Bon, je me dois de réagir
Déjà je n'aime pas du tout le raccourci : psychologue --> non-scientifique --> charlatan.
Dire que les psys ne servent à rien, alors qu'on est même pas capable de faire la différence entre un psychologue et un psychiatre n'est pas mal non plus.
Pour pouvoir juger, il faut connaître un minimum, au moins être allé voir plusieurs psys, et ne pas déclarer que, parce que ça ne vous a pas servi, c'est que ça ne sert à rien.
Les psychiatres sont effectivement des médecins avant tout. Ce sont eux qui vont vous prescrire des antidépresseurs.
Et c'est là la seule différence qu'ils ont avec les psychologues.
Et c'est pourquoi j'ai du mal à vous comprendre, quand vous dites qu'il vaut mieux aller voir un psychiatre, parce qu'un psychologue est un charlatan et n'a aucune expérience
Je suis étudiante en psychologie, en 3ème année de licence. J'ai, depuis le début de mon cursus, une dizaine d'heures de neurosciences par semaine, cela ne fait pas de moi un médecin, mais connais les molécules, les antidépresseurs, les mécanismes neurophysiologiques de la conscience, de l'apprentissage, de la dépression, etc.
J'ai des stages à faire également, ce semestre je bosserai avec des détenus, l'année prochaine aussi je l'espère, vu que c'est là-dedans que je veux me lancer.
Avant de pouvoir devenir psychologue, après mon Master, je devrai faire 2 ans de stage, pour avoir justement une expérience du terrain, et pouvoir être considérée en tant que psychologue à part entière.
J'aimerais savoir en quoi j'aurai moins d'expérience de terrain qu'un psychiatre qui sort de ses 8 années de fac de médecine ?
Ce que les gens devraient savoir, pour choisir leur psy (psychologue, psychanalyste ou psychiatre), c'est d'abord s'ils souhaitent être suivi médicalement, dans ce cas-là, pas de doute à avoir, la camisole chimique a fait ses preuves
Mais surtout, l'orientation qu'ils souhaitent donner à la thérapie.
A mon sens, un psychanalyste ne guérit pas. Il aide à mieux se connaître, il fait régresser, etc... Mais ce n'est pas une thérapie, comme vous souhaiteriez souvent en avoir, qui pourrait vous soigner de votre dépression.
Maintenant, psychiatres comme psychologues, peuvent avoir plusieurs orientations différentes :
- les orientations psychanalytiques (dont comme dit précédemment, axées sur la parole, la connaissance de soi, les traumatismes vécus dans l'enfance, etc... mais déjà plus portée sur de la thérapie à part entière),
- les orientations systémiques (travaillent sur vos relations avec votre entourage, thérapies familiales, toussa...)
- les orientations cognitivocomportementales (qui travailleront sur vos symptômes, ils partent de votre mal-être présent, vous rendent acteurs de la thérapie en vous donnant des exercices à faire entre les séances pour sortir de vos problèmes)
Je suis clairement pro-thérapies cognitivocomportementales, qui sont le résultat des recherches en psychologie scientifique. Parce que oui, la psychologie est une science, dingue non ?!
Être psychologue, ce n'est pas juste visser une plaque en bas de son bureau, c'est avoir fait des études, être passionné, parce que les études sont longues et plus difficiles qu'on ne le croit.
Les gens qui n'ont pas fait de psychologie, ou qui n'ont pas discuté avec des étudiants en psychologie, ne connaissent rien à ces études. On croit qu'on étudie des choses complètement abstraites, sur l'inconscient, toussa. Mais l'inconscient, les rêves, Freud, c'est de la psychanalyse, pas de la psychologie, et ce n'est que très vaguement abordé, en début de cursus.
Après cela dépend beaucoup des facs, car la psychologie est une discipline jeune, qui subi des influences de courants et d'évolution des connaissances. Je suis à Lille, et nous avons, je crois, la fac la plus scientifique de France, donc ça me fait un peu bondir quand je vous lis ^^
Les psychothérapeutes (autres que psychiatre, psychologues), je n'en parle pas, parce qu'effectivement, ils n'ont aucun diplome reconnu, ils ont vaguement suivi une formation.
Les psychanalystes sont des psychologues, qui se sont fait suivre par un psychanalyste "tuteur", qui leur a "enseigné" la psychanalyse.
Il faut voir aussi l'âge de votre psy. C'est con, mais jusque dans les années 1970-1980, c'était la psychanalyse qui régnait en maître. Ces années ont vu l'apparition du cognitivisme, qui est désormais la courant théorique majoritaire.
J'ai été suivie récemment par une psychiatre. J'étais allée la voir, parce que j'allais très mal et que je pensais à un traitement antidépresseur, moi aussi. Quand je suis arrivée dans son bureau, je suis tombée sur une dame relativement âgée, qui m'a dit qu'elle ne prescrivait plus, parce qu'elle se préférait psychanalyste.
J'ai dû arrêter le travail avec elle, parce que cela ne me convenait pas...
Je l'ai su parce que je connais l'univers de la psychologie.
Mais combien de gens, non informés (et c'est normal), vont voir un psy un peu à l'aveuglette, ne connaissent même pas la différence entre psychologue, psychiatre, psychanalyste, psychothérapeute... Tombent sur quelqu'un qui ne leur est absolument pas adapté, et au bout de quelques temps arrêtent la thérapie, en proclamant que "les psys ça sert à rien".
Ce qu'il faudrait, c'est plus d'informations sur ce métier, qui a ses détracteurs, et c'est bien normal.
Cela dit, je ne dis absolument pas que tous les psys sont excellents, passionnés, et valables. Il y a aussi beaucoup de blasés, ou de je-m-en-foutiste.
J'ai rencontré pas mal de psys, pour mon besoin personnel, et je suis tombée sur des énerguènes de toutes sortes. Il y a des cons partout
Ca se retrouve dans tous les métiers, mais là, comme on touche au domaine de l'intime, du très personnel, cela se ressent tout de suite plus.
Chacun voit midi à sa porte, il y a aussi très certainement des gens qui ne ressentent pas le besoin ou même qui ne se sentent pas capable de raconter leur vie à un inconnu, et ça se conçoit parfaitement
D'autres aussi, considèrent qu'ils se connaissent très bien eux-mêmes, et qu'ils n'ont pas besoin de quelqu'un qui prétendrait tout mieux savoir.
D'autres ont peur de ce qu'ils vont entendre
Personnellement, j'ai ressenti le besoin de parler à quelqu'un qui allait être objectif, qui allait pouvoir me donner un avis externe sur ma situation. Je savais aussi que c'était quelqu'un qui connaissait le monde interne de l'être humain, qui en avait vu beaucoup, qui savait comment le psychisme fonctionne. Qui connait le domaine des émotions. Et qui allait savoir me conseiller peut-être mieux que quelqu'un qui n'a pas ce recul.
Enfin voilà, désolée pour le pavé, mais j'ai bondi sur mon clavier après vous avoir lu ^^
J'espère avoir quelques réactions, et je suis dispo si vous voulez plus de renseignements sur les psys, vus par une future psy 
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