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Étymologie[modifier]
Le mot « bible » vient du grec ancien βιϐλία (biblia), un mot neutre au pluriel qui signifie « livres ». Comme les papyrus égyptiens étaient particulièrement bien préparés dans la ville de Byblos, les Grecs adoptèrent le terme de « biblion » (βιϐλίον) pour désigner le livre. Ce mot s'est conservé jusqu'à nos jours. Il est passé dans la langue française par l’intermédiaire du latin bíblia, de même sens, à savoir « les livres ».
Le canon biblique[modifier]
La Biblia Hebraica Stuttgartensia
Articles détaillés : Canon (Bible), Liste des livres de la Bible et Tanakh.
Le corpus biblique réunit plusieurs livres d'origines diverses, d'où le pluriel originel du mot « bible ». La liste actuelle de ces livres, appelée canon (mot grec κανων signifiant règle), ne varie que pour quelques livres du judaïsme tardif se trouvant initialement présents dans les versions en langue grecque de l'Ancien Testament comme la Septante. Leur nombre varie entre 22 et 73 livres ; la différence est aussi due à des regroupements.
En plus de ces variations sur le nombre de livres, il existe aussi un certain nombre de variantes textuelles à l'intérieur de chaque livre de la Bible. Ces variantes proviennent du fait que l'on possède de nombreux manuscrits anciens de chaque livre de la Bible, et que pour un même livre, ces manuscrits ne présentent pas toujours exactement le même texte. Cela entraîne qu'il devient impossible aujourd'hui de définir précisément ce qu'est "la Bible", sans faire un choix plus ou moins arbitraire parmi les divers versions qui s'offrent à nous.
L'histoire de la fixation du canon est complexe, d'autant qu'elle concerne les deux religions, elles-mêmes différentes, et qui se sont séparées à cette époque. Ainsi, le Talmud garde trace des discussions pour savoir s'il fallait admettre dans le canon juif le Cantique des Cantiques et le Livre d'Esther, qui ont été acceptés, ou la Sagesse de Ben Sira (Siracide ou Ecclésiastique), qui ne l'a pas été.
La version hébraïque canonique est dite « massorétique ». La Biblia Hebraica Stuttgartensia en est la principale édition critique, publiée pour la première fois en 1936. Elle se fonde sur le Codex de Léningrad, un manuscrit du Xe siècle dont on dit qu'il fut mis au point par la famille d'éminents massorètes Ben Asher.
Les subdivisions[modifier]
La Bible hébraïque connaît un type de division particulier, celui des parashiyot (singulier : parasha) (marquées par la lettrepé dans le texte), qui représente la répartition des lectures hebdomadaires de la Torah. Ces passages bibliques sont au nombre de 54.
Les Massorètes ont divisé les Écritures hébraïques en versets.
Le Psaume 1 dans la Biblia Hebraica
Dans la Bible chrétienne, chaque livre est divisé en chapitres, eux-mêmes subdivisés en versets.
La version King James (en anglais) comprend 1 189 chapitres et 31 171 versets. En 1227 Stephen Langton, professeur à l'Université de Paris, puis archevêque de Cantorbéry, divise la Bible en chapitres ; auparavant, la taille du parchemin commandait la division. En 1250, le cardinal Hugues de Saint-Cher reprend cette division. Les versets furent créés par Robert Estienne en 1539 à l'occasion de l'impression de la Bible d'Olivétan, 2e édition. En 1555 fut publiée l'édition de la Vulgate latine par Robert Estienne; c'était la première Bible complète avec la numérotation actuelle des chapitres et des versets. Ce système permet de faire correspondre les versions hébraïque, grecque, latine et autres (pour autant qu'elles aient le même texte).
Dans les éditions récentes de la Bible, un petit nombre de versets de la division établie par Robert Estienne ont disparu, ou ont été remplacés par '-'. Les manuscrits les plus anciens ne contenant pas ces versets (c'est également vrai pour certains mots), ils ont été écartés des textes admis comme fiables par les spécialistes[N 4]. Cela montre que la Bible, bien qu'elle s'appuye sur un texte ancien, continue d'évoluer encore aujourd'hui, au fil des recherches.
La Bible hébraïque et ses dérivés[modifier]
Le texte en hébreu[modifier]
Le Tanakh.
La Bible hébraïque est écrite en hébreu (comme le nom l'indique) avec quelques passages en araméen. La tradition juive divise la Bible en trois grandes parties, désignées par le terme TaNaKh, acronyme de leurs titres en hébreu, la Torah, les Neviim, les Ketouvim :
* la Loi, dont le nom hébreu est la Torah, constituée des cinq livres attribués à Moïse. Cette narration couvre la période allant de la création du monde à la mort de Moïse, qui a amené le peuple d'Israël hors d'Égypte jusqu'aux portes de la Terre promise, en passant par le mont Sinaï où il a reçu les commandements de Dieu ;
* les Prophètes, en hébreu Neviim, qui relatent l'installation d'Israël en Canaan jusqu'à l'Exil à Babylone, et rapportent la prédication des prophètes envoyés par Dieu pour parler en son nom ;
* les Écrits, en hébreu Ketouvim, qui s'ouvrent par les Psaumes et des écrits de Sagesse, et complètent l'historiographie avec le retour de l'Exil.
Les Juifs considèrent traditionnellement que la Torah fut dictée par Dieu et écrite par Moise lui-même. Un travail de structuration est attribué à Esdras et à la Grande Assemblée. À l'époque romaine, les prophètes n'étaient pas reçus par la totalité du judaïsme, et la liste des Écrits restait encore ouverte. Avant même la traduction grecque, ont existé en araméen, langue officielle de l'empire perse à l'ouest de l'Euphrate, des traductions commentées, appelées « Targoum », qui attestent une lecture publique des livres bibliques.
Les origines du Tanakh ne font pas consensus. La tradition attribue sa composition actuelle aux Pères de Yabné, sans doute au début du IIe siècle. C'est la Bible selon le judaïsme. Ce texte sera retenu en 1530 comme Ancien Testament par les protestants, qui l'éditeront pourtant dans l'ordre des livres de la Bible grecque.
La version grecque des Septante ("LXX" )[modifier]
Le Tanakh fut traduit en grec à Alexandrie, suivant l'obligation faite à tout navire mouillant dans son port de livrer une traduction et un original des livres tenus à bord au dépôt de la bibliothèque d'Alexandrie, et aussi pour permettre aux Juifs résidant en Égypte d'étudier un texte devenu pour eux incompréhensible, car ils ne connaissaient plus l'usage de l'hébreu.
Selon une légende rapportée par la Lettre d'Aristée[1] et amplifiée depuis, la traduction en grec de la Torah, dite « des Septante » ou « alexandrine », serait l'œuvre de soixante-douze savants juifs, six par tribu, qui, à la demande des autorités grecques d'Égypte (et isolés pendant soixante-douze jours, selon certaines versions), aboutirent à un texte commun.
Cette traduction devait être reçue comme ayant autant de valeur que l'œuvre originale, malgré certaines critiques. Cette version fut conservée à la bibliothèque d'Alexandrie avec les « Lois » : elle ne relève pas alors de la religion, mais du code coutumier du peuple juif. Toujours est-il que le nom de « Septante » est resté à cette traduction commencée au IIIe siècle av. J.‑C., et à toute la Bible grecque par extrapolation. Les autres livres ont été traduits, voire écrits directement, en grec, au fil des siècles suivants.
Ce corpus, largement répandu dans la diaspora juive hellénophone du Ier siècle, sera adopté tel quel par les premiers chrétiens[N 5], et constitue l'Ancien Testament de l'époque.
Lors de l’instauration du judaïsme rabbinique, pour se démarquer du christianisme naissant, le texte grec est abandonné dans le monde juif au profit du texte hébreu, pour des raisons à la fois linguistiques et religieuses[N 6]. Après avoir été la version la plus répandue dans le monde juif hellénistique, la Septante devient l'Ancien Testament des chrétiens. Dès lors, le judaïsme la rejette de plus en plus à partir de la fin du Ier siècle[N 7]. Dans le monde chrétien, en revanche, la Septante continue d'être la référence et connaît plusieurs traductions en latin. Elle ne sera remplacée par la Vulgate que tardivement, au VIIIe siècle[2].
La Vulgate[modifier]
Saint Jérôme par maître Théodoric, couvent Sainte-Agnès, Prague
Lors de sa traduction de la Bible en latin, la Vulgate, Jérôme choisit la version hébraïque lorsqu'elle existe, et met en annexe les livres pour lesquels elle n'existe pas ou plus. Mais les Églises catholique et orthodoxe garderont l'ordre des livres de la Septante, à savoir :
* le Pentateuque (les cinq livres de la Loi, ou Torah, les cinq « étuis »),
* les livres historiques (regroupant les « premiers prophètes » et certains des « autres écrits »,
* les livres poétiques et de sagesse,
* les écrits des prophètes.
Jérôme entreprend la traduction du Nouveau Testament en 382, trois ans avant celle de l'Ancien Testament. Pour l'Ancien Testament, il travaille à partir d’un manuscrit original en hébreu, proche du texte massorétique, et se rend en Terre sainte pour consulter les érudits juifs afin de respecter la veritas hebraica au-delà de la tradition hellénisante. Il n’a sans doute pas traduit les livres deutérocanoniques, à l'exception de ceux de Tobie et de Judith, puisque ces textes ne font pas partie du canon hébraïque.
Pour les Évangiles, la Vulgate utilise les manuscrits grecs. Les autres livres du Nouveau Testament ne doivent rien à Jérôme : leur traduction latine est attribuée à ses contemporains, dont Rufin le Syrien.
Il achève son œuvre en 405.
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