LooSHA D'abord ! | Ni d'extrême droite
Citation :
Une lecture proprement scientifique de ces sondages est non seulement possible mais nécessaire si l’on veut éviter de fatales erreurs d’analyse et de stratégie politique. On en donnera simplement deux exemples. Le premier exemple porte sur la valeur de prédiction des sondages préélectoraux. Comme on l’a déjà dit et redit ici même, un sondage électoral n’a (tendanciellement) de portée prédictive sur le résultat d’un vote que lorsqu’il est réalisé à une date proche de l’élection elle-même. À quelques jours d’un scrutin, le sondage équivaut à une simulation de vote, certes approximative, mais quasiment en situation (la campagne électorale est quasiment achevée, la date du scrutin, qui est proche, oblige les électeurs enquêtés à prendre parti et permet donc de recueillir des intentions de votes effectives, et non fictive). Si d’ultimes changements peuvent encore se produire, notamment du fait de la publication des sondages qui peut favoriser le « vote stratégique » d’une petite fraction du corps électoral, il reste que ces changements restent suffisamment marginaux pour que les intentions déclarées restent en gros crédibles en tant que pronostic. Il n’en va pas de même des sondages réalisés plusieurs mois avant un scrutin parce que tous les candidats ne sont pas connus, parce que la campagne électorale n’est pas encore engagée, enfin, et peut-être surtout, parce que les enquêtés qui composent les échantillons « représentatifs », bien que formellement représentatifs, sont en fait sociologiquement biaisés, la population qui accepte de répondre à ces enquêtes (ou à ce type de question) n’étant pas strictement représentative de celle qui composera le corps électoral au moment de l’élection. Les « non-réponses » sont traitées - ce qui est une erreur - comme des « abstentions » et sont donc exclues, comme dans une élection, dans la présentation des scores que seraient censés faire les candidats. Elles sont par ailleurs sous-évaluées parce qu’il s’agit de non-réponses déclarées d’enquêtés ayant accepté de répondre au questionnaire. Or, nombreuses sont les personnes contactées qui, pour diverses raisons, refusent de répondre à ces enquêtes. Les échantillons sont constitués par des enquêtés qui, par définition, acceptent de répondre aux sollicitations des enquêteurs. On sait, selon les instituts de sondage, que dans les enquêtes par téléphone (les plus fréquentes aujourd’hui), pour obtenir un échantillon de 1000 personnes « représentatives » du corps électoral, il faut appeler entre 7 000 et 10 000 numéros. Au total, l’importance des non-réponses donne une représentation plus ou moins biaisée de la réalité politique.
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>> http://www.acrimed.org/article2620.html Plus spécifiquement :
Citation :
Il y a différents types de sondages et, dans un questionnaire, différents types de questions qu’il importe de distinguer soigneusement et de considérer séparément car relevant de critiques scientifiques totalement différentes. L’interprétation d’un sondage dépend d’une part de l’échantillon retenu (tous les Français en âge de voter, ou telle ou telle fraction seulement de la population comme les jeunes, les sympathisants politiques, les militants, etc.) et du moment où il est fait (à la veille ou à 6 mois d’une élection, au lendemain d’un fait-divers très médiatisé, avant ou après un événement ou une campagne médiatique, etc.).
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>> http://www.acrimed.org/article2458.html Et pour bien enfoncer le clou (la première partie de la première citation fait référence à ce passage) :
Citation :
Un sondage visant à saisir des intentions de vote à 8 jours (ou moins) d’une élection n’a rien à voir avec un sondage de même type réalisé à plusieurs mois d’une élection bien que la question posée soit identique. Dans le premier cas, le sondage saisit des votes réels mais simplement légèrement anticipés, les sondeurs ne faisant que précéder de quelques jours le scrutin : autrement dit le sondage a lieu à un moment où la campagne électorale est quasiment terminée et les choix des citoyens formés. Il n’y a donc pas à s’étonner du fort degré de prévision de ce type de sondage (dès lors que l’échantillon est bien constitué et les biais inhérents à ce type d’enquête redressés) puisqu’il recueille des intentions de votes qui existent parce que l’élection est proche et que les électeurs sont en quelque sorte sommés désormais de choisir. Ce type de sondage doublonne le vote effectif, le révèle par une légère anticipation rendue possible grâce à la technologie du sondage qui permet de faire voter un échantillon représentatif des futurs votants. (...) Il n’en va pas de même des sondages sur les intentions de vote qui sont réalisés à plusieurs semaines, voire plusieurs mois, d’une élection. Ce sont d’ailleurs, pour l’essentiel, ces sondages qui suscitent réserves, interrogations et aussi manipulations. Ils bénéficient à tort de la croyance en la fiabilité qui est reconnue, à juste titre, aux « vrais » sondages préélectoraux (c’est-à-dire ceux qui précèdent de quelques jours le scrutin) de sorte que, malgré toutes les mises en garde, ils sont perçus et commentés comme une anticipation probable du score électoral. Or, ces pseudo sondages préélectoraux se distinguent des sondages précédents par deux propriétés. D’une part, ils présentent un taux de « non réponses » qui, non seulement est très élevé parmi les enquêtés effectivement interrogés mais qui ne tient pas compte des très nombreux refus de répondre globalement au questionnaire. Il s’ensuit que, dans la présentation des résultats de ces enquêtes, on ne peut assimiler les non réponses à de l’abstention et, comme le font les médias, ne prendre en compte, comme dans un vote, que les seules intentions exprimées en faveur des candidats déclarés ou proposés par les sondeurs. On peut même se demander si les enquêtés qui acceptent de répondre à ces sondages ne constituent pas une sorte de sous échantillon de la population caractérisée par un engagement politique plus fort et plus stable que la moyenne et/ou, à l’inverse, par des enquêtés manifestant, à l’égard des enquêteurs en général, une telle « bonne volonté » qu’ils sont amenés à répondre quelque chose aux questions qu’on leur pose même lorsqu’ils ne savent pas quoi répondre. D’autre part, ces sondages sont réalisés avant la campagne électorale, avant les débats publics, avant toute connaissance de la liste exacte des candidats, bref avant ce processus de prise de position qui s’intensifie à l’approche de chaque élection. On ne vote pas, au moins tendanciellement, sans se demander pour qui ni pour quoi. La question posée par les sondeurs dans ce type d’enquête est : « Si dimanche prochain, vous deviez voter... » Et c’est là que, précisément, réside tout le problème de ces enquêtes puisque justement, « dimanche prochain », on ne vote pas encore. Ce dont politologues, journalistes et responsables politiques ne tiennent pas suffisamment compte dans l’interprétation des réponses obtenues. (...) Les campagnes électorales précédentes ont largement montré combien les intentions de vote peuvent se modifier dans et par la campagne électorale, celle-ci faisant partie intégrante du vote et étant un moment important où se forment des opinions et se choisissent les leaders qui les incarnent. On sait, par exemple, que les partisans du « Oui » au traité constitutionnel européen étaient crédités, avant la campagne électorale, dans les sondages, de 65 % (score trompeur puisque ne portant que sur la fraction de la population pouvant ou acceptant d’émettre un avis sur ce sujet très complexe). Ils ne seront plus que 45 % lors du vote effectif en dépit d’une campagne électorale (et médiatique) qui fut très favorable au « oui ». On sait qu’en octobre 1980, à 6 mois de l’élection présidentielle, Mitterrand était crédité de 18 % seulement d’intentions de vote contre 36 % à Giscard (sondage IFOP) alors que les pourcentages des voix qui se porteront effectivement sur eux seront respectivement, au premier tour, de 25,9 % et de 28,3 %. Ou encore qu’en janvier 1995, Balladur était crédité de 29 % d’intentions de vote contre 16 % seulement à Chirac (prévisions IFOP/SOFRES calculées à partir du sous échantillon des enquêtés ayant manifesté un choix) alors qu’ils feront respectivement 18,6 % et 20,8 % au premier tour de l’élection présidentielle 3 mois plus tard.
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Etc etc etc. Perdu, j'ai toujours tenu le même discours, tu peux remballer. Message édité par LooSHA le 28-04-2011 à 16:54:08 ---------------
Mangeons de la viande (et nos amis pour la vie) ! Prenons l'avion ! Partons en vacances très loin ! Achetons des trucs venus du bout du monde ! Chauffons-nous à fond ! Utilisons plein d'électricité ! Changeons de malinphone le plus souvent possible !
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