CR de Men of WAr Assault Squad 2
- Tout d'abord, qu'est-ce que Men of War ?
Men of War, c'est une série jeux de stratégie orientés tactique sur la Deuxième Guerre mondiale (et exceptionnellement sur la Guerre du Vietnam). Elle est publiée par 1C Company, une boîte russe. Au menu : solo, multi et coop.
Sont sortis, dans l'ordre :
Men of War (très bon, très varié)
Men of War Red Tide (très bonne scénarisation des combats russes en Mer Noire)
Men of War Assault Squad (je développerai plus bas)
Men of War Vietnam (très moyen mais quelques missions pas dégueux)
Men of War condemned Heroes (gros ratage très buggé)
Men of War Assault Squad 2 (idem que pour Assault Squad 1)
Men of War se situe à mi-chemin de jeux comme Commandos et Company of Heroes.
Commandos, parce qu'on doit gérer l'inventaire de chaque homme, que chaque homme est polyvalent (les soldats peuvent courir, ramper, nager, conduire des véhicules, miner, soulever des corps ou des objets, s'équiper de toutes sortes d'armes, cogner à mains nues, réparer ou faire le plein des véhicules à sec...) ou, par exemple, parce que l'IA de l'ennemi fonctionne avec des cônes de vision qu'on peut contourner pour une prise à revers.
Company of Heroes, parce que le jeu est orienté action et combat, avec artillerie et blindés, et qu'on doit gérer un peu plus (voire beaucoup plus !) qu'une équipe de cinq bonshommes.
Inventaire et cône de vision ennemi
Le jeu se joue comme n'importe quel STR (sélection clic gauche/clic droit destination), sauf qu'il offre en plus la possibilité de passer en contrôle direct pour chaque unité (véhicules et soldats). En pratique, c'est une sorte de mix entre le TPS et le hack 'n' slash, où l'unité se contrôle via des touches de direction et où la souris sert à viser la cible. C'est très pratique pour dépasser certaines situations que l'IA n'arrive pas à gérer et c'est très défoulant quand, par exemple, on élimine toute une section d'infanterie à la MG42 ou que votre char réduit à néant les bâtiments aux alentours.
Un exemple en vidéo avec Soldiers : Heroes of World War II, le papy de la série, qui possédait déjà ce système.
Tout est destructible dans Men of War. Le moteur date mais conserve une physique exceptionnelle. C'est un des gros points forts du jeu : chaque mur, maison, arbre, arbuste, tonneau, barrière peut être détruit. Les bâtiments offrent une gestion réaliste de leurs dégâts : ils ne s'écroulent pas d'un bloc mais morceaux par morceaux, là où ils ont été touchés ; les décombres peuvent assommer ou tuer les malheureux à proximité ; chaque fenêtre peut être brisée séparément. Le feu, lui, peut se communiquer aux alentours : cramez un arbre ou des broussailles tout près d'une maison, cette dernière risquera sans doute de flamber à son tour.
Des destructions très localisées
De même, les véhicules ne sont pas de gros blocs homogènes avec une bête barre de vie mais une simulation de la réalité avec des dégâts localisés. Il sera ainsi possible de leur crever les pneus, de leur casser les vitres, d'endommager leur canon, leurs chenilles, de faire sauter leur réservoir... ou de ne leur faire aucun dégâts, si vos projectiles ricochent sur leur blindage. Le véhicule faiblement endommagé peut être capturé et réparé.
Les soldats, eux, sont très fragiles. Il suffit de quelques balles pour en venir à bout (voire d'une si c'est dans une tête non équipée d'un casque). Les obus en tueront par paquet de dix... et en assommeront dix autres de plus. Il faut donc étudier le terrain et se servir des bâtiments ou du relief sous peine de perdre très vite tous ses hommes. La couverture est une composante essentielle de Men of War : en sélectionnant un ou plusieurs soldats, on peut faire apparaître une projection "fantôme" de l'emplacement précis que vous pouvez leur faire occuper. Très pratique pour bien positionner ses hommes et éviter qu'ils se fassent massacrer.
Le jeu demande beaucoup de micro gestion. Chaque homme et véhicule consomme des munitions (ainsi que du carburant pour les véhicules). Il faut donc consulter régulièrement leur inventaire et s'assurer qu'ils soient bien pourvus. Il faudra impérativement les ravitailler en cas de manque. Deux solutions alors : acheminer un camion de ravitaillement au front ou dépouiller les cadavres de leurs grenades, pansements et chargeurs.
Ca peut paraître fastidieux mais j'aime beaucoup ce côté officier de terrain qu'on doit endosser en tant que joueur. Prendre soin de ses hommes, s’assurer qu'ils ont les moyens de se défendre, les soigner, ça donne chair aux combats.
Le jeu a la particularité d'être aussi intéressant en solo qu'en multi. Il possède une communauté de fans fidèles et une bonne quantité de mods.
- Men of War Assault Squad 2
Le "gameplay Men of War" a vu le jour avec Soldiers : Heroes of World War II qui était un Commandos like orienté action : cinq ou six bidasses contre une nuée d'allemands pour des opérations de sabotage. Le jeu m'a séduit dès sa sortie malgré sa difficulté parfois mal foutue.
Faces of War a repris, plus tard, ce principe avec un moteur rajeuni et une nouvelle interface mais toujours avec le même nombre restreint de biffins.
Men of War changea un peu la donne en augmentant considérablement le nombre de soldats sous votre contrôle. De cinq ou six fantassins, on passa à parfois plus d'une centaine d'hommes. Micro gérer tout ça n'est pas un mince affaire. Mais ce n'est pas impossible. Ca demande un peu d'attention et de minutie et ça nécessite d'utiliser l'interface qui permet de mettre le jeu en pause active, au ralenti ou bien de l'accélérer.
La série des Assault Squad (1 et 2) accentue cette évolution. On a désormais affaire à des batailles violentes qui opposent des centaines de soldats et des dizaines de véhicules.
Des pertes à la hauteur des effectifs engagés
Dans Men of War Assault Squad, la partie solo n'y est plus scénarisée. On ne suit plus un groupe de soldats dans des missions liées entre elles par une intrigue comme dans les précédents Men of War. A la place, on a une série de batailles faussement historiques (nommée "escarmouches" ) qui consistent à prendre des points de contrôles sur une carte tout en longueur. Ces points débloquent certains types de renforts : blindés, artillerie, infanterie d'élite... Chaque action que l'on entreprend fait gagner de l'XP qu'on peut dépenser en appelant les renforts débloqués par la capture de points. Bref, pas question de rester terré dans son trou : il faut attaquer sans relâche.
La micro gestion y est plus ardue, car même en mode "normal", l'IA ennemie vous vomit dessus des tonnes d'infanterie et de chars. On a un peu l'impression, parfois, d'être aux quatre cents coups. Cette évolution m'a un peu perturbé au début, mais je m'y suis habitué et je prends plaisir à gérer la pression, à retrancher mes hommes sur un point avant d'en préparer d'autres pour un assaut périlleux.
En fait, c'est surtout le début de mission qui peut paraître assez compliqué. Ensuite, passé certains renforts débloqués, la partie devient plus facile et on progresse avec plus de facilité.
Le problème de ces missions, c'est qu'elles sont un peu toutes semblables. Seules les cartes et les nations (États-Unis, Commonwealth, Japon, Allemagne et URSS) changent. Des DLC ont cependant apporté un peu plus de diversité avec quelques missions de défense et d'autres limitées à des attaques de sections.
Pourquoi évoquer ce premier opus dans le CR ? Parce que Men of War Assault Squad 2 est en fait un Men of War Assault Squad 1.5. C'est le même jeu. Il se borne à reprendre un grosse partie du premier opus en l'améliorant sur plusieurs points (gestion des processeurs, effets graphiques, intégration à steam, textures plus fines). Les quarante missions et les 65 cartes multijoueur qu'il propose sont composées pour moitié des missions du jeu précédent. Le novice n'y trouvera rien à redire ; le possesseur d'Assault Squad 1 tirera, lui, un peu plus la gueule.
Reste que le jeu apporte de nouvelles missions plus scénarisées, assez sympas, avec des cartes joliment détaillées. Malheureusement, ces missions sont aussi toutes semblables d'une nation à l'autre. Il vaut mieux avoir de l'intérêt pour la Deuxième Guerre mondiale, parce que les cinq campagnes vous demanderont de refaire cinq fois la même chose sur des cartes et avec des armements différents.
Graphiquement, c'est joli et ça fait le boulot, mais on est loin des modélisations des fantassins de Company of Heroes 2 et de ses spectaculaires effets météorologiques. Il est temps de changer de moteur.
Ils avaient promis une meilleure IA. A l'usage, je constate que c'est la même. Ni excellente, ni mauvaise, elle est capable de bonnes choses, comme se mettre à couvert, envoyer ou renvoyer des grenades, utiliser des armes et des projectiles adaptés (elle ne tire pas connement des balles sur un blindé)... Mais elle a ses errements (notamment au niveau du pathfinding) et certains scripts d'assaut sont assez mal faits et envoient les ennemis se faire tuer dans des charges banzai complétements débiles. Il y avait moyen de faire plus subtil, l'éditeur le permettait.
Les "moins" :
- une petite arnaque pour les possesseurs d'Assault Squad 1
- un jeu dont le moteur commence à dater et qui est loin de concurrencer Company of Heroes
- des missions qui se clonent d'une campagne à l'autre
- un multi de jeu de niche, fréquenté par des vieux de la vieille, ardu pour les novices
- une IA parfois bêtement scriptée
Les "plus" :
- un moteur qui converse une physique très sympa
- des cartes détaillées entièrement destructibles
- le gameplay "Men of War" tactique et défoulant qui garde au solo son intérêt
- une durée de vie conséquente (40 missions - jouables aussi en coop - et 65 cartes multi)