strife Van Douben! | Salut à tous ! Hello Gil!
Citation :
Le jeu vidéo est considéré (à tort AMHA) comme le "fast-food" du loisir : forte gratification immédiate, coût réduit, accessibilité universelle. Le jeu vidéo a mauvaise presse à côté d'autres passe-temps parce qu'il n'a pas d'alibi. Le sport fait plaisir, mais il a le prétexte "santé" et "développement personnel". Un peu pareil pour la lecture, qui "instruit", etc. Il y a toujours cette rationalisation chrétienne (voire protestante) qui indique qu'un loisir est bon s'il amène des apports concrètement utiles, ainsi "on ne perd pas vraiment son temps puisqu'on s'améliore à travers l'aspect ludique".
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On pourrait mettre dans le même sac que les jeux vidéos (jouer), la musique (écouter), le cinéma (regarder), le théâtre (être spectateur)... bref, tout ce qui divertit l'être humain. Personnellement, je penses que ce sont des leviers qui amènent a la réflexions et la prise de décisions et de positions (ce qui justifierait peut être ton AMHA). Maintenant, aujourd'hui (et j'en ai fais l'expérience) ces moyens de divertissement et de réflexions sont utilisés à outrance et finissent par apporter de moins en moins au fur et a mesure que tu les consommes. L'idée n'est pas d'interdire de jouer, d'écouter, regarder, d'être spectateur, mais juste de s'auto-moderer et ne pas se diriger dans cet excès de loisir qui a la finalité a de grandes chances de ne rien apporter de concret d'un point de vue du groupe, de la communauté terrienne, continentale, nationale, communale....
Citation :
Ces considérations ont filtré dans l'éducation de nos parents (et grands-parents pour vous puisque je suis un des plus âgés de ce topic) : très probablement les heures de catéchisme où le curé apprenait aux enfants les fondamentaux de la Bible, que le travail est la rédemption, et que l'oisiveté est la mère de tous les vices. Plus proche de nous, il y a une offensive de certaines inteligentsia sur "l'entrepreneuriat de soi" et la "performance individuelle". Si cela t' (vous) intéresse, je pourrais vous parler du bouquin que je lis en ce moment : "Alain EHRENBERG - Le Culte de la Performance".
Ce genre de rationalisation ne marche plus avec moi. En bon hédoniste, j'en ai rien fiche que ce j'aime me rende plus intelligent, plus beau, plus riche, plus célèbre, plus organisé, plus discipliné, etc. Quand je monte sur mon vélo pour parcourir 60 kms de routes départementales, je ne pense pas aux bienfaits pour mes artères. Quand je lis des bouquins de sociologie, je ne bâtis pas des plans sur la comète pour faire reluire ces connaissances auprès d'autrui, etc.
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C'est un peu la définition de la passion. Tu fais quelque chose qui te fais plaisir, sans forcement chercher a produire quelque chose ou satisfaire qui que ce soit. Mais pour le travail, ce serait une autre réflexion, ne penses tu pas? A tord, on nous met dans la tête (peut être cette société calquée sur le système religieux) que le travail doit être quelque chose de pénible, ou tu n'as qu'une envie c'est de finir ta journée pour aller jouir de ta passion, quelque chose ou tu te fais plaisir sans forcement produire aucun résultat. Donc en gros, moins tu passes de temps au travail (endroit chiant, ou la productivité est nécessaire) plus tu as de chances d'être heureux dans ta vie puisque le reste du temps, tu jouis de tes passions (activité ludique, sans retour attendu, a part le plaisir). Ne penses tu pas que ce soit un comportement ultra individualiste qui ne permet de satisfaire qu'une seule personne (ou un groupe d'individus restreints)?
Citation :
Ton malaise vis-à-vis des jeux vidéos me semble venir du fait que tu culpabilise. Tu devrais te libérer de ce genre de considération car ça va te gâcher la vie et réduire le champ de tes possibilité aux choses qui sont utiles en occultant celles qui font vraiment plaisir. C'est cette culpabilité qui te fait écrire ceci :
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No soucy, je ne culpabilise pas, ne me sens pas mal non plus. Je ne fais pas dépression.
Citation :
Alors que le jeu vidéo a ses cyber-athlètes, ses rassemblements LAN, et a les mêmes "rapports sociaux" que des sports d'équipe par exemple. Penses-y !
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Je ne contredis pas cet argument, mais la on passe a un autre stade, la personne qui joue au sein d'une team construit quelque chose, elle a un rôle, s'implique dans une communauté, démocratise le jeux video..... On pourrait trouver plein d'autres actions qui vont découler des actions du cyber-athlètes. Mais quand ces millions de joueurs en ligne se connectent sur le serveur, ils n'ont pas la même finalité que ces quelques cyber-athlètes. Je ne bannis en aucun cas le loisir, ce serait vraiment faire une mauvaise interprétation de ce que j'écris, j'essaye juste de comprendre (de me comprendre) comment on peut être satisfait de glander 7h et ne pas avoir envie d'inverser la vapeur.
Citation :
Le "plaisir de la découverte" est pour beaucoup de personnes une très puissante motivation. De façon générale, la curiosité est une caractéristique du comportement des mammifères, surtout pour l'homo sapiens pour qui cette aptitude est devenue néoténique.
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Disons encore une fois que tu prend cette notion de manière très individualiste. C'est super de se faire plaisir en découvrant toujours de nouvelles choses, en acquérant de la connaissance. Mais tu as satisfait seulement une personne et l'être humain vit et cherche toujours a vivre en société, même si on voit le contraire se produire tous les jours et surtout qu'on nous pousse a être divisé. (Diviser pour mieux régner...)
Citation :
Oui, je vais simplifier à l'extrême... Tu reçois une amende pour infraction routière. Elle est de 10 dollars. Tu ne va pas la contester parce que le montant est tellement bas que cela ne ne justifierait pas la contrainte de faire un courrier à l'administration. Tu reçois une amende de 1500 dollars. Tu évalues que cette somme va méchamment amputer le budget vacances, films, etc. Et tu te dis que la nuisance est telle qu'il faut que tu acceptes le désagrément de faire annuler l'amende en prenant rendez-vous avec un avocat, en écrivant plein de réclamations, etc.
C'est pareil pour le temps de travail. 50 heures hebdomadaires : ça te bouffe la vie et ça vaut le coup de se battre comme l'ont fait nos ancêtres au début du XX° siècle pour le droit aux congés payés et au samedi après-midi libéré. A 35 heures, c'est royal. Et dans quelques siècles, après des variations en yo-yo, nous reviendrons grâce à l'automatisation au temps de travail du moyen-âge, où les gens bossaient en fait très peu : http://fr.news.yahoo.com/55/201006 [...] baed7.html
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Merci pour la reformulation. Intéressant comme article, sympa pour débuter une réflexion...
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Taratatata ! Il y a un gros souci avec cet argument ! Selon toute logique, tu as choisi d'avoir cette femme et des enfants avec elle. Cela relève donc du libre-arbitre et non de l'obligation Et à moins que tu ne sois sous l'emprise d'une femme castratrice, vous faites en commun des activités qui vous conviennent. Tu ne peux donc pas dire que la famille est une contrainte au même titre la vitale nécessité alimentaire du travail. On peut se passer d'une vie de couple, mais pas de nourriture et de toit. Si malgré tout, être avec femme et enfant est pour toi une forme incurable de privation de liberté (cela peut arriver : refus de leur part de partager tes activités, mariage religieux forcé, balance des pouvoirs déséquilibrée qui fait que tu te tapes toutes les corvées à la maison), il est temps de divorcer !
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OK, la dessus, j'ai manqué de précision. Ton argumentation est extreme et idéaliste et tout ça dans la même phrase\idée ne sonne pas juste! Tu peux choisir ta femme, choisir d'avoir des enfants et admettre que tous les moments que tu vis avec eux ne sont pas forcement QUE des moments de bonheur.
Ne me dis pas qu'aller faire des courses chez Auchan ou autre enseigne, ou encore le temps de trajet pour rentrer chez toi sont des purs moment de plaisir ou tu te sens libre de faire ce que tu veux. Après pour l'argument de la femme et des enfants, je pense que ce serait de mauvaise foi que de dire que chaque moment est un pur instant de plaisir. Si je continue dans ta logique, il y a des moments ou tu ne veux penser qu'a toi et le fait d'avoir d'autres "individus" (ta femme, tes enfants..) qui ont d'autres intentions ne te rendent pas libre de faire ce que tu avais initialement prévu de faire (a part si chez toi, c'est une dictature et tu ne tiens jamais compte de l'avis des personnes qui vivent avec toi..). On n'a pas tous les mêmes envies au même moment!
Je penses que c'est un peu chercher la petite bête ce que je fais, mais les 16 heures de bonheur c'est largement exagéré et discutable d'ou la nécessité en tant qu'individu d'avoir un travail, une activité professionnelle qui t'épanouis et apporte son lot d'utilité dans le but d'améliorer ce qui existe.
Citation :
Petit apparté : mes collègues ne sont pas "à la limite du burn-out", loin s'en faut. Notre COGIP est "politique" et n'a guère de contraintes concurrentielles. Pour en revenir à ta question, c'est très simple : le plaisir de m'en tirer à bon compte tous les jours ! Je suis une sorte de survivor . Au niveau fondamental, je pense que cela active un mécanisme de récompense au fin fond du cerveau pour la réussite de capacités vitales chez les mammifères, comme la prédation, les manoeuvres de fuite ou d'attaque. Ensuite, il y a la satisfaction d'un certain niveau de la pyramide de Maslow (sécurité matérielle, reconnaissance sociale) et pour finir, ce qui est très important chez moi : l'ataraxie.
En ce qui concerne la prédation, je vais te donner des exemples bien plus éclairants que le mien. Prenons un patron d'entreprise du CAC40, style J6M ou Dassault. Je vais appliquer le même genre de description d'une journée-type que j'ai faite plus haut, en changeant quelques mots:
Citation :
"chouette, une autre journée où je vais me payer sur la masse salariale, bénéficier d'un mécénat de la part des actionnaires qui s'imaginent une plus-value avec mon seul prétendu génie et mon sens de l'anticipation économique. Quelle nouvelle façon de singer le gourou visionnaire à long terme vais-je trouver ? Comment vais-je contourner les mesures fiscales pour l'entreprise et moi ? Comment vais-je ré-orienter les contraintes du code du travail et des syndicats ? Quel roleplay vais-je dérouler devant le meeting annuel de la COGIP et la conférence de presse ?"
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Même exercice avec un politicien :
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"chouette, une autre journée où je vais me payer sur l'argent public, bénéficier d'un mécénat de la part de lobbies, fondation et collectivités qui s'imaginent des améliorations sociales avec mon temps de présence. Quelle nouvelle façon de singer l'humaniste, l'altruiste soucieux du bien public ? Comment vais-je contourner les audits de la cour des comptes ? Comment vais-je ré-orienter les attaques de la presse d'opposition et des adversaires ? Quel roleplay vais-je dérouler devant les caméras lors du prochain discours électoral ?"
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Disons que tu fais un constat avec tous ces exemples au dessus, mais malheureusement pas de solution. La seule solution que je vois dans tes textes, c'est de leur rendre la pareille et c'est la dessus que je me pose des questions. "Ils" n'ont pas raison de faire ce qu'ils font et je ne suis pas certain que c'est en faisant exactement la même chose qu'on va résoudre le problème. Ces patrons et politiques se diront la même chose qu'on se dit en tant qu'employé et citoyen et on retombe sur le schéma du serpent qui se mord la queue. Puisqu'on est tous la a glander, autant glander de façon utile.... je ne sais pas, quelle autre solution pourrait être mise en place?
Citation :
L'actualité française est remplie d'exemples qui ne laissent aucun doute sur les intentions de certains représentants des corps de métiers que je viens de citer. Ce week-end, via Rue89, je suis tombé sur une vidéo ou Maurice Papon interviewé se décrit comme un philosophe humaniste... Et ces gens-là ont cette démarche pendant 20, 30, 40 ans.
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Enfin faut pas tout mélanger non plus. Hitler serait encore vivant qu'il se déclarerait comme avoir bien agi au nom de l'humanité.... A plus
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