranscription. Dans les enceintes classiques et de prix raisonnable, en général une petite restriction dans le grave est plus agréable à l’écoute qu’un grave baveux et mal maîtrisé.
Alors oui, le MG 1C ne passe pas la “sirène du Titanic” dans toute son ampleur. Mais d’un autre côté, la plus grosse corde de la contrebasse est retranscrite, ce qui, vous en conviendrez, correspond à l’utilisation prévue initialement. Le niveau de grave obtenu est tout à fait respectable (Patricia Barber, Diana Krall, Kari Bremnes...) et comme la plupart des enceintes, l’extrême grave n’est quasiment pas reproduit (<50Hz), ce qui doit représenter un disque sur cent et encore, sur trois mesures. Pour les oeuvres de Bach composées pour l’orgue, le mieux est de se rendre sur place. Dans le grave, le panneau ne fait ni mieux ni moins bien que les autres. Ou plutôt si, le Maggie fait mieux ! En effet, le grave produit est dispensé de colorations de caisse (il n’y en a pas, la cellule est encadrée mais pas coffrée) et le grave comme dégraissé, sec et dynamique, avec de l’ampleur, de la présence et de l’entrain ! A noter que le petit Cochet, un peu physiologique, s’associe très bien aux panneaux en renforçant légèrement le bas du spectre.
Dans le haut du spectre, les cymbales passent avec aisance, et je l’accorde, on trouve une atténuation en pente douce au delà de 15KHz. Cependant, le registre aigu est très détaillé avec beaucoup d’informations et sans jamais être agressif ou projeté, tout au contraire les timbres sont restitués avec une grande douceur.
Dans la zone de fréquences ou l’oreille est la plus sensible, les Maggies font merveille lorsqu’ils sont associés aux amplificateurs à tubes. Les voix féminines sont superbes. Sur des instruments anciens, par exemple sur le disque “La Folia de La Spagna - Paniagua” l’écoute est splendide et propose une vérité de timbres difficile à atteindre avec des enceintes classiques. Avec ces panneaux, la musique classique est un grand bonheur, surtout sur les petites formations. Par exemple les concertos brandebourgeois sous la direction d’Hogwood sont un petit bonheur de plaisir... Les cordes, le clavecin, les timbres sont vraiment superbes !
Les panneaux passent pour difficile à positionner... En fait, quelques minutes suffisent (à condition d’avoir de la place) : ils sont légers (17kg) et il n’est pas difficile de les déplacer. En respectant quelques règles de bon sens on trouve la bonne place. Et puis l’avantage du panneau, c’est que personne ne peut poser de vase dessus puis arroser les fleurs : ce n’est pas grave si ça déborde un peu, hein, tu ne vas pas me faire une crise pour un peu d’eau ?
Après quelques essais de placement, la scène sonore est restituée d’une manière très différente de ce que l’on ressent avec des enceintes classiques. Les (rares) bonnes enceintes proposent une restitution en largeur et en profondeur que l’on qualifie de “3D”. Dans les cas des MG 1C, la scène sonore n’est pas tridimensionnelle, mais (sur le système et dans la pièce) comme représentée en deux dimensions à plat, comme si l’on avait chaque piste de la prise de son présentée côte à côte. Chaque “piste” est très précise, par contre la critique “un chanteur avec une bouche de deux mètres de haut” trouve son sens : cela ne conviendra pas à tout le monde, ce n’est effectivement pas une proposition sonore de type “monitoring”. Pour Mais aussi, certains instruments semblent positionnés sur la même piste, en variant dans la hauteur. C’est une proposition sonore surprenante, mais de ce fait, la lisibilité des messages complexes devient aussi facile qu’une blague Carambar. Sur le disque Amarok de Mike Oldfield qui contient de quoi largement agresser un auditeur lambda, le message pouvant être un peu brouillon sur un système classique, devient clairement lisible avec les panneaux.
On va commencer par prendre l’apéro, non ?
Globalement, pour moi le bilan des MG1C est très positif. Au niveau des critiques, on pourrait chipoter légèrement sur le niveau de détail, déjà assez bon, mais... Bien entendu les deux extrémités du spectre pourraient être améliorées, mais si je devais choisir, je voterai pour une extension dans le haut, avec un peu plus d’énergie, tout en conservant la douceur de restitution !
Petite remarque concernant l’aspect : le panneau est recouvert d’une sorte de tissu qui ressemble beaucoup aux moquettes murales de la fin des années soixante-dix. Les amis du charme surrané n’y trouveront rien à redire, pour ma part, si j’étais l’heureux propriétaire des panneaux, je pense que je passerai à une chaussette de tissus acoustique de couleur noire.
Le dos d’un panneau
Aujourd’hui
Aux USA le tarif des Maggies d’occasion est plus faible qu’en France. Dans notre hexagone de temps en temps on en trouve autour de 300 / 500€, des modèles à deux ou des trois voies, mais il faut vérifier qu’ils fonctionnent correctement : il ne s’agit pas de HP dont on pourra changer les suspensions ! En effet de temps en temps la grille se décolle - les panneaux craignent le soleil - et une voie ne fonctionne plus. Dans ce cas, une réparation est possible, le “Magnepan User Group” explique comment faire. Comme la prestation sonore de ces panneaux n’est pas du tout dépassée, je vois mal comment 500€ dans une paire d’enceintes neuves peuvent donner l’équivalent : c’est le point fort du vintage de rendre accessible ce qui ne l’était pas : quand un produit est toujours performant, c’est gagnant !
Par contre, il faut prévoir un espace suffisant et surtout privilégier une alimentation à tubes AVEC des transformateurs de sortie, au moins dans les 50 Watts. En respectant ces conseils, on disposera d’une base très performante qui fera regarder les enceintes traditionnelles avec un peu de commisération !
Pour finir, l’histoire de Magnepan semble assez significative d’une époque. En 1970 un jeune ingénieur peut quitter son employeur (une multinationale), créer un produit dans le domaine de l’audio, le commercialiser, trouver un marché et fonder une entreprise viable plusieurs décennies. En 2010 cela semble tout bonnement impossible.

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