Pavé sans smiley mais bon... Je n'ai jamais été très doué pour cet exercice, alors il faudra composer avec.
TAGCR - If you think this has a happy ending, you haven't been paying attention...
Après quelques semaines sans le moindre match me voilà reparti pour de nouvelles aventures.
Nous somme fin avril. Je match avec une certaine C. - 31 ans. J'en ai encore 28 à ce moment là. Elle a des cheveux courts, un visage magnifique, des yeux bleus et des photos mettant en avant une passion pour les randos. Sa description est en anglais et là où je vis c'est près de la frontière alors dans le doute j'attaque dans cette langue. Au bout de quelques messages j'apprends qu'elle vient en fait de Normandie, alors je lui propose d'en revenir à notre langue maternelle. Elle a l'air fun, elle écrit de longs messages et relance la conversation. Ce petit manège dure 4/5 jours, et elle me propose de nous rencontrer. J'accepte et rendez vous est pris pour la semaine suivante, un vendredi soir, dans un bar de mon choix dans la ville où elle habite (à quelques kilomètres de la mienne).
On est vendredi 3 mai. J'ai maintenant 29 ans depuis 2 jours et je me sens un homme nouveau, comme si une sorte de compte à rebours avait commencé. Moins d'un an avant de changer de dizaine et de faire une sorte de bilan. J'ai beau me dire que c'est des conneries, que ce n'est qu'un chiffre, je sais que j'en ferai un, alors que dans le fond je devrais juste m'en battre les couilles. Le temps passait avant et continuera de passer après.
Donc me voilà dans ma voiture, me dirigeant vers une énième dragée surprise de Bertie Crochue. Parce que les rencards Tinder, du moins les miens, c'est un peu ça... on ne sait jamais sur quel parfum on va tomber. Est-ce que ce sera un rencard chocolaté ou un à la douce odeur de fumier ?
Il y a eu des averses aujourd'hui et là où je me dirige c'est en direction d'un arc-en-ciel. Je ne suis pas superstitieux, pourtant je me surprends à me dire qu'il s'agit peut être d'un bon présage. Arrivé sur place, le temps a tourné, il pleut des trombes. J'envoie un message à mon meilleur pote rencontré à la fac, le genre de type que j'aurais adoré avoir pour grand frère pour me donner des conseils étant marmot. Je lui dis que je suis garé devant un bar pour un rencard et que les cieux se sont déchirés à mon arrivée. Il me répond qu'une histoire commençant aussi mal ne peut que bien se terminer. On verra bien.
Donc me voilà arrivé. Elle est déjà là et a pris un premier verre en m'attendant. Je m'installe et je commande le mien. On discute, on fait connaissance et elle m'explique qu'elle a mis defausses infos sur son profil (son âge, elle n'est pas encore tout à fait trentenaire, et son prénom). Elle est enseignante et s'est retrouvée dans la région par le jeu des affectations. Tinder est quelque chose de nouveau pour elle et je la crois. On discute de qui elle est, de qui je suis, et elle me demande pourquoi je compare les rencards Tinder à des dragées surprises de Bertie Crochue (c'est dans ma description...). Du coup je lui raconte mes deux derniers CR avec la fille de Saint-Ouen. Un premier rencard prometteur fin 2018 qui m'a ensuite permis d'ouvrir 2019 dans la lose la plus totale. J'ai du progresser en storytelling parce que ça ne l'a pas fait fuir. On termine notre verre, je lui propose d'en prendre un 2ème, elle me dit d'accord mais dans un autre bar. On se dirige vers un 2ème rade. On continue la conversation. Je ne sais pas si ça vaut le coup de tenter quelque chose ou non et j'ai une affreuse envie de pisser (l'alcool après avoir passé la journée à boire du thé, c'est dévastateur). On termine le 2ème verre et elle me propose de bouger vers un 3ème bar plus confortable. On débarque là bas. Elle se pose à une place pendant que je me dirige aux toilettes. Je me demande si elle sera toujours là au retour. Quand je reviens, je vois qu'elle a changé de place à la demande du barman pour laisser les canapés à un groupe. On se retrouve à une place avec 2 fauteuils. Elle s'absente à son tour. A son retour elle se pose à coté de moi et me balance qu'elle aurait préféré un canapé et qu'avec des fauteuils ça lui paraissait désormais terriblement compliqué de se rapprocher subtilement de moi. Le message est passé. Je fais un grand sourire, je la regarde dans les yeux et je lui dis que rien ne nous oblige à être subtils. J'attrape sa main, l'attire vers moi et l'embrasse, activité qui nous occupe ensuite une bonne partie du reste de la soirée. A un moment donné on bouge sur un canapé qui s'est libéré. L'heure de la fermeture approche et je dois être un peu trop entreprenant parce que le barman nous engueule. Elle est gênée comme une gamine de 15 ans et je trouve ça adorable. Mais ça ne la bloque pas pour autant et on continue de discuter et d'échanger notre salive. On termine nos verres, il est 01h00 du matin et le bar ferme (comme tous les autres bars du coin à cette heure là...).
On s'embrasse devant le bar. Elle me dit que son château est dans cette direction et qu'elle n'a pas prévu de recevoir qui que ce soit ce soir. Je lui propose de la raccompagner jusqu'à l'entrée avant de m'en aller histoire de prolonger la soirée quelques instants. Elle accepte. Arrivé au pied de chez elle, au moment de se dire au revoir, je l'embrasse et je refais ce qui m'a valu une engueulade du barman. Je lui dis que c'est bien dommage et que j'aurais bien prolongé la soirée de quelques heures en sa compagnie. Et là bah... les portes du donjon s'ouvrent. On se retrouve chez elle sur son canapé à s'embrasser et à se peloter. Les vêtements tombent les uns après les autres, ça me semble intemporel, presque trop magique. On termine dans son lit et on fini par s'endormir complètement épuisé. On se réveille quelques heures plus tard. Elle me fait un thé. On se repose sur son canapé, puis dans son lit, puis à nouveau sur le canapé. Ce petit manège nous emmène à 13h30. On s'embrasse et deux jours plus tard elle m'envoie un message pour me proposer de se revoir, en semaine et dans ma ville cette fois. Dans un bar.
Je suis emballé et je m'enflamme, cette fille m'excite autant sur le plan sexuel que cognitif. Arrive le jour du deuxième date. J'arrive vers elle, je l'embrasse, on se pose et elle me dit que si elle a voulu que l'on se voit ici avant, c'était pour être certaine que l'on était bien d'accord sur ce qu'on attendait l'un de l'autre. Je lui dis que je comprends sa démarche et je lui demande, puisqu'elle met le sujet sur le tapis, d'exposer ses attentes, même si je crois déjà savoir à quoi m'attendre. Et... Bingo ! Elle ne veut rien de sérieux ni d'exclusif. Elle se casse de la région fin août (elle est enseignante et change d'académie). Je suis dégouté et j'accuse le coup... Elle me demande ce que je veux moi. Je lui répond que l'offre est alléchante mais que je sens bien que je risque de m'attacher. Et que, d'un autre coté, ce n'est pas parce que ça fera mal demain qu'il faut pour autant s'empêcher de vivre de jolies choses aujourd'hui. Je ramasserai mes dents plus tard. En attendant je compte bien faire battre mon cœur très vite et très fort.
Depuis on s'est revu 2 fois (ça aurait été 3 si je n'avais pas été en vacances une semaine). La dernière fois hier soir. J'ai déjà eu des plan culs, du sexe sans émotion, pour l'hygiène. Bah là c'est pas pareil, c'est différent... J'ai le sentiment que ça pourrait se terminer autrement. Je lui demande si elle veut toujours quelque chose de pas sérieux ni d'exclusif. Elle me dit que oui, qu'elle ne veut pas d'une relation à distance. Je lui demande si elle et moi ça aurait un avenir sans le paramètre distance (sous entendu, taper au hasard sur les touches d'un ordinateur en prenant un air savant, je peux faire ça ailleurs aussi, rien ne me condamne à rester vivre dans ma région natale...). Elle me répond qu'elle ne voit pas ça comme ça. Je la coupe. N'en dit pas plus, j'ai compris, tu m'avais prévenu des le début, il y aura une fin à tout ça. On termine notre nuit entre moments de tendresse et de débauche. Puis, après une nouvelle douche à deux au petit matin, un petit dej et des câlins, je la dépose à son lycée. On se dit au revoir. Je la reverrai encore avant son départ, plusieurs fois, je le sais. Et maintenant, je connais avec une absolue certitude notre destinée. Je sais qu'à la fin de cette histoire chacun de nous attachera au souvenir de l'autre celui de quelqu'un de formidable, et tant pis si le prix à payer pour ça est de me faire quelques bleus de plus à l'âme.