http://www.youtube.com/watch?v=i9a0Q1v93SA
Bulletin numéro 43 électron libre je cite https://2597176606353633784-a-18027 [...] edirects=1
:
Le réacteur 3 s’emballe
La température continue de monter (186°C, vendredi) ; le niveau de radiations monte
aussi à plus de 100 Milli Sv/h dans le bâtiment. Neuf employés ont reçu des doses
importantes jeudi et ont été évacués après 20 minutes d’intervention. Les interventions
dans le bâtiment 3 sont arrêtées.
Echauffement de la piscine n°4
1535 barres sont encore à plus de 85°C, dans la piscine suspendue .On atteint 89°C,
vendredi et on voit une émission de vapeur d’eau sortir du bâtiment sur la caméra de
Tepco, depuis 24h. Certaines barres doivent être au dessus de 100°C. Il est prévu de
mettre un nouveau système de refroidissement en juillet. Mais ce n’est pas sûr qu’on
puisse attendre si longtemps.
Renforcement du soutènement de la piscine située en haut du bâtiment n°4. On
craignait l’effondrement de la piscine. Tepco renforce les murs en mettant des étaies, en
acier
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Rappel de l'article du monde la semaine dernière :
Au Japon, la progression des ouvriers dans la centrale accidentée de Fukushima Dai-Ichi s'apparente chaque jour davantage à un marathon doublé d'un saut d'obstacles. Dernière mauvaise surprise en date, le gouvernement japonais a reconnu, mardi 7 juin, que le combustible nucléaire des trois premiers réacteurs pouvait avoir percé les cuves sous pression après avoir fondu et s'être accumulé au fond de l'enceinte de confinement, dans les jours qui ont suivi le tsunami du 11 mars.
L'agence japonaise de la sûreté nucléaire a d'autre part multiplié par deux son estimation de la quantité de particules radioactives émises dans l'atmosphère pendant la première semaine qui a suivi l'accident. Près de 770 000 terabecquerels, soit près d'un dixième des émissions de Tchernobyl en 1986, se seraient ainsi échappés des réacteurs endommagés, et non 370 000 terabecquerels comme estimé précédemment.
"Il est normal qu'au fur et à mesure de la reprise de contrôle sur le site, les Japonais découvrent des dégâts, relativise Thierry Charles, directeur de la sûreté à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. La question est de savoir si ces nouveaux éléments entraînent des nouveaux risques." Dans le cas présent, les dernières informations livrées par les autorités japonaises ne constituent "pas une surprise ni un danger", assure-t-il : "Si le corium [magma résultant de la fusion des éléments du cœur] a percé la cuve et atteint le béton des enceintes de confinement, c'était à la mi-mars. Depuis, le combustible s'est forcément solidifié, ce qui n'a pas d'impact sur les opérations actuelles."
REFROIDISSEMENT DU COMBUSTIBLE
Tepco, l'opérateur chargé de la centrale, poursuit donc le même objectif qu'il a y presque trois mois : stabiliser la situation sur le site. Entre 6 et 10 m3 d'eau douce sont ainsi envoyés dans les cuves chaque heure, au moyen de pompes de fortune et de camions-citernes, afin de refroidir sans relâche le combustible des quatre premiers réacteurs.
En parallèle, le millier d'ouvriers qui travaillent jour et nuit sur le site, par rotation pour réduire l'irradiation, injectent constamment de l'azote gazeux dans les réacteurs afin de saturer leur atmosphère. L'objectif est d'empêcher l'oxygène de l'air de pénétrer par les fuites des enceintes de confinement et de se mêler à l'hydrogène produit par la dégradation des combustibles, ce qui aurait pour effet de déclencher une explosion dans le cœur du réacteur.
Après la stabilisation, l'étape suivante consiste en une reprise de contrôle de la centrale. "Il s'agit d'éviter tout rejet radioactif et d'installer un système de refroidissement pérenne, fonctionnant en circuit fermé, qui permettra de refroidir l'eau qui sort du réacteur pour la réinjecter directement dans le cœur", précise Thierry Charles.
DÉCONTAMINATION DES EAUX
Aujourd'hui, les tonnes d'eau qui entrent dans les cuves des réacteurs et sortent contaminées par les particules radioactives posent problème : plus de 100 000 tonnes d'effluents hautement radioactifs sont ainsi entreposées dans des réservoirs, des sous-sols ou des barges, sans compter l'eau répandue sur l'ensemble du site en raison des fuites des systèmes de pompage.
"Tepco doit vite s'en débarrasser car les éléments de stockage arrivent à saturation, explique Bruno Comby, ingénieur en génie nucléaire et professeur à l'Ecole supérieure de techniques avancées de Paris. Par ailleurs, cette eau empêche les ouvriers de circuler plus de quelques minutes dans les bâtiments et donc d'installer un système de refroidissement en circuit fermé."
Pour cette opération de grande ampleur, Tepco est soutenu par Areva. Le groupe nucléaire français est en effet sur le point d'achever un système de décontamination des eaux, qui commencera à fonctionner le 15 juin. "On va pomper l'eau sur l'ensemble du site, pour l'emmener dans des cuves. Là, on injectera des réactifs pour capter les éléments radioactifs et on les précipitera sous forme de boues", explique un représentant du groupe au Japon. L'eau obtenue ainsi sera faiblement radioactive, de l'ordre de quelques centaines de becquerels au lieu de plusieurs milliers, voire un million de becquerels par cm3, et pourra être réutilisée pour refroidir le combustible. Reste la question des boues radioactives, d'un volume 120 fois inférieur aux quantités d'eau injectées dans le système de décontamination, mais qui s'avèrent hautement radioactives et constituent donc des déchets nucléaires à vie longue, qui devront être stockés.
LIMITATION DES REJETS RADIOACTIFS
"Le traitement des eaux contaminées ne résout pas tout le problème d'accessibilité aux bâtiments de la centrale, tempère par ailleurs Sylvestre Pivet, directeur adjoint de l'innovation et du soutien nucléaire au Commissariat à l'énergie atomique. A certains endroits, la radioactivité est énorme, de l'ordre de 4 sieverts par heure. L'hygrométrie est par ailleurs très forte, presque à 100 %. Il faut donc cartographier l'ensemble du site pour savoir si la suite des opérations doit être menée par des hommes ou des robots."
"La situation n'est toujours pas sous contrôle, mais les plus gros risques sont derrière nous car la radioactivité du site baisse", assure néanmoins Bruno Comby. Le 11 mars, l'essentiel des radioéléments émis étaient de l'iode 131, dont la demi-période (la durée qu'il lui faut pour voir sa radioactivité décroître de moitié) est de huit jours. "Aujourd'hui, il n'y a pas de nouvelles sources d'émissions et l'iode rejetée après l'accident a presque disparu : sa radioactivité a été divisée par 4 000. Il reste essentiellement du césium 137, dont la demi-période est de trente ans, mais dont l'activité est beaucoup plus faible", poursuit le scientifique.
Malgré tout, le site restera contaminé pendant des années. Car une fois la situation entièrement sous contrôle, dans quelques années, Tepco devra encore s'atteler au démantèlement du combustible, à savoir 2 500 tonnes d'uranium et de plutonium réparties entre les cuves et les piscines. "Aux Etats-Unis, lors de l'accident de Three Mile Island, il a fallu douze ans pour enlever le combustible dégradé d'un réacteur. A Fukushima, avec au moins quatre réacteurs endommagés, les opérations s'étendront sur vingt ans minimum", estime Thierry Charles.
Audrey Garric http://www.lemonde.fr/planete/arti [...] _3244.html
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Sacrifier sa vie pour le nucléaire ?
Tokyo, correspondant - Ils sont près de 250, âgés d’une soixantaine d’années et plus, prêts à braver les risques d’irradiation à la centrale nucléaire Daiichi à Fukushima, endommagée par la catastrophe du 11 mars.
Ces hommes, ingénieurs, médecins, ou simples salariés, ont répondu à l’appel de Yasuteru Yamada (72 ans), ingénieur retraité de Sumitomo Metal Industries : en voyant à la télévision les employés qui se relaient chaque jour auprès de réacteurs 2 et 3, dont les barres de combustible sont en fusion partielle, M. Yamada a pensé qu’il devait faire quelque chose.
Il estime que sa génération a, "consciemment ou non", soutenu la politique nucléaire dont on constate aujourd’hui les carences et que c’est à elle d’en assumer les conséquences et non aux jeunes envoyés pour stabiliser les réacteurs. "Ce n’est en rien une mission suicide !, explique-t-il. Nous avons peut-être quinze ou vingt ans à vivre : pas assez pour développer un cancer dû aux radiations !"
Après son appel, 247 retraités se sont manifestés pour exprimer leur sens de la responsabilité. Ainsi est né le "Corps des vétérans". Les volontaires seniors ont pris contact avec des hommes politiques et Tokyo Electric Power Company (Tepco), opérateur de la centrale. Mais leur proposition n’a pas été retenue.
Un autre groupe de seize vaillants seniors volontaires, anciens experts nucléaires, procède au nettoyage des maisons dans l’agglomération d’Iitate, à une dizaine de kilomètres à l’extérieur de la zone de confinement (20 kilomètres), où a été néanmoins détecté un taux élevé d’irradiation.
A FUKUSHIMA, LA SÉCURITÉ DU PERSONNEL EST LOIN D'ÊTRE ASSURÉE
La situation à la centrale de Fukushima est loin d’être stabilisée. Tepco a annoncé, dimanche 5 juin, l’envoi par camions de 370 citernes pour entreposer des dizaines de milliers de litres d’eau contaminée, qui a été déversée pour refroidir les réacteurs. Ces citernes ont une capacité totale de 40 000 tonnes. Tepco, dont l’action a fortement chuté (27,62 %), lundi 6 juin, minée par des informations faisant état de pertes massives, espère stabiliser la température des réacteurs en dessous de 100°C d’ici à janvier.
Près de trois mois après le séisme et le tsunami du 11 mars, la sécurité du personnel qui travaille par roulement à tenter de refroidir les réacteurs est loin d’être assurée. Selon le docteur Takeshi Tanigawa, directeur du département de santé publique à l’université d’Ehime, qui s’est rendu à plusieurs reprises à la centrale de Fukushima, "les conditions de travail et de repos, souvent en dortoir, se sont améliorées, mais elles restent très précaires et le manque de sommeil pour récupérer peut entraîner des accidents". "Les employés sont victimes de stress : ils sont confrontés au danger et parfois portent en eux la douleur de la perte d’un proche ou de leur maison lorsqu’ils vivaient à proximité, analyse le médecin. Lorsqu’ils rejoignent leur famille dans des centres d’accueil, certains se sentent ostracisés par les autres sinistrés qui, tout en admirant leur courage, les critiquent d’avoir travaillé pour Tepco."
Deux employés qui travaillaient dans la salle de contrôle des réacteurs 3 et 4 ont été officiellement reconnus, vendredi 3 juin, irradiés par des doses supérieures au seuil limite de 250 millisieverts par an.
Les personnes âgées ont été la couche de la population la plus touchée par la catastrophe. C’est aussi une génération qui, ayant connu les difficultés et les sacrifices au lendemain de la seconde guerre mondiale, a un sens civique enraciné. Le dévouement des volontaires seniors suscite d’autant plus d’admiration que la classe politique – composée pour une bonne partie de sexagénaires – a donné une piètre image d’elle-même avec le dépôt, jeudi 2 juin, d’une motion de censure, pour le moins mal venue dans la crise que traverse le pays. Elle a été rejetée à la suite d’un engagement du premier ministre, Naoto Kan, de se retirer dans les prochains mois.
Mais ce chaos politique a été ressenti avec amertume, sinon avec colère, par l’opinion, alors que chaque jour des hommes risquent leur santé à la centrale, que 100 000 personnes vivent toujours dans des centres d’accueil et que des sinistrés fouillent encore les décombres à la recherche des restes de leurs proches.
Philippe Pons http://www.lemonde.fr/japon/articl [...] 92975.html
Message édité par super_newbie_pro le 12-06-2011 à 13:17:59
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