nakata frog game | Je repense à ce que j'ai écrit l'an dernier après les législatives, je ne m'étais pas trop trompé :
nakata a écrit :
Pour moi, la moins mauvaise option possible c'est : - Formation d'un gouvernement technique, composé de hauts fonctionnaires, d'universitaires et de personnalités de la société civile (je fais des rêves mouillés à base de Jancovici, mais je m'emballe).
- Pas de réforme socio-économique majeure pendant au moins un an, on gère les affaires courantes, on évalue sérieusement les précédentes réformes, et pour le reste on fait du sociétal (fin de vie, etc).
- Lancement d'une réflexion sur une réforme des institutions, la 5e république étant en état de décomposition avancée.
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nakata a écrit :
Mais où ai-je dit que la gauche devrait appliquer son programme sans concession ? Évidemment que les insoumis sont déconnectés de réclamer ça , de toute façon ça fait des années que Mélenchon a complètement vrillé en versant dans le n'importe quoi systématique, entre "la république c'est moi", "les vaccins c'est dangereux à cause des congélateurs" et autres manifs d'islamistes, et sa prétention de dimanche soir n'est que la moindre de ces conneries (il marque son territoire, tout bêtement). Y a zéro chance que la gauche gouverne.
Mais ceux qui réclament une grande coalition et pensent que ça va bien se passer alors que même LREM et LR ont passé les dernières années à se foutre sur la gueule même s'ils sont d'accord sur tout, et alors que c'est le plus sûr chemin vers MLP présidente dans 3 ans, ces gens-là sont encore plus déconnectés, le moraliste en chef de Place Publique en tête. Le parlementarisme ça ne s'improvise pas comme ça, et vouloir le plaquer sur notre système actuel relève d'un opportunisme tellement transparent, ça se voit tellement que les mecs recommenceront à écraser la gueule de l'opposition dès qu'une des parties retrouvera une majorité plus confortable, que ça ne peut mener qu'au discrédit total des partis dits "républicains", sauf que cette fois il n'y aura aucune alternative républicaine en 2027 vu qu'ils seront tous mouillés dans cette farce.
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nakata a écrit :
C'est absurde de nous enfermer dans le faux dilemme entre un gouvernement NFP introuvable et une grande coalition des opportunistes. Il y a une troisième voie bien plus responsable, c'est celle d'un gouvernement technique qui aurait deux mandats :
- Gérer les affaires courantes dans l'année à venir.
- Engager une réflexion sur une réforme des institutions.
Mais pour ça, il faudrait sortir de la culture du bougisme, cette tendance à vouloir sortir des réformes sur tous les sujets, tout le temps, avant même d'avoir évalué correctement les précédentes, comme si c'était indispensable que chaque tâcheron de ministre ait une loi à son nom. Depuis le début du siècle, on est à combien de réforme-super-indispensable-des-retraites-qui-vont-définitivement-sauver-le-système-promis-juré ? Dans l'éducation nationale, on a tout le temps des réformes qui nous tombent dessus sans aucune concertation, puis qui sont remplacées par d'autres avant même qu'on ait pu se les approprier, c'est débile, hors-sol et ça fait partie des trucs qui font qu'on trouve de moins en moins de sens à nos métiers. En plus d'être totalement inefficace.
Alors il faudrait peut-être une fois se dire que c'est peut-être pas graaaaaaaave de ne pas avoir de réforme pendant un an, de faire une pause et de respirer plutôt que d'agiter ses petits bras sans cesse comme un sarkozyste sous amphét, de commencer à réfléchir un peu plus en profondeur sur ce qu'on veut pour la vie politique à l'avenir, et une fois qu'on a fait ça, on refait des législatives dans un an ou deux. En attendant on prend acte que personne n'a la légitimité pour pondre des réformes brutales dans les 3 ans, surtout des réformes qui sont en générales imposées contre la société civile (ce qu'ont fait tous les derniers gouvernements, de Sarko à Macron en passant par Hollande, et après ça chouine qu'on n'a pas la culture du compromis et que le-RN-monte-comment-se-fait-ce ?).
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nakata a écrit :
Qui parle de stabilité ? Mon interlocuteur m'explique que chez nos voisins, ils font des coalitions, donc ce serait possible aussi chez nous. J'explique juste que la différence, c'est que nos voisins ont un vrai régime parlementaire avec de la proportionnelle (donc ce genre de système n'existe pas que dans la 4e république française), et que c'est précisément cela qui permet de faire des coalitions. Dans un tel système, on peut continuer ad vitam æternam à gouverner en coalition (avec juste un parti qui en sort et un autre qui y rentre au gré des résultats électoraux) parce que la seule échéance importante est l'élection législative suivante qui aboutira de toute façon à reconduire la coalition. Le seul cas improbable qui peut briser le cercle, c'est si un parti anti-système parvient à obtenir la majorité absolue.
En France, si les députés forment une coalition, ils ont derrière l'échéance de la présidentielle, qui fait la part belle aux hommes forts (avec la mentalité qui va avec, comme le confirment les propos populistes anti-partis de Bayrou aujourd'hui). Dans ce système, il est très probable que le vainqueur de la présidentielle soit l'homme fort qui ne s'est pas compromis dans le jeu des coalitions. En général, dans la foulée a lieu une législative, qui, par effet d’entraînement, confirme le résultat de la présidentielle, soit par une majorité absolue obtenue grâce au scrutin majoritaire, soit par une forte majorité relative. Ce qui veut dire que le RN, qui n'a pas réussi son coup en 2024 à cause du barrage républicain, bénéficierait de quelques points supplémentaires à la législative de 2027, ce qui suffirait à le faire passer devant dans un max de circo. Et hop, on se retrouve non seulement avec une présidente RN, mais en plus avec l'assemblée qui va avec.
La seule porte de sortie, c'est un gouvernement technique qui instaure une pause dans les réformes pour ne pas être censuré, et initie une modernisation des institutions empêchant ce processus tant qu'il en est encore temps.
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Et donc ce qui était prévu est arrivé : cette idée de former un gouvernement politique qui une fois de plus imposerait brutalement ses réformes alors qu'il n'y a PAS de majorité politique, c'était de la merde en boîte, pas étonnant que ça ait échoué. Déjà que ça aurait fait un bide si on avait tenté le gouvernement NFP, ou une grande coalition PS-LREM-LR qui aurait mis le RN dans une position idéale... Eh ben Macron a réussi à faire encore pire : dans un premier temps, donner la tête du gouvernement à un type issu d'un parti de droite réac qui ne représente plus rien et avait perdu les élections, puis dans un second temps, la refiler à un mec qui ne représente pas plus, mais qui EN PLUS personnifie la violence physique et sexuelle contre les enfants. Quelle belle idée. Donc ouais, évidemment que ça a foiré - le plus grotesque ayant été cette promesse bidon de gonfler le budget de l'armée alors que le pays a à peine les moyens de conserver une dissuasion nucléaire. On passe aux choses sérieuses maintenant, ou on reste dans l'impasse ? |