W0r1dIndu5tri35 | Je quote Serpico7 (cross-topic) :
http://www.jean-luc-melenchon.com/ [...] u-systeme/
Citation :
Ce que fait madame Le Pen n’a rien à voir avec la laïcité. Elle ne s’indigne que des seuls débordements dans l’espace public de quelques musulmans. De plus, de cela elle tire une condamnation générale de tous les musulmans qu’elle assimile à des occupants étrangers, ce que ne sont aucun d’entre eux. En fait, madame Le Pen ne veut pas interdire la prière dans la rue mais elle voudrait interdire l’islam tout simplement. La preuve de cet ostracisme spécial est dans le fait qu’elle et ses amis s’opposent, par tous les moyens, à la moindre construction, ou affectation, d’un bâtiment à l’usage de la pratique religieuse des musulmans. Quelle autre alternative à la prière dans la rue pourrait-il y avoir que la libre disposition de lieu de culte ? On comprend que mon point de vue part d’une exigence laïque. Je ne réclame pas de droits particuliers pour les musulmans ni pour aucune religion. Quiconque sort de cette façon générale de poser le problème nous met dans une situation aussi dangereuse que celle provoquée par madame Le Pen. Pourquoi ?
C’est une fausse laïcité que celle qui consiste à ne faire cas que de son application aux musulmans. C’est ce que font les faux laïques du type de ceux qui se regroupent avec les militants d’extrême droite « identitaires ». Mais il y a aussi, prenant prétexte de cette situation une autre façon insidieuse de tirer partie de cet ostracisme pour faire avancer une deuxième forme d’attaque contre la laïcité. C’est quand de bons esprits surgissent pour dire: « vous voyez où nous conduit l’intransigeance laïque : au racisme ou à « l’islamophobie ». Il faudrait donc admettre des limites à la séparation de l’église et de l’Etat, à la séparation de l’espace public et de l’espace privé religieux. Cette façon de faire leur permet de passer en douce leur propre manquement à la laïcité. C’est ce que font les socialistes et l’UMP. Dès lors, en agissant de cette façon, ils justifient les revendications de toutes les religions d’envahir l’espace public puisque eux-mêmes l’autorisent pour la religion catholique.
Les socialistes montrent le mauvais exemple du laxisme à l’égard des envahissements religieux. On le constate en voyant leurs budgets régionaux de subventions aux établissements scolaires confessionnels catholiques. Le moment venu, c’est à dire au vote des budgets régionaux, nos élus mettront à nu ces mauvaises habitudes qui voient des collectivités de gauche subventionner non seulement au-delà de l’obligation légale, d’ailleurs elle-même très contestable, mais en plus le faire en lien direct avec les institutions religieuses plutôt qu’avec les établissements en particulier ! C'est ce que fait Jean-Paul Huchon le multi récidiviste qui me dit "pire que Le Pen" et mange dans la main de l'évêché de Paris. Ce n’est qu’un exemple ! Doit-on oublier la tentation du conseil régional socialiste du Limousin de continuer à subventionner les « Ostensions » des confréries religieuses catholiques ? N’étaient-ils pas enragés d’y parvenir, contre les associations laïques, jusqu’au point de vouloir mettre en cause la loi de 1905 et la faire déclarer anticonstitutionnelle ? Oui des socialistes de la région de François Hollande ont essayé cela!
Et comment croire que l’UMP qui prend des millions à l’école publique pour les donner aux écoles catholiques et dont maints dirigeants participent avec ostentation à des processions, soit défenseur crédible de la laïcité ? Comment pourraient-ils être autre chose que les défenseurs des privilèges de la religion dominante quand on observe ce qu’ils font à l’école ! Mais a-t-on bien conscience de l’ampleur de l’accointance des gens de droite parlementaire avec les cléricaux ? Dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre 2010, le sénateur UMP Jean-Claude Carle a fait voter par le Sénat un amendement basculant 4 millions d'euros, c'est-à-dire 250 postes, du budget de l'enseignement public vers celui de l'enseignement confessionnel. Ceux-là peuvent-ils ensuite dénoncer une quelconque occupation abusive de l’espace public quand ils l’organisent eux-mêmes ? Peuvent-ils appeler à l’effort de tous et à la priorité pour ce qui sert à tous quand ils en organisent eux–mêmes le détournement ? Ainsi sur les 16 000 postes supprimés en 2011, seulement 10 % concernent le privé confessionnel. Or il scolarise 17 % des élèves. Cela signifie que si la parité public-confessionnel avait été respectée, l’enseignement catholique aurait dû rendre 2 720 postes en 2011. La rallonge votée par les sénateurs UMP, porte le bonus du privé à 1 337 postes qui seront supprimés dans le public pour être sauvés dans le privé. Combien d'équivalent kilomètre de rue bloquée pour un usage privé?
Ce n’est là que le dernier épisode après combien d’autres ? Ainsi avec l'article 89 de la loi de décentralisation de 2004 et la loi dite Carle sur les écoles privées de 2009, l'enseignement privé a récupéré une rallonge de financements publics locaux, estimée entre 150 et 250 millions d'euros annuels. ...
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S'en suit une étude approfondie de tous les cadeaux fait à l'école catholique privée, en millions d'euros et un recensement des communes où les écoles privées détiennent un monopole sur l'éducation. Magistral.
Citation :
Ce mécanisme de financement entérine l'absence d'école publique dans 520 communes françaises pourtant dotées d'une école confessionnelle dont le financement sera renforcé en vertu de la loi Carle. C’est l’équivalent de combien de rues inaccessibles du fait de leur caractère obligatoirement privé ? Combien d'indifférents, d'athées, de musulmans, de juifs, de protestants et de bouddhistes condamnés à l'autorité de la religion catholique, non pas quelques heures par mois, comme une rue bloquée le temps d'une prière, mais toute l'année, tous les jours. Non pour des adultes en automobiles mais pour les enfants de chacun. Cette situation est pourtant tout aussi contraire à la loi qu'une occupation de rue. En effet elle prévoit que "toute commune doit être pourvue d'au moins une école élémentaire publique" (article 11 de la loi du 30 octobre 1886, repris à l'article L 212-2 du Code de l'éducation). Ce monopole est même contraire à la Constitution. En 2008-2009, l'enseignement catholique avait aussi obtenu de Xavier Darcos un bonus de 150 postes pour ouvrir des classes en banlieue, dans le cadre du « Plan espoir banlieue », porté par l’indépassable madame Fadela Amara. Enfin début 2010, l'enseignement catholique a obtenu la reconnaissance d'utilité publique de la Fondation Saint Mathieu, destinée à lever 1 milliard d'euros en 10 ans pour rénover et construire de nouveaux établissements catholiques. Grâce à sa reconnaissance d'utilité publique, par décret du 16 février 2010 du ministre de l'intérieur Hortefeux, cette fondation a décroché de généreux avantages fiscaux en ISF et en impôt sur le revenu pour ses donateurs. Autant de manières supplémentaires pour l'Eglise et le gouvernement de contourner les lois limitant les financements publics des constructions d'écoles privées. Comme si ça ne suffisait pas, 81 députés UMP ont déposé le 19 octobre 2010 une proposition de loi pour exonérer les écoles confessionnelles de taxe foncière. Cette exonération, qui pèserait sur les budgets des communes, serait entièrement compensée par l'Etat. Et a tout cela s’ajoute le scandale de la déclaration du président Sarkozy, pour qui le curé vaut mieux que l’instituteur, et va faire le bigot clérical à Latran ou à Ryad.
Tout ces gens sont des laïcs à géométrie variable qui font le lit de tous les cléricaux. Eux et les Le Pen défigurent l’identité laïque de notre pays, les uns par leurs faveurs ostentatoires aux catholiques les autres par leur vindicte contre les musulmans.
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Et le pompon, il a déjà répondu à tous ceux qui essayent de rabaisser le PG depuis un mois, mais ceux ci s'échinent encore :
Citation :
En fait tout est une comédie dans cette affaire. Madame Le Pen, comme son père est une diablesse de confort au service du système. Elle fonctionne comme la clef de contact qui met en route la machinerie du « vote utile », talisman électoral de l’UMP et du PS. Grâce à elle, et à ses provocations à deux balles, rien ne changera jamais. On venait de passer trois mois sur les thèmes sociaux comme le droit à la retraite, à mettre en cause la droite et les banques et voilà la vieille ritournelle de retour : l’islam, l’incompatibilité des vérités révélées, l’identité française et ainsi de suite. Là où je propose le clivage peuple-oligarchie, la famille Le Pen ramène le débat islam et identité nationale. Aussitôt la diabolisation permet de profitables raccourcis. L’UMP peut sauter comme un cabri et jouer la peur d’une élimination au deuxième tour en cas de dispersion des voix. Et le PS de même ! Pas besoin de programme, pas besoin de débats, pas de démonstrations, juste de la trouille et de l’injonction culpabilisante. Madame Le Pen est un agent au service du vote contraint pour l’UMP ou le PS.
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Les libéraux ne cherchent pas à sortir de la crise ; juste à en profiter
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