Gros Boulet Born to troll | The Tree of Life, et Malick:
J'ai plutôt l'impression qu'au début des parties principales, la voix-off précède ce qui sera montré à l'écran (intro, voix de la mère avant la séquence "univers", voix du fils avant la séquence "naissance"...). Mais comme il s'agit d'un film mémoriel, ce qui est montré s'est déroulé avant les paroles prononcées dans ces voix off. C'est plutôt cognitivement que c'est "juste".
Je trouve, au moins sur un plan esthétique, qu'elle n'atteint pas les (nombreux) sommets du début et du milieu du film. Et, par contrecoup, elle est plus faible, juste "moyenne" (quoique acceptable) dans un film qui naviguait plus haut.
Avec plein de raisons derrière cela d'ailleurs. La principale étant que je trouve Malick moins à l'aise quand il traite de l'imaginaire plutôt que de la mémoire, de l'allégorie plutôt que du vécu - la séquence n'a pas le même "naturel", on sent davantage les acteurs en train de jouer, et du coup le côté factice de l'ensemble. Il y a des passages symboliques dans le reste du film, mais ils sont plus courts, mélangés à des séquences mémorielles, ce qui fait qu'ils s'intégraient beaucoup mieux, étaient plus équilibrés, plus subtils. La plage est également un sacré poncif de fin de films - choix justifiable, mais un peu cliché... les autres clichés de la partie familiale marchaient car ils renvoyaient à la mémoire, au vécu du spectateur; ici ça ne peut plus être le cas. Je rajouterais à ça que l'important est davantage dans le chemin et le voyage que dans la destination finale; le "paradis" m'ayant d'ailleurs toujours semblé un peu lisse et ennuyeux comparé à la vie elle-même.
Au fond, cette fin est correcte, mais je ne peux pas m'empêcher de la trouver un peu décevante par rapport au reste. Sans savoir non plus ce qui pourrait être fait pour la rendre "meilleure", il n'y a pas vraiment d'erreurs là-dedans.
Je n'ai pas non plus d'exemple de ce qu'il faudrait changer, et je suis bien d'accord que les choix de Malick comportent une part d'inconvénients mais aussi des apports intéressants, les seconds l'emportant à mon avis sur les premiers. Ca en fait un film fondamentalement imparfait, car il n'est donc pas sans reproche - et cela vient de la nature "impossible" du projet lui-même à mon avis. Mais cette imperfection choisie et assumée lui permet aussi d'atteindre des sommets, et c'est bien cela qui compte.
nakata a écrit :
Je suis habitué à avoir des coups de cœur pour les "films malades" que beaucoup trouvent mal foutus mais qui sont super attachants dans leur délire... John Carter, Doomsday, les Chroniques de Riddick, World Invasion Los Angeles, Tueurs Nés, U-Turn, même le début de Mission to Mars - surtout les scènes de Tim Robbins (bon j'avoue, à partir du moment où ils arrivent sur la planète ça tient du navet), District 9, Strange Days... Et Alexandre est un peu dans cette catégorie je trouve : c'est grandiose, foutraque, assez hétéroclite au niveau du style et de l'ambiance, la cohérence d'ensemble ne saute pas aux yeux, mais ça a une vraie personnalité, un parti pris, qui me les fait préférer aux trop lisses Avatar, Ligne Rouge ou Avengers...
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The Thin Red Line, pas de parti pris et pas de personalité, film lisse? J'ai l'impression qu'on n'a pas du tout vu le même film. Malick est un réalisateur dont le style, les thématiques, etc... sont très marqués, voire même extrêmes. On peut aimer, on peut détester, c'est normal que ça divise. Mais "lisse", "pas de personalité", là franchement je ne comprends pas.
Quant à Avatar, même si je peux lui trouver un côté trop consensuel quant à son contenu, le cinéma de Cameron a quand même de la personalité. Au moins cette tendance à la démesure, cette volonté de faire du spectacle universel et total, en poussant les limites technologiques du medium. Et surtout, à matérialiser ses rêves à l'écran, et y parvenir. On peut détester, hein, mais il y a quand même de la personalité derrière.
(pas vu Avengers)
Ridley Scott:
fiscalisator a écrit :
20 ans 1992 1492 : Christophe Colomb
2000 Gladiator 2002 La Chute du faucon noir 2003 Les Associés
2005 Kingdom of Heaven
2007 American Gangster
ce gars est devenu une industrie tout seul. il produit, il réalise, sur du cinéma mais aussi sur de la télé
vous voulez forcément le mettre sur un plan d'égalité avec Malick ?
parce que les 7 années d'abstinence avant de voir Tree Of Life (qui est là pour récompenser la foi sans doute ) sont ponctuées de quoi ? 7 années d'Harry Potter ????
bourdayl
heureusement qu'il y a des R. Scott capables de pondre des bons films et des succès commerciaux
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Bien sûr, Scott est utile à l'écosystème. Bay, Emmerich & co le sont d'ailleurs aussi.
Faire tourner l'industrie, je m'en tape quand il s'agit de discuter des auteurs et de leur place dans l'histoire de l'art. Et je préfère très largement voir un auteur sortir un unique chef-d'oeuvre tous les vingt ans, que sortir dix films pépères et oubliables dans le même laps de temps.
pesos a écrit :
Mauvaise foi spotted. Tu commence en parlant de "film marquant" pour terminer sur "bon film" et on apprend qu'il en a fait qu'un ou 2 en 20 ans... Sache que l'on peut faire des bons films sans forcément marquer une génération ou en faire un chef d'oeuvre. La plupart des films de Ridley restent des bons films, faut pas déconner non plus. Sinon t'en connais beaucoup des réalisateurs qui pondent des chefs d'oeuvre ou des films "marquants" à tous les coups ? Moi non.
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"Beaucoup", non, certes. Il y en a quand même, j'ai pas souvenir d'un Dreyer ou d'un Kubrick avec le moindre déchet dans leur filmo - vu leur taux de productivité, encore heureux. Et même certains "productifs" sont très denses, chez les Kurosawa, Bergman, Ozu... il n'y a pas beaucoup à jeter.
Mais surtout, ce qui m'interpelle, c'est que beaucoup de réalisateurs s'améliorent, s'enrichissent, vont plus loin avec le temps. Ridley Scott, c'est vraiment l'inverse.
pesos a écrit :
Que vous aimiez pas je peux le comprendre, mais faut reconnaître que c'est un sacré réalisateur. Quand tu vois Kingdom of Heaven qui s'est fait atomisé à sa sortie en salle (ça continue d'ailleurs aujourd'hui) alors que le film a été massacré par les studios au point de faire tomber des pans entier du scénario, je me demande finalement si la masse a vue une seule fois la version director's cut (qui rend pleinement justice à la démarche initiale de Scott) ou si tel des moutons elle se contente de dire "c'est nul" sans chercher plus loin. Parce qu'il n'y a pas à chier, c'est un putain de film. J'échangerais pas 10 films insipides de super héro contre 1 KOH 
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Je l'ai vu en director's cut. Je lui reprocherais grosso modo la même chose que la plupart des Ridley Scott récents que j'ai vus: la lourdeur du contenu et des effets, le manque de subtilité. Au final, j'obtiens un divertissement certes agréable, mais qui hélas est très vite oublié car très oubliable.
J'échangerais pas vingt Kingdom of Heaven, même director's cut, contre le quart d'un Alien ou d'un Blade Runner. Ni contre un The Duellists en entier d'ailleurs.
Meganne a écrit :
Pour ma part je ne réduis pas. Je donne juste mes préférences.
Gladiator je ne sais plus qui a dit ça mais c'est vrai que c'est à mon goût 'boursouflé', pompeux tout c'qu'on veut sur ce mode là, je trouve ce terme très adéquat.
Cela étant je conçois parfaitement que l'on puisse aimer ce genre de film qui est malgré tout devenu une référence (parmi d'autres), mon "bon goût" n'est pas mètre étalon, ma sensibilité n'a simplement pas été touchée.
Par contre quand je regarde la filmo de scott, son travail, sa façon de réaliser, son souci du détail, de mettre en image/en scène, de créer des univers et d'influencer tout un monde de cinéma, je constate que je n'ai pas la même appréciation du terme "médiocrité".
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C'est bien fait, ya beaucoup de boulot, c'est "efficace", ça atteint ses objectifs, je ne dirais pas le contraire. Mais il n'y a plus le truc supplémentaire qui donne des grands films, et différencie le boulot du bon ouvrier des fulgurances de l'artiste. J'ai l'impression que Scott n'essaie plus que de faire des bons gros blockbusters, et effectivement ils marchent la plupart du temps. Par contre, creuser des voies vraiment nouvelles, surprendre, aller plus loin, ça j'ai l'impression qu'il ne le tente plus. La fin de carrière de Ridley Scott est médiocre, parce que son début de carrière était génial. Et qu'on aurait aimé que ça continue un peu plus.
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