Ce topic manque cruellement, et l'information sur le net aussi. Jusqu'au bac pro voire BTS/IUT, c'est très fourni, mais un peu moins lorsqu'on tape dans le +5.
Sur ce forum, c'est souvent concentré sur les topics des écoles. J'exclus volontairement la formation continue.
Je propose donc de lancer un véritable sujet sur l'apprentissage, les conditions, les avantages, les inconvénients, les écoles, les rémunérations, les projets proposés, l'international, etc., afin que tout le monde puisse apporter et trouver l'information. Ce topic se concentre sur l'apprentissage : sont donc exclus les contrats de professionnalisation et les alternances bizarres.
I-Pourquoi l'apprentissage ?
Plusieurs raisons.
Côté employeur, les entreprises sont incitées fiscalement à recruter des apprentis ET capitalisent sur des ressources futures qu'elles auront formées, donc dont elles peuvent évaluer la qualité. Le quota minimal d'apprenti pour les grosses boîtes ayant été relevé à 4% (il était à 2,5% de la masse salariale), gageons que l'année 2012 sera fructueuse et vous permettra de passer une partie de la crise à l'abri !
Côté étudiant, c'est de l'expérience professionnelle, la découverte de l'entreprise et l'intégration dans une ou des équipes, des opportunités à l'issue de l'apprentissage, des stages en moins à chercher et... Des sous, de l'indépendance financière ! En tant qu'apprenti, l'entreprise d'accueil prend en charge le coût de votre formation (le vrai coût, donc incluant les subventions de l'Etat) . Là où pour une école d'ingénieur publique/la fac, le bénéfice n'est pas forcément de ce côté là, lorsqu'on parle d'années d'ESC à presque 10k€ maintenant, c'est un autre ordre de grandeur. Et puis, vous êtes rémunérés tous les mois, y compris en période de cours. Les grilles de rémunération minimales se trouvent facilement, mais elles ne servent que de minimum : cela dépend à la fois des pratiques et des négociations. Lorsque l'entreprise propose des avantages en nature évidents et conséquents (ex: la SNCF), elle a tendance à payer au minimum.
Côté sous encore : l'apprenti est exonéré d'impôts sur la tranche allant de 0 à 12 SMICs bruts, l'apprenti touche des APL majorées tant qu'il est en-dessous de ce seuil, l'apprenti cotise pour sa retraite, a accès aux CE, à l'intéressement de son entreprise...
L'apprentissage est une forme d'alternance : l'étudiant passe théoriquement la moitié de son temps en formation, l'autre moitié en entreprise. Il ne faut pas confondre apprentissage et alternance, les autres formes d'alternance n'ouvrant pas ces avantages.
II-Quelles obligations ?
En tant qu'apprenti, vous devrez vous conformer à l'emploi du temps de l'entreprise mais surtout de votre école. Sauf arrangement, vous devez aller à TOUS les cours : vous êtes considéré comme un salarié que l'entreprise envoie en formation à l'école, donc êtes payés. L'entreprise a parfaitement le droit de retenir sur votre salaire les jours d'absence en cours. Après, ça se joue avec les écoles et leurs traditions à ce niveau.
En entreprise, les obligations sont à la limite du bon sens : effectuer le travail demandé, respecter le règlement intérieur, s'impliquer dans la vie de l'entreprise, venir tous les jours, respecter la confidentialité, etc.
Vous aurez généralement un maître d'apprentissage (qui doit être au moins du niveau du diplôme que vous préparez et travailler à ce niveau depuis au moins cinq ans). Normalement, la relation marche dans les deux sens : vous lui devez des comptes, le tenir au courant de tout (dans la limite du raisonnable bien sûr
), et en retour, il vous apprend les ficelles du métier, les choses importantes, bref, vous transmet ce que lui a déjà appris. Vous pouvez en changer en cours de route, même si c'est une solution de dernier recours.
III-Comment on trouve ? On reste toujours dans le même service ?
Ca dépend ! Parfois les écoles ont des offres quasiment toutes prêtes, d'autres fois il faut aller démarcher les entreprises, ou bien postuler sur des stages et voir s'il n'y a pas moyen de moyenner. Si l'apprentissage est assez développé et reconnu dans votre école, n'hésitez pas à mettre en place des mini-forums.
Concernant le temps à un moment poste, cela dépend largement des conditions et de la structure. Une PME de 100 employés n'aura pas l'envergure d'un groupe international, la diversité des missions réalisables et la mobilité possible ne sera pas la même.
IV-Et l'international... ?
L'international ! Souvent, le fait de ne pas pouvoir partir est un frein, car on sacrifie une possibilité fort charmante. Avec le développement des apprentissages sur un an, on comprend facilement pourquoi les entreprises rechignent un peu à envoyer à l'international. A noter que certaines entreprises incluent quand même des périodes, parfois courtes, pour TOUS leurs apprentis. Ce sera à développer.
Parents pauvres des programmes de subventions aux apprentis, les Niveau I ont quand même quelques avantages et quelques ressources.
Au niveau de la recherche de périodes à l'étranger, vous avez le droit avec l'accord de votre entreprise de signer un CDD chez une entreprise tierce, ou bien de partir en mission ou en détachement au sein de votre entreprise. Tout ceci se joue donc à la négociation. La règle est simple : votre entreprise n'a pas le droit de faire de bénéfice sur l'opération lorsqu'elle refacture votre coût.
Mais vous avez un avantage énorme sur les autres candidats, qu'il faut savoir faire valoir : un apprenti est exonéré de charges. Ainsi, en fonction des endroits et des primes, vous pourrez coûter bien moins cher qu'un stagiaire tout en étant payé plus. Il faut la jouer fine sur ce critère-là.
V-Ca a l'air rose comme mais, où est l'arnaque ?
Il faut savoir qu'en apprentissage long, vous vous fermez la plupart du temps les possibilités de double-diplôme, d'année de césure ou d'échange universitaire à l'étranger. Si rien n'est prévu dans la convention d'apprentissage pour l'étranger, vous ne partez pas à l'étranger pendant le cursus. C'est à savoir et à négocier.
Cependant, il reste possible de faire un échange avant pour les apprentissages courts (ex: échange en L3 puis deux ans d'apprentissage).
Le rythme : ça dépend. Certaines écoles fonctionnent en véritable alternance (x semaines en entreprise, x semaines en cours), d'autres mixent un peu (quelques jours par semaines en cours, le reste en entreprise, les vacances en entreprise). Mais globalement, ce n'est pas tellement lourd : l'apprenti a au moins cinq semaines de congés payés (souvent plus avec les RTT) par an, alors qu'un étudiant classique fait souvent pas mal de stages. Au final, c'est un peu moins de vacances (de l'ordre de 2 fois moins), mais un peu plus de sous pour en profiter... Après, le rythme côté entreprise dépend de l'activité. Certaines activités font que les dossiers ne bougent pas trop. Ainsi, en revenant de congés, vous n'êtes pas trop perdus. D'autres activités peuvent avoir des rushs périodiques ou bien bouger structurellement vite : là il faut encore plus s'adapter !
/!\ : Le mode de collecte des jours de RTT et de congés dépend de l'entreprise. Les RTT se collectent après la réalisation du temps de travail (vous les acquérez mois par mois), les congés payés, ça dépend, s'ils sont comptés de mai à mai, s'ils sont considérés comme acquis dès votre arrivée... Renseignez-vous aussi sur le paiement des jours restants.
Enfin, le risque est simplement de ne pas se plaire en entreprise. Dans ces cas, vous avez le droit de changer d'entreprise en cours de route, ou bien simplement de quitter l'apprentissage. Il faut cependant garder à l'esprit que vous engagez votre école et donc vos camarades, ce n'est pas à prendre à la légère et il faut y réfléchir beaucoup avant de s'engager. Cela-dit, je n'ai pas dans mon entourage de personne le vivant mal. Tout retour d'expérience ici sera le bienvenu.
VI-Les écoles, les diplômes : bien lire la formation.
Le paysage des études en France n'est déjà pas forcément bien lisible, j'entends ici donner une lecture précise : l'apprenti a-t-il le diplôme dit "Grande Ecole" ? Pour les autres établissements, quels sont les masters possibles ?
Ecoles d'ingénieur
- Proposant le même diplôme pour les apprentis et les cursus classiques, recrutement commun.
Centrale Paris (2 ou 3 ans)
Centrale Nantes (3 ans)
Supoptique (2 ans)
INSA Lyon option GMPP/GMCIP
PAGORA (Papet') (3 ans)
UTC option mécanique (3 ans)
INSA Toulouse en Génie Civil (3 ans)
ECE
ESIGELEC
- Proposant des diplômes à part pour les apprentis, recrutement à part. (généralement en partenariat avec des ITII et après DUT ou L3Pro)
Arts&Métiers ParisTech
Mines de Nancy
Mines de Saint-Etienne
ENSIMAG
ENSEEIHT
Télécom Bretagne
ENSEA
Mines de Nantes (option ingénierie logicielle)
Mines de Douai, Alès
ENSIIE
ENSEIRB
ENSGI
ESIEE
Telecom Lille
CPE Lyon
ECAM
- Intégralement en apprentissage
A Développer
Supélec propose aux DUT de préparer le diplôme Grand Ecole en apprentissage.
Télécom ParisTech aussi, mais pour DUT + L3.
De même pour l'ISEP, mais recrutement élargi (DUT, BTS, L3)
Même chose pour les Mines d'Albi
ESME Sudria
EFREI
Ecoles de commerce/IEP
La plupart des ESC (sauf HEC !) proposent de faire un an ou deux en apprentissage. L'IEP de Paris (Sciences Po) propose de plus en plus de masters en apprentissage.
Télécom Ecole de Management propose une formule originale et intéressante : faire M1+M2 en alternance, sur trois ans, débouchant sur le diplôme Grande Ecole. Ce programme sur trois ans constitue une sorte d'internalisation de l'année de césure pour les apprentis.
Masters 1/2
Listing à faire. Les universités proposent de plus en plus de M1/M2 en apprentissage, mais la liste serait tellement longue que l'on reprendra ici (et plus tard!) les plus gros et réputés.
La plupart des IAE proposent des masters en apprentissage ainsi que le CELSA.
Ne pas oublier le CNAM !
Ecoles de spécialisation
IFP School (ex-ENSPM)
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