Bon allez, CR des quelques tours que j'ai pu faire au volant de la Sagaris
Rendez-vous donc dimanche dernier sur le circuit de Nogaro, pour un baptème sur ladite voiture, par chance les conditions sont bonnes, pas d epluie à l'horizon mais un temps bien lourd qui fait qu'on est même pas encore en train de la conduire qu'on transpire comme pas possible
13h15, tiens voilà le proprio de la TVR, combinaison ignifugée, chaussures et casque à la main: Quand je me dis que ce gars là était en DUT avec moi, je me dis qu'il y en a qui ont franchement bien réussi
S'en suit une séance de remplissage de paperasse sans intérêt, et là, un des moniteurs ouvre les box, premier contact visuel:
Elle parait franchement agressive en photo, mais là ça dépasse tout ce que j'imaginais: Basse (très!) , limite rampante, son capot immense et ses ailes nervurées comme les flancs d'un requin, avec ses deux feux avant dessinés un peu comme des crocs prêt à mordre l'asphalte
... Et cet arrière qui ne ressemble à aucun autre, ses des sorties d'échappement latérales, l'aileron translucide, et cette impression que les passagers sont assis sur le train arrière
. Le plus étonnant dans tout ça, c'est que malgré toutes ses particularités stylistiques, la ligne générale reste étonnamment fluide, en dynamique c'est assez élégant à voir rouler
Quelques mètres pus loin, sont parquées des voitures toutes plus banales les une que les autres: Audi R8 (
) ; 911 GT3 (
); Gallardo (
) et F430 : Qel choc de voir qu'une Ferrari pour laquelle je me serai retournée en temps normal ne m'a fait ni chaud ni froid cette fois là
Ensuite, petit passage à l'intérieur, là aussi c'est une grosse claque: Non seulement c'est original (du genre les compteurs symétriques
), mais ça respire la qualité , les cuirs sont superbes (le jaune était discutable par contre), les pièces en alu impeccablement finies, le fait-main à du bon. Et malgré ça, pas de superflu: Le traitement sportif d'une Lotus avec une finition Aston Martin
Mon pote ayant un programme un peu chargé, il fait passer les baptèmes en premier. Après avoir fait chauffer à l'arrêt et avec quelques tours à allure tranquille. il embarque son premier passager, met la première, et là c'est le drame: Le morceau de stand inoccupé est avalé à une vitesse impressionnante, vitesses enchainées à la volée, ça envoie du gros
uch Le son est à l'avenant : Une sorte de grognement qui porte loin et fait froid dans le dos, on est dans un tout autre registre que le 6 en ligne de la M3, mais c'est trop beau
Après deux trois baptèmes, mon pote rentre au petit trot, le passager descend, et lui rentre au ralenti vers un box plus loin
La voiture n'en ressortira pas durant les 45 prochaines minutes, explicatioon :
-" On a un souci avec un fusible, ils sont très difficilement accessibles, du coup ça à pris un peu de temps, en plus de ça on a été obligé de brancher le démarreur en direct, y'a comme une merde avec nos fusbles
"
-" Ah OK ... et euh, c'est normal que tu roules sans capot ?
-" Bah vu la chaleur qu'il fait aujourd'hui, on évitera tout risque de surchauffe en roulant comme ça
"
-
La magie de l'artisanat
15 minutes plus tard, le grand moment est enfin arrivé, le moniteur me fait signer d'y aller, j'en mouille déjà mon pantalon
.
Première chose, on ouvre la porte ... en appuyant sur un bouton sous le rétroviseur !
Deuxième chose: Autant caser mon mètre 90 dans la
est assez facile , là c'est une tout autre histoire , la jambe qui coince sous le volant, obligé de poser une main par terre pour pouvoir me glisser dedans, en fait il est conseillé de reculer le siège au max pour les grands gabarits, ça aide
Troisième chose: Faut pas être clostro'
, le (gros) tunnel de transmission d'un côté, la portière de l'autre, le toit à 3 cm du haut du casque , c'est limite oppressant !
Et malgré ça, on est bien installé , la position de conduite est excellente ( bien allongée, comme je l'aime), les sièges semblent bien enveloppants, par contre, le repose-pied est vraiment excentré à droit... hummmmmmm .... ah merde c'est la pédale de frein
Consigne de mon pote: On a un démarreur en carafe, tu cales on est foutu ! La boite est plutôt ferme, vas-y avec douceur, sinon ça ne passe pas
.
Première ( ferme comme prévue ) , on met un peu de gaz , la voiture avance doucement, avec un léger grognement, on passe la deuxième toujours avec douceur. RAS pour le moment, c'est pareil qu'en MX-5. Le première virage pointe le bout de son nez, et premier choc, les 3-4 premiers centimètres de la pédale ne servent quasiment à rien , ça fait drôle quand on s'attend à ce que ça freine velu
On fait attention à ne pas trop brusquer le moniteur, un coup d'oeil rapide vers compteur m'indique qu'à cette vitesse je me serai mis dehors avec un traction poubelle ! Sortie du premier , je remets les gaz, et là j'ai tracé la carte du Canada dans mon calbutte : L'avant se cabre légèrement, moi collé au siège, même à bas régime ce moteur à un coffre tout simplement hallucinant, limite l'impression d'avoir pris une droite dans la tronche
Le son distillé par les échappement est surréaliste, sous les 4500 tours on se croirait dans un gros bombardier WW2, et au dessus, c'est rageur à souhait
La plus grande ligne droite du circuit se profile, le moniteur me dit: Allez à fond !
Passage dans la 4e dimension !!!! Le moteur se met à donner tout ce qu'il a , le son rauque et lourd se transfomr en aboiement de chien féroce ( et on est qu'à 6500 trs là ...), poussé dans le fond du siège ( pas moyen d'en bouger ! ), avec le décor qui se met à défiler de plus en plus vite: Autant avant j'étais tout excité, autant là ça devient effrayant, l'accélération est d'autant plus incroyable qu'il s'agit d'une boite 5 !
La boite tiens parlons-en, on m'a dit que c'était dur, et je confirme, c'est pire que ça, passage au point mort obligatoire si on a pas l'habitude, et la conduite à droite n'aide vraiment pas
Sauf que forcément quand ça va vite, les virages se rapprochent très vite eux aussi ! Ordre du moniteur: FREINE FORT §§§§§§§§§§
J'obéis, et llà comme par magie, projeté vers l'avant, la vitesse qui chute très rapidement , la voiture parfaitement stable ( bien aidée par une direction très précise ): Le freinage est viril au premier abord, mais au moins ça freine pour de vrai
Au second tour, on accélère le rythme , même dans les courbes, et le moniteur qui te lâche " Au prochain tour freine moi, tu verras ça passe à l'aise
". Retour sur la ligne droite, là on pousse à 7500 tours, plus c'est long et plus c'est bon, tellement bon que j'ai un peu raté mon freinage et mon point de corde
. Le premier feeling était le bon, mais au plus ça va , au plus c'est intense, l'immersion est totale, l'ambiance y est: Cette Sagaris est vraiment un engin hors du commun, une voiture de course échappée des circuits.
Après3 tours, on rentre doucement vers les stands, après une dernière pointe à 190 sur la version courte du circuit (
).On m'ouvre la porte, je ressors de la voiture, tout tremblant, putain c'était bon !
Pour résumer le pavé: La Sagaris est peut être la voiture la plus singulière que j'ai pu approcher de près et conduire ( même si mon expérience de conduite est limitée ... ), mais de l'aveu même de son propriétaire " La F430 c'est bien, la GT3 aussi, mais la Sagaris c'est une autre ambiance, une autre planète
. la sportive pure et dure, c'est elle ! ". Jamais j'aurai pensé qu'ne voiture puisse retourner autant, pas sur que la Ferrari m'aurait autant chamboulé ...
Ca restera un sacré souvenir en tout cas
Fin
( j'ai la trique rien qu'en y repensant
)
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