Voici mon avis. Un peu court mais j'ai pas mal testé..
Facebook, Twitter et après ? Google Wave pourrait très bien être "the next big thing". Avec ce nouveau système de communication, le moteur de recherche se diversifie encore un peu. Il crée une application en ligne qui emprunte aussi bien au réseau social, au chat, au Google Doc qu’à l’e-mail.
Un temps royaume des communications asynchrones (e-mail, forum), Internet est devenu au fil des années celui des échanges en temps réel (messagerie instantanée, visioconférence). Les réseaux sociaux ont suivi cette tendance, de MySpace à Facebook, tous ont intégré cette notion de réactivité.
Wave tente le pari fou et ingénieux de regrouper tous ces services et usages différents sur une même page. Cette avancée bluffante sur le papier se traduit-elle pour autant par une réussite concrète ?
Les ingénieurs de l’équipe australienne de Google (celle qui est aussi à l’origine de Maps) qualifient Wave d’ « outil de communication et coopération en temps réel ». Si le principe de l’outil est exactement cela, il reste toutefois assez flou. Seule une utilisation concrète permet de comprendre son fonctionnement. La Wave peut s'élargir à toute la pageLa Wave peut s'élargir à toute la page
Google Wave est un tableau blanc, un espace partagé pour discuter, communiquer et travailler avec des amis ou des collègues. Pour cela, plusieurs médias sont utilisables : texte, vidéo, photo ou plan. Sorte de messagerie géante et protéiforme, il peut être consulté en même temps que ses amis, la discussion prend alors l’allure d’un chat, ou de manière complètement décalée, on comparera alors le système à un classique forum. Cette différenciation se fait de manière absolument transparente. On ne fait pas le choix d’une discussion en direct ou en décalé.C’est l’usage que l’on en a qui détermine cette différence.
Le partage d'image au sein de la waveLe partage d'image au sein de la waveGoogle Wave sert ainsi à de multiples choses. Envoyer ses photos à ses amis, les inviter à un événement avec carte à l’appui pour ne pas se perdre, mettre à jour son blog et son statut Twitter ou encore traduire une conversation en temps réel. Cette variété d’usage est notamment due à l’ouverture dont fait preuve Google, puisque tout le monde peut développer un plug-in pour intégrer directement son service.
, plans ou vidéo.
On peut lancer un diaporama photo depuis la waveOn peut lancer un diaporama photo depuis la waveEn y glissant directement ses photos depuis n’importe quel logiciel, vos correspondants peuvent ainsi lancer directement un diaporama en plein écran. Si parmi eux figure le contact Blogger (le service de blog de Google), un nouveau billet sera automatiquement créé sur votre blog. Encore plus ingénieux, chaque commentaire sur votre blog s’affichera au sein de la wave, comme un blip. En y répondant depuis cette dernière, il s’affichera également sur le blog. Un excellent système pour regrouper en un seul endroit la gestion de plusieurs services en ligne.
Le contact Twitter permet de tweeter depuis une waveLe contact Twitter permet de tweeter depuis une waveCe système est également valable pour Twitter. En ajoutant le contact de Twitter à une wave comprenant plusieurs autres destinataires, cela permet à tous de mettre à jour le profil Twitter concerné. Bien moins fastidieux que de donner les identifiants du compte Twitter à une multitude d’utilisateurs. Cet exemple est très pratique dans le cadre d’une communication institutionnelle, elle permet également de savoir ce que chaque personne a tweeté.
, graphiques ou correspondants. Une fonctionnalité qui peut s’avérer indispensable aux waves détaillant un projet commun, notamment pour une entreprise.
La fonction Playback rejoue toute l'évolution des wavesLa fonction Playback rejoue toute l'évolution des waves
Encore plus impressionnant, greffé à une conversation, Google Translate traduit en temps réel une conversation entre deux langues différentes. Wave faisant par défaut apparaître les propos de chaque participant à la conversation, on voit les caractères être saisis sous ses yeux et traduits à la volée.
Ces usages sont très intéressants, mais il n’est pas du tout évident de prendre en main ces outils dès la première utilisation. Impossible, par exemple, de savoir comment les intégrer à ses waves sans devoir visionner toute une série de vidéos. Celles-ci sont très informatives sur les usages possibles de Wave, mais également très chronophages. Regarder une dizaine de vidéos avant d’arriver à utiliser un nouveau service web, on a connu plus ergonomique.
Google va clairement vouloir imposer Wave comme l’outil central de la communication sur Internet. Tous nos messages et fichiers pourront et devront passer par Wave. Pourtant, rien n’est moins sûr.
Wave donne tout d’abord l’impression d’être un vrai service fait par les geeks, pour les geeks. Il n’est pas évident de prendre en main le système du premier coup. On ne comprend pas naturellement où cliquer pour faire fonctionner l’ensemble. Pas évident non plus de savoir quelles sont les fonctionnalités disponibles au premier abord. Quels « robots » ajouter pour que ces fonctions les plus intéressantes (Twitter, Blogger, traduction) soient actives. Il faut vraiment avoir l’esprit curieux et l’envie de fouiller sur net. On imagine donc que tout comme Twitter, le taux d’abandon sera élevé (60 % des utilisateurs n’y reviennent plus au bout d’un mois) : on s’inscrit, on ne comprend pas bien à quoi ça sert, on n’y retourne plus.
Les entreprises pourraient par contre tout à fait y trouver leur compte. La wave partagée entre différents acteurs d’un projet commun est une réelle avancée pour elles. Tout le monde peut éditer un document commun comme dans Google Docs, mais aussi y ajouter toute sorte de compléments (graphiques, images, cartes, etc.). Si on ajoute à cela la gratuité de l’ensemble, nul doute qu’elles sauront très bien l’intégrer dans leur flux de production.
Par sa compilation de service 2.0, Wave pourrait donner une impression de « web 3.0 ». Tout regrouper sur une même page, voilà le vrai tour de force du système. Mais Google devra démocratiser son service lors de son lancement public. Cette version bêta dédiée à « seulement » 100 000 early adopters à travers le monde propose une approche encore trop usine à gaz pour s’imposer tel quel.
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