@Mozz_ L'univers est quantique, donc la réponse on sait déjà que la détermination se fait au moment de la mesure : l'impossibilité des variables cachées est connue depuis le paradoxe EPR. En gros si ce n'était pas de "l'indétermination" en mécaQ (état intrinqués) mais juste une insuffisance de connaissance des paramètres comme dans les théories classiques, alors cela pose des contraintes sur les résultats de mesures successives d'observables incompatibles (des polariseurs selon différents angles), bref statistiquement l'existence de variables cachées "déterminisant" le système a des conséquences. Ces conséquences statistiques ne sont pas vérifiées expérimentalement, les inégalités de Bell sont violées : il n'y a pas de variables cachées et la mécaQ n'a pas tort d'être indéterministe.
La violation des inégalités de Bell est quelque chose de fort, qui me fait contester un peu l'axiome "Fin" à travers le paradoxe EPR : ce paradoxe énoncé par Einstein, Podolsky et Rosen consiste pour bien mettre à l'épreuve ces mesures statistiques de la non-détermination une séparation des événements de mesure de leurs cônes de lumière respectifs. Ils croyaient contrevenir à la remarque précédente, au sens où en pratique les résultats des inégalités de Bell peuvent aussi être du à une corrélation dans les mesures (plutôt que dans l'état d'intrication propre de l'objet mesuré). Et espéraient qu'en éloignant les particules pour qu'elles ne puissent pas "communiquer" alors une détermination de l'une ne fasse pas une détermination de l'autre sans qu'elles ne soient toutes deux déterminées au départ. Manque de bol (expérience d'Aspect) pour eux la propriété statistique d'indétermination sans variable cachée est vérifiée même en éloignant beaucoup: si on raisonne en terme de communication nécessaire, celle-ci est très rapide et de loin supérieure à la vitesse de la lumière. Plusieurs choix: soit c'est plus la relativité restreinte (pas d'information allant plus vite que la lumière et principe de causalité ne marchant que dans les cônes de lumières) qui en prend un coup par la mécaQ, soit il faut admettre qu'il n'y a pas localité de la physique quantique et que donc les particules bien que apparemment séparées en espace continuent de former un tout intrinqué "étalé" et délocalisé en les deux endroits à la fois. Ainsi il n'y a pas "d'information" qui circule (pas entre soi-même, il y a identité des particules), et comme on ne peut pas utiliser ce "tout intrinqué" pour transmettre des informations (une vraie "info" nécessite la comparaison des deux mesures, bref que le résultat de l'autre mesure soit transmis, ce qui se fait à vitesse limitée).
En bref dans l'univers tel qu'on le conçoit actuellement l'indétermination est déjà là (donc ces histoires d'axes bah on connait déjà) et on peut penser que l'axiome "Twin" est tellement fort que si on pense en "communication" (axiome Fin) on fait tomber la relativité restreinte, donc on préfère ne pas penser en communication et faire tomber l'axiome "Fin". En tout cas on multiplie les expériences pour montrer que la vitesse de "communication" si il y en a une, est très très rapide et bien au-delà de celle de la lumière dans le vide (ce qui je le répète est un problème pour la causalité si on donne du sens à cette communication.)
Ainsi donc ce théorème est je pense donc plus un théorème d'abstraction mathématique puisqu'il permet de montrer que les variables cachées sont impossibles par logique même dans un univers ne vérifiant pas la théorie standard de physique quantique (avec la physique quantique vérifiée c'est trop facile), juste à partir de ses observations principales expérimentales de Spin et de Twin (+ Fin, mais j'y crois pas dans notre univers), si l'on suppose une propriété d'indécision forte des expérimentateurs qui est le "libre-arbitre de Conway". Ainsi dans un univers à variables cachées une vérification simultanée de Spin, Twin et Fin (et de l'axiome de variables cachées pour les particules, par hypothèse, ça en fait donc 4) empêche l'émergence au niveau macro de "libre-arbitre de Conway".
Comme dit dans l'article cependant "libre-arbitre de Conway" n'est pas "libre-arbitre": le dernier est une notion philosophique (au sens d'étude du savoir) et cherche à se rattacher au plus d'une Vérité (je reprends le terme d'Hephaestos) de notre monde "brut", tandis que dans le cadre de ce théorème on se donne un monde abstrait et théorique, et on transforme le libre-arbitre en paradigme (comme la causalité, principe qui se retrouve dans bien des sciences très distinctes) et on s'en donne un sens mathématique assez arbitraire. Il correspond à donner une aura au principe de libre-arbitre, disant que ce dernier confère une spontanéïté suffisante pour empêcher la description des choix par des fonctions mathématiques déterminées dépendant uniquement de l'histoire passée. Rien que le verbiage de la définition suffit à voir qu'on est à côté des fondements du libre-arbitre. Surtout j'ai dis plus tôt qu'il me paraissait possible que des machines puissent faire preuve de libre-arbitre, il est envisageable que ces machines soient descriptibles par des fonctions mathématiques par construction de leur algorithme (ou pas..). Bref notion distincte.
La où ce théorème peut être relié au libre-arbitre est dans le "pouvoir" du libre-arbitre: en gros ce que dis le théorème c'est que étant donné l'expérimentateur est responsable de la mesure, au sens où le choix converge vers lui (très souvent il y a co-responsabilité, car il faut qu'il n'arrive pas de catastrophe en même temps etc., mais ici c'est très intéressant: on décrit une expérience où l'on sait très bien que le dérouler découle à 99.9999999% de l'expérimentateur, et lui seul), alors la moindre indécision, indétermination etc. chez l'expérimentateur porte à conséquence sur la structure du monde. En gros si l'expérimentateur est libre, alors l'univers doit être champ d'expression de sa liberté. Et l'on peut sabrer la soit-disant substance de la liberté (âme, théorème mathématique etc.) autant qu'on veut, même je le crois le réduire à néant (car pour moi le substrat fondamental de la liberté est une forme de néant (mais structuré dans la chaîne de causalité). Ca résiste à tous les changements de modèles physique) il restera ce "pouvoir" de la liberté, du à la structure des chaînes de causalité, qui font que "je" prends part de façon significative aux évènements. Et toute contingence émanent de moi, même déterministe, même sous influence du passé, même proche du néant etc. s'impose comme une liberté dans mon rapport à l'action. S'il s'agit d'un néant, la structure instable de la chaîne causale, qui bifurque exactement à la localisation de ce "néant", suffirait je pense à permettre aux êtres pensants de créer puis d'amplifier des doutes.
J'ai certainement dit de grosses conneries sur les indéterminations quantiques, je laisse Hephaestos me corriger. J'ai jamais vraiment regardé en quoi consistait EPR dans le détail et je me souviens plus trop de mes cours où ça en parlait...