KEF 105/4
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- Introduction
- KEF REFERENCE SERIES
- Mesures et Bextrene
- Anthropométrie d’une tête
- Protection S-STOP
- Caisson de grave
- CR d’écoute
- Bibliographie - Liens
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Cet article est une sorte de compilations d’informations glanées sur internet (les liens principaux sont présentés dans le paragraphe Bibliographie) complété d’un point de vue personnel sur l’enceinte de la marque KEF et de référence 105/4. Il s’agit d’une synthèse sans prétention autre que retracer un petit bout d’histoire de la Hifi en espérant que le lecteur prendra autant de plaisir à la lecture que celui éprouvé à la rédaction. Bonne lecture !
Introduction
KEF à été fondé en 1961 par Raymond Cooke (1925-1995) accompagné d’un petit groupe de collègues partageant le même état d’esprit. Installé initialement dans un baraquement en tôle situé dans l’enceinte d’un atelier de fabrications métalliques appelé KENT Engineering & Foundry, l’entreprise prit simplement le nom de KEF ! Avant de créer KEF, Cooke fut ingénieur à la BBC. Après la création de l’entreprise, KEF fabriqua des enceintes conçues par la BBC (LS5/1a, LS3/5a), commercialisa ses propres enceintes et livra une grande quantité de hauts parleurs en OEM et aux amateurs de kits.
Dans les années soixante et soixante dix KEF proposa des HP parmi les meilleurs du marché, avec des matériaux innovants, une qualité contrôlée et une bonne fiabilité : rien de mieux pour asseoir une réputation, puisqu’aujourd’hui KEF est une marque reconnue et les produits “vintages” sont des plus respectées ! En effet il existe un réel engouement pour les produits des années soixante dix et quatre vingt, engouement qui ne semble pas s’étioler avec le temps, bien au contraire. D’ailleurs, KEF entretient la légende en proposant sur son site de nombreuses informations (voir le chapitre bibliographie) : la lecture est intéressante et de nombreux points sont repris dans le présent article.
Durant les années soixante-dix, la KEF 105 première du nom est apparue au catalogue en proposant cette forme typique de caisson surmonté d’une tête médium-aigu. L’époque était au satellite débafflé et de nombreuses marques ont utilisé ce procédé, mais KEF rendait le satellite mécaniquement orientable ! Toujours dans la même décennie, KEF a ensuite proposé la 105/2, de même forme, dimensions et poids : un beau bébé de 36kg pour des dimensions sommes toutes raisonnables de 965 x 415 x 455 mm !
Durant les années 80, le principe mis en oeuvre pour la 105 a été déclinée sur trois modèles : la 105/4 puis les 107 et 107/2. On pourra lire l’article de Martin Collumns sur les 107 dans la revue Stereophile de mars 1987. Les deux derniers modèles sont plus modernes et voient leur registre grave étendu par rapport à la production précédente. L’égaliseur “KUBE” permet encore de renforcer le grave, mais sa réputation est mitigée quoiqu’ayant bénéficié d’une réception positive par la presse : 107+ KUBE dans STEREOPHILE de septembre 1998. Revenons à nos icônes méga-vintages : la très désirable et réputée 105/2 a donc une petite soeur : la 105/4.
Pour KEF, il s’agissait de proposer une alternative économique et moins encombrante (et peut être plus européenne) que son aînée. La 105/4 pèse seulement 22kg au lieu de 36kg et le volume du caisson de grave est réduit de 70 litres à 40 litres. A noter aussi que pour le grave, la 105/2 accueille un seul 30cm, lorsque la 105/4 utilise deux HP de 20cm, ce que nous allons détailler dans les lignes suivantes.
KEF REFERENCE SERIES
La documentation parle de “Reference Series”, “Séries de référence” en traduisant littéralement... Mais qu’est ce que cela signifie ? Laissons la paraole à Thierry : “KEF construisait la 105-II - et toutes les « Reference Series » - comme suit : ils travaillaient par groupes de 96 enceintes constituées d’un lot de 96 boomers, 96 mediums et 96 tweeters. Parmi ces groupes de 96 HP, ils triaient en chambre sourde 48 paires à 0.5dB près. Ils se retrouvaient donc avec 48 paires de B300, 48 paires de B110, 48 paires de T54. Idem pour les autres enceintes de la gamme Référence.
Ensuite ils adaptaient à chacune des 48 paires d’enceintes ainsi constituées les composants du filtre, un par un, en sélectionnant au sein d’un lot de condensateurs, selfs, résistances les 96 qui permettaient d’obtenir deux enceintes rigoureusement identiques à la mesure. Chaque paire était donc parfaite, par définition.
Cela montre le niveau de qualité visé pour cette enceinte de référence. Mais cela ne s'arrêtait pas là : rien ne servait de produire une paire parfaite si lors d'un dépannage on utilisait le premier HP venu sorti du stock de l'usine de Maidstone. Imaginons la casse (absolument impossible au demeurant avec le système S-STOP) de l’un des haut-parleurs (boomer, medium, aigu). Une fois l'enceinte entrée au S.A.V. agréé il suffisait à celui-ci d'indiquer à l’usine le numéro de série de cette enceinte pour qu'il retrouvent dans le stock conservé pour ces 48 paires le haut-parleur correspondant à ce numéro de série et l’usine envoyait LE haut-parleur correspondant à TON filtre, ceci afin de garantir l'appairage rigoureux effectué lors de la fabrication initiale. Il ne faut pas oublier que les 105 sont à l’origine des moniteurs pour le studio, pas des enceintes pour amateur de HiFi, et qu'un professionnel est en droit d'exiger un outil de travail conforme à ses exigences.”
Thierry, source infinie d’informations, ajoute : “Pour en arriver au filtre, la conséquence de ce qui précède est qu'il ne faut pas forcément se fier aux valeurs du schéma du filtre puisque ce sont des valeurs théoriques. De même, les valeurs inscrites sur les composants (condos chimiques et selfs) ne sont qu’indicatives puisque eux aussi étaient triés. A ma connaissance aucun constructeur n'est allé aussi loin dans le souci de la qualité à cette époque. Aujourd'hui ça parait rigoureusement inimaginable, sauf peut-être chez ATC ou Klein & Hummel. Et encore… Tout cela a été relaté par un des ingénieurs qui travaillait à l'époque à Maidstonedans l’équipe du projet "Reference Series", dont la 105 était le vaisseau amiral.”
Mesures et Bextrene
Les informations sur le site du constructeur semblent parfois optimistes et de temps en temps franchement erronées : une sorte de tradition anglaise qui veut que seul le plus grand des détectives puisse démêler le fil de la vérité, un hommage à Conan Doyle sans doute. Quoiqu’il en soit, reprenons les belles performances revendiquées en terme de bande passante :
- une réponse plate de 60Hz à 22kHz
- une réponse à +/-2dB de 55Hz à 20kHz à deux mètres dans l’axe
- -10dB à 30Hz et 30kHz
Le rendement annoncé de la 105/4 n’est pas très élevé, 86dB - les mauvaises langues parlerons de la tradition anglaise - mais la puissance admissible est très élevée et laisse une très grande marge pour une écoute domestique, potentiellement de quoi largement se fâcher avec les voisins. L'impédance nominale de 8 ohms permet d’envisager sereinement l’alimentation, KEF conseillant une puissance comprise entre 50 et 200W. Sans dévoiler les résultats d’écoute, malgré les 86dB annoncés, 30W suffisent pour avoir un niveau sonore très satisfaisant. Les enceintes finalement faciles à alimenter, révèlent chaque changement d’électronique !
Bextrene, Bextrene, Bextrene : les amateurs des “Rogers LS3/5a” connaissent bien ce matériau ! Il s’agit du nom commercial d’une sorte de “polystyrène choc” ou HIPS (pour High Impact Polystyrene”). En 1967 la BBC a développé l’utilisation de ce matériau pour les enceintes afin de remplacer les membranes en papier. La membrane Bextrene était complétée par un traitement de surface avec un polymère moins dense pour lutter contre les vibrations de surface. Par rapport au papier, le comportement vibratoire, la rigidité, la tenue dans le temps et la production de lots de HP aux tolérances très proches plaidaient largement en faveur du Bextrene. Parenthèse pour indiquer que la marque Audax a aussi largement utilisé ce matériau et de nombreux kits réputées très musicaux ont été montés avec le fameux Bex40 vers la fin des années 70.
Aujourd’hui le Bextrene n’est plus considéré comme un matériau haut de gamme pour fabriquer des enceintes. Par exemple la BBC utilise maintenant un polypropylène qui donne une réponse bien plus plate et offre une masse moins élevée permettant d’atteindre des rendements plus “modernes”.
Il ne faut pas oublier non plus la nécessité d’un filtrage complexe pour gérer aux mieux les résonances des membranes Bextrene. Pour l’anecdote, rappelons le rendement des petites enceintes de monitoring de la BBC, les LS3/5a, avec le grave-médium en Bextrene : 81dB ! Des petits monitoring qui ont besoin de gros amplis et qui sont limités en puissance admissible : toujours cette singularité anglaise. Au sujet du filtrage nécessairement complexe, dans sa documentation KEF indiquait “complex 19 elements dividing network”, nous y reviendrons.
Anthropométrie d’une tête
Le satellite médium aigu de la 105/4 contient deux transducteurs électrodynamiques :
Le médium de la série B110 en Bextrene de 127mm. Il s’agit du B110B /8ohm (1976), utilisé aussi dans les 105, 105.2, CS1, CS7, CS9
Le tweeter est un modèle à dôme de la série T33, le SP1074 /8ohm (1979) utilisé dans de nombreuses enceintes, dont les CARLTON II et les CAPRICE II & III. La grande soeur “105.2” utilisa deux tweeters de la série T52, le SP1049 (1974) puis ensuite le SP1072 “T52B”
La tête elle-même est décalée dans le plan du caisson de basse et les hp médium et aigus sont positionnés chacun dans leur volume de charge, avec un léger décalage du tweeter en arrière du médium :
La tête repose sur un système permettant de l’orienter vers l’auditeur avec une latitude de 40° dans le plan horizontal et 10° dans le plan vertical. Un tube permet de positionner la tête sur le caisson puis ensuite “ça tourne et ça penche”. Un axe métallique sort de la tête et vient s'installer dans un tube en plastique présent dans le caisson.
La tête est connectée au caisson par l’intermédiaire d’un connecteur muni d’un détrompeur. La prise mâle située sous la tête est plutôt inaccessible est l’opération est malaisée. Mais au moins pendant l’opération on a un peu de lecture : “KEF REFERENCES SERIES” et “Made in England” :
Pas d’évent derrière la tête, par contre on note un bouton à trois positions
En regardant de plus près ce bouton rotatif, on note trois positions :
- Listening Window permet de déterminer la “fenêtre d’écoute” procédure détaillée ci-dessous
- 200W PEAK est le mode d’écoute normal
- S-STOP TEST ONLY est une position réservée au diagnostic est ne doit pas être utilisée
La position Listening Window tire partie d’une diode rouge discrètement positionnée dans la tête entre les deux HP. En regardant attentivement vous constatez la présence d'une sorte de viseur (n’oublions pas que nous sommes dans la patrie de James Bond) :
Durant la reproduction d’un programme musical, la diode rouge va s’allumer et indiquer l’orientation correcte de la tête de l’enceinte vers la tête de l’auditeur.
Ci-dessous, la diode n’est pas centrée, la tête est décalée :
Voila, c’est mieux, la diode rouge est centrée dans le collimateur. Licence to kill ?
Protection S-STOP
S-STOP est l’acronyme de Steady State and Transient Opération. Il s’agit d’un système qui permet de protéger les haut-parleurs de la KEF d’une surcharge éventuelle. Ce système protège les hauts-parleurs en fonction de plusieurs paramètres : points de puissance, protection thermique et excursion à faible fréquence. Dans le cas de détection de dépassement d’un seuil, alors un atténuateur déclenché par relais réduit la puissance d’entrée. Vous trouverez un document de dix pages sur le sujet de la protection S-STOP sur le site de KEF ! Voici un extrait de ce document :
Ce qu’il faut retenir, c’est que le système utilise une toute petite, une infime parti du signal d’entrée. Au sujet de sa déconnexion, les avis sont partagés. Sur quelques forums ont pourra lire que le déconnecter représente un petit gain, alors que d’autres s’offusquent que l’on puisse déconnecter le système. Quoiqu’il en soit, on aura compris qu’il vaut mieux préserver ses hauts-parleurs !
Caisson de grave
La 105/4 utilise deux 20cm spécifiques SP1076 /4ohm (1980) en Bextrene, à ne pas confondre avec le SP1075 / 5ohm surnommé B200G, de forme identique et utilisé dans les CARLTON II, CAPRICE II & III et la 103/2. Dans le caisson de grave de la grande soeur 105/2 se trouve le fameux 30cm B300B : le 105/2 permet de gagner un octave dans le grave, et les 107 permettent de gagner un autre octave.
Dans sa documentation KEF indique une nouvelle technique de charge “a new bass loading technique” : voila de quoi mettre en appétit ! Mais de quoi s’agit-il exactement ? Un nouveau labyrinthe accordé ? Un Bass Reflex sophistiqué dopé avec nouveau matériau amortissant ? En regardant le caisson on ne trouve pas d’évent et l’on pourra en déduire qu’il ne s’agit pas d’un Bass Reflex mais tout simplement d’une charge évidemment close !
Alors pourquoi parler de nouvelle technique de charge ? C’est qu’en réalité le caisson de basse est conçu comme un tout en jouant sur les paramètres électriques, mécaniques et acoustiques. Le filtre est assez sophistiqué et prend en compte les propriétés mécaniques des transducteurs dans le volume, leurs caractéristiques de coupure naturelle et intègre aussi leur décalage dans le plan, afin d’obtenir un champ sonore uniforme.
Cette technique représente à coup sûr de l’innovation, de la conception et de la mise au point, mais de là à considérer qu’il s’agit d’une nouvelle technique de charge, il n'ya qu'un pas que KEF s’autorise à franchir dans sa documentation commerciale !
Au sujet du filtrage, très sophistiqué, la documentation KEF indique aussi que le système réduit progressivement le niveau de grave de telle sorte qu’à la fréquence de recoupement avec le médium, seul un des deux HP de grave est vu.
CR d’écoute
En guise de KEF, j’avais écouté jusqu’à présent qu’une modeste paire de CODA9, une petit colonne sympathique à la proposition sonore très claire, médiums-aigus assez fins et détaillés, sans trop de grave et à la puissance admissible réduite : de quoi sonoriser agréablement une chambre ou petit salon...
Avant de passer à l’écoute de cette intimidante paire d’enceintes, votre serviteur s’est enquis auprès de Thierry M. - possesseur ravi d’une paire de 105/2 - de son point de vue éclairé : “Très sincèrement et sans parti pris aucun (je me fiche des marques et je ne suis vendu à aucune d'entre elles) les 105-4 sont presque d'aussi bonnes enceintes que les 105.2 dont elles reprennent la tête medium-aigu. Comme je te l'avais dit le seul point très légèrement en retrait par rapport aux 105.2 est le bas du spectre, moins étendu en raison d'un volume de charge et de haut-parleurs plus petits, mais cela reste un détail, la 105.4 est une enceinte exceptionnelle que celui qui apprécie la linéarité, la neutralité et la transparence gardera longtemps”.
Hélas, ramenées à la maison, le branchement des KEF 105/4 a d’abord été une déception. Comme le dit Eric Juanéda “la marque du haut de gamme est de proposer d’abord de la déception”. Qu’à cela ne tienne, les électroniques associées sont passées à un niveau de gamme supérieure. Ce que les enceintes ont indiqué tout de suite. Enfin un signal positif envoyé par les enceintes !
Les heures sont passées et la déception perduré. Que reprocher aux KEF 105/4 ? Bha, comment peut-on écorcher un mythe ? Disons que les enceintes habituelles de référence (utilisée en leur temps en monitoring par Harmonia Mundi, Roy Halee...) permettent d’entendre tous les détails même à très faible niveau : d’un autre côté elles ne sont pas du goût de tout le monde. En comparaison les KEF paraissent comme éteintes : peu de détails, dynamique assez faible, proposition sonore très sombre, pas d’harmoniques, notes écourtées, étouffées, pas d’aigu... Enfin bref, une catastrophe.
Il aura fallu une petite semaine avant de comprendre que les KEF 105/4 sont des enceintes qui ont besoin d’un peu de jus pour fonctionner : il faut tourner le bouton de volume ! A très faible niveau elles ne fonctionnent tout simplement pas (en comparaison avec mes enceintes de référence). Une fois ce constat établi les écoutes critiques ont continuées avec un niveau sonore compatible avec les enceintes.
Concernant la puissance de l’amplificateur, le rendement indiqué laissé craindre des difficultés. Bonne nouvelle, il n’en est rien. Dès 30W de puissance les enceintes fonctionnent correctement et peuvent produire un niveau sonore incompatible avec la vie de famille et les bonnes relations de voisinage : je n’ai pas la courbe d’impédance sous les yeux, mais après le cauchemar des Magnepan, c’est un bonheur d’écouter des enceintes qui ne font pas de misères aux amplificateurs. Les Kef ont été testées avec un généreux amplificateur de 2x160W, la puissance admissible semble infinie et ce sont les oreilles de l’utilisateur qui saturent avant d’atteindre les limites de l’enceinte, de l’amplificateur et de la pièce. Les enceintes semblent très sensibles aux électroniques et après quelques essais un petit tube français a été utilisé avec bonheur.
En plus du bouton de volume tourné généreusement dans le bon sens, il se peut qu’une période d’adaptation de l’auditeur / audiophile / audiopathe soit nécessaire. En effet, la KEF 105/4 est assez déroutante initialement. Au bout de quelques jours on a perdu ses habitudes et la nature sonore se dévoile peu à peu. Il est vrai que pour les enceintes, certainement plus que pour tout autre élément, la question de la subjectivité personnelle est primordiale. D’aucun pourrait prétendre que la présentation sonore se veut réaliste et non pas séduisante (ou euphonique) et dès lors elle remet en cause les habitudes et les acquis. A moins qu’en trente ans, la technologie aidant, on se soit habitué à une restitution sonore mettant en avant le haut médium aigu ?
Dans le registre grave KEF indique une réponse plate à partir de 60Hz. Effectivement la dernière corde de la contrebasse est atténuée en niveau, mais cette fréquence légèrement au dessus de 40Hz n’est pas toujours présente dans les enregistrements, et pour tout dire il s’agit d’un détail : tant mieux si l’on dispose d’une enceinte qui passe le 30Hz, mais il vaut mieux un 40Hz propre qu’un 30Hz bouffi. Hors cette petite restriction sur l’extrême grave, en fonction des électroniques et de la pièce, le registre “claque” bien en paraissant plutôt dynamique, assez rapide et surtout très propre, jamais traînant : une réussite en terme d’équilibre entre les différents paramètres du sujet. La fusion avec les autres registres est très réussie et l’on ne ressent pas de petite bosse (ou creux) au moment du recoupement des différents haut-parleurs.
Question de goût peut-être, mais le médium-aigu (très cohérent au demeurant) ME semble tout de même du côté sombre, manquant de lumière, d’ouverture. Ce fut et c’est toujours pour moi une source de questionnements. Où se trouve la vérité sonore ? Au concert, bien entendu. Mais pour les enceintes ? Pour les 105/4 ? Est ce qu’en 1980 c’est ainsi que le haut du spectre était rendu ? Est ce que j’entends une limitation due au matériau, au design, aux conventions de restitution de l’époque ? Ai-je mon oreille déformée par la trop longue exposition aux modèles de ma marque préférée ?
Voila ce que je ressens : “il en manque”, il manque des détails, du niveau et de l’extension, le registre est comme retenu. Comme les amateurs de KEF indiquent que c’est KEF qui a raison, cela jette un discrédit sur mon ressenti, mon oreille, mon matériel, mon appréciation... Situation guère confortable ! La résolution du médium, la transparence générale, la faculté à reproduire les petits détails se trouve dans la classe B, dans la partie de ceux qui font des efforts mais qui pourraient mieux faire. D’un point de vue formel, il manque tout simplement des informations.
Pour l’aigu... Nous tombons dans le même constat que pour le registre précédent. Les cymbales sont présentes, mais manquent de rapidité, d’énergie, de niveau, d’harmoniques, de tenue de la note dans le temps. On pourra crier au sacrilège, mais je pense qu’il n’est pas nécessaire d’invoquer l’électrostatique ou les tweeters à ruban pour trouver meilleur tweeter : le simple Focal à dôme inversé à peu près contemporain du KEF est meilleur.
La dynamique de la KEF est un peu en retrait par rapport à mes enceintes de référence et les (très bonnes) enceintes récentes écoutées à l’occasion (dans la gamme 4000€ et au delà). Peut être est-ce du au rendement modeste ? Globalement la 105/4 semble un peu paresseuse par rapport à la production haut de gamme actuelle.
Pour les 105/2 Kef recommandait une distance d’un mètre des murs latéraux et de 50cm du mur du fond. Pour des raisons pratiques les 105/4 se sont trouvées à plus d’un mètre du mur du fond et les murs latéraux bien loin : aucune gène en provenance de réflexions parasites ; et la distance d’au moins deux mètres a été respectées. En ce qui concerne la scène sonore, on peut parler d’une belle réussite, en profondeur et en perspective. Le positionnement de chaque interprète est d’une grande précision : il faut travailler un peu le positionnement des enceintes dans la pièce afin de trouver ce qui correspond à son goût mais une fois n’est pas coutume, les roulettes présentes sous les enceintes facilitent vraiment cette étape. Et encore, la restitution d’une belle scène sonore semble opérationnelle quelque soit la position de chaque enceinte : orienter l’une des deux têtes vers l’extérieur ne détruit pas vraiment l’image ! Même si les graves sont omnidirectionnels, je pense qu’il est préférable d’orienter toute l’enceinte plutôt que seulement la tête, vers la position d’écoute : si Kef a travaillé sur le positionnement des hauts parleurs pour compenser un décalage temporel, je trouve cela stupide de ne pas en profiter.
Au fur et à mesure des écoutes j’ai appris à apprécier les 105/4 et c’est devenu petit à petit un grand plaisir. Il faut relativiser la perception du médium-aigu parce que la comparaison se fait avec des enceintes d’un autre calibre (et d’un autre coût) qui ne plaisent d’ailleurs pas à tout le monde.
La 105/4 propose une sorte d'homogénéité globale avec courbe de réponse qui semble plate (mais tronquée aux deux extrémités), une scène sonore hyper-précise (et facile à obtenir) et une écoute globalement douce et agréable, en donnant l’impression de ne jamais privilégier un registre plutôt qu'un autre.
Au moment de faire le bilan, je dois admettre une toute petite déception. Peut-être attendais-je trop des 105/4, peut être avais-je placé la barre trop haut ? Car en vérité, il faut bien avouer que pour le prix d’une 105/4 d’occasion, le neuf n’est pas du tout folichon ! Avec les 105/4 on dispose de quoi en remontrer à une bonne part de la production actuelle, sans compter, mais c’est personnel, qu’elles sont vraiment, vraiment très belles !
Et les années quatre vingt, le côté sombre, ça ne vous rappelle rien ? Luke, je suis ton père...
Bibliographie - Liens
Comme indiqué en introduction, le site de KEF est une mine d’informations.
Voici le lien vers la fiche technique des 105/4 : http://www.kef.com/history/en/1980/model105_4.asp
Le lien vers le recensement des différents HP : http://www.kef.com/Resources/KEFUn [...] ue%202.pdf
La splendide restauration d’une paire de 105/2 par Thierry Martin : http://www.dcx2496.fr/KEF105.php
Commentaires sur le Bextrene : http://www.nutshellhifi.com/librar [...] sign2.html
LS3/5a et Bextrene : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ls3/5a
Remerciements
Eric J.
Rémi
Thierry M.
Pierre S.
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https://sites.google.com/view/audiofolie