Citation :
J'ai décidé de le foutre ici, finalement. J'ai vaguement retouché la fin, trop "abrupte" m'a-t-on dit, mais je n'avais pas trop d'idées et c'est sans doute un peu confus.
Note : ce message a été écrit, sauf la toute-fin, dans les 2 semaines qui ont suivi le concours. Je ne suis absolument pas "aigri".
Mes très chers ami-e-s. Ou pas.
Aujourd'hui, j'aimerais vous entretenir d'une expérience structurante. Pendant longtemps, j'ai vécu sans savoir, homme de peu d'expérience – enfant, en un sens. J'étais, disons-le, un homme incomplet. Je n'avais pas de profonds engagements associatifs, politiques, professionnels, personnels à conter. Jamais je n'ai vécu sous les bombes ou sous le communisme, jamais je n'ai fondé une junior entreprise ou dirigé un syndicat d'une main de fer, rarement me suis-je fait agresser et m'en suis tiré à chaque fois raisonnablement, non pas tant de mon fait que par des coups de bol fabuleux. On me dira « Oui, mais tu as vécu un naufrage », mais je rappelle que je n'avais que 7 ans et surtout que c'était Grèce, or les Grecs sont foutus de foirer même leurs naufrages -c'est-à-dire que personne n'a paniqué, le pont n'a pas été balayé par une lame colossale, emportant biens et hommes, et nous n'avons pas dérivé plusieurs semaines en bouffant des cadavres pour survivre, c'est dire combien notre naufrage fût à tous point de vue aseptisé. Globalement je déconseille les naufrages en Méditerranée ; c'est l'inconfort sans le souffle de l'aventure. Un peu comme le froid sans la neige au Danemark, 'voyez.
Et puis, il y a ma vie en Suède. Certes. Mais, je me suis rendu compte avec le temps que je connaissais beaucoup de gens, en premier lieu des Suédois, qui avaient eux aussi vécus en Suède, et souvent plus longtemps que moi.
Mais tout a changé quand j'ai passé l'ENA.
Tout de suite, je lis sur le visage de certains d'entre vous – surtout ceux dont la langue natale est « l'Etranger », le « Suédois » ou « l'Américain », le désir pressant de me poser une question : « mais qu'est-ce donc que l'ENA ?». Ah ! Comme je reconnais la curiosité un peu candide mais si raffraichissante de nos amis qui n'ont pas la chance d'avoir en eux le « Génie Français ». Ah ! Comme je reconnais ces citoyens – et je devrais dire « sujets » – d'Etats ne connaissant pas la démocratie, la seule vraie démocratie, la démocratie française, dans laquelle le peuple choisit librement ses chefs parmi une élite sélectionnée sur des critères objectifs. Et comme je vous comprends. Et comme je vous plains. Mais vous me mettez devant un dilemme, car comment expliquer l'ENA sans expliquer la France ? Nous n'avons que peu de temps ensemble, aussi je serai simple : le concours de l'ENA, c'est le concours que vous devez passer pour être un ENArque, c'est-à-dire riche, puissant, adulé des femmes, craint des hommes, méprisé par les petits, respecté des puissants, pour vivre, enfin, vivre. Et comme beaucoup de gens ont une propension à vouloir être – au moins – riche, puissant, adulé des femmes et craint des hommes, que beaucoup veulent plus généralement vivre, beaucoup de gens passent ce concours. C'est mal, seuls 45 seront choisis, et mettront ainsi leur nom sur la liste d'aptitude à être ministre dans 20 ans.
[On notera que le « adulé des femmes, craint des hommes » s'applique aussi aux ENArquesses, ce qui explique le moindre recrutement des femmes dans la haute fonction publique, l'ENArquesse fait peur.]
Donc, disais-je avant ces propos, ma vie a changé quand j'ai passé l'ENA. Je ne détaillerai pas la lutte solitaire contre mes notes, fiches et autres manuels jusqu'à une heure avancée de la nuit, de toutes les nuits. En effet, je pense que vous connaissez ces questionnements presque existentiels, vers 4 heures du matin, quand l'aurore pointe déjà mais que le sommeil n'est toujours pas venu, des interrogations profondes, telles que « est-ce que l'arrêt « Syndicat des patrons-coiffeurs de Limoges » est en 1906 ou en 1909 ? », « mais qu'est ce qui déclenché la première crise financière mexicaine, déjà ? ». Vous connaissez également tous - les doutes qui nous étreignent au dernier moment : « c 'est un 0 ou un 8 que j'ai écrit ici ? » ou encore « bah ? pourquoi ils mettent un taux d'épargne de 13.3% dans ce manuel et de 11.7% dans ma fiche ? C'est pas l'année pourtant ? Ah d'accord, 13.3 c'est pour l'OCDE, 11.7 c'est pour la DGTPE ».
Je ne détaillerai pas non plus les petits coups de stress, entre amis, du type « Hein, tu connais pas l'arrêt « CE 12 février 2005, Téléphériques de la Creuse » ? C'est fon-da-men-tal sur la concurrence. C'est l'arrêt qui affirme qu'en cas d'atteinte à la concurrence le juge peut ordonner la destruction d'un édifice malgré l'adage « bien mal construit ne se détruit jamais ». Oui, c'est un changement de jurisprudence, et tu as de la chance d'être tombé sur moi. En tout cas, ça me rassure de voir des gens plus mal préparés que moi ». Là si vous avez un sujet de type « le domaine public » ou « la concurrence », vous avez éliminé un candidat, ça en laisse un peu moins de 900.
Ce que vous ne pouvez pas comprendre, à l'exception de la masse abusive mais négligeable des normaleux/ses (ceux là-même qui n'auront pas manqué, déjà, de penser « ce qu'il écrit mal ! Ce qu'il peut faire comme fautes ! »), c'est cette sensation de se lever, un matin, et de sentir, peut-être, un peu par l'écho des sons, un peu par le ton comme affligé de l'alarm-clock-radio, un peu par la, euh, réverburance de la lueur du jour, de sentir donc que ce jour n'est pas un jour comme un autre. Et soudain, alors que vous tartinez votre café et sucrez vos toasts, vous comprenez ! Oui, vous avez rendez-vous aujourd'hui à 13 heures à l'autre bout de Paris, pour passer la première épreuve.
Que je vous raconte un peu.
Aujourd'hui – lundi - épreuve de droit. Arrivée devant le lieu de l'épreuve, visiblement un parking désaffecté. Heureusement, qui me remonte le moral, le tout-Sciences Po est là, qui se presse devant les portes en engageant toute sorte de discussion sans le moindre intérêt. J'en suis heureux, peu de gens ont une Sale Gueule. A l'entrée d'un concours, il y a deux sortes de personnes, ceux que je connais, et ceux qui ont une Sale Gueule. Quand je passais HEC, tout le monde avait une Sale Gueule, ou presque. Ici, c'est l'inverse. J'en déduis que l'ambiance à l'ENA y serait meilleure.
Arrive mon amie boursière – je l'appelerai la russophone, car malgré sa vive intelligence elle a tenu à connaître cette langue. Mais après tout, les chirurgiens, ceux qui le mieux connaissent la laideur des plaies, ne sont-ils pas considérés comme l'élite des médecins ? Elle ne passe le concours que pour « confirmer » sa bourse de mérite. Il faut qu'elle participe à chaque épreuve, et y reste une heure. Elle est fraîche comme de la neige du Nord, manucurée, peignée, maquillée. Ce n'est pas cette petite contrainte d'une heure qui l'empêchera d'être comme elle aime être. Accélérons. Les portes s'ouvrent, nous nous pressons. Pour me donner du courage, j'entonne une petite musique entraînante et guillerette qui nous vient d'Italie, pays de la peinture et de l'Opéra, « Giovenizza ». Mes voisins me regardent salement. J'arrête immédiatement. Nous nous asseyons. Les sujets sont distribués.
Il me faut aujourd'hui un peu parler de cette épreuve de droit. Il faut savoir qu'il y a au monde trois secrets inaccessibles au profane :
Qui a tué JFK ?
Qui a tué Marylin ?
Quel sera l'intitulé du prochain rapport du Conseil d'Etat ?
[Cette plaisanterie a été faite avec l'aimable autorisation implicite de Denis]
Pourquoi un tel mystère ? Les 4 dernières années et plus généralement dans 75% des cas, cet intitulé sera aussi celui du sujet de droit de l'ENA, modulo rien du tout. Par corruption, dol, fraude, social engineering, supplication, réseau et quelques autres méthodes qui échappent à l'imagination, en tout cas la mienne, certains et notamment les sept neuvième des concourants, connaissaient cet intitulé (« l'Europe et l'administration », en gros, je ne peux pas être plus précis c'est un secret, hein, vous me remercierez quand des bonhommes en noirs et cravate avec un Chapus dans les mains ne sonneront pas à votre porte), et s'y étaient préparés. D'autres, plus rusés, plus calculateurs, ont osé les martingales et ont imaginé qu'ils ne mettraient pas une cinquième fois le sujet du rapport du Conseil d'Etat, et en conséquence, s'attendaient soit au sujet de la thèse de la directrice du jury-droit (« le droit public de la concurrence »), soit un sujet qui fait l'actualité juridique, comme tout lecteur régulier de l'AJDA le sait, « l'impartialité (ou l'indépendance) du juge administratif ». J'étais de ceux-là.
C'est le signal. Je retourne le sujet de droit. Je le reretourne immédiatement en espérant que le destin ne m'ait pas remarqué et change le sujet. Je retourne derechef le sujet, mais c'est le même.
Sujet de droit de lundi :
L'inaction administrative. Vous avez 5 heures.
Aujourd'hui – mardi – économie.
Nous sommes tous un peu marmiteux par le rude choc d'hier, choc accentué par les conversations de chemin-de-retour (« T u as placé quoi comme arrêts ? » « C'était qui le Commissaire de Gouvernement sur Couitéas ? » « Hein ? quoi ? t'as parlé des maires dont les citoyens se prennent des panneaux de basket ? … Non, moi aussi, tu penses bien, je l'ai fait. ». Pour prévenir une nouvelle surprise, nous nous préparons à un sujet réellement vicieux. Voyez, un truc du style : « le commerce dans la mer de Chine » ou « Les échanges commerciaux des PECO avec le Japon peut-il favoriser leur rattrapage ». Ou alors, comme sujet de pleins d'articles récents et moins vicieux, un truc sur le déficit français. Ou les politiques de l'emploi. Ou encore, les politiques structurelles. Enfin, nous ne savions pas trop, quoi. Nous en discutions quand arrive mon amie la russophone, avec de petits morceaux de peintures un peu partout. Elle était en train de refaire son appart' et a fait un crochet pour remplir ses obligations. Elle me parlait encore peinture quand on ouvre les portes du parking. C'est la ruée. Devant ma copie, j'appelle sur moi la protection du patron des fonctionnaires, Saint Honecker, en chantant doucement son hymne puissant « Auferstanden aus Ruinen ». Mes voisins me regardent de biais. J'arrête immédiatement. Mais bientôt c'est le signal, je retourne le sujet.
Sujet d'économie de mardi :
Le déséquilibre de la balance des paiements des Etats-Unis ? Vous avez 5 heures.
Toute personne ayant ouvert un livre d'économie sait qu'une balance des paiements, contrairement à par exemple une balance des paiements courants, est toujours nulle par construction. Me voilà bien embetté, heureusement je ne me souviens plus exactement de la définition de la balance des paiements – disons que je n'ai jamais su – donc j'opte pour parler dès mon introduction de balance des paiements courants et autres. C'est beaucoup mieux ainsi.
Aujourd'hui – mercredi – culture générale, comme on dit vulgairement.
Nous discutons des possibles. Il est un sujet dont beaucoup sont à peu près sûr qu'il ne tombera pas, c'est la mémoire, favorite depuis 5 ans, jamais tombée. D'autres, plus rusés, plus calculateurs, ont osé les martingales et ont imaginé qu'ils ne mettraient pas une cinquième fois un autre sujet que le sujet pressenti, non. Mais je n'étais pas de ceux-là. Les portes s'ouvrent, déments, nous nous rons sur nos tables, mais à ce moment je remarque mon amie russophone au lampadaire qu'elle a sous le bras. Elle est légèrement irritée, cet impondérable boursier lui a fait acheter trop rapidement son lampadaire, et sous la mauvaise lumière du matin elle ne s'était pas aperçu que le blanc de celui-ci n'était pas exactement assorti au blanc des murs. Nous prenons nos places. Je suis inquiet, mes performances en culture générale ont toujours été médiocre. Je m'en étais tiré au lycée grâce à la technique dite Péguy / Jünger / Offenbach (Péguy en première partie pour montrer que je suis vachement cultivé en culture française, Jünger en second pour dire que je suis super international et ouvert politiquement, et aussi parce que on peut lui faire dire n'importe quoi de toutes façons personne n'a tout lu, Offenbach en troisième pour bien montrer que je n'en reste pas moins un mec sympa). Cette méthode a fonctionné un temps, jusqu'à mon superbe 6 (ou bien était-ce un 4) à l'entrée de Sciences Po, qui m'a montré l'usure de la technique. J'ai alors opté pour la technique « Schmitt-Strauss / Weber-Tocqueville » (Schmitt ou (Léo) Strauss pour montrer que je suis un type pas politiquement correct capable d'aller au fond des choses, Weber ou Tocqueville pour montrer que malgré cela je pense comme vous, éventuellement Saint-Just en introduction. On trouve de tout en Saint-Just), mais avec moins de succès. Je sais, tous ces noms prestigieux en 3 phrases vous donne l'impression que je suis super-intellectuel avec une écharpe et les cheveux dans le vent mais en dehors de ces gens dont je n'ai souvent lu que des extraits je sais que je ne sais rien (par exemple je ne sais même pas comment définir un « impératif catégorique », je ne sais même pas quel est le « siècle » de Kant, ou qui a parlé de dialectique du maître et de l'esclave, et où elle mène - ce qui me contraint à l'introduire en parlant de la « dialectique du maître et de l'esclave que l'on ne présente plus »). Inquiet, donc, je décide pour me donner du courage de fredonner un petit air trouvé du saint patron de la culture, d'Annunzio, un poète qui nous vient de l'Italie. Mes voisins me regardent furibond. J'arrête immédiatement. Mais c'est le signal, je retourne le sujet.
Epreuve de culture générale
Les valeurs européennes. Vous avez 5 heures.
J'ai comparé avec les deux sujets précédents. Cela ne veut toujours rien dire. L'ENA est cohérent.
Je souhaite annoncer à mes fans que j'ai réussi à placer l'Estonie et son code de la nationalité particulier, ainsi que Christian II du Danemark, dans ma copie.
Aujourd'hui – jeudi – épreuve sur document.
Je n'ai pas grand chose à dire sur les moments précédents cette épreuve. Pour beaucoup, c'est déjà les vacances – car les 3 épreuves « régurgitations » sont passés, d'où le fait que les prétendants pressés se téléportent directement sur leur siège à l'ouverture des portes. Je m'installe. Mon amie russophone arrive, avec des tranches de concombre sur la tête. Elle se préparait pour ses vacances qui débutaient le lendemain en se faisant toute belle, mais sa manucure l'a rappelé à sa sujétion alors même qu'elle rendait sa peau plus fine. (Y a beaucoup de gens chez elle ; en fait, j'ai oublié le nom du métier de la dame qui vous pose les concombres sur la tête alors j'ai mis « manucure » à la place, tout ça c'est des trucs de filles). Qu'est-ce que l'épreuve sur document, me demandez-vous ? Et bien, c'est simple, c'est un gros document (enfin, un paquet de plusieurs documents constituant un gros paquet) de 30 à 70 pages qu'ils faut lire et synthétiser pour rendre à la cinquième heure une note opératoire. J'ai choisi l'épreuve de document de type « Questions Européennes » et non de type « Questions Sociales » comme la majorité des gens, ce qui signifie qu'étant un vrai Elite j'aurais droit à des questions « sociales » dans un éventuel oral et que j'aurai également droit de repasser le concours l'année prochaine.
La lecture de document écrits en Bruxellois est toujours âpre, pénible, laborieuse. On avance mot à mot, il faut faire en sorte que chaque paragraphe crache son sens. Pour en venir à bout, il faut saisir le dossier dès qu'on aura fait signal, creuser, fouiller, bêcher, ne laisser nulle phrase, où l'esprit ne passe et ne repasse.
Cette épreuve m'a toujours terrifié, je scande quelque rapide imploration au tout puissant en pensant à toutes ces galops passées, à cette épreuve à venir :
« Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance
Comme un divin remède à nos impuretés,
Et comme la meilleure et la plus pure essence
Qui prépare les forts aux saintes voluptés !
Je sais que la douleur est la noblesse unique
Où ne mordront jamais la terre et les enfers,
Et qu'il faut pour tresser ma couronne mystique
Imposer tous les temps et tous les univers. »
Mes voisins me regardent agressivement. J'arrête immédiatement. C'est le signal, je retourne le sujet, mais comme il faisait une 30aine de pages je vais devoir vous renvoyer au site de l'ENA.
Aujourd'hui – vendredi – dernière épreuve ; analyse financière et comptable des entreprises.
C'est là une épreuve passionnante, comme me la dit en souriant mon amie russophone passée me voir à ma table dans les secondes précédents le début de l'épreuve, cachée qu'elle était derrière ses deux énormes valises. Cette petite astreinte terminée, elle s'apprêtait à partir loin, l'ignoble, pendant que nous pourririons à Sciences Po pour réviser des oraux qu'un seul d'entre nous sur cinq aura.
Je sais que vous vous posez des questions sur cette épreuve, mais la comptabilité est avec le chocolat un des trois plaisirs solitaires dont il n'est pas séant de parler en public. Je n'en parlerai pas plus.
Donc, et bien voilà. J'ai passé 5 épreuves fabuleuses, et pendant deux mois j'ai pu - avec beaucoup de mauvaise foi - j'ai pu donc penser - un peu - que j'étais parmi l'élite - ceux sur la liste d'aptitude à être admissible. J'ai touché du doigt une partie de la condition d'ENArque, rendez-vous compte un peu. Je suis devenu meilleur, plus mature, plus beau aussi car mieux rasé - tant il faut bien s'adapter à sa condition nouvelle. Les gens, d'ailleurs, le savent. Dites-leur "je suis à Sciences-Po", vous n'éveillerez en eux qu'une attention ennuyée. Dites-leur, "j'ai passé le concours de l'ENA" (et notez bien qu'il est notoirement moins difficile de tenter ce concours que de réussir cet autre) et tout de suite les gens verront en vous un futur leader, ou tout du moins un grand, un type qu'il vaut mieux ne pas irriter. Et ce, c'est extraordinaire, même si vous terminez 800ième, ce que vous vous garderez de leur annoncer. De façon générale, il ne faut jamais oublier que 10 ans après, il n'y a que trois types de personnes qui ont passé le concours de l'ENA :
- Ceux qui sont admis
- Ceux qui ont été admissibles
- Ceux qui ont bien failli être admissible.
Dès lors, on comprend - en une phrase - qu'avoir passé les épreuves de l'ENA fait de vous un homme nouveau, un homme qui aurait pu être ENArque, mais sur lequel les aléas de la vie et des concours se sont acharnés, fauché jeune déjà par la fatalité qui ne transforme pas que les reines en cocottes mais aussi les puissants en fonctionnaires grissonnants, les privant de ces destins grandioses auxquels ils avaient vocation. Tout est dit, tout est triste.
J'arrête là – brutalement – ce récit passionnant, en vous souhaitant de bientôt lire de nouvelles Histoires de Suède et mon très-bientôt-à-être-complété-et-envoyé la Finlande expliquée aux enfants.
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