BigJoke Onzeraudeuguaine |
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Merci, vraiment.
TrakT a écrit :
On peut parce que face aux plus grands criminels du XXe siècle, on a été capables de surmonter les rancoeurs du monde entier pour les juger équitablement.
Dans le cas de Ben Laden, on a pas cherché à comprendre. On va essayer de le choper, et s'il bouge, une balle et c'est plié (et encore, j'en suis pas sûr, je pense plutôt que c'était "on va le buter, point" ).
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S'il s'avère que le profil de la mission était de buter OBL, alors je trouve ça profondément choquant. La présomption d'innocence, le droit à un procès équitable, le droit de pouvoir être défendu,... ce sont des principes, des lois. Est-ce qu'on doit comprendre, vu ce qui s'est passé, que ces principes et ces lois ne doivent être suivis/appliqués QUE si ce n'est pas trop difficile ? Ou si ça arrange bien ? Un tueur en série a droit au respect de ces principes, mais pas un terroriste ? Moi ça me pose un problème. Soit nous sommes TOUS égaux devant ces principes, sans la moindre exception, soit personne ne l'est. Il ne peut pas y avoir de demi-mesure.
Alors je peux me tromper sur ce qui va suivre, je ne suis pas un spécialiste. C'est dit. Toujours est-il que pour moi, une guerre c'est quelque chose de bien défini, encadré par le droit international. Une guerre, c'est un état de fait entre au moins deux nations, entre aux moins deux armées régulières. Une guerre se doit d'être déclarée de la manière adéquate via un processus politique et diplomatique, la preuve étant que quand ce n'est pas le cas, les États-Unis eux-mêmes appellent ça une "infamie" (Pearl Harbor, Day of infamy).
Pour moi, une nation ne peut pas être en guerre contre une faction, un groupe, qu'ils soient énormes, extrêmement belliqueux et lourdement armés. Une nation peut se dire en guerre, mais ça reste des mots, ça reste cosmétique. Comme quand on "déclare la guerre aux cheveux cassants". Au niveau du droit, ce n'est pas une guerre (c'est mon interprétation de non-spécialiste) en tout cas, et ça ne doit pas pouvoir l'être. Pour moi, la "guerre contre le terrorisme" n'aurait jamais du pouvoir être autre chose qu'une opération de police. Avec un backup militaire, pourquoi pas, mais une opération avec une chaîne de commandement de type "police", toujours encadrée par les principes et les lois qui régissent la police. Pas celles qui régissent la guerre.
Je ne connais pas la teneur des accords entre le Pakistan et les États-Unis. Mais j'espère qu'il n'y a pas le moindre flou, pas le moindre moyen de moyenner. Parce que sinon, l'intervention militaire qui a conduit à la mort de OBL est un acte de guerre, et dans ce cas, le Pakistan est officiellement en guerre contre les États-Unis. En tout cas, c'est mon impression en tant que personne incompétente à peine petit amateur de l'histoire de la guerre.
Et puis j'ai revu la vidéo où l'on voit George W. Bush expliquer que "dans l'temps, durant l'époque du Far-West, il y avait ces petites affiches où l'on pouvait lire "Wanted, Dead or alive", et que c'est exactement ce que nous disons au sujet de OBL". Mais de quel droit ? De quel droit, en 2011, qui que ce soit (un état, un représentant officiel, toute personne à part un juge) peut-il dire que ce n'est pas un problème si avant tout jugement, la personne que l'on recherche (en principe justement en vue de la juger) meurt ? Qu'on l'accepte, que ça nous va très bien, que mort ou vif, c'est pareil pour nous ?
roscocoltran a écrit :
Parce que tu as refusé de t'enrôler dans les navy seals pour mener à bien cette opération comme tu sais si bien le faire sur un forum ?
Mais vas-y, décris-nous en détail l'opération de capture telle que tu la concevais. Tu avais un plan, n'est-ce pas ?
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Non mais attends, qu'une mission visant à sauver des otages ou extraire un coupable présumé échoue et se solde par la mort d'otages ou du dit coupable, c'est une chose. Et ça peut arriver, l'erreur est humaine, à tous les niveaux de ce type d'opération. Et même parfois, simplement, shit happens. Mais partir dans l'optique de buter des gens, sous prétexte que la mission va être dangereuse et que de toute façon, le mec va pas vouloir se rendre, c'en est à mon avis une toute autre.
Je n'ai aucun plaisir à apprendre qu'un militaire est mort en mission. Aucun, bien au contraire. J'ai énormément de respect pour les militaires, de manière générale. Mais quand même... aussi horrible que ce soit, c'est un risque inhérent à leur job. Si t'es pas prêt à l'accepter, tu t'engages pas, point. Si en tant que chef de l'armée, tu n'es pas prêt à l'accepter, tu n'autorises pas la mission, point. Pareillement, si t'es pas prêt à accepter que les missions dans lesquels tu seras engagé seront difficile (et donc que tu risques de ne pas en revenir), tu t'engages pas, point.
Je ne discute absolument pas de l'intérêt stratégique et tactique de la mission, je ne suis pas compétent pour ça. Admettons-même que le cadre légal entre les États-Unis et le Pakistan autorisait effectivement cette mission. Après tout, c'est peut-être le cas, et je ne suis pas non plus compétent pour affirmer le contraire.
Mais quel aurait dû être le but de la mission ? A mon sens, il s'agissait de mettre la main sur un monstrueux criminel. Mais aussi, un présumé innocent. Quelqu'un qui aurait dû avoir le droit d'être entendu, quelles qu'en soient les conséquences négatives. Pas de compromis là-dessus, aucun. Je me fous pas mal des sales petits secrets qu'il aurait éventuellement pu révéler au monde. Je me fous pas mal de la sympathie qu'il aurait malheureusement peut-être pu susciter chez certains... Oui, ce sont des conséquences négatives, mais à mon avis, aucune ne devrait légitimer l'abandon de la présomption d'innocence et du droit au procès équitable. Et que certains puissent considérer la messe comme dite, la cause comme entendue, ne change rien à cet état de fait.
Je me fous pas mal qu'il soit difficile d'appréhender OBL. De la même manière qu'en soi, je me fous qu'une opération à cœur ouvert soit difficile. La difficulté de la chose n'ouvre aucun droit supplémentaire, ne serait-ce que parce que personne ne met un flingue sur la tempe de quelqu'un pour le forcer à devenir chirurgien cardiaque ou navy seal. Ce serait trop difficile pour moi, je ne suis donc ni chirurgien cardiaque, ni navy seal. Point.
Je me fous pas mal qu'un gaz incapacitant n'agit peut-être pas assez vite pour éviter tout risque. Je me fous pas mal qu'un tazer, ce n'est pas l'arme la plus safe pour celui qui la porte quand il s'agit de pénétrer une place forte pour capturer un gars. La seule chose qui m'importe, et là encore, ce n'est qu'un avis, le mien, c'est qu'il était obligatoire de mettre TOUS les moyens en œuvre pour capturer ce gars VIVANT. Au risque qu'il se tire une balle pour l'éviter, au risque que son garde du corps lui tire une balle pour l'éviter, au risque qu'ils blessent voire tuent des navy seals pour l'éviter, au risque qu'ils fassent sauter tout le quartier pour l'éviter. C'est horrible, mais c'est ce qui peut arriver dans ce genre de situation. Si on envoie le commando, c'est qu'on accepte le risque. Si on trouve le risque trop important, on n'envoie pas le commando. Mais transformer la mission en "bon ben on va le buter alors, ce sera plus simple", je ne suis pas d'accord.
J'aurais par contre justement été tout prêt à entendre de la part des autorités américaines que "la mission a été postposée parce que dans ce cas, tout ce que l'on savait à l'instant T nous a amené à penser qu'il était trop risqué pour nos troupes et/ou les civils alentour de tenter de capturer OBL vivant. Et qu'on a pas d'autre choix que d'essayer de le capturer vivant". Là, j'aurais dit respect. Politiquement, en tout cas. Parce que sur le plan opérationnel, j'aurais sans doute ajouté : "p'tain, ça fait 10 ans que la magnifique machine de guerre américaine est sur le coup, et ça y est toujours pas ? Ben mon salaud... !", mais c'est pas le sujet.
Avec une telle mission de capture, si OBL s'était fait sauter la tête ou si son entourage l'y avait aidé, j'en aurais pas eu grand chose à faire. Je ne le pleure pas. Mais si ce sont les américains qui l'ont tué, c'est pour moi un échec. Un motif de tout, sauf de réjouissance et de fête.
moonboots a écrit :
et si tu essayais de comprendre ce qu'on raconte au lieu de parler comme un chien enragé ? je me fiche qu'on ait descendu OBL, c'est très bien, mais tu n'es pas obligé d'envoyer bouler ceux qui parlent de procès alors que ça s'est fait à la sortie de la WWII, bien plus tard par des kidnappings d'anciens nazis, par l'arrestation de criminels yougoslaves, rwandais, etc...
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Oui, mais justement, le mot important, c'est choix. Si la mission avait été de capturer OBL vivant (et j'ai expliqué pourquoi je pense que c'était la seule mission acceptable) et qu'il s'était tiré une balle, ça aurait été son choix. Et y avait rien à y faire, à supposer que TOUS les moyens avaient été mis en œuvre pour l'éviter en premier lieu. Choisir la balle pour lui, et appliquer la sentence à sa place, je ne suis pas d'accord.
Maintenant attention hein... je ne sais pas ce qui s'est passé. On entend tout dire et son contraire... Une fois que le soufflé sera retombé, si on a de bonnes raison de penser qu'il s'agissait d'une mission militaire légale de capture sur sol étranger qui a mal tourné pour OBL alors qu'ils ont tout fait pour l'éviter, je n'aurai absolument RIEN à redire aux américains. |