LooSHA D'abord ! |
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Tu demandes à willou, ou tu demandes aux anarchistes ?
Les anarchistes dans leur ensemble, en plus, je ne sais pas. Mais des anarchistes ont proposé ceci :
Citation :
(...)Toute société a ses déviants, ses luttes, ses violences et répétons-le, la société anarchiste aura aussi son lot à elle. Et nous pensons qu'il serait inutile et dangereux de courir derrière, ou de viser dans l'abstrait,' la réalisation d'une société parfaite, " sans crime ", dans la mesure où toutes les actions préventives ou coercitives, qu'on envisagerait, ne pourraient par définition résoudre quoi que ce soit.
La déviance n'est pas un simple résidu des contradictions actuelles, un "déchet" qu'il serait possible de réabsorber petit à petit. Convaincus avec Proudhon que le conflit, l'antagonisme, bref " le mal " ne sont pas forcément destinés à disparaître, la déviance ne peut pas, et ne doit pas être, considérée comme quelque chose allant à l'encontre de rapports sociaux libertaires et égalitaires.
Au contraire, nous pensons même que dans une certaine mesure une société anarchiste peut-être envisagée comme une société de "déviants" ; c'est-à-dire qui s'appuie non pas sur l'adhésion passive de ses membres à un corpus de normes dites libertaires, mais qui fait de la transgression, de la valorisation de la diversité, à la fois le moteur et le ressort essentiel de toute la dynamique sociale libertaire. Une société qui au lieu d'exclure ou de marginaliser celui qui est en-dehors des normes, vit avec. Mieux encore, on pourrait dire qu'elle est fondée sur un état de déviance généralisée. De ce point de vue, nous pensons que l'on puisse parler de normalité de la transgression en société anarchiste et non pas d'anomalie.
Cela ne veut pas dire, bien entendu, qu'il n'y aurait de garantie d'aucune sorte et que chacun serait à la merci de l'autre. Mais le droit d'autodéfense de la société, la réaction légitime du corps social, ne pourrait se concevoir que si circonscrite, si possible, aux seuls domaines où il y aurait eu manquement à des engagements librement contractés.(...)
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http://increvablesanarchistes.org/ [...] prison.htm
Le concret et la pratique ne sont pas évoqués ouvertement
J'ai trouvé ça en cherchant le texte de « Déviance en société libertaire »
La question est délicate pour la plupart des anarchistes, qui refusent la prison. Çar les solutions de remplacement ne sont pas faciles à imaginer...
Dans cette brochure, il est rappelé que cette question n'est pas récente :
Citation :
James Guillaume, en 1876, dans "Idées sur l'organisation sociale", a écrit : "On ne demandera pas à ce propos comment on traitera dans une société égalitaire celui qui se sera rendu coupable d'un meurtre ou d'autres violences. Evidemment, on ne pourra pas, par respect des droits de l'individu et par négation de l'autorité laisser courir tranquillement un meurtrier ou attendre que quelque ami de la victime lui applique la loi du talion. Il faudra le priver de sa liberté et le garder dans une maison spéciale jusqu'à ce qu'il puisse sans danger être rendu à la société. Comment devra-t-il être traité durant sa captivité et d'après quels principes en déterminera-t-on la durée ? "
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Et plus loin :
Citation :
. Ce n'est pas parce que nous sommes anarchistes que nous pensons que tous les anarchistes sont des êtres gentils, ne commettant pas d'infraction et pensant à respecter la liberté d'autrui. Sans doute l'idée libertaire va-t-elle faire son chemin et allons-nous progresser dans ce sens à travers les générations. En revanche, nous savons que, pour beaucoup, même parmi nous, être anarchiste signifie faire tout ce que l'on a envie de faire et quelquefois au détriment des autres.
Il ne faut pas imaginer la société anarchiste comme un idéal théorique repoussé dans un lointain absolument imprévisible, mais imaginer quelque chose de réel et qui peut survenir plus ou moins vite. Nous ne devons pas croire, non plus, que d'un seul coup, comme par magie, du fait que c'est une société libertaire, il n'y aura plus que des individus gentils qui ne frappent plus les autres, ne volent pas, ne violent pas, n'exploitent pas et ne sont pas raciste.
(...)
Nous avons néanmoins des postulats clairs. Pour les anarchistes, il n'y aura pas de prison. Pas de répression non plus. La notion de punition sera abandonnée. Il est inconcevable pour nous d'infantiliser un individu au point de penser que quiconque puisse s'arroger un droit de responsabilité sur lui, voire de sanction, au sens de punition. La sanction, ni récompense, ni punition, est une notion différente sur laquelle on pourra revenir; c'est le fait de signifier qu'un acte a été réalisé ou commis par quelqu'un. Cet acte est représenté à grande échelle dans le groupe social. Des mesures sont prises pour éviter qu'il se reproduise ou, en tout cas, pour adresser un avertissement à celui qui a commis l'infraction : "Attention à toi si tu recommences. " Mais elles sont également prises pour prévenir des réactions comme ce lynchage qui a été rapporté dans une précédente intervention. Il est clair que, pour des anarchistes, il ne peut pas être question d'exécution capitale. La peine de mort doit être exclue a priori. Ce n'est, du reste, pas parce qu'elle est désormais supprimée en France que cela signifie que nous n'avons pas à poser cette question de principe.
Il nous est souvent rétorqué : "Vous parlez d'alternatives, vous formulez des propositions. C'est assez fumeux. On ne sait pas vraiment ce que vous voulez. " Il existe pourtant déjà des solutions réelles. Il n'est pas nécessaire de partir dans l'utopie et dans des discours purement théoriques. Nous pouvons rapidement arriver à du concret. Il existe aujourd'hui des alternatives, évidemment bien insatisfaisantes et, en tout cas, totalement insuffisantes. Pourtant, à partir de ces expériences concrètes, ainsi que de nos idées, qui sont un peu l'étoile polaire marquant notre direction, nous pouvons arriver à des synthèses qui, peu à peu, tant sur le plan concret qu'au niveau théorique, nous fourniront des éléments de réponse. Il pourra nous être rétorqué : "Vous n'en trouverez pas beaucoup, car tout a été dit". C'est à la fois vrai et faux. Il suffit parfois d'exprimer les idées différemment pour déboucher sur des pratiques différentes. Pour nous, il est évident que nous n'enfermerons personne. Prenons un exemple : un type s'est foutu en colère. Son antagoniste n'était pas d'accord avec lui. II I' a tabassé. Manque de pot, l'autre tombe et se tue. Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
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Et donc
Citation :
Pour commencer, nous posons notre postulat : pas de prison. D'accord. Il ne faut pas punir. Nous proscrivons la notion de culpabilité. Le concept de faute ne nous intéresse pas. Il est réservé à la pensée bourgeoise post-psychanalytique et post-capitaliste. Dans une société libertaire, en effet, les opposants qui se cramponnent à ces idées sont dans la pensée post-psychanalytique et post-capitaliste. Il s'agit quand même de prendre une décision. Nous sommes, par exemple, pris de vitesse par un groupe très en pétard qui veut casser la gueule à notre lascar. Eh bien ! nous les interceptons. Nous sommes dans une commune ou une cité. Nous avons des délégués révocables à tout instant. Ceux-ci prennent la décision immédiate de se mettre autour de celui qui a provoqué l'accident et de le protéger, puisqu'il y a des copains qui veulent lui filer une trempe. Ils sont capables de le tuer par maladresse ou... exprès... Les délégués sont là pour le protéger.
Ensuite, pour l'accompagner. Ce mot, qui a déjà été employé ici, n'a pas le sens d'éduquer ou de soigner, mais a pour objectif la prévention. Nous pouvons trouver d'autres exemples : un militant facho ou un quelconque RPR, voire un socialiste du style de nos gouvernants actuels, ne veut pas accepter d'être à égalité avec tout le monde. Il refuse de rendre sa carte de crédit (voir sur ce point les interventions précédentes). Il entend avoir davantage de possibilités matérielles ou même intellectuelles et culturelles. Or, en principe, nous vivons tous à peu près au même régime. A peu près, disons-nous, parce que nous n'envisageons pas non plus une égalité rigide et mécanique nous réduisant tous à l'état de clones.
Cet individu, en tout cas, n'est pas d'accord. Eh bien ! nous devons prendre des mesures. Ce seront les délégués qui s'en chargeront. Ils seront mandatés par le quartier, la commune ou la cité. Ils se rassembleront, réunissant l'opposant, d'autres partenaires impliqués dans le problème posé et tenteront d'arriver à une solution. Il peut s'agir d'économie, de voisinage, d'une histoire de transport ou de communication. Peu importe. Quelqu'un comme le pénologue hollandais Louk Hullsmann, qui est tout simplement pour l'abolition du code pénal, a déjà formulé quelques propositions. Nous retrouvons là des idées de conciliation et de négociation. Or, dans cette démarche, nous retrouvons une synthèse des notions de protection, d'accompagnement, de débat et de travail de prise de conscience pour le déviant.
Un autre cas de figure est à envisager. Il existe des situations où l'affaire est tellement grave que l'on ne peut pas laisser l'individu circuler comme ça (ce que disait James Guillaume). Nous disons : "Tu as violé une femme. On ne va pas t'enfermer. Mais ça suffit. Tu vas rester dans la maison de la cité. Nous sommes près de toi. Plusieurs personnes vont habiter avec toi. Ce sont les délégués. Ils vont faire un travail d'accompagnement, de prise de conscience individuelle et politique. " Il y aura aussi la négociation, puis la réparation. Un concept important à préserver est celui de réparation, quand cela est possible. Il n'en est plus question, quand la personne est morte ou a été violée, mais nous pouvons trouver des réparations symboliques. De toute façon, dans ce contexte, un travail en commun est effectué entre la victime ou la personne qui la représente et celui qui a commis l'infraction. C'est, en quelque sorte, une négociation.
Si ces démarches ont déjà été effectuées aux Pays-Bas, dans un système qui n'est rien d'autre que la social-démocratie, a fortiori, elles peuvent être appliquées à de véritables alternatives à l'enfermement en société libertaire.
Pour bien nous comprendre, nous pouvons dire, au niveau conceptuel, que, dans ce travail qui comprend les notions d'accompagnement et de protection, l'école remplace la prison. La culture est le moyen pour tout individu de sortir de son aliénation politique et d'effectuer les prises de conscience qui l'amèneront à l'idée libertaire.
(...)
Parmi nos idées, il en est une autre sur laquelle nous pourrions essayer de réfléchir. Il est des cas où nous ne pouvons pas dire qu'on va envoyer le déviant dans la maison de la commune ou de la cité, qui n'est pas une prison, nous l'avons vu, mais un simple lieu d'accompagnement et parfois de protection. Nous pouvons être amenés à dire à celui qui a enfreint les règles : "Tu ne restes pas dans ce quartier ou dans cette commune. Nous n'avons pas l'intention de t'enfermer. Mais nous ne voulons plus de toi. " Il ne s'agit pas de retomber dans les horreurs du bagne et du bannissement, parce que ce sont des solutions terribles, du style retour à la forêt. Dans certaines tribus d'Afrique, celui qui était expulsé allait mourir dans la forêt. Dans ce milieu, il n'y a pas de moyen de survivre.
Nous ne retournerons pas au troisième millénaire avant l'existence de l'espèce humaine. Il s'agit donc de sociétés civilisées et il est clair que, si quelqu'un doit partir, il n'ira pas dans un désert ou dans la forêt. Il ira dans un autre quartier ou dans une autre cité. Là encore sera nécessaire un travail d'accompagnement. Les gens de l'autre cité seront prévenus. Le déviant aura donc une discussion avec le délégué de cet endroit. Il sera également dans une maison ouverte, mais toujours accompagné, s'il est considéré indésirable. S'il part dans une autre ville, il faudra évidement négocier encore une fois avec les délégués de cette nouvelle commune.
Précisons, bien sûr, qu'il n'y aura pas de casier judiciaire, même informatisé.
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Etc.
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Mangeons de la viande (et nos amis pour la vie) ! Prenons l'avion ! Partons en vacances très loin ! Achetons des trucs venus du bout du monde ! Chauffons-nous à fond ! Utilisons plein d'électricité ! Changeons de malinphone le plus souvent possible !
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