L’OM s’en mord les bois
Ce mercredi, les clubs français ont tout donné et ont fait la leçon aux Italiens. C’est certes la classe mais ça n’a pas souri à tout le monde.
Milan-Marseille devait permettre aux Phocéens, qui retrouvaient Lucho dans le onze et qui jouaient avec Abriel à droite, de se relancer dans ce groupe. Tâche difficile, a priori, au vu de la forme ascendante des Lombards, pas du tout qualifiés au coup d’envoi. Le début de match confirme cette impression et, après une incursion facile de Zambrotta bien freinée par Mandanda, il ne faut que dix minutes à Borriello, à la suite d’une grossière perte de balle de Niang, pour amuser Heinze comme un enfant et terminer le travail entre les jambes du gardien remplaçant de l’EdF. Cela sent alors mauvais pour Marseille, pas à la fête jusque là, sauf sur les accélérations assassines de… Niang, qui fait vivre le martyr à cette blague d’Oddo. Par bonheur et sans surprise, c’est sur un nouveau coup de rein dévastateur du capitaine sénégalais de l’OM et un centre mal repoussé par une envolée approximative de Dida que Lucho Gonzalez allume le but vide et égalise, sept minutes après le but italien.
Marseille tient bien le ballon et Lucho ne joue pas trop mal mais, à cause d’une défense de niveau pathétique, c’est le Milan qui se crée les occasions : Borriello, stoppé par un tacle miraculeux de Diawara puis Pato, maladroit sur son lob, manquent l’opportunité de redonner l’avantage à leur équipe. Par la suite, les Phocéens continuent de dominer mais deux-trois imprécisions techniques les empêchent d’aller au bout. La mi-temps est sifflée et Ronaldinho peut aller souffler après avoir fait semblant de courir.
À la reprise, c’est toujours Marseille qui fait la loi… pendant cinq minutes. Puis, le réveil milanais, symbolisé par la prise de conscience par Ronaldinho qu’il est en train de jouer la Ligue des Champions et pas en boîte pour se bourrer la gueule. Toujours sans courir – n’abusons pas – Ronnie délivre alors quelques passes en or, mais quand Mandanda ne sort pas les réflexes qui vont bien, les attaquants rossoneri les gâchent. Néanmoins, Pato fait très mal à la défense française. Zambrotta tente bien le coup du péno mais Howard Webb l’avertit pour simulation et montre qu’il est vigilant. Pour l’instant.
Dans la foulée, Niang sert Brandão sur un plateau d’argent, sans doute trop brillant, puisque le Brésilien, alors à 6 mètres des buts, expédie le ballon sur le haut de la barre transversale ! Loupé énormissime et carrément bakayokesque pour Brandão, qui peut vraiment se les bouffer. Mais l’OM ne se dégonfle pas. Malheureusement, Cheyrou et Koné (entré en jeu) se craquent totalement et gâchent à leur tour. À la 74e, sur son premier ballon, Ben Arfa enrhume tellement Abate que ce dernier veut le maillot du Marseillais pour se couvrir. Le tirage est flagrant et dans la surface mais M. Webb se déconnecte de la réalité et ne siffle rien du tout. La dernière occasion est pour Diawara, sur corner et de la tête, mais il était écrit que ça ne rentrerait plus : la frappe s’écrase en plein sur le poteau (1-1). Marseille a tout tenté mais, comme toujours depuis deux ans, c’est le grand d’Europe qui en sort (presque) indemne. Il va désormais falloir conjurer le sort contre le Real et croire en la bonne étoile suisse.
Des Zurichois qui se sont (encore) fait tourner, à Madrid, par un Real pépère. Un succès minimaliste (1-0) mais trois points qui assurent quasiment la qualification aux Merengues (à moins d’une défaite de quatre buts ou plus au Vélodrome…).
Le vrai club français qui nous fait vibrer dans cette première phase, c’est Bordeaux, qui recevait la Juventus. Les Girondins, déjà qualifiés et pourtant privés de Gourcuff, ont donné la leçon à des Italiens dépassés comme des enfants qui jouent contre des adultes. Même Del Piero, pourtant plus vraiment un gosse, est passé à côté. La première mi-temps ne permet toutefois pas aux Bordelais de concrétiser cette domination, malgré un face à face entre Chamakh et Buffon. En meneur de substitution, Plasil fait bien le job au milieu de Sissoko et Melo et c’est lui qui délivre un super coup franc qui permet à Fernando d’ouvrir la marque du haut des cheveux. Rien de plus logique.
La Juve connaît ensuite une meilleure période, sanctionnée de deux grosses occasions pour Diego, mais Carrasso puis la chance sauvent Bordeaux. L’excellente prestation girondine est parachevée par un nouveau corner victorieux, placé sur la tête de Chamakh, qui conclut comme à l’entrainement, dans le temps additionnel (2-0). Les Bordelais sont assurés de finir premiers, avant même la dernière journée. Voilà ce qu’on appelle du travail de pros.
Le dernier match laissera la Juventus et le Bayern (petit mais important vainqueur du Maccabi Haïfa, 1-0) s’entretuer pour le deuxième billet. À domicile, avec un point d’avance et face à un Bayern digne de Liverpool, on ne voit pas comment cela pourrait échapper à la Vieille Dame.
Dans le groupe B, Manchester a perdu à domicile, pour la première fois depuis 23 matchs, contre un Besiktas et un Rüstü héroïques (0-1). Cette victoire turque ne fait pas les affaires de Wolfsburg, battu un peu plus tôt en Russie sur une belle praline de Krasic (2-1). Les Allemands restent maîtres de leur destin mais devront battre MU à la maison. Du suspense, donc !
Il y a aussi du suspense dans le groupe D, mais il ne concerne que la troisième place. En effet, pour la première, Chelsea a plié l’affaire en allant battre Porto sur un but d’Anelka, bien servi par Malouda, et a confirmé son statut de sérieux prétendant à la victoire finale (0-1). À Nicosie, c’est son statut d’équipe en crise que l’Atlético a confirmé, en n’obtenant que le nul (1-1). Seul un point sépare l’APOEL et les Matelassiers.
Rendez-vous dans deux semaines pour le baisser de rideau de cette phase de poules.
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!!! Règle sur les mains au foot !!!