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Topic Ciné - News, discussions, débats, infos, bandes-annonces, séries

n°75487485
brown pape​r bag
Concours de pyjama mental
Posté le 26-10-2026 à 18:47:05  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
 
Peking Opera Blues (Tsui Hark).
 
 
Revoir Peking Opera Blues en salle, dans une belle restauration 4K, rappelle à quel point Tsui Hark est incapable de rester sagement à l’intérieur des conventions qu’il convoque. Il prend un genre, en maîtrise parfaitement les codes, puis éprouve presque physiquement le besoin de les pousser trop loin. Chez lui, le « trop » n’est pas une maladresse : c’est une méthode.
 
Le film est ainsi à la fois comédie d’aventure, satire politique, film d’action, récit de travestissement, mélodrame, buddy movie féminin et théâtre filmé. Tsui ne choisit jamais vraiment entre ces registres : il les fait cohabiter, se heurter, se contaminer, jusqu’à produire une sorte de mouvement perpétuel.
 
Le trio féminin est le cœur affectif du film. Leurs rapports évoluent avec beaucoup de charme, entre rivalité, complicité, admiration et désir, jusque dans cet étrange moment d’érotisme lesbien soft, surexposé et délicieusement daté lorsqu’elles sont ivres ensemble. Ce n’est pas seulement amusant : cela donne au film une chaleur qui équilibre son agitation constante.
 
Visuellement, c’est souvent splendide. La photographie, les décors et la composition des plans sont extrêmement inventifs, avec une utilisation très précise de la profondeur, des diagonales et des mouvements dans le cadre. Paradoxalement, c’est presque ce qui rend le montage si frustrant : il est tellement hystérique qu’il laisse rarement le temps d’admirer ce que la mise en scène vient de construire.
 
En 1h44, Peking Opera Blues donne ainsi l’impression d’avoir compressé une odyssée de trois heures. C’est réjouissant, épuisant, excessif, parfois à deux doigts de l’asphyxie. Et probablement très représentatif de Tsui Hark : un cinéaste qui connaît parfaitement les règles du spectacle populaire, mais qui semble toujours avoir besoin d’en franchir la limite.
 
 
- Tching ! Tchang ! Pan ! Pan ! -
https://www.darksidereviews.com/wp- [...] 80x340.jpg


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Eponyme
mood
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Posté le 26-10-2026 à 18:47:05  profilanswer
 

n°75490006
Ignatius R​eilly
Posté le 27-10-2026 à 07:14:27  profilanswer
 

brown paper bag a écrit :

Le Corset (Louis Clichy)
 
Il suffit parfois de quelques lignes, d'un peu d'encre de Chine et d'aquarelle, et d'une histoire toute simple pour provoquer des émotions considérables. Le Corset est de ces films dont l'apparente modestie dissimule une intelligence narrative remarquable. Et c'est bouleversant.
 
Christophe a onze ans et grandit dans une exploitation agricole de la Beauce, dans les années 80. Il souffre d'une scoliose qui le fait constamment pencher sur le côté et l'oblige à porter un corset orthopédique. Dans ce monde rural où les traditions familiales et les conventions sociales dessinent des trajectoires toutes tracées, difficile de grandir quand on ne parvient même pas à se tenir droit.
 
Tout le film semble gouverné par une géométrie contrariée. Il y a l'horizontale, celle des immenses champs de blé de la Beauce, des paysages plats, quadrillés par les cultures et les machines agricoles, mais aussi celle d'une communauté dont les conventions sociales dépassent rarement la ligne d'horizon. Il y a la verticale, celle de la croissance, de l'injonction à se redresser, à grandir, à s'élever. Et puis il y a l'oblique, celle de Christophe, dont le corps et l'esprit refusent obstinément de suivre les lignes qu'on voudrait leur imposer.
 
Cette singularité devient même une forme de pouvoir fantastique : quand Christophe penche, c'est parfois le monde entier qui bascule autour de lui. Est-ce réel, est-ce fantasmé ? Le film a l'intelligence de ne jamais trancher. Le merveilleux s'invite dans le quotidien avec un naturel désarmant, sans explication ni justification. Le fantastique n'est pas une simple métaphore plaquée sur le récit : il en devient une composante à part entière, capable de modifier la réalité pour mieux exprimer une émotion.
 
À cette géométrie s'ajoute une autre dimension, plus discrète : le temps. Celui de l'adolescence, qui transforme les corps, les sentiments et la perception du monde. Celui d'une société paysanne en pleine mutation, dont les certitudes et les traditions vacillent. Et peut-être celui du souvenir, puisque le récit, partiellement autobiographique, semble parfois restituer moins la réalité des événements que l'intensité avec laquelle ils ont été vécus. Le temps finit par déformer les trajectoires les mieux établies.
 
Mais à cette horizontalité pesante répond surtout un formidable mouvement d'élévation. Le corset oblige Christophe à se redresser, lui impose une verticalité physique contraignante. La musique lui offre une tout autre possibilité : celle de s'élever librement. Il découvre l'orgue, ses immenses tuyaux dressés vers le ciel, et avec lui un univers spirituel qui échappe aux contingences de son quotidien. Il découvre aussi les premiers émois amoureux. Lors d'un premier baiser absolument magnifique, les deux adolescents décollent et s'envolent littéralement. C'est une image d'une simplicité presque naïve, mais d'une justesse émotionnelle extraordinaire. Parce qu'à cet âge, un premier baiser, c'est exactement ça : une suspension des lois de la pesanteur.
 
Le récit possède également un solide ancrage social, nourri par les souvenirs de Louis Clichy, lui-même issu d'une famille d'agriculteurs beaucerons et ancien porteur d'un corset orthopédique. En arrière-plan se dessine le drame d'une paysannerie confrontée aux mutations de l'agriculture industrielle, aux impératifs de rentabilité et aux nouvelles dépendances économiques. La famille de Christophe appartient déjà à un monde menacé de déclassement, dont l'avenir se rétrécit à mesure que s'étendent les champs. Le père, prisonnier d'un héritage qu'il voudrait transmettre, se retrouve lui aussi enfermé dans une forme de corset. Ce contexte n'est jamais réduit à un discours militant : il constitue la matière humaine et sociale du récit. Et l'émancipation ne viendra pas nécessairement d'une ascension sociale conventionnelle, mais de chemins de traverse que personne n'avait envisagés.
 
Il y a aussi un hommage particulièrement touchant à Alexandre Astier, dont Clichy fut le collaborateur sur les deux Astérix animés. Lui confier la voix de Michel, l'organiste qui devient pour Christophe une figure paternelle de substitution, n'a certainement rien d'anodin. Après avoir bénéficié de son accompagnement artistique, Clichy lui donne le rôle d'un maître bienveillant qui ouvre à son élève un monde de connaissances, de liberté et de possibilités. Une jolie manière de célébrer la transmission, et peut-être de remercier celui qui lui a permis de trouver sa propre voie.
La transmission est d'ailleurs inscrite jusque dans la fabrication du film : Clichy confie à son propre fils la voix de ce garçon qui lui ressemble tant.
 
Visuellement, le film est une merveille de dépouillement. Le dessin à l'encre de Chine, les aquarelles délicates, les immenses ciels souvent laissés blancs et les grands espaces volontairement peu chargés m'ont régulièrement évoqué Sempé. Pas seulement pour la finesse du trait, mais pour cette capacité à faire exister de minuscules personnages dans des espaces démesurés, avec une tendresse et une expressivité extraordinaires. Le vide n'est jamais un manque : il devient un espace de liberté, une respiration qui permet aux corps de s'isoler, aux lignes de s'affirmer, aux émotions de se déployer. Quand les personnages s'élèvent, c'est dans un ciel presque vierge qui semble n'attendre que leur envol. L'absence de couleur devient parfois aussi éloquente que sa présence.
 
Mais la plus grande réussite de Le Corset tient peut-être à cette extraordinaire économie de moyens narratifs. Clichy n'invente rien de révolutionnaire : la difficulté de grandir, les rapports familiaux, la découverte d'une vocation, les premières amours, l'acceptation de sa différence. Des histoires vieilles comme le monde. Pourtant, il les raconte avec une telle sincérité, une telle intelligence de la mise en scène et une telle confiance dans les images que les émotions surgissent sans prévenir, puissantes, presque ataviques. Tout le monde a connu, sous une forme ou une autre, ce sentiment de ne pas être à sa place, cette envie de s'extraire d'un destin tout tracé, cette impression que le monde entier bascule au premier bouleversement amoureux.
 
On pourrait analyser longuement les symboles, les compositions et les correspondances qui traversent le film. Mais pendant la projection, on ne pense pas à tout ça. On sourit, on rit, on a la gorge serrée, les poils qui se hérissent et parfois les larmes aux yeux.
 
Et tout ça pour un gamin qui pousse de travers au milieu des champs de blé, dans la diagonale du vide.
 
 
- La diagonale du vide est pleine -
https://www.auvergnerhonealpes-cine [...] ite-08.jpg
 
 


 
Vu hier, magnifique flim.  


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"Comment tu veux relancer le croissance dans ce pays si tu interdis aux gens de commander dans leur voiture un Deliveroo qui sera livré par un esclave moderne, pour pouvoir manger le soir après une dure journée à la Cogip ?"    [Carbon'R, 3-11-2025]
n°75490246
brown pape​r bag
Concours de pyjama mental
Posté le 27-10-2026 à 09:02:06  profilanswer
 

Ignatius Reilly a écrit :


 
Vu hier, magnifique flim.  


Ca m'a beaucoup ému avec une grande économie de moyens.


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Eponyme
n°75490363
Ignatius R​eilly
Posté le 27-10-2026 à 09:33:51  profilanswer
 

L'image est superbe. Le rythme m'a permis de me perdre dans les détails des couleurs. Les paysages champêtres au crépuscule sont émouvants et réels. Étant très sensible aux effets sonores, je les ai trouvés très très chiadés. Et oui, la vie en bousie c'était ça.


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"Comment tu veux relancer le croissance dans ce pays si tu interdis aux gens de commander dans leur voiture un Deliveroo qui sera livré par un esclave moderne, pour pouvoir manger le soir après une dure journée à la Cogip ?"    [Carbon'R, 3-11-2025]
n°75490476
Ink87
23 ans sur HFR. :o
Posté le 27-10-2026 à 09:59:35  profilanswer
 

The Signal de William Eubank (2014), j'étais curieux de voir ça avec Laurence Fishburne.

 

Je n'aurai pas dû... [:mirror]


Message édité par Ink87 le 27-10-2026 à 10:03:41

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XiJaro & Pitch -✨✴️Driftmoon - Golden Summer NOCTURNAL ....✨✴️ #vivelesdepressifsanonymes (et HFR :o) ........ Prenez soin de vous.
n°75490844
xbala
Posté le 27-10-2026 à 11:17:26  profilanswer
 

brown paper bag a écrit :


Peking Opera Blues (Tsui Hark).


Un de mes films préférés ressort en salle et j'avais zappé ça  :ouch:

 

Pas/plus de séance à Paris par contre  :sweat:

 

Edit : Ah si au Grand Action !  :love:

Ignatius Reilly a écrit :

 

Vu hier, magnifique flim.


Oui très beau film que Le Corset !

 

L'organiste m'a paru plus vrai que nature  :D


Message édité par xbala le 27-10-2026 à 11:19:12
n°75491041
jeankb
Posté le 27-10-2026 à 11:45:37  profilanswer
 

Ignatius Reilly a écrit :

Vu hier, magnifique flim.  

Vu aussi (dans une salle assez vide malheureusement). Superbe. Profitez des vacances pour aller le voir.

n°75491188
Ignatius R​eilly
Posté le 27-10-2026 à 12:15:06  profilanswer
 

Putain ouais, on était moins de 20 et 90 % de boomers.


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"Comment tu veux relancer le croissance dans ce pays si tu interdis aux gens de commander dans leur voiture un Deliveroo qui sera livré par un esclave moderne, pour pouvoir manger le soir après une dure journée à la Cogip ?"    [Carbon'R, 3-11-2025]
n°75491309
LeKeiser
Appelez moi Marcel.
Posté le 27-10-2026 à 12:49:22  profilanswer
 

Vu hier Clayface parce que curieux.
Ben vraiment pas terrible. Très mal joué. Y en a pas un crédible. Et prévisible comme jamais.  
Et en fait, le gars, c'est

Spoiler :

Mystic mais en mieux ? Il se change, lui et les vêtements, en un clignement d'un borgne, il peut être petit, géant, il peut faire un marteau de son bras, ... On le frappe, le poing s'enfonce dans sa tête et tout il est bon...


Si c'est ça, le retour de DC, ben... :(


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Et je regarde passer les jours comme les pages blanches d'un livre qui touche à sa fin.
n°75491788
Pedro l'en​fant tapir
Gros con au guidon
Posté le 27-10-2026 à 14:39:50  profilanswer
 

Je découvre en même temps l'existence de ce film et celle du DC Universe qui est le reboot du DC Extended Universe (15 films tous plus nuls les uns que les autres).
 
https://i.imgur.com/tT5FVoN.jpeg


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Je recommande à propos de cette Allemâgne si sympathique et si nécessaire l'application d'une certaine forme de principe de précaution, compte tenu de ce que nous connaissons de l'histoire.
mood
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Posté le 27-10-2026 à 14:39:50  profilanswer
 

n°75492025
- Mandrill​ -
Posté le 27-10-2026 à 15:24:12  profilanswer
 

Encore un film sur un ennemi de Batman, c'est la Jokersploitation  :D

 

Mais ça a plutôt l'air d'être du niveau des Spider-foes de Sony (Morbius, Kraven...)

n°75492218
fiscalisat​or
tu dois rompre
Posté le 27-10-2026 à 16:02:05  profilanswer
 

Sanglier a écrit :

J'ai revu Point Break sur OCS.  
C'est tellement années 90, ce film.
Gary Busey en fait des tonnes  [:babouchka:3]  [:babouchka:4]
En fait, c'est tout le monde qui est over the top dans ce film.
La scène où Keanu Reeves tire en l'air de rage, tu peux plus la voir sans rigoler après la parodie dans Hot Fuzz.
Gros charisme quand même chez Patrick Swayze. Dommage qu'il n'ait pas eu une carrière plus étoffée.


 
ça reste très correct malgré le too much.

mood
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Posté le   profilanswer
 

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