Mozz_ a écrit :
Ca ne change rien à la démonstration. Un être humain n'est pas responsable de son génotype, ni de son phénotype. La distinction entre les deux me parait donc inutile, et je ne vois rien dans tes explications qui montre que c'est effectivement utile. J'ai donc généralisé ça en parlant de "code génétique" parce que je vais au niveau de détails qui est pertinent pour la démonstration. Rien ne sert de détailler quand les détails n'apportent rien.
Ah si il est responsable. On l'a montré à maintes reprises, même les fatalistes le disent (je trouve ça très gênant de responsabiliser sans fondement, mais si c'est nécessaire il faut juste être très cyniques).
Citation :
Pour les 'maths' tout ce que tu prouves c'est le déterminisme, en partant d'une hypothèse déterministe c'était pas très dur. Tu mets quand même un temps discret (pratique pour de la récurrence qui s'effondre sinon, mais très discutable), part d'une initialisation sans "liberté" sans le justifier et est très maladroit dans la dite hypothèse de récurrence -l'hypothèse déterministe- distinguant sans raison autre qu'une mauvaise connaissance de la biologie "génotype" et "environnement" alors que le génotype n'est pas le seul facteur inné conditionnant et l'environnement contiendrait quoi: l'ensemble de ce qui donne les acquis? les atomes extérieurs? l'ensemble de la physique (auquel cas ça contient le génotype en fait déjà partie, preuve que tu n'as pas su définir de "moi" au cours de ta démonstration ni délimiter les contours de l'objet étudié qu'est l'homme. Or évidemment si tu prends un point de vue universel et descriptif sans néantisation tu figes tout en simple physique, mais tu ne distingues plus rien non plus.) Mais ce n'est pas pour maladresses que je conteste ton idée, alors je n'en parle pas.
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Toi qui raisonnes beaucoup par intuition, tu es bien tatillon tout d'un coup ^^ Etant donné qu'au fond, on ne sait même pas définir de manière rigoureuse ce qu'est un être vivant, je te concède volontiers que tu me coinceras facilement en me demandant la définition de chaque mot, et la définition de chaque mot servant à définir les premiers, etc... Mais est-ce bien honnête de procéder comme ça ?
L' "extérieur" d'un être humain est une notion qui est triviale pour tout le monde, c'est l'ensemble des interactions entre l'individu et le monde extérieur : ce que les autres gens te disent, quand d'autres gens te touchent, quand tu avales de la nourriture, mais aussi la température, le temps qu'il fait, etc...
Le problème est que la liberté est aussi une notion "triviale". Donc si tu prétends à un humain sans liberté délimite bien, sinon je pourrai toujours te retorquer que tout au long de la récurrence l'humain est libre. Ce qui signifie en fait qu'il est partie de cet "extérieur" qui l'influence. D'où la question par exemple: est-ce que son cerveau (en tant qu'objet physique) est un extérieur?
A t=0, un être humain ne contient que son code génétique, qui vient certes à "t=-1" de l'extérieur, mais ça ne remet pas en cause la démonstration. Au contraire, ça montre bien à quel point un être humain ne se construit jamais "de lui même" comme l'implique la notion de liberté mais uniquement à partir de l'extérieur, et ce depuis le premier instant de sa vie. Bref, pourquoi faire cette précision à part pour embrouiller la "démonstration" ?
Un être humain est donc de ce point vue similaire à un programme informatique (le code génétique) et chaque itération du programme tient compte de ce code génétique ainsi que de toutes ses itérations passées, et des interactions courantes avec l'extérieur (température, actions d'un utilisateur extérieur etc...). Et même si ce programme informatique était convaincu d'être libre parce qu'un programmeur facétieux avait codé en dur cette illusion de prendre des décisions libres, le programme ne serait pas libre pour autant.
Finalement, la discussion peut aussi dévier là dessus : quelle différence (du point de vue de la liberté bien sûr) y a t-il entre un être humain (qui à l'origine n'est composé que d'un code génétique et qui ensuite se "construit" à partir de ses interactions avec l'extérieur) et d'un programme informatique (même basique) qui prendrait des décisions (le plat du jour à la cantine par exemple) en tenant compte de l'environnement extérieur (le temps qu'il fait, les légumes de saison) et de ses décisions passées (c'est à dire par exemple les plats précédemment choisis, histoire d'éviter les répétitions) ?
Ce programme informatique aura beau dire : "Ah mais je suis libre, je choisi les plats que je veux . D'ailleurs, si tu me dis le futur plat que je vais choisir, je prendrai un malin plaisir à choisir un autre plat gnark gnark", ça fera doucement rire le gars qui l'a programmé.
Si l'univers pouvait rire, il poufferait de voir ainsi de bêtes programmes comme nous avoir l'arrogance de se croire libre et de prendre des "décisions libres".
Le programmeur aurait tort. Je ne prétends pas que des extra-terrestres nous jugeraient libres, la notion pourrait leur être étrangère
Quant à la remarque sur le temps discret, hmm lol... C'est le principe d'une démonstration par récurrence. Si on te dit :
Il y a une rangée de "n" arbres. Quand un des arbres brûle, le feu se propage à l'arbre voisin. Si je mets le feu au premier arbre de la rangée à l'itération 0, alors à l'itération 1, le feu se propagera à l'arbre suivant, etc etc... jusqu'à brûler toute la rangée à l'itération "n-1".
Quel sera alors l'intérêt de dire : "Ah non mais ça marche pas parce que tu discrétises le temps". Au lieu de parler d'itérations, je parle de "t=0", "t+1", etc... mais c'est la même chose.
La récurrence n'est un mode de démonstration valable que sur les ensembles discrets, c'est le "principe" comme tu dis. Sauf que le temps a probablement une structure mathématique beaucoup plus complexe que cela -même, voire surtout, en quantifié-. Prends un ensemble continu quelconque et le raisonnement inductif est foireux.
Encore une fois, toutes tes objections sont basées sur des points de détails absolument sans importance, et si j'en arrivais à détailler autant que tu le souhaites, la démonstration serait inutilement compliquée, longue, et potentiellement incompréhensible par une autre personne que celui qui l'a écrite. J'attends des contradictions sur le fond, et pas sur des détails insignifiants (ou alors montre en quoi tes objections sont pertinentes parce que pour le moment, je ne vois pas).
Et à part ça tu pars sans a priori? Parce que ta vision est cynique elle est bonne? Elle est surtout absurde. J'ai dis que je ne partirais pas dans les détails techniques, car ce n'est pas le fond de mon reproche. Je veux juste que tu comprennes que ta démonstration sera toujours bancale.
Concernant "le livre", note bien que tu as été le premier à en parler. Personnellement, je me fiche un peu de savoir si un tel livre existe. Si le monde est déterministe, un tel livre peut exister, et sinon non. Et quand bien même un tel livre existait, personne ne pourrait le lire. Ca me semble donc inutile de parler de ce livre pour prouver que le monde est déterministe ou non. D'ailleurs, je ne m'explique pas que quelqu'un qui semble aussi calé en philosophie tombe dans des facilités pareilles. Évidemment que si tu lis un livre censé prédire l'avenir, tu peux faire mentir ce qu'il y a d'écrit en agissant différemment, c'est totalement trivial, même pour un enfant de 5 ans. Mais alors dans ce cas, ce "livre" en question sera faux, et ce ne sera donc PAS le fameux livre ultime qui prédit l'avenir. C'est une sorte de démonstration par l'absurde que si un tel livre existait, personne ne pourrait le lire. Les seules prédictions que le livre pourraient faire s'il est lu, seraient des prédictions "point fixe", c'est à dire des prédictions qui se réalisent même si quelqu'un les lit (on en avait déjà discuté avant dans ce topic).
Exactement. Maintenant l'impossibilité même dans un monde déterministe de présenter ce livre a priori à un humain sans risquer une mise au défi, et pouvoir le présenter a posteriori, ça s'appelle comment selon toi?
Bref, je ne vois pas l'intérêt de parler de ce genre de livre, ça ne prouve rien, dans un sens comme dans l'autre. A la limite, on est d'accord pour dire qu'on ne pourra jamais construire de machine à prédire l'avenir qui soit visible par tous, mais là encore, je ne vois pas l'intérêt dans la discussion. Ca ne prouve même pas que le monde est déterministe ou non.
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