#CR Ma Grande traversée du Morvan, GTMC-VTT par variante sud-Morvan
Jour 0 : prologue
J’avais tenté de programmer cette même balade l’an dernier ; mais une alerte orages
sur la période et le secteur m’avait fait renoncer la semaine précédente. Cette année je suis bien décidé, je vais me préparer un poil, préparer le matos et ça va le faire, depuis le temps que je rêve de m’attaquer à la GTMC dans son parcours complet !
Côté matos le plan est mis en œuvre.
Côté bonhomme, je suis au taquet en fin d’hiver. Puis je me fais mal à la cheville et au mollet en courant, puis canicule où je préfère rester à l’ombre…
Je décide de raccourcir un poil le tracé quand je me suis fait mal, les étapes passent de ~75 km/j à ~60 km/j. Heureusement au final, c’était très bien comme ça.
La veille du départ on profite de l’accaz avec Mme pour faire soirée étape à Avallon, resto de très bon niveau (le 1815).
Puis auberge sympa aussi. Sauf qu’en conséquence, en terme de préparation, je fais donc soirée arrosée, puis dodo à 2h du mat’,
idéal pour le lendemain. Ouch ça pique au réveil !
Jour 1 : Avallon – Saint Agnan en Morvan
65 km, D+ 1550 m
Mme me dépose au point de départ à 8h, vélo démonté, l’équipement, les sacoches en vrac. Je monte le tout et c’est parti, il est déjà +9h.
Sortie d’Avallon une petite côte me rappelle direct que le sommeil avant un effort c’est important. Long suivi d’une rivière j’adore ça,
la nature est magnifique même en sortie d’une grosse canicule ici, des étangs, des lacs, je kiffe.
Je vois vite que j’ai trop chargé l’arrière et pas assez l’avant, à chaque occasion l’avant décolle, c’est un peu pénible.
Une descente relativement flowly + racines me fait dire que vraiment ce vélo (Spé Epic HT) est terrible, je le pense depuis que je l’ai en 2016. 1ère fois en config bikepacking, et en fait ça lui va très bien.
Le parcours ne passe par aucun village significatif avant longtemps, donc pas de restauration, ma nourriture sera uniquement constituée de barres de céréales, etc…
Points moins sympa : j’ai chargé mon Camelback et ma gourde en complément isotonique, et j’ai mis juste un peu moins que la dose indiquée sur le paquet. Sauf que je déteste les boissons sucrées, et donc je n’ai que ça sur moi. Dans le début d’après-midi ça finit par me filer la gerbe
, et je me retrouve pattes coupées. Peut-être un coup de chaud aussi ? Dans un hameau il y a une salle des fêtes avec un robinet extérieur, je m’arrose avec, je bois enfin de l’eau toute seule. Je m’assois à l’ombre contre le mur et… je m’endors là pendant 30 min.
Au réveil ça m’a fait un peu de bien, j’aurais dû prévoir une sieste.
Je repars, très vite les jambes redeviennt lourdes. Je souffre dans les chemins rocailleux que je subis à mort sans énergie.
Arrivé à Quarré les tombes je suis au bout de ma vie, je ne monte plus un pont, dès que la pente fait +5% je pousse le vélo. Je regarde mon itinéraire, me reste 20 km avec une bonne dose de D+. Je ne veux pas être fracassé demain matin, je décide de passer par la route, ça retire 10 km et l’essentiel du D+. J’ai bien fait, j’arrive à 19h à Saint Agnan en Morvan, Auberge de Camille et Simon que je recommande chaudement, ils sont fort sympatiques.
Jour 2 : Saint Agnan en Morvan – Lac des Settons
56 km, D+ 940 m
7h30, petit dèj bien copieux,
chargement du vélo, prêt à partir. Je taille la bavette avec un couple de retraités suisses qui sont là pendant 2 semaines, leur programme c’est vélo tous les jours, lui a l’air bien affuté pour son âge. Ce sera le début des interractions avec des francophones à l’accent bien dégueu.
Je démarre, je sais que cette journée doit être cool, c’est celle avec le moins de km et de d+. J’ai cette fois gardé ma gourde en eau claire, j’ai moins dosé la boisson isotonique, et je m’astreins beaucoup plus de rigueur dans le ravitaillement, boisson tous les 1/4h, pause barre de céréale ou autre toutes les heures. Je sens aussi directement que la vraie nuit et la soirée sans alcool m’ont fait un bien fou. Au niveau du chargement, j’ai rééquilibré le vélo en mettant moins de poids à l’arrière et davantage dans la sacoche de guidon, je sens que le comportement en montée est nettement amélioré, le vélo ne se cabre plus aussi rapidement.
Je kiffe à nouveau les paysages plein d’étangs.
Je remarque une mécanique somme toute logique : j’adore longer les lacs, mais évidemment à chaque fois pour s’éloigner il faut se taper des montées, le lac étant par définition un point bas.
Pause déjeuner à Saulieu
, un vrai repas à midi c’est quand même pas mal. Reprise en début d’après-midi, le soleil tape.
Je me demande si mon organisme ne couine pas encore de la précédente canicule, j’ai l’impression que ma jauge énergie se vide dès que je suis exposé au soleil.
Roulage tranquille jusqu’aux Settons. Dans une côte caillouteuse vers la fin où je pousse pour une rare fois ce jour, un jeune en VTT, à peine moins chargé que moi, me double en me saluant, à peu près comme ça.
Il a l’air sympa, j’ai envie de le gifler !
Arrivée aux Settons
, mon logement cabine sur le lac est top
, changement de tenue, hop baignade
, bonheur. La gestionnaire du truc a un bel accent teuton à couper au couteau, pour ma série les accents dégueux en français. En vrai elle a l’air sympa.
Le soir une pizza, balade en bord de lac, dodo.
Jour 3 : Lac des Settons – Anost
59 km, D+ 1180 m
Réveil au petit matin, je me sens plutôt bien, sauf que j’ai un gigantesque mal au cul.
Je ne suis pas assez souple pour voir, mais du bout de doigts je constate que j’ai une ampoule gigantesque. Je ne peux pas rester tel quel je ne vais pas arriver à me poser sur la selle. J’ai emmené un lot de pansements, je chope le plus grand, j’arrive à le poser à l’aveugle. On verra bien.
J’aurais voulu partir tôt mais j’ai une obligation pro que je n’ai pas pu décaler, donc je suis bloqué de 8h30 à 9h, puis le petit dèj n’était pas servi avant 8h30, tout ça cumulé je pars à 9h30.
Les 1ers km sont cools pour se mettre en jambes, tour du lac des Settons, c’est très bien aménagé, vraiment agréable.
Beaucoup moins agréable, j’ai beaucoup de mal à me poser correctement sur la selle. Heureusement une fois chaud ça s’améliore un peu, mais la douleur me rappellera à l’ordre toute la journée.
Pause déjeuner à Planchez, entrecôte frittes bien basique. Pour ma série accents, la patronne a elle aussi un bel accent d’outre-Rhin, et 2 VVTistes cinquantenaires néerlandais
s’installent à côté. On discute un peu, leur accent me fait saigner les oreilles
, et pourtant encore une fois ils ont l’air sympa.
Je repars, et je sens direct que la grosse assiette de frittes me fait du mal. Mais bon globalement ça roule. Cette 3ème étape est la moins intéressante à mon goût au niveau des paysages.
Il y a un passage qui m’amuse parce que j’avais déjà suivi ce tracé en faisant une boucle entre lacs des Settons et de Pannecières il y a quelques années, sauf que c’était sous la pluie, c’est quand même mieux sous le soleil.
Dans l’après-midi classique remplissage de gourde dans un cimetière, comme la veille déjà. Mini-sieste sous un arbre à côté du cimetière, les voisins sont calmes.
Pour la 2ème fois le gps Garmin s’arrête pendant ma pause sans que je comprenne pourquoi, mon relevé de trace sera donc encore coupé en 2. Ca me l’avait déjà fait le 1er jour.
Dans un chemin je fais la connaissance de 2 patous qui visiblement trouvent que j’ai une sale gueule, je ne traine pas.
Arrivée à Anost, tente fixe au camping municipal, vraiment sympa pour la nuit.
Dommage j’arrive un peu tard, il y a un étang dans le camping où j’aurais pu faire trempette
, mais il est un peu tard je préfère prendre une douche et aller boire une bière et manger au village. En revenant je n’ai qu’une envie c’est de dormir donc je ne fais pas de vieux os. J’ai gardé mon pansement, j’appréhende ma douleur le lendemain matin…
Jour 4 : Anost – Luzy
63 km, D+ 1740 m
Réveil dans la tente (mais vrai lit) avec la lumière du jour, c’est agréable.
La douleur au cul est atroce. Bon arrivé à ce point je ne vais pas laisser tomber.
La journée est prévue assez ardue avec le d+. Aujourd’hui montée du Bas-Folin, du Haut-Folin, du Mont Beuvray.
Je pars à 7h, trop tôt pour les commerces du patelin. Pour se mettre en jambe les 11 km du début sont quasi intégralement en côte.
Mais j’avais vu ça sur la trace, j’étais prêt. Le gérant du camping a eu la bonne idée de me prévenir qu’après le 1er patelin au bout de cette montée, je ne croiserais plus trop la civilisation. Donc en voyant une boulangerie je m’arrête, grosse viennoiserie et gros café, c’est bon la journée peut reprendre.
Après la descente j’attaque le Haut-Folin, point culminant de ma trace. La montée est plutôt cool, du pourcentage régulier tout va bien. Petite déception en haut, il y a 0 point de vue avec la forêt, le seul truc visible c’est ces grosses antennes moches.
Je débusque aussi un couple de motards qui étaient il me semble en pleins préliminaires sur un banc dans la forêt.
Descente et très vite remontée vers le Bas-Folin, là c’est raide.
Il n’y aura pas de vraie pause déjeuner, pas de village sur ma trace. Je rattaque rapidement pour le Mont Beuvray et son lot de retraités en visite. La montée est raide mais ici le point de vue vaut l’effort.
Je fais coucou aux amis qui sont en montagne du côté du Mont-Blanc, pas certain qu’on se soit vus !
Ensuite redescente quasi continue vers Luzy qui est mon arrivée parce qu’il y a une gare. La escente est assez moche, chemin forestier bien raide défoncé par les engins. Une vieille arrose ses plantes au tuyau, elle veut bien me remplir ma gourde. Je finis quand même bien fatigué. A 5 km de l’arrivée je croise un type tout écorché d’un côté, c’est un Anglais de genre 55 ans pour ma collection d’accents, il a eu la bonne idée de prendre ces chemins avec un VAE type ville, en chemise blanche, et s’est cassé la gueule.
Bon tout va relativement bien, il cherche son chemin je l’aide puis je repars.
16h30 j’arrive à Luzy.
Je repère la gare mais mon train est à 18h30. Un couple s’active sur une terrasse de bar. En fait c’est l’inauguration, ils ouvrent à 17h. Sympas il me filent une pinte d’eau fraiche et m’autorisent à m’assoir dans le bar en attendant l’ouverture. A 17h ils offrent une limonade maison, je prends la binouse de fin de parcours.
Je commate sur leur terrasse pendant 1h, merci à eux. Puis je repars vers la gare, train à l’heure et retour à domicile. Dans le train je suis avec un sacochard pas bavard, tant pis on ne taillera pas bavette.
Epilogue :
Un peu + 250 km, +5000 D+
J’ai kiffé les paysages, le Morvan, les lacs, les étangs, les rivières, la campagne, la solitude inhabituelle.
Equipement au top, vélo nickel, point particulier pour les pneus Hutchinson
que je ne découvre pas, mais jamais pris en défaut à mon goût.
Mauvaise gestion des cuissards, j’aurais sans doute dû mettre de la crème chamois, le 3ème jour j’ai souffert.
C’était une 1ère pour moi et je n’avais pas mesuré l’effet du poids supplémentaire pour le d+. A l’avenir ne pas prévoir des tétapes trop ambitieuses, heureusement que j’ai réduit en voyant que ma préparation avait été très approximative.
Rendez-vous dans quelques temps j’espère pour l’épisode 2, traversée du Bourbonnais et jonction avec l’Auvergne.
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Je commence même à oublier les choses que je n'ai jamais sues.