Comme promis hier, je vais tenter de décrire ce que je suis, comment je pense, ce qu’est ma vie. Ce sera sûrement un peu long, probablement un peu brouillon par moments car je n’ai jamais tenté cette expérience, donc bonne lecture. Qui sait, peut-être que quelqu’un se rapprochera un peu plus de la façon que j’ai de voir les choses que les rares no-lifes avec qui j’avais échangé avant.
Avant toute chose, je pense que le plus important à souligner est que je ne ressens pas forcément les choses de la même manière que les autres personnes que j’ai croisées. Je ne suis pas soumis à mes sentiments, c’est la logique qui prévaut chez moi dans la plupart des cas. Du moins pour toutes les décisions « importantes » sur le long terme. Je ressens des choses dans beaucoup de domaines : j’arrive à vibrer face à certains films, je m’existe est je saute partout lorsque je viens d’acheter un nouveau jeu vidéo que j’attendais énormément, je peux être un peu déçu lorsque je ne peux pas manger ce super sandwich super apetissant parce qu’il est en rupture de stock. Cependant, dès que l’on touche au domaine des relations humaines, je deviens une pierre, un bloc de marbre. L’avis des autres et pour moi sans importance sur le plan émotionnel. Je vais peut-être en tenir compte lors de ma prise de décision, peser le pour et le contre, avoir l’intelligence de croiser les points de vue avant de prendre une décision, mais toujours de manière logique, rationnel. Un reproche, une critique, ne me feront absolument rien ressentir. La plus violente diatribe à mon encontre me laisserai de marbre. Pas de haine ou de colère à l’égard de mon interlocuteur, seulement de l’indifférence pour lui, de la pitié pour sa bêtise humaine. De la même manière, un compliment ne me fera pas ressentir de plaisir. Je serai content sur le plan logique de recevoir des éloges, car cela montrera que j’ai pris la bonne décision par exemple, mais je n’aurai pas au fond de moi une étincelle qui s’allumera pour me faire chaud au cœur parce que « Ah, quelqu’un m’a fait un compliment, c’est trop trop bien ! ».
Sur un autre plan, les sentiments négatifs concernant tout ce qui a trait à ces relations humaines son diffus, presque inexistant. Mes deux grands-pères sont morts. Je tenais à eux, ils me manquent, je ferai tout pour les faire revenir. Pourtant à leur mort, je ne me rappelle pas avoir ressenti de tristesse, je n’ai pas versé une seule larme. J’ai eu une petite torsion au fond de mon estomac pendant quelques instants et voilà. Par exemple pour la mort de l’un d’eux, je l’ai appris pendant que j’étais avec une de mes exs. Elle ne le connaissait pas beaucoup, mais sur le coup, elle s’est mise à pleurer en l’apprenant. Et elle m’a trouvé hallucinant, car je n’ai eu pour ma part aucune réaction, pas une larme.
Ce que pense les gens ne m’effleure pas non plus. Je me moque de ce qu’ils pensent. J’y prête attention car cela peut me porter préjudice. Par exemple j’évite de sortir les horreurs que j’ai dans la tête au travail pour ne pas bousiller ma carrière (par exemple, ce serait super mal vu de dire que je me fou que des migrants se noient en pleine mer, que cela ne me fait rien). Mais j’y prête attention pour des raisons logiques, non pour des raisons émotionnelles ou humaines.
Un autre point que j’ai du mal à comprendre est le besoin de communiquer lorsque les gens sont en société. Je n’ai pas ce désir de partager ce que j’ai vécu, ressenti, avec les gens avec qui je suis à table. Je n’ai pas besoin de raconter ma journée. Par exemple lorsque je suis avec ma copine chez ses parents, ils discutent entre eux, avec elle, ses frères. Moi je reste silencieux tout le repas sauf si on m’adresse directement la parole ou qu’on me pose une question. C’est la même chose qui se produit lorsque l’on est tous assis dans le salon (c’est rare, en général je préfère rester enfermé dans sa chambre). Ils peuvent discuter, moi je suis tranquillement plongé dans ma game boy. Je ne discute pas parce que je n’en ai pas le besoin, et pas la capacité. Lors d’une discussion avec quelqu’un, je suis capable de réagir à ce qu’on me dit, ou sur le sujet en cours, mais si la personne ne relance pas ou je change pas de sujet, je vais la regarder et rester l’esprit « vide » dans le sens où je ne saurai absolument pas quoi dire. Rien ne me viendra. Lors d’une soirée avec ses amis à elle que j’avais déjà vu et des gens que je ne connaissais pas (par soirée, j’entends un événement rassemblant des gens pour manger et discuter toute la soirée), j’ai passé 90% de la soirée à dormir assis sur un canapé en faisant fi de ce qu’on pouvait penser de moi. Car je n’aime pas ce genre d’événement, ça m’ennuie. Donc plutôt que de m’ennuyer, j’ai préféré dormir (ça a d’ailleurs bien porté ses fruits car ils m’ont trouvé tellement bizarre après ça qu’ils n’ont plus voulu nous voir).
Je n’ai pas de compassion, d’empathie. Un collègue qui a perdu un proche va me souler avec ses « ouin ouin ». Lorsque je fais un cadeau à un proche pour lui faire plaisir, je ne vais pas me sentir bien ou heureux de lui avoir fait plaisir.
En dehors de ma famille, les gens ne sont que des fourmis à mes yeux, sans réelle importance. Mon cercle relationnel se compose comme suit :
- Ma famille proche (parents, frères, etc.., mais mes cousins je m’en fou).
- Ma copine et sa famille (avec qui comme je l’ai dit je ne parle presque pas).
- 4 « amis » du lycée que je vois une fois par an, avec qui j’échange 10 sms dans l’année et qui ne pensent jamais à moi.
- Les collègues de travail qui sont présent uniquement car il faut bien en avoir des collègues. Mais ils ne sont absolument rien à mes yeux. Un décès dans l’équipe ne me toucherait pas.
Du coup, lorsque je sors, c’est soit à deux avec ma copine, soit pour aller jouer à des jeux de sociétés avec deux des amis qui lui restent.
J’ai une timidité « relative ». Je n’ai aucun problème à aller aborder un inconnu au travail pour avoir une information. Je suis capable de crier dans la rue, et je me foutrai que tout le monde me regarder. Je suis par contre incapable de faire connaissance avec des gens. La première fois que j’ai dû dire bonjour à la nouvelle copine de mon beau-frère, je suis resté enfermé 1h dans une chambre pour ne pas qu’elle me voit car je ne supportais pas cette situation. J’ai attendu qu’ils sortent pour me glisser dans le salon. Comme ça en revenant ça a été à elle de venir me dire bonjour. De la même manière je fais des arts-martiaux depuis quatre ans. Les gens du club sont super sympas. Beaucoup sont amis entre eux ou le sont devenus durant ce laps de temps. Et bien pas avec moi, je ne les vois que pour les manifestations du club, mais jamais en dehors. Car je suis incapable d’aller vers les gens, et que les gens ne viennent pas vers moi.
Je ne vis pas mal cette situation. Pour moi, la situation idéale serait une maison loin de tout, avec mon grand jardin potager, mes jeux, et personne autour. Cependant j’ai peur à terme de finir seul, car une partie au fond de moi, que j’ai vraiment envie d’éradiquer, subsiste. Cette partie humaine qui me ralenti et que je traine comme un boulet. J’aime bien fêter mon anniversaire avec mes parents, faire noël avec eux, et j’ai peur qu’à très long terme, je finisse seul, ne me voyant pas faire d’enfants. De la même manière, je suis parfaitement bien seul, mais parfois cette saloperie de part humaine en moi aurait envie d’avoir des amis, de baiser plein de filles comme les autres. J’ai presque été un yes-life durant 3 ans pour mes études. Un groupe de mecs acceptait ma folie, mes bizarreries, et on sortait un peu en bar, on se retrouvait avant les soirées organisées par l’école. Je profitais bien, et puis je rentrais chez moi quand eux partaient danser. Mais c’est une dichotomie assez ennuyeuse pour moi, dans le sens ou parfois, elle essaye de me faire sentir des choses négatives. Ce que moi je veux, ce serait me débarrasser de ce côté humain que je vois comme une faiblesse. Pour moi, l’avenir, le futur, le vrai chemin serait de se comporter uniquement avec logique, et ne garder que les sentiments utiles (par exemple s’extasier devant un film, s’éclater sur un jeu). C’est ce vers quoi je tends de plus en plus, mais l’autre part de moi résiste parfois, et essaye de ressurgir un peu, mais est bien vite étouffée. Attention, je ne fais pas comme certains, à avoir des sentiments que je veux éradiquer pour ne pas souffrir. Non, je voudrais me débrasser de ce résidu humain provenant de ma naissance car je le vois réellement comme quelque chose d’inutile, une faiblesse. Non faiblesse dans le sens machiste du terme, mais plus comme une imperfection, une inutilité de la nature que l’évolution devrait gommer, que ma volonté finira par modifier.
Pourquoi poster ici me direz-vous ? Je ne sais pas exactement. Peut-être une petite part de moi veut-elle essayer de voir si quelqu’un d’autre est dans ce cas, et peut me comprendre, pour évoluer dans l’échange mutuel. Parce qu’au final, les gens avec qui j’ai pu discuter comprenaient parfois certaines chose, comme le fait de ne pas avoir d’amis, de n’avoir quasiment jamais fêter son anniversaire avec des amis etc.. Mais pas réellement ce que j’étais.
Enfin, je ne suis pas devenu comme ça, je l’ai toujours été. En maternelle, je ne participais déjà pas aux activités de groupe. En primaire, je n’étais pas comme les autres enfants, à inviter pleins d’amis chez moi, à fêter mon anniversaire. J’avais même fait un stage d’été durant lequel je m’isolais des autres pour manger. En collège, j’ai eu 2/3 « amis » qui en fait n’en étaient pas. Les autres se moquaient souvent de moi, j’étais un peu à part. Je ne sortais pas, on ne m’invitait pas vraiment. Et ça ne me faisait rien, leurs moqueries n’étaient rien. Au lycée, quand vraiment les gens construisent leur vie sociale, commencent à expérimenter, j’ai rencontré les 3/4 « amis » avec qui je suis encore en contact. Mais je n’ai jamais non plus été invité à aucune soirée, jamais dragué, je ne plaisais à personne. Sur 8 ans d’études, j’en ai fait 5 complétement seul, à seulement discuter avec ma mère au téléphone le soir. Le reste de la journée, je pouvais très bien ne parler à personne. Et je n’en souffrais pas. Les 3 autres années, comme je l’ai dit j’ai failli devenir un yes-life. Enfin depuis presque 4 ans que je travaille, je ne suis devenu proche d’aucun collègue.
Durant ma vie, j’ai eu la « chance » d’avoir 4 copines. Toutes trouvées sur internet car faire le premier pas en vrai est impossible. La première rencontrée sur wow, elle avait 14 ans, moi 18. Ça a duré quelques mois et elle a fini par partir car immature. La seconde je l’ai rencontrée sur un forum internet de personnes seules, car j’espérais trouver quelqu’un, et contre toute attente ça a marché. Mais sur 3 ans de relations, elle a passé 2 ans et demi à me faire des reproches car je n’étais pas ce qu’elle attendait. Elle voulait un mec sociable pour la faire sortir, un mec qui s’intéressait à l’art, la musique. Ses reproches virulents ne m’ont jamais affecté émotionnellement, je n’ai pas changé. Elle a fini par trouver quelqu’un d’autre. La troisième, je crois que dieu est intervenu pour que je ne reste pas puceau. Je l’ai aussi rencontrée sur wow, je ne l’ai pas draguée. Elle a jeté son dévolu sur moi car elle se sentait seul et qu’elle voulait quelqu’un, mais elle ne m’aimait pas. Je ne l’aimais pas non plus. Ça a duré 4 mois en la voyant 4 fois (elle habitait à 900 km). Ça a eu l’intérêt comme je l’ai dit de me permettre de ne plus être puceau. A 26 ans, « il était temps ». Enfin la dernière, et actuelle, je l’ai trouvée sur un site de rencontre. Je crois que j’ai vraiment eu de la chance car cela dure depuis 4 ans, et, même si je ne comprends pas pourquoi, elle m’aime comme je suis, pour ce que je suis. Parfois elle m’aimerait un peu plus sociable, un peu plus humain, mais malgré ça, elle n’essaye pas de me changer.
Je pense m’arrêter là pour le moment. Avec un peu de chance, vous aurez fini de lire ce post, que j’espère descriptif, et pas « ouin ouin », car ce n’est pas mon but.