Bon, soirée Halloween hier !
Au programme : Trick 'r Treats, From Beyond, et enfin Don't be afraid of the Dark.
Trick 'r Treats (2007) est un film d'horreur recoupant quatre histoires sur le thème d'Halloween. Elles ne s'entrecoupent pas vraiment même si des clins d'œil apparaissent (on croise un personnage qui meurt dans une autre histoire, on le voit se faire attaquer par la fenêtre, etc.).
Bon je vais faire court, c'est globalement parfait pour une soirée d'Halloween : le film en lui-même a ses qualités et ses défauts, mais ses qualités font mouche pour un film d'halloween : y a des monstres, des morts, des citrouilles, de l'humour, des moments WTF, et on ne s'ennuie pas.
Une bonne mise en bouche je dirais.
From Beyond (1986) est un film d'horreur inspiré d'une nouvelle de H.P.Lovecraft, réalisé par Stuart Gordon et mettant en scène Jeffrey Combs, exactement comme Reanimator, donc. C'est l'histoire d'un scientifique fou (évidemment) qui invente une machine qui stimule la glande pinéale et permet aux gens stimulés de voir des créatures qu'on ne voit habituellement pas mais qui nous entourent en permanence. Le problème, c'est que l'utilisation de la machine rend addict malgré les dangers (les créatures sont hostiles), et le docteur Pretorius (hommage à la fiancé de Frankenstein) meurt attaqué par l'une de ces bestioles. Son assistant, Jeffrey Combs, est arrêté pour le meurtre et interné. Une jeune psychiatre décide de lui offrir la liberté s'il accepte de recommencer l'expérience, et c'est là ça (re)part en couille.
Je vais être clair : EXCELLENT !
Visuellement ça rappelle à la fois Re-Animator et The Thing. Il n'y a que trois personnages principaux (le troisième est Ken Foree, Peter dans Dawn of the Dead (le black, quoi)) mais on croit à leurs rapports et aux motivations différentes qui les poussent à venir dans ce manoir sinistre pour retenter l'expérience. Le gros point fort du film est évidemment les créatures, et surtout LA créature, qui prend plein de formes différentes toutes plus dégueulasses les unes que les autres (là ça rappelle clairement The Thing pour le côté polymorphe). Y a Jeffrey Combs qui joue en mode over-the-top, des plans nichons, la psy qui se sappe en tenue SM parce que la stimulation de la glande pinéale stimule également les pulsions sexuelles, des passages à gerber, d'autres super marrants, MAIS il y a aussi des passages super glauques où tout le monde est mal à l'aise.
Je le conseille ne serait-ce que pour les effets spéciaux et la performance de Jeffrey Combs. On ne s'ennuie pas du tout, c'est vraiment le coup de cœur de la soirée.
Don't be afraid of the Dark (2010)... Comment dire...
Une catastrophe. C'est ce que j'ai vu de plus nul depuis longtemps, aussi nul que la 2e partie de Sinister (dans le genre tout tombe à plat) mais sur le film entier. C'est l'histoire d'un type lambda dont on se tape, qui ramène sa fille issue de son ancien mariage dans sa maison hantée sans qu'on sache trop pourquoi (apparemment sa mère dit que ça lui ferait du bien, bon). Au début la gamine n'aime pas la nouvelle copine de son père, Katie Holmes, parce que... Parce qu'on ne sait pas trop pourquoi non plus, elle ne l'aime pas. On touche là le principal problème du film (enfin, y en a beaucoup de problèmes principaux) : quand on fait un film où il arrive quelque chose à un enfant, il faut deux choses :
1) qu'on s'attache à l'enfant pour que ce qui lui arrive nous touche
2) qu'on comprenne à quel point ce qui arrive est épouvantable pour les parents du gamin, qu'on souffre avec eux
Sauf qu'ici, comme leur famille est tout sauf crédible (en gros, on voit trois acteurs s'échanger des répliques comme des robots en essayant de nous faire croire qu'ils ont passé plus de dix jours ensemble) et que la gamine provoque elle-même toutes les catastrophes (elle ouvre tous les passages aux créatures méchantes du film), aucune des deux conditions n'est remplie.
En gros, la gamine entend des voix diaboliques qui lui disent "ouvre-nous, on est gentils, par contre on n'aime pas la lumière parce qu'on est diaboliques", et elle le fait avec euphorie. D'ailleurs, il faut savoir que cette enfant n'intéresse personne, puisque tout le film peut se résumer de la façon suivante : personne ne surveille une gamine de 8 ans dans un manoir géant (et hanté) et résultat il lui arrive des bricoles. On tient les parents les plus irresponsables du cinéma juste après ceux de The Gate.
Le film tombe dans le méga cliché du père AVEUGLE qui refuse de croire sa fille attaquée par des dizaines de petites créatures en images de synthèses par crédible. Jusqu'au bout du bout il refuse de croire, avec des arguments merdiques (il doit penser à son boulot, elle est simplement triste, sa mère lui manque, elle est grosse et moche, des trucs comme ça), à ce que dit sa fille moche. Des éléments du scénario sont mis en place puis complètement oubliés : la gamine tue l'une des créatures (des petits singes/rats d'environ dix centimètres de haut) dans la bibliothèque, le plan montre en gros plan un petit bras qui tombe par terre, on se dit ÇA Y EST
ils vont la croire, mais non.
Tout ce passage est complètement occulté et une demi-heure plus tard, le père a couché la gamine avec un somnifère et les deux l'abandonnent (lui va démarrer la voiture et Katie Holmes entend du bruit en bas et donc descend dans le noir car le courant est coupé, laissant la gamine toute seule pour la trentième fois
Parlons-en du noir, d'ailleurs ! Je suis sidéré qu'un film qui s'appelle N'aie pas peur du noir rate à ce point la mise en scène de l'obscurité. Il n'y a aucun contraste angoissant, la nuit ne fait jamais peur, elle est toujours jaune, bleue, ou ensoleillée.
Oui, vous avez bien lui : dans Don't be afraid of the Dark, la nuit est constamment ensoleillée. Mais vraiment, on voit des rayons à la fenêtre quand les personnages sont censés dormir ou être au lit. Ils ont même été foutus de mettre une VERRIÈRE dans la CAVE, le seul endroit où il devrait faire noir par définition !!!
C'est du gros ratage à tous les niveaux. La petite fille fait semblant de se battre avec des images de synthèse dans des scènes sans aucune tension (la scène de la baignoire est l'exemple parfait de la tension qui tombe à plat tant il ne se passe rien de crédible), le père continue de ne rien vouloir voir, Katie Holmes essaye désespérément d'avoir un personnage intéressant, la fameuse scène où un type avec des lunettes explique le pourquoi du comment à l'héroïne (par exemple, le type à la webcam dans Sinister) est expédiée et incompréhensible : jamais on ne saura pourquoi le bibliothécaire de 20 ans connaît tout sur tout à propos de la maison et du type qui y vivait y a 100 ans.
Ah oui et comme d'hab dès que Guillermo Del Toro met sa patte dans un film de ce genre : les décors extérieurs sont aussi jolis que pas crédible une seconde, les personnages évoluant dans un joli studio qu'on a décoré jusqu'à vomir de perfection pour qu'il ressemble à une forêt mystérieuse.
Oh que c'était mauvais. Par contre on a démonté le film, c'était donc finalement assez drôle, la soirée s'est bien fini, merci zizi, au r'voir m'sieur dames. ![[:lefab:5] [:lefab:5]](https://forum-images.hardware.fr/images/perso/5/lefab.gif)
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