Quand vient la fin de l’été…
Le fait majeur dans le monde du foutbale cette semaine a hélas été la mort du jeune Antonio Puerta. Côté terrain, le tirage au sort de la C1 a été épicé pour nos représentants et la L1 a achevé son mois de folie avec Nancy au sommet. Sans oublier les adieux de Vincent Candela.
Antonio Puerta n’a donc pas survécu. Il a rejoint les Foé ou Feher, morts sur le terrain (bien qu’il en soit sorti en marchant), mais aussi les nombreux autres jeunes footballeurs (ou sportifs) victimes de « mort subite ». Si l’ombre du dopage a un temps plané sur l’Espagnol (comme à chaque fois dans pareil cas), une anomalie cardiaque qualifiée « d’indétectable avant souci » - et dont on vous épargnera le nom – serait à l’origine de ses malaises à répétition. Si cela « arrange » les plus attachés à l’éthique, la question qui s’impose est comment n’a t’elle pas pu être détectée ? Comme écrit plus haut, il semblerait qu’il n’y avait rien à faire en prévention, même en 2007. Ce serait donc le destin. Et l’histoire ne révèlera jamais s’il risquait de mourir simplement en montant des escaliers (comme cela a été avancé pour Foé). Mais à 22 ans, c’était de toute façon trop tôt.
Mais au-delà de cet évènement dramatique, et comme pour tous les autres, la vie et le foot continuent. C’est ainsi que le tirage au sort de la Ligue des Champions s’est déroulé comme prévu ce jeudi, à la suite de la fin du tour préliminaire qui a vu le TFC littéralement couler à Liverpool. Un tirage de plus en plus « trafiqué » - légalement, bien entendu – puisque entre incompatibilités nationales et télévisuelles, et avec le report du match AEK-FC Séville (que l’UEFA avait refusé pour le seul motif des incendies ravageurs, ayant eux –même provoqué ni plus ni moins que le report du début du championnat grec, pour finalement le déplacer après la mort de Puerta…) les contraintes ne se comptaient plus. Mais peu importe, le verdict est tombé : les clubs Français auront du pain sur la planche !
A commencer par le groupe A, où l’OM sera accompagné de Liverpool, Porto et Besiktas. Rien que ça ! Et pourtant, les dirigeants marseillais se montrent satisfaits voire optimistes. Si Liverpool est intouchable, a priori, n’oublions pas que Porto est une équipe très solide au niveau européen et très difficile à manœuvrer (les Marseillais eux-mêmes s’en souviennent). Seul le club Turc semble à la portée des phocéens. Toutefois, on sait l’OM capable de grands exploits (les Reds eux-mêmes s’en souviennent) alors pourquoi pas ? Mais il faudra avoir un niveau de jeu bien plus élevé qu’actuellement.
Même constat pour l’autre Olympique, fer de lance du football français, le Lyonnais : il faudra bannir toutes les approximations du début de saison pour espérer titiller le grand Barça, et même pour obtenir de bons résultats face aux champions d’Allemagne du VFB Stuttgart (également en difficulté en ce début de saison) et les Glasgow Rangers (emmenés par deux vieilles gloires de la Ligue 1, les superbes Darcheville et Cousin). Car si Lyon a plus ou moins survolé ses groupes ces deux dernières saisons, il faudra cette fois cravacher, sans ses cadres Coupet et Cris à qui il ne reste qu’à prier pour avoir le droit de jouer la Ligue des Champions cette saison. Et par-dessus le marché, l’OL commencera et terminera à l’extérieur. Bref, on voudrait augmenter la difficulté qu’on s’y prendrait pas autrement. Mais briller dans l’élite du foot européen ne requiert-il pas de gros efforts ?
Transition parfaite pour parler de la réforme Platini, consistant à donner plus de poids aux coupes nationales, au point de les rendre qualificatives pour le tour préliminaire de la C1 ! Quand on sait que ces coupes sont sujettes aux plus improbables exploits, on n’ose imaginer Calais ou Libourne en Ligue des Champions. On pourra rétorquer que la récompense étant plus importante, les clubs de L1 y attacheront plus d’importance et ne se laisseront plus surprendre. Et le charme de la Coupe alors ? Toujours est-il que se contenter d’une demi-douzaine de matchs gagnés pour aller en coupe d’Europe, c’est déjà moyen pour la Coupe de la Ligue (réservée aux pros) avec la C3, donc pour la plus prestigieuse compétition, ça paraît juste. Quitte à faire participer tous les pays, mieux vaut supprimer une deuxième place automatique dans les « grands pays », au profit d’une place directe pour les champions des « petits pays ». Evidement, le G14 n’apprécierait pas plus mais le projet semblerait plus cohérent. Le débat ne fait que commencer.
Un petit mot sur les autres groupes pour dire que si le Real, le Milan ou Chelsea ne devraient pas trop trembler, l’Inter et Arsenal ayant tiré, eux, le gros (ou plutôt le petit) lot, Manchester n’a, comme le Barça d’ailleurs, pas été gâté avec bien entendu en guise d’affiche le déjà alléchant MU-AS Roma. Coup d’envoi du premier tour le 18 septembre.
Le tirage de la coupe de l’Uefa a également eu lieu cette semaine, donnant un gros morceau à Lens (FC Copenhague), à Sochaux (Panionios) ainsi qu’à Toulouse et Rennes, opposés à deux clubs de la ville de Sofia, ceci impliquant l’inversion du match des bretons qui seront ainsi les seuls à recevoir au retour. Au final, seul Bordeaux a été épargné en héritant des Finlandais de Tampere. Bon courage aux autres, le 1 sur 5 étant à craindre… ou à espérer, pour les plus pessimistes !
On passera sur la Supercoupe d’Europe (remportée par le Milan) qui n’a jamais passionné grand monde d’ordinaire, mais les conditions particulières de cette année ont donné un côté plus « spectaculaire » (c’est triste mais c’est ça, un peu comme pour la finale coupe des Confédérations 2003) à la rencontre, dont on ne retiendra que la volée superbe de Jankulovski.
Passons désormais à la Ligue 1 qui en a donc fini avec son marathon d’été. On s’intéressera ici plus particulièrement à la 7ème journée (en ne retenant de la 6ème que le premier succès parisien, la défaite à domicile de l’OM et la victoire bordelaise à Metz parce qu’il en faut pour tout le monde). Et avant même le début de cette journée, le premier coup d’éclat a été la signature de Patrick Kluivert à Lille ! Ca pour une surprise… On riait encore de la rumeur Julio Baptista quand la signature du batave a été annoncée. Souhaitons-lui de réussir mais les come-backs d’anciens grands buteurs à la Vieri n’ont pas toujours été couronnés de succès. Mais pourquoi pas un destin à la Koller après tout ? Des Lillois qui finalement auraient plutôt besoin de défenseurs, eux qui une nouvelle fois n’ont pas su tenir un résultat, obtenant le 2-2 à Rennes mais après avoir mené au score. Wiltord était à deux doigts d’offrir la victoire à son nouveau club, mais il veut faire durer le suspense avant son premier but (référence au poteau et à la grosse occasion contre Metz).
Les Nancéiens continuent de ne pas perdre et caracolent en tête avec deux points d’avance sur Valenciennes (auteur d’un nul décevant face à un FC Metz qu’on a connu plus ouvert mais qui semble se ressaisir en faisant la cour à Salomon Olembé) et Bordeaux (beau vainqueur d’un beau Monaco), en se payant le luxe d’avoir un match en moins, grâce à leur victoire face à l’ASSE de l’apprenti sorcier Laurent Roussey, qui fait des expériences en plein match et tant pis pour les dégâts. Strasbourg et Lorient nous ont montré ce qu’était un « bon 0-0 » et restent dans le haut du tableau ; Caen et Sochaux offrant également un beau spectacle, avec les buts en bonus (2-2) mais toujours pas de victoire pour les Sochaliens.
Les Lensois sont dans le même cas, malgré l’arrivée de JPP dont on peut dire qu’il s’est fait berner par la bonne performance de son équipe en Uefa (victoire 5-1) et qui va désormais être confronté à une vraie urgence de résultats après la défaite à Nice. Rappelons que le Racing compte deux matchs en moins (tout comme le Stade Malherbe du reste). Ce n’est hélas pas le cas de l’AJ Auxerre, triste 18ème du classement et qui, si elle continue comme ça, se retrouvera en L2 en deux temps trois mouvements. A la nantaise quoi. Le TFC en profite pour remonter un peu. Avec également 5 matchs sur 7 de joués.
Enfin, notre fameux trio PLM. Lyon est revenu de l’enfer face au MUC grâce à une rage de vaincre retrouvée, un grand Juninho, un de nouveau excellent Benzema et un soupçon de réussite. Mais aussi grâce à la maladresse des Sarthois, qui se sont procurés deux balles de 3-0. On ne parlera pas de celle de Rémy Vercoutre par peur d’être pessimiste au mieux, vulgaire au pire. Mais sur le si précieux « plan comptable » l’OL s’est redressé et pointe à la 5ème place, lui aussi avec un match en moins. Mais les Lyonnais ont fait très peur à leurs supporters, pas encore rassurés.
Et dimanche, dans un match requalifié par certains journalistes radio de « Patético », Paris et Marseille n’ont pu se départager. Ou n’ont pas voulu, histoire d’éviter les problèmes avant la trêve. Toujours est-il que ces deux clubs ne décollent pas et que la pression va sérieusement monter.
Le tour à l’étranger sera express, le temps de dire que le Bayern n’a pas gagné (et oui, c’est possible), Chelsea non plus, au contraire d’un Liverpool flamboyant (6-0) et d’un Manchester poussif (1-0). En Espagne, Real, Barça et Valence sont les seuls à gagner (plus cliché que ça tu meurs !) tandis qu’en Italie, la Juve et Trézéguet confirment leur retour et que Zébina pète lamentablement les plombs alors que l’Inter remercie Zlatan. Porto est toujours co-leader au Portugal, Feyenoord et Arnhem se partageant le fauteuil de leader de l’Eredivisie.
N’oublions pas de rendre un petit hommage à Vincent Candela qui a annoncé sa retraite. Si son aura ne fut pas tellement supérieure à celles des Diomède, Charbonnier ou Boghossian, il n’en reste pas moins un des « Vingt-Deux », cette bande qui a conquis le monde il y a bien longtemps. On lui doit le « I will survive » et rien que pour ça, merci et bravo Vincent.
Place ce week-end aux matchs internationaux avec le très attendu Italie-France qui amène son lot de petites phrases. Domenech, qui sera en tribunes comme Materazzi : « J’ai un avantage, en ce moment je cours plus vite que lui ».
Mais au jeu des déclarations, Domenech se fait battre cette semaine par l’entraîneur de Wolfsburg : Félix Magath. En effet, ce samedi son équipe s’est inclinée contre le Herta Berlin (1-2) dans la capitale allemande. Et l’ex-entraîneur du Bayern d’accuser… la SNCF allemande, sponsor maillot du Herta, responsable de la défaite ! Motif ? « Ils nous ont fait durer notre trajet trois heures au lieu d’une ! Normal que mes joueurs aient été un peu contractés ». Gonflé, d’autant que son équipe avait fait le déplacement… le vendredi !
---------------
!!! Règle sur les mains au foot !!!