sigma_me a écrit :
Je vais encore paraître condescendante ou je ne sais quoi , mais vous parlez d'un métier que vous ne connaissez que par le biais de fantasmes propagés essentiellement par des gens qui ne connaissent pas le métier et des "on dit". Ceci étant dit Numerama recrute un journaliste mobilité électrique (voiture, mais ça peut être aussi deux roues) donc si vous voulez découvrir ce métier, tentez votre chance (par contre les rémunérations, c'est pas ouf pour des HFRiens, je préviens).
Si c'est pour rester sur les clichés à ce rythme tous les facteurs sont des fainéants, les policiers des racistes, les garagistes des escrocs, les ingénieurs des tire-au-flanc .... etc etc Cela n'a absolument aucun sens. Si vous avez des questions sur le métier de journaliste automobile, je peux vous répondre, par contre si vous ne voulez juste faire que des affirmations mensongères, bah hélas, c'est nul.
La profession couvre en effet aussi bien le gars qui ne bougera jamais de son bureau à des présentateurs TV, alors tout ne s'applique pas tout à fait de la même manière aux uns et autres. Mais dans le gros de la profession, les conditions sont les mêmes. - Avoir une opinion différente de vous ne fait pas du journaliste qq1 de corrompu, éventuellement qq1 de con ça oui ... (en parlant de ça apparemment TF1 à eu une remontrance de l'arcom pour le reportage biaisé)
- Être pro thermique, pro électrique, pro/anti tesla, pro-chinois ou anti chinois ne signifie pas que l'on touche de l'argent pour tenir ces propos - Être journaliste, c'est normalement être capable de dire du mal et du bien du même constructeur, si cela n'est pas possible, c'est qu'il y a un problème d'ingérence de la régie publicitaire éventuellement. Forcément ça existe, mais ce n'est pas à généraliser.
Concernant les conditions de travail des essayeurs automobiles :
Oui, certains voient ça comme des conditions de rêves (on est quand même loin des conditions des équipes Turbo, quoique même eux ont perdu des privilèges). Parce que certains confrères/youtubeurs partagent sur les RS les bons moments, et rarement la merde sur les réseaux sociaux (ça c'est un peu comme les influenceurs pour le coup). Les premiers mois y a de quoi s'extasier, mais après ça passe (pour ne pas dire qu'on est complètement blasé).
Oui, j'ai eu l'occasion de dormir dans des beaux hôtels et manger à des bonnes tables, personnellement ça ne change pas mon avis sur la voiture, et ceux qui me lisent régulièrement le savent. Dans ma vie privée, je dors aussi parfois dans des beaux hôtels et m'offre des étoilés aussi, si je veux du champagne, il me suffit d'ouvrir le frigo littéralement, rien à battre des petits fours (j'avoue jeudi soir ils étaient bons ceci dit merci Renault). Peut-être que pour certains ici, c'est waouh, mais pour cela fait bien longtemps que ça n'influence que ceux qui découvrent tout ça, les anciens journalistes sont plutôt des "tamaloux" (ou l'art de se plaindre pour un oui ou un non). On ne profite jamais vraiment des hôtels, ni du cadre. Et que l'on soit en IDF ou à Lisboa, ce que cela change, c'est le panorama que l'on aura pour les photos (et la météo...quoiqueeeeee).
Les essais automobiles organisés par le constructeurs sont l'occasion de tester le modèle en avant-première pour donner des informations aux acheteurs. On me dit qu'il n'y a pas besoin de couvrir les nouveautés immédiatement, à part les acheteurs de Tesla, qui n'achète pas une voiture sans au moins avoir eu des retours sur le véhicule ? Vous êtes les premiers sur le topic à partager les vidéos de Maxime Fontanier (qui se plaint d'ailleurs 75 % du temps sur les conditions d'essai) sur les essais des nouveautés attendues, c'est bien qu'il y a un besoin à ce niveau-là. Certes ces essais se font dans de bonnes conditions (enfin variable en fonction des constructeurs), mais on s'en fout, l'intérêt, c'est : d'avoir les équipes du constructeur sous la main, et de pouvoir éventuellement partager des impressions avec des confrères (on n'a pas tous les mêmes détails qui sautent aux yeux, c'est intéressant d'avoir l'occasion de confronter les avis)
Non tous les journalistes ne font pas ces essais, déjà parce qu'on n'est pas toujours invité (cf moi avec Peugeot), il y a un nombre de places limité. Moi, je dois refuser deux tiers des invitations à cause des règles imposées par ma rédaction, et c'est le cas dans d'autres maisons (genre la PQR, Challenges, le Point, les Grands médias, BFM TV....).
Pour les prêts de voiture : bien sûr, l'argus qui fait ses tests conso n'a pas vraiment le même usage du véhicule que d'autres rédactions. Certains font même tout sur une journée et c'est plié, mais plus généralement ces essais se font sur plusieurs jours de prêts du véhicule pour le tester dans un contexte d'usage quotidien. Je vais reprendre mon exemple. Quand j'opte pour ce type d'essai, j'en profite pour ramener la voiture de Paris à Mulhouse, d'aller faire mes courses, d'aller dans les Vosges, bref un truc qui peut ressembler à un usage du quotidien... certains y voient un avantage en nature (je suis tout aussi bien chez moi sous un plaid avec un livre)… un avantage qui me coute en péage/recharge et qui me prend 12 h souvent sur mon temps libre (pour descendre/remonter la voiture), bah franchement on s'en passe volontiers. Prendre une voiture pour aller en WE ou qqjours en congés, on l'a tous fait, il y a quand même normalement des articles derrière donc tout de même du travail. Et au contraire, rouler la voiture pour aller à Deauville le WE en amoureux (pas moi ça), ça a beau sembler être du loisir, mais si y a une vidéo ou un article derrière, c'est aussi du travail sur son temps personnel. Les prêts pour convenance personnelle sont de plus en plus limités s'il n'y a pas d'articles/vidéo derrière. Bref la partie essai semble être le dream job, j'en suis consciente... mais attention aux apparences
Oui la Grande Presse à la Grande Époque était chouchoutée, pourrie-gâtée etc etc... ça c'était au siècle dernier. Les essais étaient parfois organisés sur 5 jours en Afrique du Sud, vol business grand luxe avec autant de temps de repos que d'essai) et avec en cadeau genre un ordinateur portable (ou les services bagageries, des vetements, des télé, des téléphones .... y a eu tout ça dans les années 80/90 pour les grands titres)... le problème c'est que les clichés ont la vie dur. Tout le monde s'en fout, mais je peux raconter mon dernier essai : Mobilize Duo, ça donne une autre réalité de ce sont ces essais "petits fours"... - Je viens de Mulhouse la vieille (3h à bosser dans le TGV le rêve), dors dans un ibis de l'aéroport parce que le boarding du vol Vueling pour Rome est à 7h00 du mat'... - arrivée 9h30 à Rome > 45 minutes de navettes pour aller sur le site - 1 h de conf de presse + Q&A après ... - départ boucle d'essai 1 dans la circulation affreuse de cette ville de fou furieux, - un petit buffet froid sur site entre deux boucles pour se caler l'estomac. - 16h de nouveau 1h de navette pour l'aéroport (avec de la marge pour ne pas risquer de manquer l'avion, sinon bloqué à Rome)
- ça roulait bien donc on se retrouve à attendre 1h30 dans l'aéroport (éventuellement à bosser pour les plus courageux qui arrivent à se concentrer avec 3 000 personnes autour) - Vol retour qui arrive à 21h00 à Orly
- arrivée à ma chambre d'hôtel à environ 22h30 à ce moment-là, je n'ai pas encore diné (j'ai 4 petits fours dans le bide du midi et deux coca), mais en vrai, j'ai sauté le diner tellement épuisée par la conduite façon du film "course à la mort" de Rome
J'espère que je vous ai envoyé du rêve, car je rappelle qu'on embauche un journaliste pour la rubrique vroom de Numerama . Je ne raconte pas ça pour me plaindre de cette partie du métier, je sais dans quoi je me suis engagée, et oui il y a forcément des jobs bien plus durs, ce n'est pas un concours de qui a le pire.
Alors oui parfois, on repart avec des goodies d'un essai, waouh la miniature, le mug ou la peluche, si vous pensez que ça influence que l'on écrit, je suis désolée de vous dire que c'est très bête. Si vous lisez les essais sur des médias auto/ve, je pense que rarement vous vous êtes dit "waouh ils ont été payés chers pour dire autant de bien du modèle", car ils sont quand même rares les articles bisounours.
Parce que le but dans tout ça c'est d'être factuel, on ne gagne rien à faire les lèches culs et on ne perd rien à critiquer les constructeurs.
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