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Alors que François Fillon et Xavier Bertrand viennent d'annoncer la réforme des régimes spéciaux de retraite avec notamment l'allongement de la durée de cotisation à 40 annuités, le Canard Enchaîné publie dans son numéro du 10 octobre 2007 un article intitulé : "Le régime très spécial des retraites militaires". La réforme des régimes spéciaux visent principalement les cheminots de la SNCF et de la RATP qui bénéficient de certains avantages par rapport aux autres salariés : départ en retraite à 55 voire 50 ans, 37,5 années de cotisation, calcul de la pension de retraite sur les meilleures années de salaire, etc. Mais on oublie une autre catégorie de la population dite "privilégiée", ce sont les militaires. Pour des raisons politiques et électorales, le gouvernement ne compte pas réformer ce régime très spécial. Pourtant, les militaires bénéficient de conditions avantageuses qui feraient pâlir d'envie les cheminots. Revue de détail.
8,2 milliards de pension de retraite pour les militaires
Le gouvernement s'apprête à réformer les régimes spéciaux de retraite des salariés de la SNCF, de la RATP, d'EDF. Selon le Canard Enchaîné, ces régimes spéciaux concernent 1 100 000 retraités, dont le coût des pensions de retraite s’élève à 5 milliards d'euros par an. Or, la caisse de retraite des militaires avoisine les 8,2 milliards d'euros pour seulement 513 000 pensionnés. Le coût des retraites des militaires est donc beaucoup plus élevé pour un nombre de retraités moitié moins important.
Des sous-officiers et des gradés très bien lotis
Dans l'armée, un sous-officier peut partir à la retraite au bout de 15 ans. Certes, le montant n'est pas très élevé, à peine plus de 600 euros, voire 900 euros en comptant des bonifications, mais un sous-officier à la retraite peut cumuler sa pension avec un nouvel emploi. Par conséquent, non seulement les retraités militaires travaillent, mais ils touchent un double revenu.
De leur côté, les gradés doivent cotiser 25 ans. Selon les échelons et l'avancée de leur carrière, ils touchent alors entre 1200 et 1600 euros de retraite. Un colonel peut toucher jusqu'à 3000 euros. Etant donné ces montants relativement élevés, ils ne peuvent pas cumuler cette pension avec un autre salaire.
Une situation dénoncée par la cour des comptes
Dans un rapport de 2004, la cour des comptes soulignait que la retraite moyenne des militaires représentait 72% du salaire net des salariés en activité. Au bout de 26 ans de service, un militaire a la même retraite qu'un civil qui a cotisé 33 ans.
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Les députés et les sénateurs, eux, n'ont pas trop de souci à se faire. Bénéficiaires d'un régime de retraites extrêmement avantageux où une année cotisée égale deux années du régime normal, ils ont droit à des retraites tout à fait confortables: 1500 euros pour un mandat, 3000 euros pour deux mandats.
Comme l'expliquent nos confrères du Figaro, cela pouvait se justifier quand l'activité était temporaire. Mais depuis que la politique est devenue un métier... Sans compter que les fonctionnaires devenus parlementaires peuvent continuer à cotiser pour les caisses de leur corps d'origine. Ou comment se constituer une double retraite! A titre d'exemple, pour 2006, la caisse de retraite de l'Assemblée nationale à elle seule a versé plus de 34 millions d'euros sous forme de pensions.
Or, les parlementaires sont les seuls à pouvoir modifier leur propre système. Et ce, pour une raison simple: toute modification de ce régime très spécial passe par un changement des règlements de l'Assemblée nationale et du Sénat. La dernière réforme date de 2003, mais n'a fait subir aucun changement profond à ce régime spécial. Et pour l'instant, aucun autre projet de réforme n'est en cours dans les deux hémicycles.
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L’Assemblée a également généreusement cotisé (en tant qu’employeur) en faveur de ses édiles, pour un montant de 14,9 millions d’euros. Le total des ressources de la caisse ne dépasse donc pas les 22,3 millions. En revanche, côté dépenses, c’est l’hémorragie. Les retraites versées à quelques 2000 anciens parlementaires (montant moyen : 2400 euros net par mois pour 1958 pensionnés) ont dépassé les 60 millions d’euros, soit près de trois fois les recettes. Un record.
La différence n’est pas mince : le trou était d’environ 38 millions d’euros en 2006, comme en 2005, soit près de 20 000 euros par retraité et par an. Ce déficit chronique, creusé méticuleusement d’année en année dans l’indifférence générale, équivaut à une « faillite » selon l’expression favorite de François Fillon ! « Vu le nombre limité de députés cotisants, les conditions de l’équilibre économique de notre régime spécial ne peuvent pas être réunies, admet Yves Fromion, en confirmant les chiffres. C’est la même chose pour les retraites des agriculteurs, des mineurs, ou des marins. »
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Qui est le bozo?
Celui qui croit que la réforme du gvt est juste, alors qu'il ne s'agit que de pure démagogie.
En dehors des maigres économies réalisées sur les régimes visés (RATP/EDF/SNCF) on voit bien que les militaires et d'autres régimes plus discrets (parlementaires..) constituent des inégalités de traitement bien plus grandes et des gouffres financiers bien supérieurs.
Mais EDF, la RATP et la SNCF ont des tords bien plus grands que celui de bénéficier de régimes "spéciaux".
Ils sont les derniers bastions syndicalistes, les dernières grandes entreprises où la grève d'un salarié ne se traduit pas par un licenciement ou du harcèlement.
Les dernières entreprises où les salariés ont réussit à conserver un statut qui équilibre les devoirs et les responsabilités de chacune des parties liées par le contrat de travail, l'employeur et l'employé.
Des entreprises qui ne sont pas encore passées sous les fourches caudines (quoique pour edf gdf...) du libéralisme.
Il s'agit de la simple et même logique de démantèlement des dernières entreprises où les salariés ont encore un tant soit peu le droit de s'exprimer et de revendiquer sans finir à l'anpe.
Sous couvert de justice et d'égalité, en brandissant le spectre de la faillite (le même que pour la sécu depuis 20 ans) on assiste tout simplement à une purge sociale. On débarrasse le système économique des derniers empêcheurs de tourner au libéral. En destructurant ces entreprises fonctionnellement et socialement on brise tout esprit de corp, tout volonté revendicative toute possibilité de défendre ses droits
Le droit de grève subsistera, mais plus personne ne pourra l'utiliser pour défendre ses droits et sa dignité de salarié.
Ce qui s'est produit chez EADS et l'impuissance totale des salariés et des petits actionnaires, ne peut pas encore se produire chez edf ou la sncf, mais pour combien de temps.
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