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Auteur Sujet :

[JEU BOUQUIN] Des textes et des auteurs à foison !

n°35336396
Bbelgarion
:o
Posté le 19-08-2013 à 17:12:14  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
Dans le prochain extrait y aura du SAIKSE [:4lkaline]

mood
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Posté le 19-08-2013 à 17:12:14  profilanswer
 

n°35336423
RandallBog​gs
Posté le 19-08-2013 à 17:14:34  profilanswer
 


On pourrait en faire une scène de film, de ce passage...

n°35336507
Bbelgarion
:o
Posté le 19-08-2013 à 17:21:12  profilanswer
 

En parlant de film :

 


Le tournage commence en mars », poursuivit Harod. Il but un grand trait de jus de fruit et ferma les yeux. « Schu pense qu’il durera douze semaines, alors comptez sur une bonne vingtaine. Les scènes d’extérieur seront tournées à Alger, en Espagne et en Égypte, et vous passerez trois semaines à Pinewood pour tourner les scènes du palais sur le plateau principal. »

 

Shayla se redressa. L’eau luisait sur ses jambes. Elle, posa les mains sur ses hanches et jeta un regard noir au petit homme dans sa piscine. Il n’ouvrit même pas les yeux.

 

« Vous ne m’écoutez pas, Mr. Harod, s’emporta-t-elle. J’ai dit non. Non, je ne ferai pas votre film. Je n’ai même pas vu le script. Vous pouvez prendre votre Traite des Blanches ou je ne sais quoi et… et…
ŕ Et me le foutre au cul ? » Harod ouvrit les yeux. Shayla pensa à un lézard en train de se réveiller. L’écume venait caresser la poitrine pâle de Harod.
« Adieu, Mr. Harod », et Shayla Berrington tourna les talons. Elle avait fait trois pas lorsque la voix de Harod la stoppa net. « On a peur des scènes déshabillées, fillette ? »
Elle hésita, puis se remit en marche.
« On a peur des scènes déshabillées », répéta Harod, et cette fois-ci, ce n’était pas une question.
Shayla était presque arrivée à la porte lorsqu’elle se retourna vivement. Ses mains griffèrent l’air. « Je n’ai même pas vu le script ! » Sa voix se brisa et elle fut stupéfaite de se découvrir au bord des larmes.
« Bien sûr, il y a quelques scènes déshabillées, continua Harod comme si elle n’avait rien dit. Et une scène d’amour qui fera mouiller toutes les gamines. On pourrait utiliser une doublure… mais ce serait inutile. Vous vous en sortirez très bien, fillette. »
Shayla secoua la tête. Elle sentait monter en elle une rage indicible. Elle se retourna et, à l’aveuglette, tendit la main vers le loquet.

 

« Stop. » La voix de Tony Harod était plus douce que jamais. Presque inaudible. Mais il y avait en elle quelque chose qui immobilisa la jeune femme mieux que ne l’aurait fait un cri. Elle eut l’impression que des doigts glacés se refermaient sur sa nuque.
« Viens ici. »

 

Shayla fit demi-tour et se dirigea vers Harod, toujours dans l’eau, ses longs doigts croisés sur sa poitrine. Ses yeux étaient à peine ouverts Ŕ humides, langoureux Ŕ les yeux indolents d’un crocodile. Une partie de l’esprit de Shayla poussait des hurlements de panique outragée tandis que l’autre se contentait d’observer la scène, paralysée par l’étonnement.

 

« Assieds-toi. »
Elle s’assit au bord de la piscine à moins d’un mètre de lui. Ses longues jambes plongèrent dans le jacuzzi. L’écume blanche éclaboussait ses cuisses bronzées. Elle se sentait éloignée de son propre corps, le contemplait avec un détachement presque clinique.
« Comme je te le disais, tu t’en sortiras très bien, fillette. Bon Dieu, on est tous un peu exhibitionnistes. Mais toi, tu recevras une petite fortune pour faire ce que tu as envie de faire de toute façon. »

 

Luttant contre une terrible torpeur, Shayla leva la tête et regarda les yeux de Tony Harod. Dans la lumière diaprée, leurs iris étaient si larges qu’ils semblaient ne former que deux trous noirs dans son visage pâle.
« Et dès maintenant », poursuivit Harod d’une voix douce, si douce. Peut-être ne parlait-il même pas. Les mots semblaient glisser à l’intérieur du cerveau de Shayla, comme des pièces d’or coulant dans une eau sombre. « Il fait vraiment très chaud ici. Tu n’as pas besoin de ce maillot. N’est-ce pas ? Bien sûr que non.

 

Shayla le regarda sans rien dire. Quelque part en elle, au fond du tunnel de son esprit, elle était une petite fille au bord des larmes. Vaguement étonnée, elle vit son bras droit se lever et sa main se glisser doucement sous la bretelle du maillot. Elle tira légèrement sur le tissu, qui glissa sur son flanc, faisant ressortir le galbe de ses seins. Elle fit tomber l’autre bretelle. Le tissu du maillot descendit jusqu’à ses mamelons. Elle voyait sur sa peau la fine ligne rouge laissée par l’élastique. Elle se tourna vers Tony Harod.

 

Il sourit presque imperceptiblement et acquiesça.
Comme si on venait de lui en donner la permission, Shayla fit brusquement descendre le haut de son maillot. Ses seins tressautèrent doucement lorsqu’ils furent libérés de l’étreinte du tissu orange. Là, sa peau était tendre, très blanche, à peine semée de quelques taches de rousseur. Ses mamelons étaient durs et se dressaient rapidement au contact de l’air frais. Leurs aréoles brunes, très larges, étaient délimitées par quelques poils noirs que Shayla trouvait si beaux qu’elle se refusait à les épiler. Personne ne le savait. Même pas sa mère. Shayla n’avait permis à personne, même pas Avedon, de photographier ses seins.
Elle se tourna de nouveau vers Harod, mais son visage n’était qu’une tache floue et pâle. La serre sembla basculer et tourner autour d’elle. Le bruit du recycleur d’eau devint de plus en plus fort, jusqu’à lui marteler les tympans. En même temps, Shayla sentit quelque chose s’éveiller en elle. Une douce chaleur l’envahit insidieusement. Comme si quelqu’un avait plongé directement dans son cerveau pour y caresser le centre du plaisir aussi sûrement qu’une main en train de masser le doux renflement de son entrejambe. Shayla hoqueta et se cambra involontairement.
« Il fait vraiment très chaud », dit Tony Harod.
Shayla se passa les mains sur le visage, toucha ses paupières avec ce qui ressemblait à de l’émerveillement, puis ses paumes descendirent le long de son cou, de ses clavicules, et se posèrent sur sa poitrine, là où la chair devenait pâle. Elle sentait son pouls battre dans sa gorge comme un oiseau en cage. Puis elle laissa ses mains glisser plus bas, se cambra une nouvelle fois lorsqu’elles frôlèrent ses mamelons, brusquement sensibles jusqu’à en être douloureux, souleva ses seins comme le Dr Kemmerer le lui avait appris à l’âge de quatorze ans, mais sans les examiner, se contentant de les presser, de les presser contre elle avec un plaisir qui lui donnait envie de crier.
« On n’a vraiment pas besoin de maillot », murmura Harod. Avait-il seulement murmuré Shayla était déconcertée. Elle le regardait et ses lèvres n’avaient pas bougé. Son léger sourire révélait des dents pareilles à des pierres blanches et acérées.

 

Ça n’avait pas d’importance. Plus rien n’avait d’importance pour Shayla, excepté se débarrasser de ce maillot qui l’étouffait. Elle baissa un peu plus le tissu, lui fit franchir le léger renflement de son ventre et leva les fesses pour le faire glisser sous elle. Puis le maillot devint un simple bout de tissu passé autour de sa jambe, dont elle se débarrassa d’un coup de pied. Elle contempla son corps, s’arrêtant sur la fourche de ses cuisses et sur la bande presque verticale de toison pubienne qui montait vers la ligne de démarcation de son bronzage. L’espace d’une seconde, elle fut prise d’un nouvel étourdissement, cette fois-ci accompagné d’un lointain sentiment d’horreur, puis elle sentit les caresses reprendre leur cours à l’intérieur de son esprit et elle se laissa aller en arrière, prenant appui sur les coudes.
L’eau chaude du jacuzzi bouillonnait autour de ses cuisses. Elle leva une main et suivit lentement le tracé d’une veine bleue qui battait sous la peau blanche de son sein. Le plus léger des contacts suffisait à enflammer sa chair. Le doux relief de ses seins semblait se contracter et s’alourdir en même temps. Le bruit de la piscine parut adopter le même rythme syncopé que les battements de son coeur. Elle leva son genou droit et glissa une main entre ses jambes. Sa paume monta doucement sur sa cuisse, éparpillant les gouttelettes qui étincelaient sur le duvet doré. La chaleur l’imprégnait, l’envahissait, la contrôlait. Sa vulve palpitait d’un plaisir qu’elle n’avait connu que dans les limbes coupables précédant le sommeil, filtré par une honte qui avait à présent disparu, un plaisir qu’elle n’avait jamais connu si intense, si exigeant. Les doigts de Shayla trouvèrent les replis mouillés de ses grandes lèvres et elle les écarta en émettant une espèce de sanglot.

 

« Trop chaud pour porter un maillot, dit Tony Harod. Tous les deux. » Il avala une dernière gorgée de jus de pamplemousse, se hissa sur le carrelage et posa le verre le plus loin possible du bord de la piscine.
Shayla roula sur elle-même, sentant la fraîcheur du carrelage sur ses hanches. Ses longs cheveux retombèrent sur son visage lorsqu’elle se mit à ramper, la bouche entrouverte, toujours appuyée sur les coudes. Harod s’était étendu de tout son long, reposant lui aussi sur ses coudes, ses pieds battant mollement dans l’eau. Shayla s’arrêta et leva les yeux vers lui. Les caresses se firent plus insistantes dans son esprit, en trouvèrent le coeur et le titillèrent avec une lenteur taquine. Ses sens ne percevaient que le flux et le reflux d’une friction huilée. Shayla hoqueta et serra involontairement les cuisses tandis que des flots de sensations préorgasmiques la parcouraient en vagues successives. Le murmure se fit plus fort dans son esprit, sifflement aguicheur qui semblait faire partie du plaisir.
Les seins de Shayla touchèrent le sol lorsqu’elle se pencha pour tirer sur le maillot de Tony Harod avec une frénésie à la fois violente et gracieuse. Elle fit glisser le tissu jusqu’à ses genoux et le maillot disparut sous l’eau. Une toison abondante recouvrait le ventre de Harod. Son pénis pâle et flasque s’éveillait lentement dans son nid de poils noirs.
Elle leva les yeux et vit que tout sourire avait disparu de son visage. Ses yeux étaient des trous percés dans un masque blême. On n’y lisait aucune chaleur. Aucune excitation. Rien que l’intense concentration d’un prédateur contemplant sa victime. Shayla ne s’en souciait point. Elle ne savait pas ce qu’elle voyait. Elle savait seulement que les caresses s’étaient intensifiées dans son esprit, faisant passer celui-ci de l’extase à la douleur. Comme une drogue, un plaisir d’une pureté sublime envahissait son système nerveux.
Shayla posa sa joue sur la cuisse de Harod et tendit une main vers son pénis. Il la chassa d’un geste machinal. Shayla se mordit la lèvre et gémit. Son esprit était un tourbillon de sensations qui n’enregistrait que les coups d’aiguillon de la passion et de la douleur. Ses jambes étaient agitées de spasmes désordonnés et elle se trémoussait contre le bord de la piscine. Shayla fit courir ses lèvres sur l’étendue salée de la cuisse de Harod. Elle goûta son propre sang alors qu’elle tendait une main pour en envelopper les testicules de Harod. Le petit homme leva la jambe droite et poussa doucement Shayla dans la piscine. Elle resta accrochée à ses cuisses, se pressa contre lui, poussa des petits gémissements pendant qu’elle le cherchait des mains et de la bouche.

 

Maria Chen entra, brancha un téléphone à une prise murale et le posa sur le carrelage à côté de Harod. « C’est Washington », dit-elle ; elle jeta un regard à Shayla, puis sortit.

 

Chaleur et friction désertèrent l’esprit et le corps de Shayla avec une soudaineté glacée qui lui fit pousser un cri de douleur. L’espace d’une seconde, elle regarda devant elle sans rien voir, puis elle tomba en arrière dans l’eau bouillonnante. Elle fut agitée de violents tremblements et serra les bras autour de sa poitrine.

 

« Ici Harod », dit le producteur.


Message édité par Bbelgarion le 19-08-2013 à 17:21:51
n°35336561
Bbelgarion
:o
Posté le 19-08-2013 à 17:25:26  profilanswer
 

Et un gros indice : le "méchant principal" (il y en a plusieurs) est un ancien Nazi officier SS :o

n°35336588
Chou Andy
Would you know my nem
Posté le 19-08-2013 à 17:27:19  profilanswer
 

Bordage ? Il aime bien les scènes de cul.


---------------
J'aurais voulu être un businessman
n°35336603
Bbelgarion
:o
Posté le 19-08-2013 à 17:28:27  profilanswer
 

Pas le bon continent. L'auteur est souvent comparé à Stephen King pour ces romans d'horreur (mais il n'a pas fait que ça).

 

Edit : Tiens par contre je connaissais pas Bordage, ça a l'air intéressant...

Message cité 1 fois
Message édité par Bbelgarion le 19-08-2013 à 17:33:58
n°35336606
RandallBog​gs
Posté le 19-08-2013 à 17:28:36  profilanswer
 


 [:msaint]
 
La chute !  [:ddr555]
 
'Tain même pas Avedon, il a photographié ses seins...  [:moonzoid:5]

n°35336625
RandallBog​gs
Posté le 19-08-2013 à 17:29:53  profilanswer
 

Bbelgarion a écrit :

Pas le bon continent. L'auteur est souvent comparé à Stephen Kind pour ces romans d'horreur (mais il n'a pas fait que ça).
 
Edit : Tiens par contre je connaissais pas Bordage, ça a l'air intéressant...


Coldheart Canyon: A Hollywood Ghost Story, de Barker ?

n°35336638
Bbelgarion
:o
Posté le 19-08-2013 à 17:30:44  profilanswer
 

[:popol]
 

J’étais fort contrariée de quitter Grumblethorpe, mais je n’avais guère le choix étant donné les circonstances. Le quartier était devenu bien trop agité ; les Nègres avaient choisi le Nouvel An pour organiser une de ces émeutes insensées dont j’entendais parler depuis si longtemps. Ce genre de choses ne se produisait jamais avant les manifestations de ces vingt ou trente dernières années en faveur des prétendus droits civiques. Père avait l’habitude de dire que si on accordait un doigt à un Nègre, il exigeait le bras et s’emparait de l’épaule.
La messagère de Nina,  une fille de couleur qui aurait été séduisante n’eût été sa coiffure ébouriffée qui la faisait ressembler à une négrillonne, avait presque réussi à me convaincre que ce n’était pas Nina qui l’envoyait, mais j’avais fini par la percer à jour grâce aux voix de Grumblethorpe. Elles étaient fort bruyantes ce dernier jour. J’avoue avoir eu quelques difficultés à me concentrer sur certaines tâches moins importantes, tant je m’efforçais de comprendre ce que me disaient ces voix Ŕ celles d’un petit garçon et d’une petite fille à l’accent étrange, presque anglais.
Certains de leurs propos étaient confus. Elles me parlaient de l’incendie, du pont, de la rivière et de l’échiquier. Je me demandais si elles faisaient référence à des événements de leur propre vie Ŕ peut-être les catastrophes qui avaient causé leur trépas. Mais lorsqu’elles évoquaient Nina, leurs avertissements étaient on ne peut plus clairs.
 
En fin de compte, les deux émissaires de Nina, venus jusqu’ici depuis Charleston, ne me causèrent que des désagréments mineurs. J’étais navrée de perdre Vincent mais, à vrai dire, il avait rempli son rôle. Je ne garde aucun souvenir précis des derniers instants que j’ai passés à Grumblethorpe. Je me rappelle surtout l’atroce migraine qui me taraudait la moitié droite du crâne. Alors qu’Anne était occupée à faire nos bagages avant de venir me chercher, je lui avais ordonné mentalement d’emporter une bouteille de Dristan. Il n’était guère étonnant que mes sinus me fassent si mal dans ce climat nordique, si froid, si humide et si peu hospitalier.
Anne se pencha pour m’ouvrir la porte de la voiture lorsque je sortis de Grumblethorpe. Un incendie ravageait l’immeuble d’en face, sans aucun doute l’oeuvre des pillards nègres. Quand Mrs. Hodges me rendait visite et évoquait les dernières atrocités survenues dans le Nord, elle manquait rarement de préciser que les minorités soi-disant pauvres, mal nourries et opprimées sautaient sur la moindre occasion de voler des téléviseurs de prix et des vêtements fantaisie. Elle estimait que les gens de couleur employés autrefois par les Blancs n’avaient jamais cessé de voler leurs maîtres et qu’ils continuaient d’agir ainsi maintenant qu’ils étaient devenus des assistés. C’était une des rares opinions que je partageais avec cette vieille fouinarde.
Il y avait trois valises sur la banquette arrière de la DeSoto. Une des deux plus grandes contenait mes vêtements, l’autre l’argent et les actions qu’Anne avait conservés, et la plus petite quelques vêtements et effets personnels appartenant à Anne. Elle n’avait pas oublié mon fourre-tout. Le fusil à pompe qu’elle conservait chez elle était posé sur le tapis de sol.
 
« Allons-y, ma chère », dis-je, et je m’adossai au siège.
Anne Bishop conduisait comme une vieille femme. Nous laissâmes Grumblethorpe et l’immeuble en flammes et, pratiquement au pas, prîmes la direction du nord-est. Je regardai derrière nous et remarquai qu’une collision venait de se produire près du croisement entre Queen Lane et Germantown Avenue. Une fourgonnette et deux automobiles surbaissées, plutôt laides étaient immobilisées au carrefour. Il n’y avait aucun signe de la police.
Nous passâmes devant Penn Street, Coulter Street, et nous approchions de Church Street lorsque deux fourgonnettes s’immobilisèrent en travers de la chaussée, nous bloquant le pas sage. J’ordonnai à Anne de monter sur le trottoir de gauche et de ne pas s’arrêter. Des hommes sortirent des fourgonnettes en brandissant des armes, mais ils furent vite distraits lorsque celui que je surveillais tourna son revolver dans leur direction et se mit à tirer sur ses collègues.
 
C’était ridicule. S’ils étaient ici pour arrêter des pillards de couleur, ils auraient dû s’atteler à leur tâche et laisser en paix deux dames blanches comme nous.
Nous arrivâmes au niveau de Market Street ; en dépit de l’obscurité, je distinguais le soldat yankee de bronze debout sur son piédestal. Lors de notre première sortie, Anne m’avait appris que ce monument était en granite de Gettysburg. Je pensai au général Lee battant en retraite sous la pluie, ayant perdu la bataille mais pas la guerre, ayant préservé de ce carnage toute la fierté de la Confédération, et je me sentis un peu moins démoralisée par le repli que j’étais en train d’effectuer


Message édité par Bbelgarion le 19-08-2013 à 17:33:01
n°35337147
Bbelgarion
:o
Posté le 19-08-2013 à 18:23:39  profilanswer
 

D'autres indices avant l'extrait suivant.
L'auteur est toujours vivant et continue à écrire. Il est surtout connu pour une oeuvre de SF en 2*2 tomes. Il a aussi fait de la SF se basant sur la guerre de Troie où il inclue aussi des personnages de Shakespeare et des dissertations sur la Recherche de Proust. Il s'est aussi intéressé à Dickens et à son roman qu'il n'a pas fini avant de mourir.

 

Sortez Google :o


Message édité par Bbelgarion le 19-08-2013 à 18:41:43
mood
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Posté le 19-08-2013 à 18:23:39  profilanswer
 

n°35337301
RandallBog​gs
Posté le 19-08-2013 à 18:40:17  profilanswer
 

Dan Simmons, l'Échiquier du mal ? Merci Wikipedia...  [:osweat]

n°35337318
Bbelgarion
:o
Posté le 19-08-2013 à 18:41:07  profilanswer
 

RandallBoggs a écrit :

Dan Simmons, l'Échiquier du mal ? Merci Wikipedia...  [:osweat]


Yes :jap:

 

Et même si j'ai quelques problèmes avec certaines conviction de l'auteur, c'est quand même un auteur A LIRE si on aime la SF :o


Message édité par Bbelgarion le 19-08-2013 à 19:16:39
n°35339539
RandallBog​gs
Posté le 19-08-2013 à 21:49:29  profilanswer
 


Je ne lis pas de SF. Je suis totalement inculte en la matière.  [:tinostar]
 


Tout homme vit pour soi-même, utilise sa liberté pour atteindre des buts particuliers, sent par tout son être qu'il peut ou non accomplir tel ou tel acte ; mais, dès qu'il agit, son acte accompli à tel moment de la durée devient irrévocable et appartient dorénavant à l'histoire, où il paraît non plus libre, mais régi par la fatalité.
 La vie humaine a deux faces. Il y a d'une part la vie individuelle, qui est d'autant plus libre que ses intérêts sont plus abstraits ; il y a d'autre part la vie élémentaire, grégaire, où l'homme doit inévitablement se soumettre aux lois qui lui sont prescrites.
 L'homme vit consciemment pour lui-même, mais participe inconsciemment à la poursuite des buts historiques de l'humanité tout entière. L'acte accompli est irrévocable et, par sa concordance avec des millions d'autres actes accomplis par autrui, prend une valeur historique. Plus l'homme est placé haut sur l'échelle sociale, plus importants sont les personnages avec lesquels il entretient des rapports, plus grand aussi est son pouvoir sur le prochain, plus chacun de ses actes revêt un caractère évident de nécessité, de prédestination.
 

n°35341060
tfo
Posté le 19-08-2013 à 23:16:41  profilanswer
 

C'est de la philo? Sartre?

n°35341087
RandallBog​gs
Posté le 19-08-2013 à 23:20:52  profilanswer
 

[:popol]

 

Ce roman est truffé de réflexions qui relèvent de la philo (en outre hégelienne, attention il y a un piège  :o ), mais c'est bel et bien un roman.


Message édité par RandallBoggs le 19-08-2013 à 23:25:58
n°35341123
RandallBog​gs
Posté le 19-08-2013 à 23:25:32  profilanswer
 

On continue :
 


   La vie et l'activité d'hommes des siècles passés, liés à moi dans le temps, ne peuvent m'apparaître aussi libres que la vie de mes contemporains, dont les conséquences me sont encore inconnues. Ainsi le degré de liberté ou de nécessité qu'on attribue à un acte dépend du plus ou moins grand laps de temps écoulé entre l'accomplissement de l'acte et le jugement qu'on porte sur lui.
   Si je considère un acte que je viens d'accomplir il y a un instant dans des conditions à peu près semblables à celles où je suis maintenant, mon acte m'apparaît incontestablement libre. Mais si je juge un acte un mois après l'avoir accompli et quand je me trouve dans d'autres conditions, j'avoue malgré moi que s'il n'avait pas existé, beaucoup de choses utiles, agréables, nécessaires même, qui en sont découlées, n'auraient pas eu lieu. Si je me reporte par le souvenir à un acte encore plus éloigné datant de dix ans et plus, ses conséquences m'apparaîtront encore plus évidentes, et il me sera difficile de me représenter ce qui aurait eu lieu s'il ne s'était pas produit. Plus je me reporterai en arrière dans mon souvenir, ou, ce qui revient au même, en avant par mon jugement, plus mes conclusions sur la liberté d'un de mes actes seront hésitantes.
 

n°35341137
RandallBog​gs
Posté le 19-08-2013 à 23:27:38  profilanswer
 

Grouillez-vous, parce que si Biez passe par ici, elle risque de plier ça en deux coups de cuillère à pot.  [:cupra]

n°35341326
tfo
Posté le 19-08-2013 à 23:56:35  profilanswer
 

Tolstoï, Guerre et paix?

n°35341336
RandallBog​gs
Posté le 19-08-2013 à 23:58:00  profilanswer
 


 [:volta]
 
C'est Biez qui va pas être contente... [:ocolor]

n°35341530
tfo
Posté le 20-08-2013 à 00:42:53  profilanswer
 

 _Je le veux, répondit l'abbé. Mais, ma petite mère, tu sais ce qu'il me faut auparavant : je ne vaux rien quand je n'ai pas fait la besogne qui affecte le plus vivement mon imagination. Les autres idées ne sont pas nettes et se trouvent toujours absorbées, confondues par celle-ci. Je t'ai déjà dit que lorsqu'à Paris je m'occupais presque uniquement de la lecture et des sciences les plus abstraites, dès que je sentais l'aiguillon de la chair me tracasser, j'avais une petite fille ad hoc comme on a un pot de chambre pour pisser, à qui je faisais une ou deux fois la grosse besogne, dont il vous plaît de ne pas vouloir tâter de ma façon. Alors, l'esprit tranquille, les idées nettes, je me remettais au travail. Et je soutiens que tout homme de lettres, tout homme de cabinet qui a un peu de tempérament doit user de ce remède, aussi nécessaire à la santé du corps qu'à celle de l'esprit. Je dis plus : je prétends que tout honnête homme qui connaît les devoirs de la société devrait en faire usage, afin de s'assurer de n'être point excité trop vivement à s'écarter de ces devoirs en débauchant la femme ou la fille de ses amis, ou de ses voisins.

n°35341697
RandallBog​gs
Posté le 20-08-2013 à 01:30:13  profilanswer
 

Eh beh... :lol:  

n°35342080
Baudeflo
Posté le 20-08-2013 à 08:49:01  profilanswer
 

ah oui quand même  :pt1cable:


---------------
NB life
n°35344506
tfo
Posté le 20-08-2013 à 12:06:55  profilanswer
 

Oui, ignorants ! la nature est une chimère, tout est l'ouvrage de Dieu. C'est de lui que nous tenons les besoins de manger, de boire et de jouir des plaisirs. Pourquoi donc rougir en remplissant ses desseins ? Pourquoi craindre de contribuer au bonheur des humains en leur apprêtant des ragoûts variés propres à contenter avec sensualité ces divers appétits? Pourrai-je appréhender de déplaire à Dieu et aux hommes en annonçant des vérités qui ne peuvent qu'éclairer sans nuire ?  
Je vous le répète donc, censeurs atrabilaires, nous ne pensons pas comme nous voulons. L'âme n'a de volonté, n'est déterminée que par les sensations, que par la matière. La raison nous éclaire, mais elle ne nous détermine point. L'amour-propre (le plaisir à espérer ou le déplaisir à éviter) sont le mobile de toutes nos déterminations. Le bonheur dépend de la conformation des organes, de l'éducation, des sensations externes, et les lois humaines sont telles que l'homme ne peut être heureux qu'en les observant, qu'en vivant en honnête homme. Il y a un Dieu, nous devons l'aimer parce que c'est un être souverainement bon et parfait. L'homme sensé, le philosophe, doit contribuer au bonheur public par la régularité de ses moeurs. Il n'y a point de culte, Dieu se suffit à lui-même : les génuflexions, les grimaces, l'imagination des hommes, ne peuvent augmenter sa gloire. Il n'y a de bien et de mal moral que par rapport aux hommes, rien par rapport à Dieu. Si le mal physique nuit aux uns, il est utile aux autres : le médecin, le procureur, le financier, vivent des maux d'autrui, tout est combiné. Les lois établies dans chaque région pour resserrer les liens de la société doivent être respectées, celui qui les enfreint doit être puni parce que, comme l'exemple retient les hommes mal organisés, mal intentionnés, il est juste que la punition d'un infractaire contribue à la tranquilité générale. Enfin, les rois, les princes, les magistrats, tous les divers supérieurs, par gradations, qui remplissent les devoirs de leur état, doivent être aimés et respectés parce que chacun d'eux agit pour contribuer au bien de tous.

n°35344539
RandallBog​gs
Posté le 20-08-2013 à 12:10:06  profilanswer
 

Thérèse philosophe ?

n°35344927
tfo
Posté le 20-08-2013 à 12:53:42  profilanswer
 

RandallBoggs a écrit :

Thérèse philosophe ?


 
Bien joué [:implosion du tibia]

n°35344952
Baudeflo
Posté le 20-08-2013 à 12:56:01  profilanswer
 

tfo a écrit :


 
Bien joué [:implosion du tibia]


 
Moi aussi j'ai googlé, mais j'ai eu la décence de ne pas donner la réponse  [:foudelou:4]


---------------
NB life
n°35346384
RandallBog​gs
Posté le 20-08-2013 à 14:29:05  profilanswer
 

Tu fais une recherche sur roman philosophie libertin, tu finis par tomber dessus.  [:spamafotev]
 
On a le droit de faire ce genre de recherche.  [:spamafotev]

n°35346434
Baudeflo
Posté le 20-08-2013 à 14:31:57  profilanswer
 

RandallBoggs a écrit :

Tu fais une recherche sur roman philosophie libertin, tu finis par tomber dessus.  [:spamafotev]
 
On a le droit de faire ce genre de recherche.  [:spamafotev]


 
nan mais le Arthur équivalait à un redface ici... J'ai googlé la première phrase, puisque de toute manière je n'avais aucune idée de la réponse...
 
Mais je note qu'on peut faire des recherches google  :jap:


---------------
NB life
n°35353038
RandallBog​gs
Posté le 21-08-2013 à 00:52:36  profilanswer
 

Allez, hop, un TRÈS court extrait, mais qui résume un peu tout le bouquin :

 


   --- Est-ce que vous êtes réellement idiot?
   --- Je vous déclare avec obéissance, mon lieutenant, que je suis réellement aussi idiot.

 


Message édité par RandallBoggs le 21-08-2013 à 00:52:45
n°35369014
RandallBog​gs
Posté le 22-08-2013 à 13:15:53  profilanswer
 

up
 
:sweat:

n°35369066
biezdomny
MONSTERS DO NOT EAT QUICHE!
Posté le 22-08-2013 à 13:20:26  profilanswer
 

(pas le temps de jouer en ce moment)


---------------
Expos et musées — Égyptologie (stupid sexy Jean-François Champollion) — team bépo
n°35370296
RandallBog​gs
Posté le 22-08-2013 à 14:43:03  profilanswer
 


  [:10-david:1]

n°35370910
boulgakov
Posté le 22-08-2013 à 15:22:23  profilanswer
 

"Le brave soldat Chvéïk" ?
 
edit : oui après recherche google [:nozdormu]

Message cité 1 fois
Message édité par boulgakov le 22-08-2013 à 15:25:51
n°35371243
RandallBog​gs
Posté le 22-08-2013 à 15:43:11  profilanswer
 

boulgakov a écrit :

"Le brave soldat Chvéïk" ?

 

edit : oui après recherche google [:nozdormu]

 

Si t'as juste tapé genre : roman soldat idiot, c'est OK. Si c'est la citation, c'est mal !    [:neostranger]

Message cité 1 fois
Message édité par RandallBoggs le 22-08-2013 à 15:44:37
n°35371347
RandallBog​gs
Posté le 22-08-2013 à 15:50:15  profilanswer
 

Sinon, la bienvenue à toi !  (je vais faire taulier à la place du taulier, vu que je suis tout seul dans ce rade, apparemment).
 
Ceci est donc un putsch (en interim).  [:haha1789]  
 
D'ailleurs, si l'Indien pouvait profiter de ce mois d'août désertique pour enfin synchroniser les débuts de mois au 1er et non pas au 14 comme par le passé, ce qui n'est guère intuitif, reconnaissons-le...  :whistle:

n°35374374
boulgakov
Posté le 22-08-2013 à 19:40:12  profilanswer
 

RandallBoggs a écrit :


 
Si t'as juste tapé genre : roman soldat idiot, c'est OK. Si c'est la citation, c'est mal !    [:neostranger]


 
Pardon, mal formulé : j'ai trouvé d'abord (tapé "soldat tchèque" dans google pour retrouver le titre du bouquin  :D ) et ensuite j'ai googlé la citation pour vérifier.
 

RandallBoggs a écrit :

Sinon, la bienvenue à toi !


 
Merci !
 

Message cité 1 fois
Message édité par boulgakov le 22-08-2013 à 19:54:45
n°35375107
biezdomny
MONSTERS DO NOT EAT QUICHE!
Posté le 22-08-2013 à 21:11:26  profilanswer
 

Ca me fait toujours bizarre de poster sur les mêmes topics que boulgakov [:dks]


---------------
Expos et musées — Égyptologie (stupid sexy Jean-François Champollion) — team bépo
n°35375149
RandallBog​gs
Posté le 22-08-2013 à 21:15:12  profilanswer
 

boulgakov a écrit :

Pardon, mal formulé : j'ai trouvé d'abord (tapé "soldat tchèque" dans google pour retrouver le titre du bouquin  :D ) et ensuite j'ai googlé la citation pour vérifier.


:D
 
À toi de relancer maintenant !
 

biezdomny a écrit :

Ca me fait toujours bizarre de poster sur les mêmes topics que boulgakov [:dks]


Tu nous fais une petite crise de schizophrénie ?  [:o_doc]

n°35375473
boulgakov
Posté le 22-08-2013 à 21:48:20  profilanswer
 

Bon alors le premier bouquin qui me tombe sous les yeux dans la bibliothèque.
 


Quant à ma vie, elle était toujours aussi lamentable qu'au jour de ma naissance. Une seule chose avait changé : maintenant, et ce n'était jamais assez souvent, je pouvais boire de temps en temps. Boire était la seule chose qui permettait de ne pas se sentir à jamais perdu et inutile. Tout le reste n'était qu'ennuis qui ne cessaient de vous démolir petit à petit. Sans compter qu'il n'y avait rien, mais alors ce qui s'appelle rien d'intéressant dans l'existence. Les gens vivaient en-deçà d'eux-mêmes, les gens étaient prudents, les gens étaient tous pareils. "Et dire qu'il va falloir continuer à vivre avec tous ces connards jusqu'au bout", pensais-je


 
Facile  :)

n°35404246
tfo
Posté le 26-08-2013 à 10:35:16  profilanswer
 

On pourrait peut-être avoir un nouvel extrait, vu que de toute évidence personne n'a d'idées [:agkklr]  ? (Boulgakov, je ne sais pas si tu es au courant vu que c'est la première fois que tu participes, mais il est relativement rare que la réponse soit donnée dès le 1er extrait, et il est d'usage de donner d'autres extraits/des indices quand les gens ne trouvent pas).

n°35405527
RandallBog​gs
Posté le 26-08-2013 à 12:07:17  profilanswer
 


Tiens, je voulais upper aussi depuis hier... Les grands esprits, tout ça...

mood
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